Archives pour la catégorie Peuples premiers

La posture guerrière de Trump par Mohawk Nation News

Croire que le Général D. Trumpette est contre la guerre ;

Trump n’est pas contre la guerre – Il veut juste que l’armée Zunienne se concentre sur le vol du pétrole ! Argumenté et prouvé ICI et .

Ou pour la paix ;

Trump ne veut pas la paix – Il veut juste que l’armée Zunienne continue de génocider les Indigènes/Aborigènes/Autochtones afin qu’aucune personne indigène traditionnelle ou nation ne soient autorisées à survivre en dehors de la chrétienté et de sa nation « blanche » et pour les siècles et les siècles ► La réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte par Steven Newcomb

C’est comme pisser dans un violon…

https://resistance71.files.wordpress.com/2017/03/pduv.png?w=474

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Résistance au colonialisme : Botter le cul de l’empire…

… en disant NON ! et en changeant notre attitude envers l’état et la marchandisation pour développer les confédérations des associations libres qui démonteront le système pyramidal coercitif.

Ce n’est aucunement en votant que nous réaliserons le projet de l’humanité, bien au contraire, voter, c’est acquiescer au pseudo-consensus du statu quo oligarchique. Voter c’est perpétuer le système de l’escroquerie généralisée, sortir du cercle vicieux induit passe par refuser de jouer leur jeu, de prendre la tangente vers une nouvelle linéarité progressiste émancipatrice, d’arrêter d’être le chien qui court après sa queue…

Les peuples indigènes de tous les continents colonisés nous montrent le chemin. L’avenir de l’humanité passe par le peuple occidental émancipé de l’idéologie coloniale, se tenant main dans la main avec ses frères indigènes pour avancer dans la société des sociétés.

Tout le reste n’est que pisser dans un violon… Qu’on se le dise !

Résistance71

URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/24/resistance-au-colonialisme-botter-le-cul-de-lempire/

La posture guerrière de Trump

Mohawk Nation News | 23 mars 2017 | URL de l’article original ► http://mohawknationnews.com/blog/2017/03/23/trumps-war-posture/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Le président américain Trump se positionne pour une guerre avec la Chine au sujet de la Corée du Nord. Il a dit de manière implicite : “Nous devons 1700 milliards de dollars à la Chine et nous ne paierons rien de cela. Nous sommes plus puissants qu’eux et nous allons les forcer à faire ce que nous voulons en rapport avec la Corée du Nord. Ils feront ce qu’on leur dit de faire ou on va les atomiser.” Lorsque les chrétiens européens devenus américains sont venus sur l’Île de la Grande Tortue, ils ont passé un accord avec nos ancêtres pour avoir une relation d’égal à égal et pour vivre sur cette terre en paix perpétuelle, pour toujours avec nous, en suivant les règles de Guswentha, le Wampum Deux Rangées. Ils ont fini par établir un fond fiduciaire pour ong’we:honweh (peuples natifs), qui a une valeur actuelle de plus de 900 000 milliards de dollars. L’entreprise coloniale USA Inc. (NdT ainsi que Canada Inc.) nous a tout volé, argent et ressources et a renié de longue date l’accord passé avec nous. Ce faisant, ils ont massacré quelques 100 millions d’entre nous.
Les États-Unis ont renié tous les accords passés avec nous. Ils nous doivent absolument tout ce qu’ils ont fait et achevé sur Ono’ware:geh (l'(Île de la Grande Tortue). Ils nous doivent plus d’argent qu’il n’en existe dans le monde. Dans ce processus, ils désirent persévérer dans la guerre et la destruction de la planète.

Le reste du peuple du monde doit se dresser devant ce caïd de cour de récrée appelé USA avant qu’il ne détruise tout sur la terre-mère. Les frontières, gouvernements, pouvoir, argent ne sont qu’illusion totale. Les gens sont nés dans ce système de l’esclavage de la pensée complètement fabriqué.

L’entreprise coloniale privée qui se fait appelée États-Unis d’Amérique ne tient son existence que d’une guerre illégale sur l’Île de la Grande Tortue et le génocide de 100 millions de personne afin de saisir la masse terrestre comme base. Elle ne leur appartient aucunement, c’est la terre d’Onk’we:honweh, le peuple naturel et ancestral de la terre. Ce que les banquiers américains (NdT : et de la City de Londres dont ils dépendent) nous ont fait, ils le font maintenant à la Palestine.

Ils continueront à suivre cette stratégie affairiste jusqu’à ce qu’ils parviennent à réduire tout le monde sur terre en esclavage, ou jusqu’à ce que le monde se dresse devant eux !

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Taiaiake Alfred (Ph.D)

Professeur de Sciences Politiques (chaire de gouvernance indigène) à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Le professeur Alfred est membre de la nation Mohawk (Kahnawake, clan de l’ours) :

Depuis le départ, les nouveaux venus de ce continent ont pensé que les peuples originels étaient un problème, le “problème indien”. Notre présence problématique est profondément ancrée dans le conscient collectif des colons et l’ancienne attitude est une utilisation constante dans la littérature et la connaissance universitaire. Vous savez aussi sans aucun doute que nous sommes de véritables échecs ambulants quant à l’adaptation de la réalité naturelle au développement d’une société moderne, n’est-ce pas ?
Mais récemment, quelques Canadiens ont commencé à questionner la place du “problème indien” au centre de l’identité et de l’agenda du pays. Je pense que c’est le bon côté qu’a généré l’affaire du changement climatique, tout le monde n’est plus convaincu que le progrès soit une bonne chose et certains en sont même arrivés à remettre en cause l’idée même de culture occidentale et du capitalisme. Extrait issu de cet article ► LE GRAND DÉSAPPRENTISSAGE par Taiaiake ALFRED {Ph. D}

L’État est un artifice de rationalité euro-américaine, c’est mécanique, bureaucratique et en fait assez simple. […]

Les non-colonisés possèdent un pouvoir qui est au-delà de la poigne et hors d’atteinte des autorités coloniales. Ils demeurent enracinés dans leur authenticité malgré les assauts physiques et autres activités coloniales, qui ne peuvent pas en fait être maintenues sur le long terme sans la coopération explicite et le consentement des gens. […]

Mais surtout que nous devons, tous, côte à côte, RÉSISTER au fléau de l’humanité le Colonialisme et ce par quoi il arrive : l’État en nous donnant de véritables ; Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire. ► Résistance au fléau de l’Humanité, par le Pr. T. ALFRED

Nous l’avons bien compris, la Nation Exceptionnelle et Indispensable entend bien le rester et on parle ici de l’Empire Anglo-américain dans son entier… Pas seulement de l’île de la Grande Tortue, on parle du continent américain, de l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie, « de toutes îles trouvées par vos envoyés et vos capitaines […] de toutes îles et territoires trouvés ou à trouver, découverts ou à découvrir vers l’Ouest et le Sud, en traçant et en établissant une ligne allant du pôle arctique, ci-après nommé le Nord au pôle sud ci-après nommé le Sud, sans se soucier si les terres ou les îles découvertes ou à découvrir se situent en direction de l’Inde ou vers quelque autre quartier ; La ligne se situant à cent lieus à l’Ouest et au sud des îles des Açores et du du Cap Vert. » Extraits de la Bulle papale Inter Caetera du Pape Alexandre Borgia VI du 4 mai 1493, à lire dans son intégralité ICI et dont Steven Newcomb a remis, en mains propres la demande de révocation au Pape François. Newcomb nous l’explique dans son livre « Païens en Terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » que Résistance71 a traduit par de larges extraits et que j’ai réunie dans un PDF de 45 pages ICI et introduit par ce billet explicatif .

Et pour agir, en ce sens, ici et maintenant et d’où nous sommes, soutenez cet appel à mouvement sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/abolir-lempire-mouvement-pour-la-repudiation-de-la-doctrine-chretienne-de-la-decouverte/  dont vous trouverez toutes les justifications dans cette page de mon bloghttps://jbl1960blog.wordpress.com/faire-tomber-lempire/  Puisque je suis à l’origine de cette initiative.

De plus en plus nombreux, nous pensons que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continent pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.

Aussi, nous avons étudié  La Grande Loi de la Paix  de la Confédération Iroquoise du 12ème siècle, entièrement traduite, en français par Résistance71, et que j’ai réunifié dans un PDF de 27 pages {Page 1 à 5 ; Introduction au texte par R71 ► Page 6 à 27 présentation de la traduction, en français, des 117 wampums (articles)}   ► Kaianerekowa, La Grande Loi de la Paix  Nous ne prônons pas son application Per se à nos sociétés qui sont culturellement et structurellement différentes de la société iroquoise, mais nous devrions l’étudier et adapter ce qui est adaptable notamment dans le domaine de l’horizontalité de la prise de décision politique et du schéma de la chefferie sans pouvoir.

Nous entendons initier un nouveau paradigme en lien avec tous les Natifs de la Terre, et il sera sans dieux, ni maitres et sans armes, donc ni haine, ni violence.

 Parce que je crois que nous sommes tous « INTER-RELIÉS » et que de cette « INTERCONNEXION » jaillira, telle une étincelle capable d’embraser tous les empires ;

UNION ► RÉFLEXION ► ACTION ► ASSOCIATIONS LIBRES CONFÉDÉRÉES ► SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS

« Mitakuye Oyasin »

Expression Lakota (Sioux) « Nous sommes tous inter-reliés« 

JBL1960

 

 

La réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte par Steven Newcomb

Après qu’il eut fallu « Tuer l’Indien pour sauver l’homme »

Et « Tuer l’Aborigène pour sauver l’homme »…

Blanc, et de surcroit chrétien*…

*Ça vous rappelle personne ? Si… LUI !…

Tout comme le Pr Taiaiake ALFRED, qui explique patiemment, aux Zuniens et Canadiens de papier et à tous les non-indigènes, qu’il est possible de se défaire de toute idéologie coloniale ► LE GRAND DÉSAPPRENTISSAGE par Taiaiake ALFRED {Ph. D}

Et après Peter d’ErricoLa Nation Sioux Yankton vs le DAPL

Steven Newcomb, auteur notamment du livre « Païens en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte » Éditions Fulcrum, 2008, que Résistance71 a traduit en français par de larges extraits et que j’ai réunifié dans un PDF de 45 pages ► Païens en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte, version PDF

Nous a  déjà expliqué que les Natifs n’ont jamais été « ni conquis, ni subjugués » ; Porte à notre connaissance la réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte. Et comme l’Australie a encore fêter l’Australia Day le 26 janvier dernier, on se doute, qu’ils ont pas l’intention de lâcher l’affaire. Et donc, nous non plus ! Démonstration ;

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Résistance au colonialisme : L’Australie botte en touche la question de la domination en rapport avec la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb)

URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/21/resistance-au-colonialisme-laustralie-botte-en-touche-la-question-de-la-domination-en-rapport-avec-la-doctrine-chretienne-de-la-decouverte-steven-newcomb/

La réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte

Éviter l’affaire de la domination qui réside au sein de la doctrine de la découverte

Steven Newcomb  | 17 mars 2017 | URL de l’article original : https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/australias-response-doctrine-discovery/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

En 2012, au Forum Permanent sur les Problèmes Indigènes de l’ONU, Kate Gumley, alors chef de la délégation australienne, avait fait un discours intitulé : « La doctrine de la découverte ». Le premier paragraphe de ce document illustre très bien comment le gouvernement australien bottait subtilement en touche le problème de la domination. “Le point clef de l’agenda de la discussion de cet après-midi est la doctrine de la découverte, un concept de droit public international qui a reçu l’attention de ce forum parce qu’il adresse directement la question de la conquête légale [de la terre] durant la période de la colonisation [sic].” (NdT:  autant d’hypocrisie et d’aplomb mensonger est à peine croyable, mais c’est comme ça qu’ils s’en sortent…)

Les hauts-fonctionnaires du gouvernement australien qui ont écrit cette déclaration n’ont pas identifié la question que les représentants des peuples indigènes soulevaient en appelant à la focalisation sur la soi-disant “doctrine de la découverte”. Ce que l’état australien a cadré comme étant une “conquête légale” n’est, en fait, rien d’autre que l’affirmation par des gouvernements d’état de la possession d’un “droit de domination” sur nos peuples et nations originels.

Si on nous en avait donné l’opportunité, nous aurions pu demander au gouvernement australien : Est-ce que les envahisseurs ont le droit de dominer d’autres nations sur leurs propres terres et territoires ? Sur quel cadre de référence ou standard de jugement pourrions-nous répondre à cette question ? Sommes-nous obligés par une quelconque loyauté que nous aurions contracté envers nos envahisseurs et leurs descendants de répondre à de telles questions uniquement du point de vue de leur façon de voir ou standards de jugement invasifs ?
Malheureusement, le Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU ne se prête pas à un dialogue étendu ou spécifique avec les représentants des gouvernements de quelque état que ce soit, comme l’Australie par exemple. Si j’avais pu entrer dans un tel dialogue avec les délégués du gouvernement australien au sujet de leur intervention, je leur aurais demandé dans quel contexte plaçaient-ils les mots de “conquête” et de “légal” et de quel point de vue ?

Prenez par exemple l’idée de “conquête” comme une affirmation de “victoire” dans le contexte d’une invasion illégale des terres et territoires d’une nation originelle donnée, sur le continent de l’Australie. Au moment de l’invasion, la nation originelle de cet endroit vivait son propre mode de vie, dans son propre pays, dans cette partie du monde bien précise, sans déranger personne. Le but des envahisseurs est de se saisir de ce pays, de cette terre et de contrôler ou de tuer la nation envahie en lui faisant la guerre. Les descendants actuels de ces envahisseurs appellent le système de domination qui en a résulté une “conquête légale”.

En réalité, l’invasion étrangère et ce qui en a découlé est illégitime. Les descendants actuels des envahisseurs tentent de cadrer la “domination” comme étant quelque chose de “légal”. Ils font cela dans un effort de rendre l’invasion et tout l’après celle-ci à l’échelle inter-générationnel, acceptable du point du vue des colonisateurs. Une tactique des envahisseurs et de leurs descendants est de ne juger ou d’évaluer les résultats politiques ou autres que de leur propre perspective. Tout comme les chrétiens fondamentalistes considèrent que leur religion est la seule et unique religion qui vaille ; les envahisseurs et leurs descendants considèrent maintenant leur “avis” sur la “légalité” de l’affaire comme étant le seul, unique et valable “avis” sur la “légalité” en question.

