Tous en Bikini !

Grâce à Killary

Ou à cause de Killary

Donc, Résistance71 nous propose la traduction de l’excellent John Pilger.

La lecture de cette analyse est tout à fait ; Transcendante…

Le danger de l’empire: Mascarade, mensonges et grand cirque politique pour une continuelle hégémonie mondiale (John Pilger)

https://resistance71.wordpress.com/2016/03/25/le-danger-de-lempire-mascarade-mensonges-et-grand-cirque-politique-pour-une-continuelle-hegemonie-mondiale-john-pilger/

Une guerre mondiale a commencé Brisons le silence  – John Pilger  20 Mars 2016

http://johnpilger.com/articles/a-world-war-has-begun-break-the-silence-

Ceci est la version édité par ses soins du discours qu’a fait récemment John Pilger à l’université de Sydney.

J’ai filmé aux îles Marshall. Qui sont au nord de l’Australie, au milieu de l’océan Pacifique. A chaque fois que je le dis aux gens , ils demandent: “Où est-ce ?” et si je leur donne un indice en leur disant “Bikini”, ils me disent: “vous voulez dire le maillot de bain ?”.

Peu ont l’air de se rendre compte que ce maillot de bain bikini a été appelé ainsi pour célébrer les explosions nucléaires qui ont dévasté l’île de Bikini. Soixante-six engins nucléaires ont été explosés par les États-Unis aux Îles Marshall entre 1946 et 1958, l’équivalent de 1,6 Hiroshima chaque jour… pendant 12 ans !

Aujourd’hui, Bikini est totalement silencieuse, mutée et contaminée. Les cocotiers poussent dans des formations étranges. Rien ne bouge. Il n’y a plus d’oiseaux. Les pierres tombales du vieux cimetière sont vivantes de radiations. Mes chaussures étaient sans cesse en zone “dangereux” sur le compteur Geiger.

Sur la plage, j’ai observé les eaux du Pacifique vertes émeraude tomber dans un énorme trou noir. Ceci est le cratère laissé par la bombe H appelée “Bravo”. L’explosion a empoisonné bien des gens et leur environnement sur des centaines de kilomètres, peut-être pour toujours.

A mon retour, je me suis arrêté à l’aéroport d’Honolulu à Hawaii et ai remarqué un magazine américain appelé “Women’s Health”. Sur la couverture figurait une femme souriante en bikini avec ce titre: “Vous aussi, vous pouvez avoir un corps pour le bikini” Quelques jours plus tôt, aux îles Marshall, j’avais interviewé des femmes qui avaient un bien autre “coprs pour le bikini” ; chacune avait souffert de cancer de la thyroïde et autres cancers mortels.

A l’encontre de la femme souriante du magazine, toutes étaient pauvres: des victimes et des cobayes d’une super-puissance vorace qui est aujourd ‘hui plus dangereuse que jamais.

Je narre cette expérience en tant qu’avertissement et pour interrompre une distraction qui a consumé tant d’entre nous. Le créateur de la propagande moderne Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme étant “la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions” dans les sociétés dites démocratiques. Il appelait ceci “le gouvernement invisible”.

Combien de gens ont-ils vraiment conscience qu’une guerre mondiale a déjà commencé ? En ce moment, c’est une guerre de propagande, de mensonges et de distraction, mais tout ceci peut changer instantanément avec le premier ordre mal interprété, le premier missile.

En 2009, le président Obama se tenait devant une foule d’adorateurs au centre de la ville de Prague, au cœur même de l’Europe. Il se promit alors de faire du monde “un endroit sans armes nucléaires”. Des gens l’acclamèrent, certains même pleurèrent. Un torrent de platitudes inondèrent le public en provenance des médias. Dans la foulée, Obama reçût le Prix Nobel de la Paix.

Tout ceci n’était qu’une mascarade. Il mentait.

Le gouvernement Obama et son administration a construit encore plus d’armes nucléaires, plus de têtes nucléaires, plus de systèmes d’envoi balistique de ces têtes nucléaires. La dépense pour le développement de la capacité nucléaire américaine a été au plus haut sous Obama que sous n’importe quel autre président des États-Unis. Sur les derniers trente ans, le coût du développement de la capacité nucléaire des États-Unis est de plus de 1000 milliards de dollars.

