L’occupation militaire du Canada dénoncée par Mohawk Nation News

Les mots ont un sens…

Mohawk Nation News en mars 2017 écrivait ceci :

Le président américain Trump se positionne pour une guerre avec la Chine au sujet de la Corée du Nord. Il a dit de manière implicite : “Nous devons 1700 milliards de dollars à la Chine et nous ne paierons rien de cela. Nous sommes plus puissants qu’eux et nous allons les forcer à faire ce que nous voulons en rapport avec la Corée du Nord. Ils feront ce qu’on leur dit de faire ou on va les atomiser.” Lorsque les chrétiens européens devenus américains sont venus sur l’Île de la Grande Tortue, ils ont passé un accord avec nos ancêtres pour avoir une relation d’égal à égal et pour vivre sur cette terre en paix perpétuelle, pour toujours avec nous, en suivant les règles de Guswentha, le Wampum Deux Rangées. Ils ont fini par établir un fond fiduciaire pour ong’we:honweh (peuples natifs), qui a une valeur actuelle de plus de 900 000 milliards de dollars. L’entreprise coloniale USA Inc. (NdT ainsi que Canada Inc.) nous a tout volé, argent et ressources et a renié de longue date l’accord passé avec nous. Ce faisant, ils ont massacré quelques 100 millions d’entre nous.
Les États-Unis ont renié tous les accords passés avec nous. Ils nous doivent absolument tout ce qu’ils ont fait et achevé sur Ono’ware:geh (l’Île de la Grande Tortue). Ils nous doivent plus d’argent qu’il n’en existe dans le monde. Dans ce processus, ils désirent persévérer dans la guerre et la destruction de la planète. Pour lire l’intégralité de l’article ► La posture guerrière de Trump

À la tribune de l’ONU qu’a fait Trump ?

Une déclaration de guerre et la promesse de les atomiser : « Les propos tenus par le président des États-Unis ne sont pas glorieux pour la nation américaine »,  a indiqué l’ayatollah Khamenei, lors d’un discours devant l’Assemblée des experts jeudi. Le guide suprême de la République islamique d’Iran a qualifié jeudi de « langage de cowboy et de gangster » la violente diatribe du président américain Donald Trump contre Téhéran à la tribune de l’ONU.

« L’élite de ce pays devrait avoir honte d’avoir un tel président ». « Le discours insensé et extrêmement menaçant, insolent et confus du président des États-Unis avec son langage de cowboy et de gangster s’explique par (la) haine » et l' »incompétence (des responsables du gouvernement américain, qui) n’ont pas de cervelle », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei, selon son site internet. Lire l’intégralité de l’article sur Europe1 ► http://www.europe1.fr/international/trump-a-lonu-un-discours-de-gangster-estime-le-guide-iranien-3442271 [NdJBL : j’ai choisi cette info particulièrement pour les mots utilisés, cowboy & gangster]

Résistance au colonialisme : Mettre fin à l’occupation militaire du sous-continent nord-américain (Mohawk Nation News)

L’occupation militaire du Canada

Mohawk Nation News | 16 septembre 2017 | URL de l’article original en anglais ► http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/16/military-occupation-of-canada/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 | URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/21/resistance-au-colonialisme-mettre-fin-a-loccupation-militaire-du-sous-contient-nord-americain-mohawk-nation-news/

Nous avons un droit de nous défendre, nous et notre patrie. Il n’y a absolument aucune justification pour abattre nos arbres, inonder nos terres et nous en retirer, nous et toutes nos relations de la terre. C’est un massacre d’humains et de toute vie. Nous refusons de bouger de terres convoitées par de veules entreprises commerciales, malfaisantes et mortifères. Les occupants ravageant la terre vont la quitter.

L’aile droite politique du Canada envoie ses politiciens pour justifier de notre retrait et de la transformation de l’Île de la Grande Tortue en cimetière. Ils défient onkwe’onweh, le véritable peuple naturel endémique à cette terre avec un tissu de mensonges.

Ils ne veulent pas que quiconque questionne l’occupation illégale à laquelle ils se livrent, le fait que nous ayons un droit sur notre terre, nos ressources et de protéger toute vie naturelle sur l’Île de la Grande Tortue.