Le philosophe du droit Steven I. Winter fait remarquer que chaque catégorie et chaque doctrine, incluant la “doctrine de la découverte”, “repose sur une image mentale des formes d’association humaine qui sont justes ou réalistes” dans une situation donnée. Aussi loin qu’est concerné l’image mentale des descendants des envahisseurs européens, l’invasion européenne chrétienne et son résultat de domination est à la fois juste et réaliste car fondée sur le christianisme et la bible. Les nations originelles envahies sont étiquetées n’avoir aucun droit fondamental de contester ou de défier le système de domination qui en a résulté.

En maintenant à l’écart les cadres d’interprétation des nations originelles, il devient alors possible pour les envahisseurs et leurs descendants de s’adresser aux Nations-Unies, avec l’identité politique d’un état de domination et de prétendre que ce système de domination qui a émergé en tant que résultat de l’invasion génocidaire de cette terre par leurs ancêtres est une “conquête légale”. Ceci est une partie de la façon dont le gouvernement australien (NdT : quelque soit sa couleur politique, c’est toujours la même chose…) déguise et masque cette image de l’invasion et son résultat en utilisant des euphémismes (des mots sonnant bien pour exprimer de terribles actions) comme par exemple “la légalité de l’installation européenne” (c’est à dire l’invasion, la domination, l’extermination et la déshumanisation) et “travailler en vue d’un futur réconcilié.

Parler de “futur réconcilié” est un futur dans lequel ceux qui ont été envahis et dominés pendant des générations se seront “réconciliés avec eux-mêmes” afin de vivre de manière permanente sous le système de domination imposé, dans ce cas-ci sous ce qui est appelé “L’État australien”. La construction et la manifestation de ce système de domination est ce que le gouvernement australien étiquette du doux euphémisme de “conquête légale”, affirmant et clamant ainsi le résultat de domination comme étant un résultat valide et légal.

Tant que nous n’exposerons pas de manière explicite le “système de domination des États”, ce système continuera de détruire des écosystèmes entiers et créera les problèmes que nous avons besoin de résoudre une fois pour toute. Reproduire un système destructeur au nom de la “réconciliation” avec ce même système n’est en aucun cas une recette du succès pour une réelle cicatrisation. Ceci ne fait que créer ce que Gregory Bateson appelait “le double lien” (baisés si on le fait, baisés si on le fait pas). Ce n’est pas suffisant de dire ce en quoi nous sommes en faveur. Nous devons mettre en contraste ce pour quoi nous sommes en faveur avec ce pour quoi nous ne sommes pas d’accord. Le contraste crée une vision plus profonde et révèle le double lien.

Dans le bouquin de James C. Scott: “La domination et l’art de la résistance” (1990), l’auteur (NdT : anthropologue de renom auteur de “Zomia”) cite Barrington Moore pour avoir dit : “Une tâche culturelle principale à laquelle doit faire face un groupe opprimé est de fragiliser ou de faire exploser la justification de la strate dominante.” Quelle est la justification pour la domination de nos nations originelles ? Dans la loi fédérale américaine sur les Indiens, comme ceci est graphiquement illustré de nos jours avec l’affaire de Standing Rock et du DAPL, c’est un empire fondé sur le christianisme qui possède(rait) une destinée manifeste de subjuguer la terre et de dominer tous les êtres vivants pour son profit.

Il est grand temps de rejeter ces systèmes de domination comme étant non seulement invalides mais également humainement inadmissibles en refusant d’accepter ce concept, de ne plus les accepter comme “conquête légale”.

Non au DAPL ! Mni Wiconi. L’eau est la vie !

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Résumons ;

Vous, les descendants des envahisseurs-exterminateurs, demandez à tous les descendants Indigènes/Aborigènes/Natifs  – que sur ordre divin [ICI] et au nom de la Doctrine Chrétienne de la Découverte, vous avez  « …pour envahir, traquer, capturer, vaincre et subjuguer tous les Sarrasins, païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient et de réduire leur personnes en esclavage perpétuel… » – d’accepter une bonne fois pour toutes, qu’ils ne sont RIEN (Res Nullus) puisque vous avez déclaré leurs Terres « Terra Nullius » depuis octobre 1492 ! Et vous nous demandez à nous autres, non-indigènes d’être d’accord avec cette assertion ?

Comment dire ; Lisez bien sur nos lèvres, parce que c’est  non, nein, no, niet, nee, na, não, pù shi… En Zoulou même ; cha ! Ou en Mohawk si vous préférez : Iáhten…

JAMAIS, PLUS JAMAIS ! DÉSOLÉ ! NADA ! NEVER !

Nous pensons que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continent pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.

Aussi, nous avons étudier La Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise du 12ème siècle, entièrement traduite, en français par Résistance71, et que j’ai réunifié dans un PDF de 27 pages {Page 1 à 5 ; Introduction au texte par R71 ► Page 6 à 27 présentation de la traduction, en français, des 117 wampums (articles)}   ► Kaianerekowa, La Grande Loi de la Paix  Nous ne prônons pas son application Per se à nos sociétés qui sont culturellement et structurellement différentes de la société iroquoise, mais nous devrions l’étudier et adapter ce qui est adaptable notamment dans le domaine de l’horizontalité de la prise de décision politique et du schéma de la chefferie sans pouvoir.

Nous entendons initier un nouveau paradigme en lien avec tous les Natifs de la Terre, et il sera sans dieux, ni maitres et sans armes, donc ni haine, ni violence.

Nous, français, aujourd’hui savons très exactement à quoi nous en tenir concernant l’Église catholique romaine ► Dans le silence des Églises…  Et pour ma part, j’ai renié mon acte de baptême en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte parce que je ne voulais pas être complice, pour l’éternité de l’extermination passée, présente et à venir des Indigènes/Autochtones et de tout être vivant que vous avez décidé arbitrairement au nom de votre Dieu de nier, d’effacer, de torturer, ou de massacrer…

À vous de voir…

JBL1960

Illustration, issue du PDF ; De Steven Newcomb remettant au Pape François, une énième demande de révocation des Bulles Papales fondant la Doctrine Chrétienne de la Découverte

La France amnésique au passé règlementé par Jean-Paul Demoule Fin et version PDF

La 1ère partie est là ► La France pays au passé amnésique et règlementé par Jean-Paul Demoule

La 2ème partie ici ► La France pays au passé amnésique et règlementé par Jean Paul Demoule (Suite)

Et pour tordre définitivement le cou à un mythe, un de plus, sur le « Nos ancêtres les gaulois » si cher aux Biens-Zélés de tous poils !

De fait, l’histoire officielle de la France, celle que nos élites politiques et intellectuelles veulent mettre en avant a dû s’accommoder de trois grandes défaites successives :

La première est celle des Gaulois face aux Romains. Nos ‘ancêtres les Gaulois’ sont avant tout des vaincus, qui plus est, décrits par leur vainqueur comme des barbares. […]  A ce titre, il est effarant de constater que ce qu’on nous répète à longueur de bouquin d’histoire scolaire insipide au sujet de “nos ancêtres les Gaulois”, ne couvre en fait que la toute fin d’une civilisation qui a essaimé en Europe du Danube à l’Irlande pendant plus de 800 ans !.. […] C’est sur la combinaison des deux doctrines qu’est fondée l’histoire officielle de la France, occultant à dessein la véritable originalité et efficacité tant politique qu’économique de “nos ancêtres les Gaulois”. Extraits de la 3ème partie de « On a retrouvé l’histoire de France » du Pr. Demoule.

 

Politique de l’histoire : La France amnésique au passé réglementé ou comment retrouver l’histoire de France ~ 3ème partie ~

“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarche sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”

~ Professeur Ze’ev Herzog, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999~

Vous pouvez pour comprendre cette affirmation lire le PDF de 39 pages regroupant les travaux de recherche, publications et extraits du livre « L’Égypte n’a jamais connu ni Pharaons, ni Israélites » du Dr. Ashraf Ezzathttps://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdfdraedec2016addendum02171.pdf  Et incluant sa dernière publication « La fuite de la sainte famille en Égypte est-elle un mythe ? » expliquée dans ce billet de blog ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/02/21/addendum-au-pdf-des-extraits-du-livre-publications-du-dr-a-ezzat/

“Que les historiens ‘hautement acclamés’ respectent les lois d’airain qui conditionnent la ‘liberté de leur atelier’ : qu’ils dialoguent moins avec les prélats, les ministres, les ‘hommes d’affaires’ qu’avec les archives, accessibles à tous, dans le ‘silence’ et vérifiables par tous, et leurs stylos ou leurs ordinateurs ; que, libérés de la tutelle de l’argent ‘extérieur’ des missions privées ou publiques, ils réclament des financements universitaires pour générer des recherches dont ils auront l’initiative, la maîtrise et les instruments archivistes. Dégagés du soupçon de complaisance ou de dépendance à l’égard des puissants, ils n’en seront que meilleurs experts de la ‘société’ dite “civile’. Quant aux jeunes chercheurs, il est urgent que, soustraits à la norme des desiderata des bailleurs de fonds et ainsi mis en mesure de tenir la tête droite, ils puissent aider l’histoire contemporaine française à retrouver la voie de l’indépendance.”

~ Annie Lacroix-Riz, professeure émérite d’histoire contemporaine, Université de Paris VII, “L’histoire contemporaine sous influence”, 2004 ~

Et en complément de lecture qui démontre combien Annie Lacroix-Riz a totalement raison  ; Société contre l’État : Société Celtique et Gauloise ; Introduction « au Défi Celtique » par Alain Guillerm, version PDF  PDF de 34 pages réalisé par JBL1960 à partir de la compilation et l’analyse de Résistance71.

La France pays au passé amnésique et réglementé

Présentation, extraits et analyse du livre de Jean-Paul Demoule*:

“On a retrouvé l’histoire de France”, Robert Laffont, 2012 et Folio “Histoire”, 2013

 par Résistance 71 |  Février 2017 | URL de l’article sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/17/politique-de-lhistoire-la-france-amnesique-au-passe-reglemente-ou-comment-retrouver-lhistoire-de-france-3eme-partie/

Les archéologues ne sont pas seulement là pour fouiller le sol. Ils ont la belle et forte responsabilité d’expliquer à tous les résultats de leurs recherches et de chercher un sens et des clefs aux trajectoires des sociétés passées, à la façon dont elles ont pu vivre et s’organiser. Ils ont aussi la charge de dénoncer les manipulations de l’histoire. […] Cette communauté de ‘citoyens français’, en tant que nation, n’a cependant que deux siècles d’existence. Elle date de la révolution française et du romantisme, un espace-temps presque infime en regard des civilisations et des sociétés qui se sont succédé sur notre territoire depuis 1 500 000 ans, c’est à dire quelques 60 000 générations. […] Certes nous sommes français, mais nous sommes aussi européens. Ces 1500 millénaires de notre histoire ne sont pas séparables de notre continent tout entier. […] C’est le libre choix collectif qui fait qu’une communauté se fait ou se dissout, comme nous en avons vu de nombreuses s’effondrer au fil de l’histoire, surtout lorsque le pacte social était rompu et que le profit du travail collectif était trop inégalement réparti.

Nous n’avons pas besoin de mythes, nous avons besoin de savoir pourquoi nous vivons ensemble ; nous avons besoin de comprendre l’histoire du sol sur lequel nous vivons et, quels que soient les lieux où ont vécu naguère nos propres ancêtres biologiques, de connaître les impasses qui ont conduit à la catastrophe certaines des sociétés passées.

Que j’ai réunifiées dans un PDF de 21 pages qui contient de nombreuses illustrations, fournies par Résistance71 ;

La France amnésique au passé réglementé ou comment retrouver l’histoire de France, version PDF  des 3 parties publiées par R71 du livre de Jean-Paul Demoule.

Lien directhttps://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/03/pdfjeanpauldemoule.pdf

Vous pouvez retrouver toutes les versions PDF que j’ai réalisées en suivant ce lien ► https://jbl1960blog.wordpress.com/les-pdf-de-jbl1960/

Du même auteur, et sur proposition de Résistance71 ► Barbares & Civilisations, et dans mon style.

Révolution-nous d’abord, et ça commence dans la tête (comme l’explique Howard Zinn par le menu, ICI !) et ne répond pas à une pulsion instinctive animale qui est la plus souvent meurtrière, mais bien en étudiant et réfléchissant avec des lectures comme celles-ci !

Je l’ai déjà dit bien souvent, si nous sommes des Sans-dents, pour autant nous ne sommes pas sans cervelles…Nous avons donc, en France, une occasion assez inédite puisqu’au lieu de voter et d’en contester le résultat après dans la rue, et donc de se foutre sur la gueule ; De réfléchir avant et d’organiser le boycott de cette élection pour ; Ignorer le Système ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter l’ANCIEN au NEUF

Je suis persuadée que nous sommes tous «INTER-RELIÉS» et que de cette «INTERCONNEXION» jaillira, telle une étincelle capable d’embraser tous les empires ;

UNION ► RÉFLEXION ► ACTION ► ASSOCIATIONS LIBRES CONFÉDÉRÉES ► SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continent pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.