Une mini bombe nucléaire est planifiée, elle est connue sous le nom de B61 modèle 12. On a jamais rien vu de semblable. Le général James Cartwright, un ex-chef d’état major adjoint a dit: “les rendre plus petites, rend leur utilisation plus possible et plausible..”

Ces derniers 18 mois, le plus grand rassemblement militaire depuis la seconde guerre mondiale, emmené par les USA, est en train de se dérouler le long de la frontière avec la Russie. Il n’y a pas eu de concentration de forces militaires de cette sorte à cet endroit depuis la préparation de l’invasion de l’URSS par Hitler. Aucune force depuis lors n’a démontré une telle menace envers la Russie. (NdT: pas même les forces de l’OTAN au plus fort de la guerre froide, parce que la réciproque existait de l’autre côté avec les forces du pacte de Varsovie…)

L’Ukraine, autrefois partie de l’Union Soviétique, est devenue un terrain de jeu de la CIA. Après avoir orchestré le coup d’état de Kiev, Washington contrôle de fait un régime qui est voisin et totalement hostile à la Russie: un régime corrompu, pourri jusqu’à la moelle par les nazis, littéralement. Des personnalités parlementaires prominentes ukrainiennes sont les descendants politiques des tristement célèbres OUN et UPA fascistes. Ils vénèrent Hitler ouvertement et appellent à la persécution et l’expulsion de toute la minorité linguistique russe.

Ceci ne fait que rarement les unes en occident ou est pirouetté pour supprimer la vérité.

Dans les pays Baltes, voisins de la Russie, l’armée américaine y déploie des troupes de combat, des chars, de l’artillerie lourde. Cette provocation extrême aux portes de la seconde puissance nucléaire mondiale n’est pas mentionnée en occident.

Ce qui rend la perspective d’une guerre nucléaire encore plus dangereuse est qu’une campagne parallèle se déroule contre la Chine.

Il se passe rarement un jour où la Chine n’est pas élevée au rang de “menace”. D’après l’amiral américain Harry Harris, le chef de la flotte du Pacifique, la Chine “est en train de construire une grande muraille de sable dans la Mer de Chine méridionale”.

Il se réfère ici à la construction par la Chine de bases aériennes dans les îles Spratly, qui sont sujettes à dispute territoriale avec les Philippines, une dispute qui n’en fut jamais une jusqu’à ce que Washington corrompe le gouvernement de Manille et que le Pentagone ne lance une campagne de propagande appelée “liberté de navigation”.

Qu’est-ce que tout cela veut vraiment dire ? Cela veut dire liberté pour les navires de guerre américains de patrouiller et de dominer les eaux côtières chinoises. Essayez donc d’imaginer la réaction des Américains si des navires de guerre chinois venaient faire la même chose aux larges des côtes californiennes.

J’ai réalisé un documentaire appelé “The War You Don’t See”, dans lequel je m’entretiens avec de distingués journalistes américains et britanniques: des reporters comme Dan Rather de CBS News, Rageh Omar de la BBC, David Rose de l’Observer.

Tous ont dit que si les journalistes et les chaînes de télévision et leurs services d’information avaient fait leur boulot et mis en question la propagande disant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, si les mensonges éhontés des Bush et Blair n’avaient pas été amplifiés par les journalistes, alors l’invasion de l’Irak en 2003 n’aurait sans doute pas eu lieu et des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, seraient encore en vie aujourd’hui.

La propagande qui établit la fondation pour une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est pas différente dans le principe. A ma connaissance, aucun journaliste du calibre disons d’un Dan Rather dans les médias occidentaux, n’a posé la question de savoir pourquoi la Chine construit-elle des bases aériennes en Mer de Chine du Sud ?

La réponse saute aux yeux pourtant. Les États-Unis sont en train d’encercler la Chine avec un réseau intriqué de bases militaires, de missiles balistiques, de groupes de combat et de bombardiers à haute capacité nucléaire.