Et comme je l’explique dans mon tout dernier billet de blog ► La “gauche” étatique occidentale complice de l’empire par Paul Craig Roberts

JBL1960

L’illustration de ce billet est issue du PDF ; Forêt Primordiale d’Europe…

LE GRAND DÉSAPPRENTISSAGE par Taiaiake ALFRED {Ph. D}

Taiaiake Alfred (Ph.D)

Professeur de Sciences Politiques (chaire de gouvernance indigène) à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Le professeur Alfred est membre de la nation Mohawk (Kahnawake, clan de l’ours)

Du même Auteur, qui nous explique dans le détail que ;

L’État est un artifice de rationalité euro-américaine, c’est mécanique, bureaucratique et en fait assez simple. […]

Les non-colonisés possèdent un pouvoir qui est au-delà de la poigne et hors d’atteinte des autorités coloniales. Ils demeurent enracinés dans leur authenticité malgré les assauts physiques et autres activités coloniales, qui ne peuvent pas en fait être maintenues sur le long terme sans la coopération explicite et le consentement des gens. […]

Mais surtout que nous devons, tous, côte à côte, RÉSISTER au fléau de l’humanité le Colonialisme et ce par quoi il arrive : l’État en nous donnant de véritables ; Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire. ► Résistance au fléau de l’Humanité, par le Pr. T. ALFRED

Incluant le PDF de 29 pages à partir du livre du Pr. T. ALFRED ► La Grande Loi du Changement

Car je poursuis le même objectif, ici et maintenant et d’où je suis quelque part en France ; FAIRE TOMBER L’EMPIRE

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Résistance au colonialisme : Résurgence de l’esprit des peuples dans la connexion avec la terre… (Taiaiake Alfred)

A quelqu’un qui lui demandait ce qu’il pensait de la culture occidentale, Gandhi répondit : “C’est une bonne idée !”

~ Résistance 71 ~

“Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir et le larbinisme…”
~ Aimé Césaire ~

“Pour l’Africain en particulier, la société blanche a brisé son ancien monde sans lui en donner un nouveau. Elle a détruit ses bases tribales traditionnelles de son existence et barre la route de l’avenir après avoir fermé la route du passé.”
~ Frantz Fanon ~

“La terre et l’esprit [Geist] sont donc la solution du socialisme… Les socialistes ne peuvent en aucune manière éviter le combat contre la propriété foncière. La lutte pour le socialisme est une lutte pour la terre ; la question sociale est une question agraire !” ~ Gustav Landauer ~

URL DE L’ARTICLE R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/15/resistance-au-colonialisme-resurgence-de-lesprit-des-peuples-dans-la-connexion-avec-la-terre-taiaiake-alfred/

Le grand désapprentissage

 Taiaiake Alfred (Ph.D)

Professeur de Sciences Politiques (chaire de gouvernance indigène) à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Le professeur Alfred est membre de la nation Mohawk (Kahnawake, clan de l’ours)

Février 2017 | Source : https://taiaiake.net/2017/02/28/the-great-unlearning/

Transcription d’une conférence donnée à l’université de Melbourne, Australie fin 2015

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Depuis le départ, les nouveaux venus de ce continent ont pensé que les peuples originels étaient un problème, le “problème indien”. Notre présence problématique est profondément ancrée dans le conscient collectif des colons et l’ancienne attitude est une utilisation constante dans la littérature et la connaissance universitaire. Vous savez aussi sans aucun doute que nous sommes de véritables échecs ambulants quant à l’adaptation de la réalité naturelle au développement d’une société moderne, n’est-ce pas ?
Mais récemment, quelques Canadiens ont commencé à questionner la place du “problème indien” au centre de l’identité et de l’agenda du pays. Je pense que c’est le bon côté qu’a généré l’affaire du changement climatique, tout le monde n’est plus convaincu que le progrès soit une bonne chose et certains en sont même arrivés à remettre en cause l’idée même de culture occidentale et du capitalisme.

Il y a un doute de plus en plus grand sur le fait que des pays comme le Canada représentent le summum de la civilisation humaine et qu’il pourrait bien y avoir de sérieux inconvénients et problèmes sur la façon dont ces sociétés se sont construites.

Une des prises de conscience qui vient de penser au travers de l’histoire de manière différente et de penser aux problèmes qui détricotent nos sociétés, est que les gens commencent à reconnaître qu’il y a une forme de responsabilité à transformer les institutions gouvernantes et les relations fondamentales dans la société. Dans un sens, les gens commencent à réaliser les effets de la contamination industrielle sur leurs vies, partout. Bientôt les gens vont comprendre que le Canada n’a pas de problème indien, mais un problème colonisateur et que la route vers un meilleur futur n’est pas nécessairement de focaliser l’effort sur redéfinir et de retirer les peuples natifs de la terre de façon à ce que les corporations puissent exploiter les “ressources” pour l’enrichissement exclusif de la population des colons. Ils commencent à voir que les racines du pays, en tant qu’entreprise coloniale et colonisante, ont créé une structure des relations entre tous les gens et entre les gens et la terre de ce pays, qui est au bout du compte destructrice de tout le monde et de tout ce qui y est impliqué.

Le problème colon est le fait que le Canada est construit sur la présupposition d’une re-colonisation perpétuelle du peuple et de la terre qui permet à la société dominante de jouir de privilèges et d’une prospérité qui seraient les héritages d’une conquête. Donc quel est le problème fondamental de justice et d’injustice au Canada ? Vu depuis cet angle, ce n’est certainement pas nous qui avons échoué à suivre. Ce n’est même pas un problème de justice sociale demandant un droit et une reconnaissance pour nous élever au même statut de bien-être que la société de base des colons.

La justice sociale comme concept et objectif n’est pas suffisant, parce que si nous ne nous concentrons que sur cela, nous ne faisons que regarder et analyser les symptômes, si nous ne faisons pas face au problème fondamental, qui est celui de la DÉPOSSESSION, de l’occupation continuelle de nos terres, de la séparation du peuple d’avec la terre ce qui nous enlève l’essence fondamentale de ce que et qui nous sommes, nous avons un gros moteur générant la discorde sociale, culturelle et physique et pas seulement au sein de ceux qui se perçoivent comme victimes, mais aussi parmi ceux qui pensent être les bénéficiaires de la dépossession. Ce moteur est chaud et ronronnant, il produit la dispute sociale, des troubles de la santé, une destruction environnementale, qui ne s’est jamais produite à cette vitesse dans le passé.

Il y a une connexion basique entre la dépossession et l’abus perpétré sur les peuples indigènes ainsi que sur la structure et le fonctionnement adéquat de l’économie canadienne. De où nous nous plaçons aujourd’hui, au milieu d’un problème colon, arranger l’économie, s’occuper des problèmes environnementaux

et s’occuper de la terre, tout cela requiert la mise en place d’une relation juste avec les nations des peuples originels et demande la manifestation d’un respect pour la vision du monde qui se trouve à la racine de leurs cultures.

Bricoler ou réformer des institutions déjà existantes et les relations engendrées est absolument inutile. Ce dont nous avons besoin est un véritable virage à 180 degrés de la mentalité de conquête vers un état d’esprit qui place l’être humain dans des relations réelles et durables l’un envers l’autre et l’environnement. C’est un changement psychologique, c’est un chemin hors du sentier battu, bien qu’il y ait déjà des éclaireurs qui se sont engagés dans le recadrage de l’idéal de ce pays par les relations et pour qui une éthique environnementale indigène offre une alternative de pensée et d’être sur la terre. Mais qu’est-ce qu’une éthique environnementale indigène ?

Pour nous, tout est relié à la terre, aux territoires ancestraux. En langue mohawk, nous disons : “Konnoronkwa Iekeni’stenha ohontsa”, c’est à dire: “J’aime ma mère la terre.” Être indigène veut dire avoir ce type de relation intime avec la terre, ce sens de relation profonde et de responsabilité envers la terre ; cela veut dire vivre cette relation, posséder cette connexion, remplir votre responsabilité, en prendre la substance d’amour, prendre la connaissance sacrale et la restituer, aimer et protéger votre mère.

Voilà pourquoi la colonisation, qui est fondée sur le déni de notre capacité de vivre l’éthique d’une relation universelle de responsabilité, est si destructrice et démoralisante.

La déconnexion d’avec la terre est bien plus que juste une privation économique.

La déconnexion d’avec la terre est bien plus que juste l’injustice politique de l’aliénation territoriale.

Déconnectés de la terre, nous ne pouvons plus être indigènes. Pour être indigène, vous devez vivre et remplir la responsabilité qui incombe des instructions originelles et honorer votre famille, vous-même, les autres, ainsi que les autres nations des arbres, des animaux terrestres, aquatiques, des eaux, des vents etc… Lorsqu’on parle à tout cela, c’est exister dans un monde paisible en tant qu’être humain de cette terre. Vivre cette éthique environnementale est absolument essentiel pour la liberté, la santé, le bonheur et la justice, pour que tout ceci se réalise dans la vie de la personne indigène.

Qu’en est-il donc de la réconciliation ? Nous demanderons certains, ne sommes-nous pas dans une ère nouvelle de respect pour les peuples originels ? Le premier ministre du Canada a parlé devant la chambre commune (NdT: l’assemblée nationale canadienne) et a lu une excuse publique aux victimes des abus et des crimes des pensionnats pour Indiens. Ce fut une grande erreur, c’était mal et totalement inacceptable que nous enlevions ces enfants de leurs familles et d’avoir autorisé qu’ils soient abusés, bafoués dans ces écoles, nous n’aurions jamais dû laisser ces enfants être abusés et violentés de la sorte, a t’il dit. Mais ce ne fut pas le point de départ d’une véritable réconciliation. En tournant la page de l’histoire en admettant ce qui est arrivé à ces enfants dans ces pensionnats, il n’a néanmoins pas adressé ni parlé des dégâts multi-générationnels que tout ceci a provoqué chez les nations indigènes.

Est-ce le mal occasionné par ces pensionnats à une grand-mère qui a souffert de tant d’abus dans ce système, qu’elle ne fut pas autorisée à parler sa langue et grandît en haïssant son “indiennité”, qui après ce traumatisme, s’en alla à Brooklyn et se fit passer pour irlandaise ?… (ceci est une histoire vécue dans ma famille…). Est-ce là tout le drame , tout le mal ?… Bien que cela en fasse partie, mais vous devriez avoir une vue bien étriquée (harpérienne) pour dire qu’il n’y a pas non plus eu de dégâts collatéraux pour les enfants et petits-enfants de cette personne qui ne purent pas parler le mohawk et que de fait toute sa progéniture vit à Brooklyn, New York et non pas à Kahnawake, territoire mohawk, là où elle est née, elle et tous ses ancêtres.

Quelle fut la véritable intention des pensionnats pour Indiens ? Le but était de briser la connexion des peuples natifs avec leur terre. Ils furent mis en place pour arracher les enfants de leurs familles, de leur terre et de leurs cultures, de façon à ce que la génération suivante ne soit plus présente sur la terre et ainsi n’aurait plus la capacité de prendre la connaissance de la culture, de la langue et ainsi ne serait plus capable de défendre la terre politiquement, culturellement et physiquement des intentions des gens qui viendraient avec la volonté d’utiliser et d’exploiter cette terre. (NdT : n’oublions pas que le Canada tout comme les USA sont des entreprises commerciales coloniales de la “couronne”, c’est à dire de la City de Londres, de sa banque d’Angleterre / Vatican, gérée par les Rothschild…)

Voilà ce que fut l’objectif des pensionnats pour Indiens. (NdT : lire à ce sujet la version PDF en français de notre traduction de “Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, le contre-rapport de la Commission Vérité et Réconciliation publié par le TICEE)* Après ces pensionnats (NdT: le tout dernier a fermé ses portes au Canada en 1996…), il n’y eut pratiquement plus personne pour défendre ni spirituellement ni physiquement la terre. Ainsi la réconciliation est en fait une recolonisation parce qu’il s’agit avant tout de consolider les gains de territoires acquis par les crimes de la génération précédente de colons (NdT: il en va de même aux États-Unis, au Mexique, et en fait en Israël avec les Palestiniens…) et cela n’a rien à voir avec la transformation ni même un quelconque changement. Je pense que les bonnes cibles sont les institutions puissantes du gouvernement canadien d’un côté et de l’autre notre peuple.

Nous devons définir pour et par nous-mêmes ce qu’est ce mouvement et ce mouvement se doit d’être un mouvement de retour à la terre. Je ne veux pas passer pour un complet romantique et utopiste ici en disant “retour à la terre” en terme de “quittons les villes et retournons à la campagne”, Ceci n’est même plus possible dans la vaste majorité des cas sur nos territoires tant la destruction est bien entamée, la perte drastique de l’environnement, des animaux etc. Ce dont je parle est le besoin de retrouver la capacité d’avoir une relation avec notre terre qui peut nous entretenir spirituellement, culturellement et économiquement en partenariat avec la société qui est venue ici et qui avait promis de faire cela au départ.

Il y a quelque chose qu’on appelle Guswentha dans ma langue (mohawk), ce qui est une ceinture wampum représentant deux rangées (Wampum Deux Rangées). Guswentha est un puissant et très intelligible symbole au Canada et aux États-Unis. Parce qu’il représente en des termes très simples, très clairs, la marche à suivre et il est le plus vieil accord officiel entre des nations de nouveaux-venus et les nations indigènes. Cet accord est toujours en existence. Mais il représente très très clairement la vision des peuples natifs alors qu’ils le remettent en avant pour redefinir la relation hors du sentier de la colonisation vers celui de la dé-colonisation.

Je vais juste vous en parler.

Le wampum deux rangées est vraiment très simple dans son principe. C’est une ceinture faite de nacre colorée de petits coquillages tissée de façon à reconnaître le fait que nous partageons une existence. Un langage métaphorique est utilisé, celui d’une rivière, de la rivière du temps qui passe, nous voyageons sur la rivière en même temps. Rien que là, vous avez déjà une concession de la part du peuple natif de la nouvelle réalité. Des gens disent que la vision des traditionalistes est si radicale qu’on ne peut pas la concevoir, la visualiser. Que voulez-vous de nous ? demandent-ils, que nous retournions en Europe? Vous voulez que nous fassions ceci ou cela ? Et bien non, en fait, la conception indigène est en fait le partage de l’existence, la fondation est la coexistence. Une coexistence pacifique, qui fut en fait ce qui prévalut au début et qui permit à ces sociétés de se développer au Canada et aux États-Unis. Ces deux pays furent construits sur la base de l’acceptation de la coexistence entre les nations (NdT : traité de la Grande Paix de Montréal en 1701 où les Français acceptèrent Guswentha que les Anglais acceptèrent aussi quelques semaines plus tard. Ce furent les Hollandais en 1613 qui l’inaugurèrent), ce qui fut honoré au début. Honnêteté, paix et amitié, trois perles de nacre entre chaque. Si votre intention est amicale, si vous avez un comportement paisible et pacifique et si vos paroles sont honnêtes en tout temps, alors le canoë indigène et le navire étranger navigueront sur la rivière ensemble, côte à côte. Notre autonomie et notre indépendance à tous deux seront respectées et nous aurons alors ce que symbolise cette ceinture blanche: la paix.

Paix et prospérité, ensemble. Si cela est respecté pour toujours, alors nous voyagerons côte à côte. A aucun moment les lignes de trajectoires ne s’incurvent pour qu’aujourd’hui l’existence du canoë soit sous l’existence du vaisseau occidental. Ceci est devenu une très grande injustice. A aucun moment ceci fut fait pour devenir un Wampum Une Rangée, où la souveraineté de l’état canadien surclasse la souveraineté de la nation Mohawk par exemple ou de toute autre nation que ce soit. Ceci est vraiment très, très clair et très simple ; respect de l’autonomie, ouais, observez notre inter-dépendance et reconnaître que nous nous appuyons l’un sur l’autre.

Si nous voulons être heureux, prospère dans notre pays, nous devons vivre selon le principe de relation de nation à nation et ceci est appelé le Wampum Deux Rangées. Voilà ce pour quoi les peuples natifs se battent. Ceci est l’expression même de la culture Haudenausonee (iroquoise). J’ai l’honneur d’enseigner dans un territoire qui est très loin du mien. C’est la région de ce pays de ma femme en Colombie Britannique. Je voyage beaucoup, tout comme vous. Je parle à bien des gens natifs, et bien que la manifestation physique puisse différer selon les endroit et les termes culturels, le principe par essence demeure le même.

Les indigènes ne se sont pas rendus lorsqu’ils ont vu bien des hommes blancs arriver. Contrairement à ce que les gens pensent, les nouveaux-venus furent chaleureusement accueillis dans notre région du monde. Ils furent bien intégrés et ont leur donna un siège, on leur fit dire que maintenant, ils pouvaient partager ce que nous avions. Mais si vous voulez le faire, vous devez suivre ces principes valables pour tous. Malheureusement, les faits prouvent que dans notre coin du monde, les Européens ont suivi ces règles jusqu’à ce qu’ils n’en aient plus besoin. Au moment où la démographie a basculé en leur faveur et que le rapport militaire bascule également alors les Européens ont jeté Guswentha sur le sol, l’ont piétiné et ont déclaré que dorénavant, nous n’avions plus le Wampun Deux Rangés mais la loi fédérale sur les Indiens (Indian Act) et qu’est-ce que vous pouvez y faire ?…

Voilà la dure réalité de l’histoire et comment ce que nous avions d’accords qui aidèrent à la création de ce pays nouveau appelé Canada, fut jeté aux orties. Donc quand nous parlons d’une nouvelle lutte appelée l’Indigenous Nationhood Movement, nous parlons de reconnecter avec cette ceinture originale qui ne devrait pas être vue comme quelque chose de radical par un peuple dont les ancêtres firent un pacte en suivant explicitement cette ceinture wampum.

Ceci n’est absolument pas radical, c’est en fait une restauration et une résurgence d’une voie originale d’être, pas seulement pour les natifs indigènes mais aussi pour les colons, pour la société s’établissant ici. Voilà ce que fait le mouvement Indigenous Nationhood Movement, il prend l’énergie d’idle No More, il prend la frustration de la jeune génération, il la réforme, la développe et l’articule.

Nous appelons cela la Résurgence Indigène et nous essayons de la développer en un mouvement politique appelé Indigenous Nationhood Movement mais en fait c’est un mouvement très ancien. C’est le plus vieux mouvement de ce continent, parce que la nation indigène c’est le Wampum Deux Rangées. Si je parlais au Canada, je dirai : ici, tout le monde est une personne du traité. Les traités ne sont pas seulement pour les indigènes, si nous avons des traités, c’est que nous les avons fait avec d’autres gens, d’autres peuples, ce qui veut dire le Canada et aussi les nations qui vinrent après.

Voilà donc la vision de la décolonisation qui se joue en ce moment même au Canada. Je sens bien qu’il y a des parallèles et des similarités avec ce qu’il s’est passé ici en Australie et j’espère lier une longue relation de partenariat avec mes amis et le peuple d’ici comme je l’ai déjà fait. Que nous continuions de partager, d’apprendre et de développer notre solidarité, pas seulement avec mes frères et sœurs indigènes, mais aussi avec le peuple non-indigène d’ici parce que je vous laisserai sur une pensée finale qui a toujours été un engagement de notre peuple.

Et c’est que la philosophie et les idées de nos nations indigènes du point de vue de notre perspective ne sont pas seulement des choses qui vont nous sauver de la colonisation, mais elles sont aussi des nécessités pour sauver le monde des impulsions et des impératifs du développement capitaliste qui se passent dans un cadre dénué d’éthique et sans principes qui parlent de durabilité mettant une limite à l’idée d’exploitation et de croissance. Ceci a toujours fait partie de l’équation, comme être durable dans un environnement. Sans bloquer les réalités, sans nier que des changements se produisent et que le temps passe et que nous devons travailler ensemble pour développer un cadre relationnel, non seulement les uns avec les autres qui soit durable mais avec les autres nations d’animaux, de plantes et la terre qui nous supporte pour que nous puissions tous avoir la paix (skennen) et que nous puissions avoir une réalité que nous serions fiers de passer à tous nos enfants, natifs et non-natifs de ce pays.

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“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacun dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interfèrera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”

“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps que l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”

Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613

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*En complément de lecture sur ce sujet, sur mon blog le dossier MEURTRE PAR DÉCRET, qui regroupe tous les liens traitant des pensionnats pour indiens au Canada, des solutions anti-coloniales pour nous permettre de nous « décoloniser » déjà dans nos têtes afin d’enclencher un nouveau paradigme en lien avec tous les Natifs. Et que je tiens régulièrement à jour avec les nouvelles publications.

L’avenir de l’Humanité passe par les peuples occidentaux, émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.

Je suis persuadée que nous sommes tous «INTER-RELIÉS» et que de cette «INTERCONNEXION» jaillira, telle une étincelle capable d’embraser tous les empires ;

UNION ► RÉFLEXION ► ACTION ► ASSOCIATIONS LIBRES CONFÉDÉRÉES ► SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS

Toutes ces lectures, ces PDF, ces analyses, nous permettront, à n’en plus douter, d’écrire la suite de l’Histoire à l’encre du réel. Comme pour ma part, j’ai commencé de le faire très précisément par ce billet de blog, en juillet dernier ► Le FUTUR est proche réaffirmant avec celui du 13 février dernier que ce NOUVEAU PARADIGME devait être, à mon sens, et autant que possible sans dieux, ni maitres, mais surtout SANS ARMES, ni haine, ni violence, et en lien avec tous les Natifs de la Terre…

Parce que nous sommes tous INTER RELIÉS comme le signifie l’expression Lakota (Sioux) Mitakuye Oyasin

Et pour que tous nos feux, nos petites flammes intérieures, si chères à Zénon ; soient CONNECTÉS ; selon le mot Mohawk/Kanienkeha ; Kahwatsire ! https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/02/28/kaianerekowa-grande-loi-de-la-paix-de-la-confederation-iroquoise-xiieme-siecle-version-pdf/

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre.

Ainsi Landauer ne pense pas que l’on puisse faire disparaître l’État dans un grand “Bang !” révolutionnaire, mais que l’État ne pourra disparaître qu’absorbé par la société ayant retrouvé l’esprit originel (Geist) et le changement d’attitude des individus librement associés.
Extrait de l’Appel au socialisme pour la Société des sociétés de Gustav Landauer

JBL1960

La France pays au passé amnésique et règlementé par Jean Paul Demoule (Suite)

Toujours plus haut dans les étoiles ;

Pour lire la PREMIÈRE PARTIELa France pays au passé amnésique et règlementé par Jean-Paul Demoule

Du même auteur, Jean-Paul Demoule, sur ce blog, et déjà grâce à Résistance 71, et introduit dans mon style ► Barbares & Civilisations

Politique de l’histoire : La France amnésique au passé réglementé ou comment retrouver l’histoire de France ~ 2ème partie : l’affaire Clovis ~

“L’État est une société d’assurance mutuelle entre le propriétaire terrien, le général militaire, le juge, le prêtre et plus tard, le capitaliste, afin de soutenir l’autorité de l’un l’autre sur le peuple et pour exploiter la pauvreté des masses tout en s’enrichissant eux-mêmes.
Telle fut l’origine de l’État, telle fut son histoire et telle est son essence actuelle.”

~ Pierre Kropotkine ~

“Les Romains eux, ont liquidé les Celtes morceau par morceau, en leur inculquant de force une culture étatique entièrement contraire à la leur… Ce génocide culturel [ethnocide] des Celtes marque encore notre présent en ce qu’il est l’élan refoulé de notre passé. Le massacre de la civilisation celtique en Europe est comparable en bien des points au massacre des Indiens des Amériques quinze siècles plus tard.”

~ Alain Guillerm, CNRS, 1986 ~

URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/10/politique-de-lhistoire-la-france-amnesique-au-passe-reglemente-ou-comment-retrouver-lhistoire-de-france-2eme-partie-laffaire-clovis/


 La France pays au passé amnésique et réglementé

Présentation, extraits et analyse du livre de Jean-Paul Demoule*:

“On a retrouvé l’histoire de France”, Robert Laffont, 2012 et Folio “Histoire”, 2013

 par Résistance 71  |   Février 2017

 1ère partie

2ème partie

3ème partie

(*) Archéologue, professeur emeritus d’archéologie à l’université de Paris I-Sorbonne. Ancien président de l’Institut Nationale de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) de sa création en 2002 à 2008.

Alors, les Romains sont-ils nos civilisateurs ?

Demoule donne des exemples de citations de livres d’histoire scolaire de la IIIème république, citons-en un pour donner le ton:

En somme, nos ancêtres gaulois étaient des sauvages aussi peu avancés que le sont à l’heure actuelle, beaucoup de nègres en Afrique. […] Aujourd’hui, quand les soldats français ou anglais se battent contre des nègres africains, ils finissent toujours par les vaincre, car ils ont sur eux l’avantage d’avoir de meilleures armes. De même les soldats romains qui envahirent la Gaule devaient finir par battre les Gaulois, car ils étaient beaucoup mieux armés.” (Gustave Hervé et Gaston Clemendot, “Histoire de France, cours élémentaire et moyen”, 1904)

Impressionnant non ? Demoule poursuit en citant un extrait de l’arrêté ministériel du 15 août 2008 sur les programmes d’histoire au primaire et au secondaire et explique:

“Moralité : les petits Français n’entendrons jamais parler des Gaulois au collège, ni après d’ailleurs. L’histoire officielle commence bien avec la Gaule romanisée…

Pourquoi donc ? A notre sens, la réponse est une hydre à plusieurs têtes dont deux principales seraient celles-ci:

  • Parce qu’il vaut mieux ne pas trop insister sur le fait que les Celtes (dont font partie les Gaulois) et leur culture se sont étendus en Europe du Danube à l’Irlande entre environ l’an 800 et la conquête romaine du 1er siècle avant notre ère. Ces sociétés ont eu un mode de vie longtemps sans centralisation et n’ont connu des institutions étatiques ou assimilées que sur la fin de leur indépendance.
  • Parce qu’aujourd’hui nos sociétés dont la France, sont toujours fondées en leurs institutions étatiques sur le droit romain, que celui-ci fut la base, avec le droit canon chrétien, du système légal en Europe et dans ses colonies à partir du XVème siècle jusqu’à aujourd’hui.

Ce qui fait dire à Demoule :

Les traces romaines sont aussi lisibles dans notre culture, qui utilise le droit romain, bien différent de la common law (droit coutumier) dans les pays anglo-saxons et qui est une des raisons de nos fréquentes difficultés de compréhension mutuelle. Notre tradition étatique, certes revivifiée par la monarchie absolue, possède en partie des racines romaines, que le christianisme, religion obligée de tout l’empire romain vers le IVème siècle de notre ère et à la structure fortement centralisée, n’a fait que renforcer. L’État est ressenti par nous comme une nécessité pour le meilleur et pour le pire, alors que dans la tradition anglo-saxonne, il n’est jamais complètement légitime.

[…] “La colonisation européenne du monde s’est accompagnée de sa christianisation, au moins pour l’Afrique, les Amériques, l’Océanie et une partie de l’Asie du Sud-Est: pour nous, la domination politique et économique est inséparable de la domination idéologique et religieuse. Et l’Islam n’a pas agi autrement. Tel n’était pourtant pas le mode de fonctionnement de l’impérialisme romain. Certes les collèges de druides, en tant que forme possible de résistance, furent rapidement interdits ; mais la défaite d’un peuple ne signifiait pas du tout qu’il devait renoncer à ses croyances et que ses dieux n’existaient pas. César pensait par exemple, que les dieux étaient partout les mêmes, mais que les différents peuples les adoraient sous différents noms. […] En définitive, les Romains ne réclamaient vraiment qu’une chose en matière de religion : qu’un culte soit rendu à l’empereur divinisé.

Puis les Romains changèrent et finirent par adopter avec l’empereur Constantin, le christianisme comme religion officielle.

De toutes les religions orientales, le monothéisme chrétien, avec son dieu (mâle) unique, s’en vint coïncider plus particulièrement avec l’idéologie impériale officielle, l’empereur était lui-même un dieu… La convergence entre les deux idéologies, l’impériale et la monothéiste était flagrante et l’habile empereur Constantin, qui d’après la légende se convertit lors de la bataille dite ‘du pont Milvius’ qui l’opposait à un de ses rivaux, le comprit fort bien. Il fit du christianisme sa religion, l’autorisa officiellement en 313 dans l’empire et établit alors une forme de théocratie. Moins de 70 ans plus tard, l’empereur Théodose, le dernier à régner sur tout l’empire, l’imposa comme religion unique à l’exclusion de toutes les autres, dès lors violemment persécutées. Car l’originalité si l’on peut dire, des 3 monothéismes modernes par rapport aux polythéismes antérieurs, c’est qu’ils entendent chacun détenir la seule vérité à imposer à tous par la violence au besoin, dans une vision précisément impériale, sinon totalitaire.