L’arc létal s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, les Mariannes, Marshall et Guam, aux Philippines, la Thaïlande, Okinawa au Japon et la Corée du Sud, à travers l’Eurasie par l’Afghanistan et l’Inde. Les États-Unis ont mis un nœud coulant autour du cou de la Chine. Ceci n’est pas nouveau. Silence des médias = guerre par médias.

En 2015, les États-Unis et l’Australie ont effectué dans le plus grand secret, la plus grande manœuvre militaire aéronavale de l’histoire récente, nom de code “Sabre talisman”. Son objectif était une répétition générale d’un plan de bataille aéronaval bloquant des routes maritimes stratégiques comme le détroit de Malacca (entre la Malaisie et Sumatra en Indonésie) et le détroit de Lombok (en Indonésie), qui couperait l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières vitales en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique.

Dans le grand cirque qu’est la campagne présidentielle américaine, Donald Trump est présenté comme un dérangé, un fasciste. Il est très certainement odieux, mais il est aussi une tête de turc des médias, rien que cela devrait éveiller le scepticisme.

Les vues de Trump sur l’immigration sont des plus grotesques, mais pas plus grotesques que celles d’un David Cameron, Ce n’est pas Trump qui est en ce moment le plus grand déporteur des États-Unis, mais bel et bien le Prix Nobel de la Paix Barack Obama.

D’après un commentateur “prodigieux” libéral, Trump est en train de “lâcher les forces des ténèbres et de la violence” aux États-Unis. Les lâcher ?

Ceci est le pays où de petits gamins flinguent leurs mères et la police déclenche une guerre meurtrière contre les afro-américains. Ceci est le pays qui a attaqué et a recherché le renversement de plus de 50 gouvernements, pour la plupart démocratiquement élus et qui a bombardé intensément de l’Asie au Moyen-Orient, causant la mort et la dépossession de millions et de millions de personnes.

Aucun pays ne peut rivaliser avec cette violence systémique. La plus grande partie des guerres de l’Amérique (pratiquement toute contre des nations sans défense réelle) n’ont pas été lancées par des présidents républicains, mais bien par des présidents libéraux comme Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton et donc Obama.

En 1947, une série de directives en provenance du Conseil Nationale de la Sécurité (CNS) décrivit l’objectif primordial de la politique étrangère américaine comme étant “de façonner un monde substantiellement à l’image des États-Unis eux-mêmes”. L’idéologie empruntée était l’américanisme messianique (NdT: le même qui est utilisé pour justifier de la doctrine chrétienne de la découverte et du concept de “peuple élu” biblique, tel que la démontré le juriste Steven Newcomb dans son ouvrage de recherche: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, que nous avons traduit). Nous étions tous des Américains ; ou alors… Les hérétiques seront convertis, subvertis, corrompus, achetés, calomniés et écrasés.

Donald Trump en est un symptôme mais il en est aussi un marginal. Il dit que l’invasion de l’Irak fut un crime ; il ne veut pas entrer en guerre contre la Russie ou la Chine. Le danger réel pour nous tous dans ce système n’est pas Trump mais bel et bien Hillary Clinton. Elle n’est pas du tout marginale. Elle personnalise l’endurance et la violence d’un système dont l’ “exceptionnalisme” tant vanté est totalitaire avec de temps en temps un visage libéral.

Alors que les élections présidentielles s’approchent, Clinton sera acclamée comme la première femme président, et ce en dépit de tous ses crimes et ses mensonges, tout comme Obama fut loué comme le premier président noir américain et les libéraux ont gobé tout ce non sens total au sujet de l’espoir (NdT: Le “Hope” de sa campagne électorale et son tout aussi pathétique “Yes We Can !” qui a endormi la gôche bobo yankee pour des années et muselé le mouvement anti-guerre… l‘enfumage fut total et réussi… plus dur est le réveil aujourd’hui !)