[…] Étrange coïncidence que cette forte affinité entre l’idée impériale, avec son pouvoir absolu et les religions monothéistes promettant, sous l’égide d’un dieu unique, le bonheur futur en échange de l’obéissance présente !…On est bien loin de l’imagerie traditionnelle des chrétiens isolés et minoritaires, mourant dans le martyre pour leur foi. Comme l’a écrit en 1902 le théologien excommunié et professeur au Collège de France Albert Loisy : ‘Le christ a annoncé le royaume, mais c’est l’église qui est venue.’ Autrement dit, l’annonce d’un monde meilleur imminent, omniprésent dans les évangiles, a rapidement fait place à un système de pouvoir institutionnel d’une grande efficacité, fondé sur la promesse d’un bonheur limité à l’au-delà et d’une bien lointaine résurrection. Ainsi la conquête romaine de la Gaule, ou plutôt des Gaules, fut un moment décisif de notre histoire… Elle nous a laissé des héritages fondamentaux, depuis notre langue jusqu’à notre calendrier, depuis le christianisme à la viticulture.

[…] L’archéologie préventive de ces dernières années en a complètement bouleversé la vision. Ce ne sont pas des Gaulois hauts en couleur mais barbares, vivant dans des huttes au milieu des forêts qui auraient été ‘civilisés’ par leurs vainqueurs ; ce sont des sociétés prospères, à l’économie et aux techniques inventives et dynamiques, possédant villes et battant monnaie, qui furent intégrées avec succès dans un empire naissant, qu’elles fécondèrent d’autant. Nous allons voir de même, grâce à l’archéologie, que le début du Moyen-Age n’a pas vu non plus la mise à bas de la brillante civilisation antique par des hordes barbares assoiffées de sang…

A partir du chapitre 5, Jean-Paul Demoule adresse la période du moyen-âge, spécifiquement ce moment considéré par l’histoire “orthodoxe” de l’état français comme “fondateur” de ce qui est appelé “l’identité nationale” : la conversion au christianisme et le baptême de Clovis, roi des Francs, petit-fils du roi Mérovée, point de départ de la dynastie des Mérovingiens et des “rois fainéants.

Résumons l’affaire Clovis : On nous dit que durant la bataille de Zülpich (Tolbiac) en Allemagne menée contre les Alamans, Clovis invoque le dieu de Clotilde, princesse burgonde qui deviendra sa femme. Demoule poursuit :

Clotilde et son dieu civilisèrent ainsi le fier chef franc, souverain de l’une de ces peuplades barbares, qui, au temps des invasions du même nom, mirent à bas l’empire romain. Il venait, à la bataille de Soissons (celle du fameux vase), de prendre le contrôle d’une des dernières régions restées romaines et de libérer ainsi la Gaule du joug romain. Mais tandis que ses semblables ravageaient le reste de l’Empire et terrorisaient les habitants, Clovis par cette conversion au christianisme devenait le fondateur d’une France monarchique et chrétienne, qui succédait à une Gaule romaine païenne.” Ceci mis à part quand même le “don de Constantin” et l’imposition par le dernier empereur Théodose du christianisme comme religion officielle de l’Empire, persécutant les autres.

Ceci est la trame officielle du mythe fondateur de la France.

Que nous en dit la recherche historique :

Pourtant rien dans ce grand récit fondateur qui ne soit faux, inexact, incertain ou, au mieux, indécidable. La date même de 496 est discutée par les historiens. 498 étant la plus probable. […] Reims n’est pas certain comme lieu du sacre et n’est nulle part mentionné dans les chroniques anciennes, mais déduit de ce que Rémi y était évêque. […] La fameuse bataille n’a pas forcément eu lieu à Tolbiac, car il y en eut plusieurs contre les Alamans et Grégoire de Tours en mentionne au moins deux bien distinctes. La fameuse colombe [qui apporta la sainte ampoule d’huile à sacrement des rois, ampoule qui fut détruite à la révolution] merveilleuse n’apparaît pas avant le récit d’Hincmar au IXème siècle, les écrouelles ne seront pas guéries avant Robert le Pieux au XIème siècle, l’identification de l’ampoule du baptême et celle du sacre des rois ne date que du XIIème siècle et de Louis VI dit Le Gros, les fleurs de Lys ne deviennent un emblème royal qu’avec Louis VIII au XIIIème siècle…

Mais la plus grosse disparité historique porte sur la signification même de l’évènement Clovis puisque nous dit Demoule :

Le contresens le plus grave est sur sa signification historique. En 496 (ou 498), la Gaule était officiellement chrétienne depuis un siècle déjà. Comme nous l’avons vu, le christianisme, modeste hérésie juive en ses débuts, se répandit en effet rapidement, malgré quelques persécutions, dans une bonne partie des élites urbaines de l’Empire romain, avant d’être imposé par l’empereur Théodose en 380 comme seule religion. C’est que cette idée d’un dieu unique correspondait tout à fait à celle d’un empire possiblement universel. Le plus ancien monothéisme connu est celui de la religion d’Aton en Égypte au XIVème siècle avant notre ère, au moment où cet empire atteignait sa plus grande extension ; et il fut suivi du zoroastrisme de l’empire perse, le plus grand empire de l’antiquité, dont on admet l’influence sur le judaïsme, pendant la captivité des élites juives à Babylone. […] Le culte des saints et des reliques sont autant de pratiques païennes qui rendaient le christianisme plus aisé à assimiler, tandis que l’on christianisait les divinités et les lieux de culte traditionnels. […] Ainsi la conversion de Clovis n’avait rien d’une rencontre mystique, voire d’un geste d’amour envers Clotilde: c’était un geste éminemment politique, sinon opportuniste, d’un chef de guerre (par ailleurs polygame) soucieux d’assimilation au sein d’un empire très prestigieux… […] Le prince Vladimir souverain de la Russie de Kiev, ne ferait pas autrement par sa conversion en l’an 988, tout comme à la même époque, en 966, le roi de Pologne Mieszko 1er.

Si on peut relever tant d’imperfections et d’erreurs dans le narratif, dévoilées pas à pas par l’archéologie préventive, qu’en est-il donc de la chute de l’empire romain ? Peut-on se fier au narratif des invasions barbares mettant à bas un empire déclinant ? Voici ce que nous en dit Demoule :

En fait, c’est toute notre conception de la ‘chute’ de l’empire romain qui a été remise en cause ces dernières années par les fouilles archéologiques et la relecture des textes historiques. Les peuples dits ‘barbares’ n’ont pas déferlé soudainement sur un empire riche et paisible, le mettant à bas d’un coup. Ces peuples étrangers étaient en fait fascinés par l’empire et désiraient s’y intégrer. L’Empire, pragmatique, conclut donc des traités avec eux, leur conférant des territoires, avec le titre de ‘fédérés’ (du latin “fœdus, “traité”). Ainsi les Wisigoths furent installés en Aquitaine par un traité de 418 (leur roi Athaulf épousa la fille de l’empereur Théodose , Galla Placidia, dont on peut visiter le mausolée à Ravenne), les Burgondes dans la région de Genève en 453 et les Francs Saliens juste avant dans le nord de la France et la Belgique. L’armée romaine contenait de forts contingents de barbares fédérés y compris des Huns ; et la fameuse bataille de Champs Catalauniques en 451, considérée comme le choc emblématique de la civilisation romaine contre les forces du Mal, les Huns d’Attila, le ‘fléau de dieu’ (en fait un prince romanisé et très cultivé), opposait en réalité deux coalitions de peuples pour la plupart germaniques… L’archéologie montre bien que les invasions barbares n’ont rien eu d’un “choc des civilisations”. […] Clovis lui-même portait le titre de ‘consul romain’, qui lui avait été conféré par l’empereur de Byzance, toujours souverain théorique de tout l’empire, et Charlemagne, encore trois siècles plus tard, se ferait représenter en empereur romain. Même l’empire autrichien se réclamerait à son tour de cet héritage par son nom de ‘saint empire romain germanique’, jusqu’au début du XIXème siècle.

[…] C’est donc par anachronisme que nous nous représentons les peuples barbares comme autant de nations homogènes, au sens moderne du terme, qui auraient déferlé sur l’empire. Il s’agissait en fait de rassemblements temporaires de populations sous des commandements militaires provisoires, qui ne se transformèrent en dynasties héréditaires que tardivement et qui cherchaient à s’assimiler ; si bien qu’il n’y eut jamais de ‘chute’ de l’empire romain, mais une lente transformation sous des modes et à des rythmes différents selon les régions.

[…] Ainsi les Wisigoths, sans doute le peuple le plus prestigieux du temps, venus des bords de la Mer Noire via les Balkans et installés en 418 en Aquitaine par traité, pratiquaient ils l’arianisme, une hérésie qui réfutait la divinité du christ. La capitale de leur royaume était à Toulouse et leur impressionnant palais du Vème siècle a été découvert et fouillé à la fin des années 1980. Pourtant la municipalité l’a fait détruire, sans égard pour l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire de la ville.

[…] Mais force est de constater que ces évènements n’ont laissé que fort peu de traces matérielles de destructions massives. L’empire romain lui-même ne s’était construit que dans la violence, contre des populations conquises et le plus souvent entre factions rivalisant pour le pouvoir et l’histoire de l’Europe serait faite ensuite de guerres permanentes, jusqu’à au moins la fin du XXème siècle.

Ainsi la vision catastrophiste et misérabiliste des premiers siècles du Moyen-Age repose ainsi sur des non-dits honteux de notre histoire officielle. Premier non-dit: les Francs sont des Germains ! Cette évidence était douloureuse à clamer lorsque se sont mis en place les manuels scolaires de la IIIème république, ceux de l’école pour la première fois dispensée à tous les enfants de France, alors même que le pays venait d’être vaincu par les Allemands et amputé de l’Alsace-Lorraine. Pire encore ils ont laissé leur nom à notre pays (Frankreich en allemand veut dire “empire des Francs”).

[…] Deux remèdes contradictoires ont été essayés contre cette intenable ascendance germanique. D’une part on a jeté l’opprobe sur la période: c’était celle des “rois fainéants”, qui se traînaient de place en place allongés dans leur lourd char à bœufs et ne cessaient de règler dans la cruauté et l’ignominie leurs sanglantes querelles dynastiques. D’autre par ceux qui étaient rachetables ont été “francisés”: Charlemagne, appelé Karl der Grosse en Allemagne puisque son empire s’étendait sur les deux pays actuels, porte un nom bien français, tout comme sa capitale Aix la Chapelle, dont aucun manuel scolaire ne relève le fait que cette ville n’est autre que Aachen, ville allemande, à la consonnance elle bien germanique.

[…] Le second non-dit est que ces ancêtres francs dont le nom nous désigne ont finalement été vaincus, ce qui n’est pas très glorieux. Non pas vaincus militairement comme les Gaulois, mais vaincus culturellement.

[…] Difficile donc, pour nous autres Français dont le nationalisme agace parfois, de nous revendiquer de deux peuples ancestraux, Gaulois et Francs, tous deux vaincus ! Cela explique en partie le mal qu’ont souvent nos responsables politiques à assumer la préservation de notre patrimoine archéologique et le dédain stupéfiant qu’il leur arrive de manifester pour nos archives du sol.

Il est intéressant de noter que le Moyen-Age possède une aura de négativité dans la représentation historique de notre histoire, alors oui ce fut le temps des croisades, vu par beaucoup comme le début de l’ère coloniale chrétienne, ce fut également le temps de l’inquisition, de la chasse aux sorcières et aux hérétiques du dogme catholique. Cette période est vue comme inquiétante, obscure, obscurantiste, peuplée dans l’imaginaire populaire de dragons et d’épée magique, de mages et de sombres et humides forteresses. Mais, continue Demoule: “Ce Moyen-Age officiel représente une vision bien appauvrie de l’histoire réelle, ne serait-ce que parce que le vrai Moyen-Age a duré un millénaire du Vème au XVème siècles et que bien des évènements et des sociétés s’y sont succédés. Les emblématiques châteaux forts par exemple, n’apparaissent que dans ses tous derniers siècles et ne sont que l’une des formes de résidence de l’aristocratie. Loin d’être une période de régression, une ‘longue nuit barbare’, comme l’ont qualifié certains historiens, c’est au contraire une période d’inventions techniques et d’aménagements du territoire, qui modèlent encore notre paysage et notre cadre de vie. C’est aussi une période de renouveau politique car, sans compter de régulières jacqueries dans les campagnes, la bourgeoisie des villes à partir du XIIème siècle, revendique son autonomie vis à vis des pouvoirs laïques comme religieux et ouvre la voie à de nouvelles conceptions de la société.

Ainsi, avec cette anlayse archéologico-historique, Demoule rejoint-il l’analyse de Pierre Kropotkine de la fin du XIXème siècle, lorsque le scientifique anarchiste, père de la sociobiologie, analysait les cités médiévales indépendantes et fédérées comme autant de preuves du succès de l’organisation décentralisées des villes, des communes en une confédération volontaire de l’intérêt général, certes très imparfaite. Ce fut loin d’être parfait bien entendu et les cités périrent de leur arrogance envers les peuples des campagnes, mais le potentiel structurel d’une société confédérée et décentralisée est démontré par l’histoire.

Tout au long du Moyen-Age, le contrôle des ressources naturelles ne fit que se renforcer tandis que les techniques se perfectionnaient, au point que l’on peut parler à la suite de l’historien Jean Gimpel d’une première révolution industrielle qui précéda et prépara celle du XIXème siècle. C’est le Moyen-Age en effet qui inventa la haut fourneau et la fabrication de la fonte de fer, commença à exploiter le charbon et non plus seulement le charbon de bois, multiplia les moulins le long des cours d’eau… Aussi, la forêt que l’on imagine partout présente au Moyen-Age, voire oppressante, à l’image de celle de Sherwood dans Robin des Bois ou celles des contes pour enfants, était en fait très restreinte, comme elle l’était à l’époque gauloise et romaine, et le paysage y était très ouvert. La seconde moitié du Moyen-Age s’efforça d’ailleurs de reconstituer en partie les espaces forestiers dont le recul inquiètait déjà Charlemagne.

[…] La christianisation fut pourtant très progressive… la religion [pourtant répandu dans l’empire romain depuis le Ier siècle] était surtout urbaine, les campagnes mérovingiennes continuèrent visiblement à pratiquer les rites païens anciens. […] La nouvelle religion dut d’ailleurs s’adapter, le culte des saints, ces êtres semi-divins, qui prodiguent leurs miracles, fut une manière de prolonger le polythéisme antique et ses rituels familiers, tout comme le culte des reliques. Les fêtes et les lieux sacrés traditionnels furent investis par le christianisme, qui assimila ainsi les pratiques anciennes comme l’avaient fait les Romains avec les cultes celtiques.

[…] Ainsi la christianisation fut d’autant moins générale que d’autres communautés religieuses, voire ethniques, existaient aussi sur le territoire français actuel. […] Par migrations, mais aussi par conversions (comme dans l’empire khazar du Caucase au VIIIème siècle), le judaïsme s’est répandu dans tout l’empire romain et au-delà, parallèlement au christianisme. L’histoire de ces communautés juives est un des grands blancs de notre histoire nationale et n’apparaît dans pratiquement aucun manuel scolaire et fort peu dans les grands livres d’histoire. […]

A suivre…

Illustration de mon billet source Wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Clovis_Ier#/media/File:Ary_Scheffer_-_Bataille_de_Tolbiac_496.jpg

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Le problème, c’est que l’histoire qui nous est contée mais surtout enseignée, comme la seule possible, véridique et depuis le début et en tous lieux est contestable. En cela nous pouvons mettre en regard des écrits du Pr Jean-Paul Demoule, ceux, entre autres, du Dr Ashraf Ezzat dont vous trouverez la traduction dans le PDF en suivant ce lien ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/02/21/addendum-au-pdf-des-extraits-du-livre-publications-du-dr-a-ezzat/

Comme ceux de Vine Deloria Jr : La théorie du Détroit de Béring, que Vine Deloria Jr avait appelé « la théorie de la connerie », a longtemps dominé le point de vue officiel en archéologie. Cette théorie dit que l’Île de la Grande Tortue, que les archéologues appellent le continent américain, était vide de gens jusqu’à il y a environ 13 000 ans. ICI.

Ces mensonges et falsifications historiques servent à maintenir les peuples dans l’ignorance, ça c’est évident, mais surtout, sous domination et sous emprise. C’est pour cela que nous sommes quelques-uns à avancer que « la vérité libèrera les peuples à tout jamais » et que nous nous y employons en relayant tant que nous pouvons Demoule, Ezzat, Deloria, Newcomb, d’Errico…

Le chercheur de vérité qui voyage suffisamment devient le chemin

Proverbe Perse

Ampoules aux pieds, dos fourbus, ne nous arrêtons pas, ne lâchons rien…

JBL1960

La France pays au passé amnésique et règlementé par Jean-Paul Demoule

Tutoyons les étoiles !

Ça nous changera…

Du même auteur, Jean-Paul Demoule, sur ce blog, et déjà grâce à Résistance 71, et introduit dans mon style ► Barbares & Civilisations

Tout à fait ad hoc la compil et l’analyse de l’ouvrage de Alain Guillerm  « Le Défi Celtique » de R71 que j’ai réunifiées dans un PDF ► Société Celtique, société Gauloise ; Société contre l’État version PDF à télécharger

L’illustration de ce billet est issue du PDF ci-dessus c’est un Oppidum

Politique de l’histoire : La France amnésique au passé réglementé ou comment retrouver l’histoire de France ~ 1ère partie ~

URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/06/politique-de-lhistoire-la-france-amnesique-au-passe-reglemente-ou-comment-retrouver-lhistoire-de-france-1ere-partie/

La France pays au passé amnésique et réglementé

Présentation, extraits et analyse du livre de Jean-Paul Demoule*:

“On a retrouvé l’histoire de France”, Robert Laffont, 2012 et Folio “Histoire”, 2013

 par Résistance 71 |  Février 2017

(*) Archéologue, professeur emeritus d’archéologie à l’université de Paris I-Sorbonne. Ancien président de l’Institut Nationale de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) de sa création en 2002 à 2008.

Ne pas connaître l’histoire c’est comme être né hier disait à juste titre le grand historien américain Howard Zinn, que nous avons abondamment publié et aussi traduit. Le monde dans lequel nous vivons, dans lequel nous sommes forcés de vivre pourrions nous plus judicieusement dire, s’avère être de plus en plus le monde de l’illusion et du mensonge ; illusion et mensonge perpétrés afin de satisfaire aux dogmes de la pensée oligarchique dominante.

A cet effet, la science a été souvent détournée. Les sciences humaines, dont l’enseignement disparaît petit à petit de nos programmes éducatifs occidentaux, n’échappant pas à la règle, bien au contraire.

Ainsi, suivant le même chemin qui veuille que connaître le passé nous permet de mieux connaître et d’analyser le présent afin de mieux anticiper le futur ; contrôler le narratif du passé permet de justifier des actions présentes et futures, actions basées sur des décisions politiques et économiques qui influent sur tout à chacun.

Dans notre société en déliquescence totale et à l’heure où le danger identitaire et communautaire ressurgit, poussé par des contraintes socio-économiques grandissantes, à quel passé peut-on se fier pour mieux comprendre ce qui nous arrive et y apporter les solutions adéquates ? Celui des livres d’histoire ? Celui le la doxa républicaine ? Ou doit-on chercher hors des sentiers (ra)battus ce que nous dit la recherche de terrain.

L’archéologue et ancien directeur de l’INRAP, Jean-Paul Demoule, dans la lignée des grands anthropologues politiques français Pierre Clastres, Jacques Lizot, Robert Jaulin, de la paléonthologue Marylène Patou-Mathis, de l’historienne Annie Lacroix-Riz et des anthropologues et historiens anglo-saxons Marshall Sahlins, James C. Scott, David Graeber, Howard Zinn, nous emmène avec cet ouvrage nécessaire “On a retrouvé l’histoire de France”, sur les traces de nos origines, au-delà de la sélection, de l’amnésie et de la réglementation d’état auxquelles elles sont soumises.

Nous vous proposons ici un bref survol de ce qui est abordé dans les 353 pages de l’édition Folio au gré de quelques citations et analyses. Nous encourageons bien entendu tous nos lecteurs à lire cet ouvrage facile d’accès, utilisant un langage commun compréhensible de tous et nous éclairant les dernières découvertes sur l’histoire de France grâce aux analyses archéologiques de terrain mettant à bas mythes et affabulations colportés par des générations de livres d’histoire biaisés ou carrément falsifiés.

En conclusion de son livre, Demoule nous dit ceci : “Les archéologues ne sont donc pas seulement là pour fouiller le sol… Ils ont aussi la charge de dénoncer les manipulations de l’histoire.”, puis : “Nous n’avons pas besoin de mythes, nous avons besoin de savoir pourquoi nous vivons ensemble, nous avons besoin de comprendre l’histoire du sol sur lequel nous vivons et quelques soient les lieux où ont vécu naguère nos propres ancêtres biologiques, de connaître les impasses qui ont conduit à la catastrophe certaine des sociétés passées.

C’est ce qu’il nous invite à découvrir au fil du narratif dévoilé par l’archéologie préventive moderne dont il fut l’un des grands initiateurs en France.

Le livre est divisé en deux parties comprenant au total 11 chapitres. La première partie intitulée “Au Gaulois inconnu”, nous emmène de la préhistoire (paléolithique) au moyen-âge et termine sur les fouilles du XXème siècle. La seconde partie intitulée “Les leçons de l’archéologie” nous emmène sur les traces des faussaires du passé et se termine en répondant à la question “Qu’est-ce qu’être français(e) ?

Au-delà des dogmes établis et argumentée par des années d’étude et d’expérience de terrain sur les sites archéologiques de France, la recherche et l’analyse de Jean-Paul Demoule nous aide à fondamentalement réviser notre histoire de France et à mettre à bas certains mythes tenaces que tout nationalisme émergent dans des temps difficiles tend à remettre au goût du jour. Alors, si vous êtes toujours convaincu que le baptême de Clovis a été le moment fondateur de l’identité française, attendez-vous à un choc… et lisez la suite.

Dans son avant-propos Demoule nous dit ceci:

On exalte la grandeur du passé et de ses monuments, de Louis XIV à Napoléon, du Mont-Saint-Michel à la tour Eiffel, mais l’enseignement de l’histoire est supprimé dans les classes de terminales scientifiques, soit pour la moitié des candidats au bac en général. Ni les collégiens ni les lycéens ne reçoivent de cours sur la période de l’histoire qui s’étend des premiers hommes jusqu’à l’arrivée des Romains en Gaule !

[…] Entre doctrines d’État inapplicables, programmes scolaires sélectifs, mémoire collective défaillante et lieux communs culturels, ce que les Françaises et les Français pensent savoir de leur propre passé est donc bien incertain. Le propos de ce livre est, à la faveur des fouilles archéologiques les plus récentes menées en France, fouilles préventives pour la plupart, de remettre en cause une grande part des clichés que nous véhiculons malgré nous.

Il resitue également à juste titre ce qu’est l’archéologie: “… une science qui se pratique après de nombreuses années d’études universitaires. Beaucoup d’autres disciplines collaborent avec elle. […] au delà de ces sciences de la nature, le dialogue avec d’autres sciences humaines comme l’ethnologie, l’histoire, la géographie, la sociologie voire même la philosophie, permet de comprendre la trajectoire passée des sociétés et de réfléchir à leur avenir…

Dans le domaine de la préhistoire, Demoule nous met en garde contre bien des mythes sur nos lointains ancêtres et nous confirme que l’archéologie récente a permis d’établir que “Ces ‘premiers Français’ sont des immigrants. Ils sont venus en lentes étapes, d’Afrique où leur espèce a émergé progressivement il y a environ 1,6 millions d’années. […] L’Homo erectus, au fil du temps, évolua lentement en Europe vers une nouvelle forme : l’homme de Néanderthal, qui émergea vers 300 000 ans avant notre ère. Le premier spécimen fut découvert en 1856, au moment où l’existence d’Homo erectus allait être reconnue, dans la vallée de Neander, une petite vallée (Thal) près de Düsseldorf. […] Un coup de tonnerre génétique retentit en mai 2010. Les Européens et les Asiatiques actuels avaient environ 4% de leurs gènes directement issus de l’homme de Néanderthal. Les deux espèces (Néanderthal et Cro-Magnon) avaient donc frayé l’une avec l’autre, des couples s’étaient rencontrés et aimés. Et nous étions déjà des métis !

De la préhistoire, Demoule tire quelques leçons du premier million et demi d’années d’histoire de France: “… Il n’y a pas de sociétés plus ‘évoluées’ que d’autres, mais des sociétés plus ou moins adaptées à leur environnement, des sociétés dont les techniques sont plus complexes que d’autres. […] On mangeait plus sainement il y a 20 000 ans qu’aujourd’hui ! Autre leçon: il n’y a pas de sociétés humaines autochtones et ‘pures’. Dès les temps les plus anciens, les groupes humains ont voyagé et se sont mêlés. L’une des plus fascinantes découvertes de ces dernières années n’est-elle pas que des femmes et des hommes de Neanderthal se sont unis à des hommes et des femmes de la nouvelle espèce dite Homo sapiens, venue d’Afrique et que de ces rencontres amoureuses nous sommes directement issus ?

La période narrée ensuite est cette période perçue comme très importante dans l’évolution de la société humaine, la période du néolithique qui s’étend de – 6000 à – 2200 avant notre ère.

Dans cette partie du livre, Demoule commence par expliquer, pour mieux comprendre les tenants et aboutissants, la politique éducative française en citant un petit opuscule produit par l’Éducation Nationale de 96 pages, qui fut distribué gratuitement dans les écoles primaires à la rentrée scolaire 2008. Cet opuscule avait pour vocation d’être un guide pratique pour les parents: “Votre enfant à l’école, CP-CM2”. Le livret détaille les programmes répartis en 6 sections, la dernière étant “la culture humaniste”. Cette matière regroupe l’histoire, la géographie, l’instruction civique et l’histoire des arts. Ceci représente déjà en soi, un sérieux recul pédagogique puisque l’histoire et la géographie n’y sont plus vues comme des matières à part entière, mais comme des parties d’un grand fourre-tout pour sciences humaines en école primaire. Bref. Voici ce que le sommaire en histoire nationale énumère:

  • La préhistoire : premières traces de vie humaine, maîtrise du fer et début de l’agriculture, l’apparition de l’art. L’homme de Tautavel, il y a près de 500 000 ans. Les grottes de Lascaux il y a 17 000 ans.
  • L’antiquité : Les Gaulois, la romanisation de la Gaule et la christianisation du monde gallo-romain. Jules César et Vercingétorix: 52 avant notre ère. Alésia.

Ici Demoule remarque plusieurs choses qui n’ont pas semblé choquer ni importuner les caciques de l’Éducation Nationale : dans un premier temps, la période de l’homme de Tautavel qui a vécu avant Néanderthal entre – 400 000 et – 350 000 ans, ce qui d’après le programme de l’EN représente une toute petite erreur de juste 150 000 ans, une paille. L’origine de l’histoire officielle de notre pays commence d’emblée avec 150 000 ans d’erreur. Demoule note également qu’après cela, l’ordre des évènements est inversé dans le programme scolaire. En réalité, il y a d’abord eu l’apparition de l’art vers – 35000 ans, puis les débuts de l’agriculture il y a quelques 7800 ans et enfin la maîtrise du fer il y a quelques 2800 ans, en France. Sachant que la maîtrise du fer est l’œuvre des Celtes (Gaulois dans cette partie de l’Europe) et que donc elle fait partie de l’antiquité et non plus de la préhistoire. Dans cette chronologie, officielle, rappelons-le, il ne se passe apparemment rien entre les débuts de l’agriculture et la maîtrise du fer, c’est à dire pendant plus de 5000 ans ! Une autre paille n’est-il pas ?…

Demoule résume la situation ainsi : “Entre les premières traces de la vie humaine sur lesquelles on ne reviendra pas (NdR : puisqu’étudié en primaire) et les “grandes civilisations” étatiques et urbaines de l’Égypte et de la Mésopotamie, il ne s’est rien passé ! Ces “grandes civilisations” ont surgi de nulle part il y a 5000 ans. Comment et pourquoi s’est produite l’invention de l’agriculture, cette révolution majeure de l’histoire humaine, celle dont découle, plus que toute autre, notre présent ? Pourquoi et comment sont apparues ensuite les premières sociétés inégalitaires, sans lesquelles les “grandes civilisations” n’auraient pu naître ? Enfin, la Gaule avant sa romanisation, est-elle aussi laissée à l’école primaire. On n’y reviendra donc pas non plus, se contentant donc d’étudier Rome et son empire, dont fait implicitement partie la Gaule romanisée… Ces silences assourdissants ne sont pas innocents. Ils ne résultent certes pas d’un noir complot, mais trahissent inconsciemment de la part des auteurs des programmes, qu’ils soient pédagogues, administrateurs ou hommes politiques, au mieux une inculture, au pire des a priori idéologiques accablants.