Décrit par le journaliste du Guardian Owen Jones comme “drôle, charmant, avec une aura qui balaie pratiquement tous les autres politiciens”, cet Obama donc l’autre jour à envoyé des drones massacrer plus de 150 personnes en Somalie. Il tue en général les gens les mardis, car c’est ce jour d’après le New York Times, qu’on lui remet la liste de la semaines des candidats à la mort par drone. Tellement cool. (NdT: Obama a lui même déclaré: “En fait, je suis assez bon à tuer des gens”, sa phrase exacte ayant été: “It turns out that I am pretty good at killing people”, 2012…)

Dans la campagne présidentielle de 2008, Hillary Clinton avait menacé de “totalement oblitérer” l’Iran avec des armes nucléaires. En tant que ministre des affaires étrangères du gouvernement Obama, elle a participé au renversement du gouvernement démocratique du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 fut radieuse. Quand le leader libyen le colonel Kadhafi fut publiquement sodomisé avec un couteau, un assassinat rendu possible grâce à la logistique américaine, Clinton éructa dans un entretien: “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.”

Une des alliées les plus proches de Clinton est l’ancienne ministre des AE de Bill Clinton, Madeleine Albright, qui attaqua vertement des jeunes femmes pour ne pas soutenir “Hillary”. La même Albright qui célébra à la TV dans un épisode d’entretien tristement célèbre qu’un demi million d’enfants irakiens morts durant l’embargo de 10 ans du pays “en valait la peine”…

Parmi les plus gros soutiens de Clinton se trouve le lobby israélien et les entreprises d’armement qui entretiennent la violence au Moyen-Orient. Elle et son mari Bill on reçu des fortunes de Wall Street et pourtant elle va être nominée comme la candidate femme à la présidentielle, pour battre le grand méchant Trump, le démon officiel. Son fan club inclut de distingué(e)s féministes, du style de Gloria Steinem aux Etats-Unis et Anne Summers en Australie.

Il y a une génération de cela, un culte post-moderne comme “la politique identitaire” avait arrêté bien des personnes intelligentes et bien-intentionnées qui examinaient les causes et les individus qui soutenaient de telles personnes comme Obama et Clinton, ou des mouvement frauduleux comme Syriza en Grèce, des traîtres qui ont leurré un peuple et un pays entiers et se sont alliés à leurs ennemis.

L’auto-absorption, une sorte d’égoïsme, de “moi-isme”, est devenue un nouvel esprit du temps dans les sociétés occidentales privilégiées et a signalé l’échec des grands mouvements collectifs anti-guerre, contre l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.

Aujourd’hui, le grand sommeil est peut-être fini. Les jeunes ont repris la barre, graduellement. Les milliers en Angleterre qui ont soutenu Jeremy Corbyn en tant que leader du parti travailliste, font partie de cet éveil, tout comme ceux qui s’étaient ralliés aux États-Unis à la cohorte de soutien du sénateur Bernie Sanders.

En Grande-Bretagne la semaine dernière, l’allié le plus proche de Jeremy Corbyn, son trésorier de l’ombre John McDonnell, a rejoint un gouvernement travailliste pour payer les dettes des banques parasites et pirates et de fait, de continuer la soi-disant austérité.

Aux États-Unis, Bernie Sanders a promis de soutenir Clinton si ou quand elle sera nominée candidate démocrate. Lui aussi a voté pour l’utilisation de la force par les États-Unis contre d’autres pays quand il pense que c’est “juste et bien”. Il dit qu’Obama a fait un “super boulot”.

En Australie, il existe une sorte de politique mortuaire dans laquelle des jeux parlementaires fastidieux se jouent dans les médias alors que des réfugiés et des indigènes sont persécutés, que l’inégalité sociale croît avec le danger de guerre. Le gouvernement de Malcom Turnbull vient juste de voter un soi-disant budget de la défense de 195 milliards de dollars, ce qui représente une sacrée poussée vers la guerre. Il n’y eut aucun débat. Juste le silence.

Qu’est-il arrivé à la grande tradition populaire de l’action directe (NdT: et de la désobéissance civile si chère à Howard Zinn…), imperméable aux partis politiques ? Où est le courage, l’imagination et la motivation, l’implication, tous des requis pour commencer le long chemin vers un monde meilleur, plus juste et pacifique ? Où sont les dissidents dans l’art, le cinéma, le théâtre, la littérature ?

Où sont tous ceux qui brisent le silence ? Ou devons-nous attendre jusqu’à ce que le premier missile nucléaire soit tiré ?