Après une période glaciaire de 100 000 ans, le climat se réchauffa il y a 12 000 ans ce qui donna des conditions environnementales bien plus clémentes. C’est à ce moment que se produisirent les premières expériences de domestication animale et le développement d’une agriculture sédentaires.

Ainsi “c’est vers – 6500 ans que ces communautés d’agriculteurs prirent pied d’abord dans la péninsule balkanique et allaient ensuite, en à peine 2 millénaires, se répandre dans toute l’Europe jusqu’à l’Atlantique. Ce mouvement progressif se fit selon deux voies. D’une part le long des côtes de la Méditerranée, atteignant ainsi le sud de la France vers -5800 ans ; d’autre part en remontant le bassin du Danube, ils franchirent le Rhin vers -5300 ans. Notre territoire fut en quelque sorte pris en tenaille entre ces deux courants migratoires, issus d’une même origine et qui se retrouvèrent à nouveau, deux millénaires plus tard, dans la partie centrale de la France.

Ces agriculteurs eurent une démographie galopante et le peuplement des zones se déroula de plus en plus vite.

A partir de -4500 ans les principales régions fertiles du continent européen se développent et les humains se regroupent en villages ne dépassant pas 100 à 200 personnes. Concernant l’organisation sociale, Demoule explique : “L’organisation sociale demeurait simple. Les tombes ne montrent aucune forte différence sociale.

Selon les endroits, des sociétés commencent à développer certaines inégalités sociales, ainsi c’est à Varna en Bulgarie qu’ont été retrouvés les tous premiers objets en or, datés de -6500 ans avant notre ère.

“C’est pourquoi on parle à partir de cette époque, et par opposition aux sociétés villageoises faiblement inégalitaires des premiers temps du Néolithique, de “sociétés à chefferie”. Mais comment et pourquoi les chefs sont-ils apparus ? Est-ce vraiment de l’ordre inévitable des choses ? Au fond, fallait-il des chefs ? On ne peut se contenter d’affirmer que des chefs étaient indispensables pour organiser une population de plus en plus nombreuse, car il y a eu de temps à autre, au fil de l’histoire, des sociétés démocratiques qui n’avaient pas de chefs permanents et en tout cas pas de chefs dont la richesse soit sans commune mesure avec celle de leurs sujets.

Demoule continue de poser les bonnes questions :

“Deux questions se posent : il y a 6500 ans comme maintenant, pourquoi certains individus éprouvent-ils une telle soif de pouvoir ? Une telle “volonté de puissance ‘ pour reprendre le terme du philosophe Friedrich Nietzsche ? Mais aussi symétriquement, pourquoi la société accepte t’elle de subir de telles inégalités ? Pourquoi cette ‘servitude volontaire’, comme l’a désignée il y a déjà 5 siècles, l’ami de Montaigne, Étienne de la Boétie ?

Les historiens et les ethnologues nous sont d’un certain secours. Ils nous montrent que, la plupart du temps, les rois ou les chefs importants légitiment leur pouvoir en invoquant la volonté de puissances surnaturelles. Les rois de France étaient proclamés de ‘droit divin’ ; ils étaient, lors de leurs sacres, oints d’une huile sainte apportée du ciel par une colombe… Les empereurs du Japon descendent en droite ligne d’Amarerasu, la déesse du soleil, grand-mère du premier empereur dont l’emblème figure sur le drapeau nippon. La plupart des souverains de royaumes musulmans sont issus du prophète. Le président des États-Unis jure sur la bible le jour de son investiture, ce qui signifie que son pouvoir est placé sous la garantie du dieu des chrétiens (voire des juifs et des musulmans). Les pharaons descendaient du dieu solaire Horus. […] En résumé, tout pouvoir politique fort semble partout inséparable d’une relation avec des puissances surnaturelles.

Ainsi, de l’émergence politico-religieuse du pouvoir au Néolithique, Demoule nous dit :

“Ce nouvel ordre social inégalitaire, où la société des dieux est construite à l’image de celle des Hommes et sert à la justifier, repose sur la violence, puisqu’il affirme que certains valent mieux et méritent plus que d’autres.”

Commence alors une nouvelle révolution, technologique celle-là puisque débute l’ère de la métallurgie, celle du cuivre. Née dans les Balkans, elle diffuse vers l’occident et atteint la France vers -3500. Ce métal était essentiellement utilisé à des fin décoratrices et de coloration car c’est un métal mou dont on ne peut faire ni des outils ni des armes. C’est par l’ajout au cuivre d’un autre métal, l’étain que naîtra le bronze, plus résistant et qui verra vers -2200 ses débuts en France. Ce sera ensuite au Proche-Orient que naîtra le fer, à la fois plus résistant que le bronze et aussi bien plus répandu dans la nature. Avec l’âge du bronze, puis celui de fer, naîtra et se renforcera l’épée, grande révolution technologique militaire qui renforcera les disparités. Demoule enchaîne :

“[…] En Europe où l’espace abondait, les villes et les états mettront près de 4000 ans supplémentaires à apparaître [en comparaison avec l’Égypte et la Mésopotamie], en commençant avec la Grèce et l’Italie, précisément d’étroites péninsules où les terres fertiles manquaient.

“[…] C’est également au cours de l’âge du bronze que durent être élaborées les mythologies guerrières que l’on retrouve d’un bout à l’autre de notre continent lorsque nous disposons de textes (les premiers !) qui nous montrent des similitudes entre les dieux et les héros romains, celtes et germains ainsi que ceux d’autres peuples. […] Ainsi les linguistes ont rassemblé dès le début du XIXème siècle dans une famille linguistique unique, dite “indo-européenne”, comme il y a une famille de langues finno-ougriennes (finlandais, hongrois, langues sibériennes), une famille des langues sémitiques (arabe, hébreu, araméen) etc. Mais il n’y a à ce jour aucun consensus parmi les archéologues pour fixer le berceau géographique originel d’un hypothétique peuple indo-européen originel, ni pour retrouver ses déplacements ultérieurs dans l’espace.” Ainsi semble vouloir aussi s’effriter donc, le mythe de notre origine dite “indo-européenne”… Place donc à nos “ancêtres les Gaulois” et à d’autres manipulations de l’histoire.

Dans un premier temps, nos livres d’histoire sont particulièrement silencieux sur la période de l’Europe celtique qui s’est étendue de vers l’an 800 avant notre ère jusqu’à la conquête romaine. De plus, le seul écrit dont nous disposons en référence à la conquête de la Gaule par les Romains est le livre de Jules César “La guerre des Gaules”, que César compila l’hiver qui suivit la défaire gauloise d’Alésia. Nous disons “compila”, parce que le livre est essentiellement une synthèse des rapports que César envoyait au sénat de Rome pour rendre compte de ses campagnes et continuer d’être soutenu et validé par l’état romain dans ses conquêtes. “La guerre des Gaules” peut et doit donc être vu comme un ouvrage de propagande glorifiant son auteur. Comme nous le dit Demoule : “César doit expliquer pourquoi il s’est lancé en six ans de conquête de l’ensemble de la Gaule, ce que personne ne lui demandait, mais qui lui a permis d’amasser des forces militaires considérables. Il doit donc présenter ses adversaires comme des barbares dangereux afin de ne pas diminuer ses propres mérites militaires.” Ceci constitue la première déformation historique ; la seconde, près de 2000 ans plus tard, au XIXème siècle dans la foulée de la révolution française et la construction de l’identité nationale.

“Avant, il n’y avait pas de nations, mais seulement les sujets souverains de droit divin, qui agrandissaient leurs royaumes au gré des guerres ou des mariages, ou les voyaient aussi se rétrécir. Désormais, les nations sont des nations des “communautés de citoyens”, animées par un même destin depuis des temps immémoriaux. […] La France donc, à partir de la révolution, s’enracine dans la “Gaule” et nos ancêtres sont les “Gaulois”. Comme ils sont finalement vaincus, tout comme la France le sera par la Prusse en 1870, les historiens français appliqueront inconsciemment le modèle du récit chrétien : Vercingétorix, qui se livre aux Romains, est un peu comme le Christ, qui se sacrifie pour nos pêchés, tué d’ailleurs par ces mêmes Romains quelques quatre-vingts ans plus tard. Le héros gaulois dans l’iconographie du XIXème siècle, en a souvent la même coiffure blonde. Le modèle chrétien permet d’admettre et de penser la construction d’un mythe national sur un évènement peu glorieux: une défaite.

Et pourtant, la Gaule n’a jamais existé. César le dit lui-même dès la première (et célèbre) phrase de son livre : ‘toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l’une est habitée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes et dans la nôtre Gaulois. Ils diffèrent entre eux par le langage, les institutions et les lois.’ Autrement dit, la ‘Gaule’ n’est qu’un espace géographique, lui même habité par des peuples très différents les uns des autres dont certains sont appelés “Gaulois” par les Romains. […] Au cours de la guerre des Gaules, certains de ces peuples lutteront contre les Romains, d’autres à leurs côtés, parfois au prix de renversements d’alliances, un peu comme les chefs de guerre de notre époque en Afghanistan ou ailleurs. D’où la notion “d’indiscipline’ faite aux Gaulois par le XIXème siècle : anachronisme total puisqu’il n’y avait pas de nation gauloise.

Ainsi, depuis cette période de conquête, l’occident est passé sous un mode de gestion légal dicté par le “droit romain”, toujours la base du droit de nos républiques de plus en plus bananières. Les Gaulois et la civilisation celtique, qui fleurissait du Danube à l’Irlande depuis 800 ans avant notre ère, et qui furent à l’origine de l’âge du fer, se devaient d’être passée sous silence, afin de ne pas faire d’ombre à l’héritage romain jugé si fructueux. Il était donc très utile de faire passer nos Gaulois pour des barbares, soudards et indisciplinés ne demandant qu’à être “civilisés” par la grande culture romaine. Demoule poursuit :

“Cette vision misérabiliste des Gaulois est en totale contradiction avec ce que nous montre l’archéologie de ces dernières années, archéologie qui nous fait ainsi relire autrement les textes des historiens grecs et romains. En effet, les sociétés à chefferies de l’âge du bronze et du fer, que nous avons décrites au chapitre précédent, ont évolué dans les derniers siècles avant notre ère. Elles ont continué à suivre cette trajectoire historique faite d’oscillations entre les périodes plus fortement hiérarchisée, aux tombes plus riches et des périodes aux différences sociales bien moins marquées. […] Pourtant cette opulence et cette puissance s’effondrent au bout de trois ou quatre générations: crise politique d’un système trop oppressif, disparition des réseaux commerciaux, difficultés économiques ? sans doute tout cela à la fois. Succède alors au Vème siècle avant notre ère, une société beaucoup plus égalitaire et plus simple, où hameaux et fermes parsèment les campagnes, tandis que la population continue de croître.

Puis viendra le temps des oppida à partir du IIème siècle avant notre ère, grande villes fortifiées, certaines capitales de véritables états organisés. L’archéologie a aussi démonté un mythe tenace, celui de ces braves Gaulois vivant dans des villages de rondins au fin fond de denses forêts, chassant le sanglier et festoyant quand ils ne se battaient pas entre eux ; mais en fait :

“Les campagnes sur lesquelles régnèrent dans les trois derniers siècles avant notre ère, les premières villes gauloises, n’avaient rien de de ces humbles villages de huttes rondes, perdus au milieu des forêts, auxquels les manuels scolaires nous ont habitué depuis si longtemps. Les campagnes gauloises étaient en fait jalonnées de grandes fermes prospères, réunissant de grandes maisons de maître, des bâtiments agricoles et artisanaux, ainsi que des habitations plus modestes. Elles étaient souvent entourées de palissades voire de fossés et étaient pourvue d’entrées monumentales. Plusieurs centaines de ces fermes ont été fouillées en France grâce à l’archéologie préventive. […] L’une de ces fermes les plus vastes mises au jour en France est celle de Paule, en Bretagne, dont on peut suivre l’évolution sur six siècles. Au IIème siècle avant notre ère, elle s’étendait sur 10 ha et l’habitation principale était une véritable forteresse.

[…] Blés, épeautres, orges et millets forment l’alimentation végétale privilégiée, consommée sous forme de bouillies et de galettes… La chasse ne joue plus aucun rôle alimentaire et n’est plus qu’un passe-temps aristocratique. N’en déplaise à Obélix, les Gaulois ne mangent pas de sanglier, même si cet animal jouait un rôle important dans la représentation mythologique. En revanche, le porc domestique représente environ les deux tiers des animaux consommés, à côté du bœuf et du mouton et les salaisons gauloises sont d’ailleurs réputées jusqu’en Italie.

[…] Pour autant peut-on parler d’un héritage gaulois par delà la conquête romaine ?.. […] La majorité de la population de la Gaule romaine était de souche gauloise et si la langue française elle-même provient du latin, ce latin là a été marqué par le substrat des langues celtiques de la Gaule, dont certains mots si familiers, intégrés au latin gallo-romain, sont parvenus jusqu’à nous.

A suivre…

Merci à Résistance71 de nous donner à lire des écrits qui nous élèvent et qui nous permettent de déchirer le voile que l’on tente de maintenir devant nos yeux, depuis des millénaires..

Comme de briser nos chaines…

Et de ne pas s’en remettre d’autres, surtout…

JBL1960

Pour faire tomber le voile, totalement ;

ADDENDUM AU PDF DES EXTRAITS DU LIVRE & PUBLICATIONS DU DR. A. EZZAT

 

La Nation Sioux Yankton vs le DAPL

Le Général D. Trumpette peut bien envoyer la cavalerie à Fort Laramie…

Ce qui suit est à relier au dernier billet de l’auteur Peter D’ErricoLa Loi suprême de la Terre…

Tout comme Steven Newcomb qui a écrit et publié le livre « Païens en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte » traduit partiellement par R71 et dont j’ai réalisé une version PDF de 45 pages à lire ou télécharger gratuitement ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/01/pdfsnewcombjanv2017.pdf

Et dont le dernier billet ► Frankenstein et les Indiens traite du même sujet.

Nous avons là, le résultat des travaux de deux éminents juristes, pour le moins…

Résistance au colonialisme : Le soi-disant « pouvoir plénier » des États-Unis sur les nations et territoires natifs est un abus de pouvoir avéré depuis le départ ! (Peter d’Errico)

Peter d’Errico démontre ici en appui de la nation sioux Yankton et son dernier challenge juridique en date que le soi-disant « pouvoir plénier » fédéral colonial n’est qu’un abus de pouvoir total en complète contradiction avec la constitution même des États-Unis. Il résulte de cela que toutes les affaires impliquant les territoires des nations originelles autochtones ne sont que des ABUS DE POUVOIR avérés.

Ce que démontre d’Errico ci-dessous est énooooooorme !

~ Résistance 71 ~

 

La nation sioux Yankton défie juridiquement la doctrine du pouvoir plénier fédéral dans l’affaire du Dakota Access Pipeline (DAPL)

 Peter d’Errico |  27 février 2017 |  URL de l’article original : https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/yankton-sioux-challenges-plenary-power-doctrine-dapl-case/

URL de l’article sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/03/02/resistance-au-colonialisme-le-soi-disant-pouvoir-plenier-des-etats-unis-sur-les-nations-et-territoires-natifs-est-un-abus-de-pouvoir-avere-depuis-le-depart-peter-derrico/

Dans une des plus profondes analyses factuelle et stratégique sur la résistance au projet du Dakota Access Pipeline (DAPL), l’auteur applaudit la plainte de la nation Yankton disant que les États-Unis ont violé l’article 6 de la constitution.

La nation sioux Yankton et leur leader Robert Flying Hawk ont atteint une nouvelle étape dans l’affaire du litige contre le corps du génie de l’armée américaine afin de protéger les eaux de la rivière Missouri de l’invasion et de la profanation de leurs terres par le projet d’oléoduc en construction du Dakota Access Pipeline (DAPL) : leur plainte officielle défie légalement le concept de “pouvoir plénier” soi-disant établi par la loi fédérale sur les Indiens et par lequel le gouvernement américain affirme une autorité totale sur les Indiens et les terres indiennes.

A ma connaissance, un défi juridique en litigation (litige) des concepts de base de la loi fédérale indienne n’a été fait qu’une seule fois auparavant, par le Conseil National de la Nation Shoshone en 1995. Les Shoshone défièrent la structure entière fondée sur le soi-disant “droit de la découverte chrétienne”, incluant la “doctrine fiduciaire” que les États-Unis utilisent en conjonction avec le “pouvoir plénier”.

La nation Standing Rock et les autres parties qui ont défié le DAPL ont limité leurs arguments juridiques (NdT : quid de leurs conseillers ? Une argumentation limitée a t’elle volontairement été mise en place pour assurer l’échec de la procédure ? N’oublions jamais que ceux qui emmènent des affaires devant la justice sont les représentants légaux d’entités natives qui tirent leur “pouvoir” du gouvernement fédéral colonial. N’y a t’il donc pas quelque part un conflit d’intérêts ?…) à la loi fédérale conventionnelle sur les Indiens et les statuts fédéraux tels que le National Historic Preservation Act et le National Environmental Policy Act. Ces arguments présument que les Etats-Unis possèdent un “droit” de domination sur le pays indien, mais défient les spécifités de cette domination, comme par exemple si le gouvernement suit les procédures idoines pour son action et son affirmation de domination. La plainte de la nation Yankton adresse ces problèmes, mais va au-delà, déclarant que “les soi-disant pouvoirs pléniers violent en fait l’article 6 de la constitution des États-Unis, qui déclare que les traités sont la loi suprême de la terre et que le fait que le gouvernement fédéral ait approuvé à plusieurs reprises l’empiètement sur des terres protégées en vertu des traités signés avec les nations concernées, viole l’article 6 de la constitution…” (NdT: comment les autres juristes n’ont pas vu cela jusqu’ici ne peut-être considéré que comme douteux et ne peut que faire se poser bien des questions sur qui était en contrôle de toute l’affaire juridique depuis le départ ? )

La nation Yankton stipule plus avant que la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU requiert “un consentement préalable libre et informé de la nation concernée” pour toute action impliquant une logistique telle celle du DAPL qui affecte les peuples indigènes sur leurs propres terres.

L’invasion américaine de Standing Rock en 1958 au moyen de la loi publique 85-915 pour construire le barrage d’Oahe, illustre l’affaire survenant du concept de “droit plénier” : ce fut l’affirmation légale de base pour l’autorisation du congrès des États-Unis à la construction du barrage “de fournir par l’acquisition de cette terre par le gouvernement des États-Unis, terre requise pour le réservoir hydraulique créé par le barrage Oahe sur la rivière Missouri.”

Avant cette loi publique, les tribunaux à la fois fédéral et du district du Dakota du Sud avaient déclaré que les traités entre le gouvernement des États-Unis et la nation sioux empêchait quelque construction de barrage que ce soit sans le consentement de la nation concernée. Le tribunal a établi ensuite la base pour une invasion de la terre en disant que le congrès devait “abroger” les traités avec les Sioux, alors même que le traité dit explicitement que les terres sont “pour l’utilisation et l’occupation absolues sans entrave des terres déterminées par ce traité par les Indiens” et qu’il n’y aura aucune sécession de terres sauf par le consentement explicite des ¾ de la population adulte mâle indienne.

Note de R71 : Nous le rappelons une fois de plus ici, il s’agit du traité de Fort Laramie. Il y a eu deux traités de Fort Laramie en 1851 et en 1868. Celui auquel il est référé est l’initial de 1851, celui de 1868 ne faisant que le reconfirmer. Disons le de nouveau ici : Ce traité de Fort Laramie fut fait à la demande des États-Unis qui ONT PERDU MILITAIREMENT LA GUERRE DES GRANDES PLAINES contre la coalition des nations Sioux, Cheyenne et Arapaho (les autres nations sont explicitement mentionnées dans le texte du traité et ont aussi eu leurs territoires confirmés…). En 1868, de nouveau les États-Unis furent défaits militairement. Les Indiens ne firent absolument aucune concession sur leurs territoires. Tout ce qui fut “acquis” à une date postérieure des traités ne l’a été que frauduleusement et sans le consentement libre et informé des nations concernées, tel que c’est prévu dans les dits traités.
Les États-Unis ont signé plus de 400 traités avec toutes les nations autochtones de la terre de l’Île de la Grande Tortue. Ils les ont tous bafoué et trahi à terme sans aucune exception ! Que ceci serve aussi de leçon à ceux qui traitent avec cette pseudo-nation mais vraie entreprise coloniale veule et fourbe: les Yanks trahissent toujours leur promesse… TOUJOURS
!… L’histoire est édifiante à ce sujet.

Les États-Unis disent que leur “pouvoir plénier” dérive de la constitution. Bien des universitaires ont critiqué cet argument et ont montré au travers de preuves et de faits historiques que la constitution ne fournit aucun “pouvoir plénier” sur les Indiens.

Le juge de la Cour Suprême des États-Unis (CSEU) Clarence Thomas a rejoint la critique. Dans une opinion concourante dans l’affaire États-Unis contre Bryant (2016), Thomas a dit que “le supposé pouvoir plénier du congrès des États-Unis sur les Indiens repose sur des bases les plus fébriles. Aucun pouvoir énuméré, pas le pouvoir du Congrès à réguler le commerce… avec les tribus indiennes, ni le rôle du Sénat dans son approbation des traités, ni quoi que ce soit d’autre, ne donnent au Congrès une telle large autorité… La Cour a recherché en vain une quelconque justification constitutionnelle valide pour un tel pouvoir sans bornes.(NdT : Merde ! C’est énoooooorme !! Ce haut-juge fédéral confirme donc en 2016 que depuis tout ce temps… tout n’est qu’ABUS DE POUVOIR !… et ça continue…)

Les critiques montrant que le “pouvoir plénier” n’a aucun fondement dans la constitution des États-Unis sont importantes, mais elles posent une question fondamentale : Comment tout le monde, y compris les critiques, peuvent présumer que la constitution des États-Unis puissent gouverner les nations natives ? Même lorsque le congrès des États-Unis a émis l’ordonnance du Nord-Ouest pour proposer de nouveaux territoires coloniaux, il a reconnu les terres des nations autochtones, qui “ne devront jamais être prises sans leur consentement.

Les nations natives existent depuis bien plus longtemps que les États-Unis d’Amérique. La constitution des États-Unis met en place une forme de gouvernement pour eux-mêmes. Les nations autochtones ne font aucunement partie de cette constitution. Comment dès lors celle-ci pourrait-elle les gouverner ? Sans parler de fournir un “pouvoir plénier” contre ces nations ?…

La CSEU a admis que les nations natives ne font pas partie de la constitution: Dans l’affaire Blatchford v. Native Village of Noatak and Circle Village (1991), le juge Scalia a réfuté un argument au sujet de l’immunité souveraine tribale en disant : “Il serait absurde de suggérer que les tribus aient rendu une immunité à une convention dont elles ne font même pas partie.

Qu’est-ce qui fournit la base du “pouvoir plénier” ? La réponse : la soi-disant “découverte chrétienne”, par laquelle les États-Unis affirment le droit de domination des peuples indigènes.

Pourquoi cette doctrine du “pouvoir plénier” continue t’elle d’exister dans la loi fédérale indienne, avec pourtant tant de preuve et d’évidence qu’elle n’a aucun fondement dans la constitution des États-Unis et avec l’admission que la constitution quoi qu’il en soit, n’inclut pas les nations natives de ce continent?

Une partie de la réponse a sa source dans l’insistance du gouvernement des États-Unis et quoi que puissent dire universitaires, érudits et le haut-juge Thomas, qu’ils possèdent la souveraineté sur les nations natives.
La CSEU a approuvé cette insistance en 1903, dans l’affaire Lone Wolf v. Hitchcock, quand elle déclara que “l’autorité plénière… a été exercée par le congrès des États-Unis depuis le début et ce pouvoir a toujours été un pouvoir politique, n’étant pas sujet à être contrôlé par le ministère de la justice du gouvernement fédéral.

En d’autres termes, le gouvernement des États-Unis affirment que le congrès ne doit pas justifier de son “pouvoir plénier” fondé sur le “droit inhérent de la découverte” !

Mais les nations natives ont aussi joué une part dans la perpétuation de cette dangereuse doctrine du “pouvoir plénier”. Elles se reposent souvent sur la doctrine quand elles la voient comme une protection contre les états locaux. Ceci se produit assez souvent. Mais pour toute “victoire indienne” sous cette doctrine, elles s’enfoncent toujours plus dans le trou juridique sous la domination du gouvernement fédéral.

Les Sioux Yankton défiant la doctrine suggère aussi une autre question : Est-ce que les nations natives doivent se reposer sur le concept dangereux et à double tranchant du “pouvoir plénier” ?

En affirmant les droits de traité et la DDPI de l’ONU, les Sioux Yankton commence à se dresser seuls dans un contexte de relations internationales. Les Sioux Yankton mettent cette position en avant comme leur “première demande de relaxe”, suivie par des demandent conventionnelles fondées sur la conservation historique et les lois de l’environnement. Malheureusement, la critique du “pouvoir plénier” des Sioux Yankton ne s’étend pas à la critique de la doctrine “fiduciaire”, ce qui a pour résultat d’inclure un élément de confusion dans leur position.

Quoi qu’il en soit, l’action judiciaire entreprise par la nation Sioux Yankton mérite un grand soutien des autres nations autochtones. Ma recherche jusqu’ici montre qu’une seule autre nation native bouge dans cette direction : la confédération de la nation Yakama.

Dans un appendice d’une directive amici curiae enregistrée par le Congrès National Amérindien (NCAI), la nation Yakama caractérise le DAPL comme “une continuation de la domination exercée par des gouvernement non-natifs d’abord soutenus par la bulle pontificale Inter Caetera de 1493 dont le prolongement moderne sont les pratiques du gouvernement des États-Unis. La bulle pontificale et la soi-disant doctrine de la découverte qui ont déshumanisé nos nations originelles ont une influence continuelle et extraordinaire sur le pays indiens en commençant avec la décision de la CSEU dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823 et continuant dans les temps modernes avec la décision dans Tee-Hit-Ton contre les États-Unis en 1955 et la suite d’affaires impliquant la nation Oneida (iroquoise), culminant avec City of Sherrill en 2005.

La doctrine du “pouvoir plénier” fondée sur la “doctrine chrétienne de la découverte” a deux visages et l’un d’entre eux est très abrasif contre les nations natives. A chaque fois que les États-Unis veulent envahir les terres natives ou interférer avec les gouvernements autochtones, ils se reposent sur leur affirmation de “droit plénier”. Ils l’ont déjà fait en 1958 contre Standing Rock et veulent le refaire avec cette affaire de DAPL.

Ici, comme , nous appelons à un changement de paradigme en lien avec tous les Natifs, Nations Premières de la Terre, car nous pensons que lavenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais et pour preuve vous pouvez lire mon dernier billet sur le sujet ► NE NOUS LAISSONS PLUS TRUMPER

Et pour donner une chance à la Paix plutôt qu’à la guerre perpétuelle vous pouvez lire ceci ► Kaianerekowa : Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle) version PDF

Quelque chose de différent est né avec la résistance au DAPL à Sioux Standing Rock, une étincelle, un petit supplément d’âme, et nous avons bien l’intention d’entretenir cette flamme capable d’embraser tout l’Empire…

ICI  & MAINTENANT & D’OÙ NOUS SOMMES…

JBL1960

Illustration de ce billet issue de l’article sur R71 « Oyate kin ninpi kta ca lecamu yelo » ;
Je fais ceci pour que les autres puissent vivre » Chanson honorifique Lakota