=*=

Quand Pilger fait remarquer que « L’idéologie empruntée était l’américanisme messianique » il pointe du doigts ce sur quoi s’est construite la Nation Indispensable. Et quand je dis qu’on peut, qu’on doit faire tomber l’Empire, car un empire sans terre est un empire à terre. C’est le préalable, à toutes choses. Chaque année cet empire renouvelle ses vœux, si j’ose dire, en commérant le Colombus Day ! Nous devons nous assurer que plus jamais on ne fêtera Thanksgiving ou l’Australia Day ou le Día de la Raza ; Plus jamais…

Le risque, aujourd’hui, bien réel, c’est que l’on a jamais été si prêt de voir passer les missiles inter-continentaux au-dessus de nos têtes, comme dans le film  « Le jour d’après » de Nicholas Meyer (1983).

C’est vraiment à nous de voir, si nous voulons être les spectateurs effarés de notre propre destruction ou si nous décidons de ne plus renoncer, d’où nous sommes, ici & maintenant…

Il y a peu, Steven Newcomb, cité dans cette analyse, nous appelait, lui aussi à nous réveiller.

Nous avons à faire à l’Empire du Mal ; N’en doutez plus…

Réveillez-vous, réveillons-nous, tous, il est temps !

Mieux vaut trop tôt que trop tard.

Et il est bien temps !

JBL1960

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8 réflexions sur « Tous en Bikini ! »

      1. Ah oui quand même… La Standard Oil c’est aussi la Cie qui a soutenu financièrement la montée d’Hitler… Doivent préparer un truc avec le Al Gore avec les stés qui traficotent avec la taxe carbone tutti quanti ! Et le Vieux Rochefeller aura 101 ans en juin quand même… Mouarf, la vieille fripe, ce gars se croit immortel c’est ça qui est dangereux, très dangereux même…

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  1. En préambule de la traduction de cet article de Pilger, R71 sur son blog, précise ceci ;
    « Dans cet article, John Pilger non seulement aide à comprendre l’ineptie et la criminalité intégrées du système étatique, mais pour la première fois, à l’instar de Pau Craig Roberts, il explicitement démontre qu’AUCUN des candidats à la présidence de l’empire ou de tout état satellite (France comprise) ne mérite le temps et les votes d’électeurs dupés. S’il ne le dit pas (encore) ouvertement, son message est clair: BOYCOTT DU VOTE ! C’est un excellent début ! Nous savons qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, l’état n’est pas la solution… Il est l’instrument du problème. C’est l’évidence même pour tout analyste politique honnête. » ~ Résistance 71 ~
    Je souscris à cette assertion, complètement. JBL1960

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  2. Par ailleurs, un lecteur après avoir lu cet article de Pilger et entrain de relire « Voyage au bout de la nuit » m’a transmis un passage que je reproduis ci-dessous témoignant d’une impression croisée ;
    « Mais la guerre dure décidément trop longtemps… On ne conçoit plus à mesure qu’elle s’allonge d’individus suffisamment dégoûtants pour dégoûter la Patrie… Elle s’est mise à accepter tous les sacrifices, d’où qu’ils viennent, toutes les viandes la Patrie… Elle est devenue infiniment indulgente dans le choix de ses martyrs la Patrie ! Actuellement il n’y a plus de soldats indignes de porter les armes et surtout de mourir sous les armes et par les armes… On va faire, dernière nouvelle, un héros avec moi !… Il faut que la folie des massacres soit extraordinairement impé- rieuse, pour qu’on se mette à pardonner le vol d’une boîte de conserve ! que dis-je ? à l’oublier ! Certes, nous avons l’habitude d’admirer tous les jours d’immenses bandits, dont le monde entier vénère avec nous l’opulence et dont l’existence se démontre cependant dès qu’on l’examine d’un peu près comme un long crime chaque jour renouvelé, mais ces gens-là jouissent de gloire, d’honneurs et de puissance, leurs forfaits sont consacrés par les lois, tandis qu’aussi loin qu’on se reporte dans l’histoire – et vous savez que je suis payé pour la connaître – tout nous démontre qu’un larcin véniel, et surtout d’aliments mesquins, tels que croûtes, jambon ou fromage, attire sur son auteur immanquablement l’opprobre formel, les reniements catégoriques de la communauté, les châtiments majeurs, le déshonneur automatique et la honte inexpiable, et cela pour deux raisons, tout d’abord parce que l’auteur de tels forfaits est généralement un pauvre et que cet état implique en lui-même une indignité capitale et ensuite parce que son acte comporte une sorte de tacite reproche envers la communauté. Le vol du pauvre devient une malicieuse reprise individuelle, me comprenez-vous ?… Où irions-nous ? Aussi la répression des menus larcins s’exerce-telle, remarquez-le, sous tous les climats, avec une rigueur extrême, comme moyen de défense sociale non seulement, mais encore et surtout comme une recommandation sévère à tous les malheureux d’avoir à se tenir à leur place et dans leur caste, peinards, joyeusement résignés à crever tout au long des siècles et indéfiniment de misère et de faim… Jusqu’ici cependant, il restait aux petits voleurs un avantage dans la République, celui d’être privés de l’honneur de porter les armes patriotes. Mais dès demain, cet état de choses va changer, j’irai reprendre dès demain, moi voleur, ma place aux armées… Tels sont les ordres… En haut lieu, on a décidé de passer l’éponge sur ce qu’ils appellent “mon moment d’égarement” et ceci, notez-le bien, en considération de ce qu’on intitule aussi “l’honneur de ma famille”. Quelle mansuétude ! Je vous le demande camarade, est-ce donc ma famille qui va s’en aller servir de passoire et de tri aux balles françaises et allemandes mélangées ?… Ce sera bien moi tout seul, n’est-ce pas ? Et quand je serai mort, est-ce l’honneur de ma famille qui me fera ressusciter ?… Tenez, je la vois d’ici, ma famille, les choses de la guerre passées… Comme tout passe… Joyeusement alors gambadante ma famille sur les gazons de l’été revenu, je la vois d’ici par les beaux dimanches… Cependant qu’à trois pieds dessous, moi papa, ruisselant d’asticots et bien plus infect qu’un kilo d’étrons de 14 juillet pourrira fantastiquement de toute sa viande déçue… Engraisser les sillons du laboureur anonyme c’est le véritable avenir du véritable soldat ! Ah ! camarade ! Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde ! Vous êtes jeune. Que ces minutes sagaces vous comptent pour des années ! Écoutez-moi bien, camarade, et ne le laissez plus passer sans bien vous pénétrer de son importance, ce signe capital dont resplendissent toutes les hypocrisies meurtrières de notre Société : “L’attendrissement sur le sort, sur la condition du miteux…” Je vous le dis, petits bonshommes, couillons de la vie, battus, rançonnés, transpirants de toujours, je vous préviens, quand les grands de ce monde se mettent à vous aimer, c’est qu’ils vont vous tourner en saucissons de bataille… C’est le signe… Il est infaillible. C’est par l’affection que ça commence. Louis XIV lui au moins, qu’on se souvienne, s’en foutait à tout rompre du bon peuple. Quant à Louis XV, du même. Il s’en barbouillait le pourtour anal. On ne vivait pas bien en ce temps-là, certes, les pauvres n’ont jamais bien vécu, mais on ne mettait pas à les étriper l’entêtement et l’acharnement qu’on trouve à nos tyrans d’aujourd’hui. Il n’y a de repos, vous dis-je, pour les petits, que dans le mépris des grands qui ne peuvent penser au peuple que par intérêt ou sadisme… Les philosophes, ce sont eux, notez-le encore pendant que nous y sommes, qui ont commencé par raconter des histoires au bon peuple… Lui qui ne connaissait que le catéchisme ! Ils se sont mis, proclamèrent-ils, à l’éduquer… Ah ! ils en avaient des vérités à lui révéler ! et des belles ! Et des pas fatiguées ! Qui brillaient ! Qu’on en restait tout ébloui ! C’est ça ! qu’il a commencé par dire, le bon peuple, c’est bien ça ! C’est tout à fait ça ! Mourons tous pour ça ! Il ne demande jamais qu’à mourir le peuple ! Il est ainsi. “Vive Diderot !” qu’ils ont gueulé et puis “Bravo Voltaire !” En voilà au moins des philosophes ! Et vive aussi Carnot qui organise si bien les victoires ! Et vive tout le monde ! Voilà au moins des gars qui ne le laissent pas crever dans l’ignorance et le fétichisme le bon peuple ! Ils lui montrent eux les routes de la Liberté ! Ils l’émancipent ! Ça n’a pas traîné ! Que tout le monde d’abord sache lire les journaux ! C’est le salut ! Nom de Dieu ! Et en vitesse ! Plus d’illettrés ! Il en faut plus ! Rien que des soldats citoyens ! Qui votent ! Qui lisent ! Et qui se battent ! Et qui marchent ! Et qui envoient des baisers ! À ce régime-là, bientôt il fut fin mûr le bon peuple. Alors n’est-ce pas l’enthousiasme d’être libéré il faut bien que ça serve à quelque chose ? Danton n’était pas éloquent pour les prunes. Par quelques coups de gueule si bien sentis, qu’on les entend encore, il vous l’a mobilisé en un tour de main le bon peuple ! Et ce fut le premier départ des premiers bataillons d’émancipés frénétiques ! Des premiers couillons voteurs et drapeautiques qu’emmena le Dumouriez se faire trouer dans les Flandres ! Pour lui-même Dumouriez, venu trop tard à ce petit jeu idéaliste, entièrement inédit, préférant somme toute le pognon, il déserta. Ce fut notre dernier mercenaire… Le soldat gratuit ça c’était du nouveau… Tellement nouveau que Gœthe, tout Gœthe qu’il était, arrivant à Valmy en reçut plein la vue. Devant ces cohortes loqueteuses et passionnées qui venaient se faire étripailler spontanément par le roi de Prusse pour la défense de l’inédite fiction patriotique, Gœthe eut le sentiment qu’il avait encore bien des choses à apprendre. “De ce jour, clama-t-il, magnifiquement, selon les habitudes de son génie, commence une époque nouvelle !” Tu parles ! Par la suite, comme le système était excellent, on se mit à fabriquer des héros en série, et qui coûtèrent de moins en moins cher, à cause du perfectionnement du système. Tout le monde s’en est bien trouvé. Bismarck, les deux Napoléon, Barrès aussi bien que la cavalière Elsa. La religion drapeautique remplaça promptement la céleste, vieux nuage déjà dégonflé par la Réforme et condensé depuis longtemps en tirelires épiscopales. Autrefois, la mode fanatique, c’était “Vive Jésus ! Au bûcher les hérétiques !”, mais rares et volontaires après tout les hérétiques… Tandis que désormais, où nous voici, c’est par hordes immenses que les cris : “Au poteau les salsifis sans fibres ! Les citrons sans jus ! Les innocents lecteurs ! Par millions face à droite !” provoquent les vocations. Les hommes qui ne veulent ni découdre, ni assassiner personne, les Pacifiques puants, qu’on s’en empare et qu’on les écartèle ! Et les trucide aussi de treize façons et bien fadées ! Qu’on leur arrache pour leur apprendre à vivre les tripes du corps d’abord, les yeux des orbites, et les années de leur sale vie baveuse ! Qu’on les fasse par légions et légions encore, crever, tourner en mirlitons, saigner, fumer dans les acides, et tout ça pour que la Patrie en devienne plus aimée, plus joyeuse et plus douce ! Et s’il y en a là-dedans des immondes qui se refusent à comprendre ces choses sublimes, ils n’ont qu’à aller s’enterrer tout de suite avec les autres, pas tout à fait cependant, mais au fin bout du cimetière, sous l’épitaphe infamante des lâches sans idéal, car ils auront perdu, ces ignobles, le droit magnifique à un petit bout d’ombre du monument adjudicataire et communal élevé pour les morts convenables dans l’allée du centre, et puis aussi perdu le droit de recueillir un peu de l’écho du Ministre qui viendra ce dimanche encore uriner chez le Préfet et frémir de la gueule au-dessus des tombes après le déjeuner… »
    Merci à lui – JBL

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