On trompe le monde au sujet de la réalité des blessures et des morts nous concernant, nous et notre terre-mère, infligées par l’occupation entrepreneuriale coloniale illégale.

On nous présente comme un peuple idiot et l’occupant comme le bon œuvrant pour le bien. Hé, ils nous ont quasiment exterminé, violé et pillé notre mère. Le Canada refuse d’enquêter et de traduire ces criminels devant la justice*.

Les tombes et les montagnes de nos os se trouvent sous leurs villes, sous ou derrière leurs pensionnats pour Indiens.  Le Canada doit expliquer où sont les morts, les disparus et les assassinés parmi nos enfants et nos peuples.

La véritable réponse est qu’ils admettent nous avoir assassiné nous et nos enfants, mais qu’ils ne s’accuseront jamais eux-mêmes. Ils admettent leurs atrocités. Ils pensent être immunisés contre le karma universel, ils ne le sont pas.

Nos langues disent et expliquent les histoires véritables, La langue anglaise est la langue forcée sur nous pour que l’entreprise puisse tout contrôler. Notre lien avec la terre est au travers de nos langues et de leur fréquence. On nous force à penser sur nous-mêmes et sur le monde dans un patois mondialiste, un jargon artificiel, inventé par ceux qui nous contrôlent. Nos esprits sont colonisés au travers des mensonges répétés sans cesse dans le système éducatif de l’État et son système de communication.

Des mensonges écrits pleuvent constamment sur nous.

Sur R71 en complément de lecture ; Lire notre dossier sur la “sémantique coloniale” et notre analyse de mai 2013 : “Nous sommes tous colonisés!”

 ▼

*Contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation : MURDER BY DECREE – Le crime du Génocide au Canada, essentiel de traduction par R71 en français, version PDF réalisée par mes soins, MEURTRE PAR DÉCRET, 58 pages.

MEURTRE PAR DÉCRET ► Pensionnats pour Indiens au Canada de 1840 à 1996

MEURTRE PAR DÉCRET ► Pensionnats pour Indiens aux USA de 1820 à 1980

MÉMORANDUM sur la continuité du génocide au Canada ► Appel International par le TICEE du 1er septembre 2017

Dans l’article original de MNN, ce lien ► http://www.cbc.ca/news/canada/north/dennis-patterson-lynn-beyak-reaction-1.4292815

Car la Sénatrice Lynn Beyak persiste et signe : Une information en provenance d’Ottawa en date du 8 mars 2017 :  La sénatrice canadienne Lynn Beyak défend le système des pensionnats pour Indiens et affirme “qu’ils n’ont pas voulu faire de mal à quiconque”… Lire ce billet du 04/04/2017 très complet sur l’affaire ► Lettre ouverte à Lynn Beyak par Kevin Annett.

Et ce mois-ci, Lynn Beyak a écrit dans une lettre ouverte que : les Natifs et Nations Premières devraient renoncer à leurs droits autochtones et s’intégrer dans la Société Canadienne en échangeant leur cartes de statut pour la citoyenneté canadienne.

►|◄

Ainsi on comprend très bien pourquoi le mot de « Conquête » est considéré comme acceptable et pas celui de « Domination » comme l’a analysé Steven Newcomb ici ► Pourquoi le mot de « CONQUÊTE » est-il considéré comme acceptable et pas celui de « DOMINATION » ? Steven Newcomb par R71 + mon grain de sel…

Parce que les mots ont un sens ;

Nous continuerons de relayer et amplifier les voix autochtones anticoloniales, car de plus en plus nombreux nous pensons que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales se tenant debout et main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre… Mère comme disent les Natifs.

JBL1960

 

 

 

Publicités

De chacun selon ses forces…

…À chacun selon ses besoins…

Sans méconnaitre toutefois les risques que les rupins toujours prompt à se la couler douce sur le dos du populo ne puissent dévoyer le sens de cette idée, comme l’avait analysé Jules Guesde dans l’Égalité le 14 mai 1882.

1882 ;  Pierre Kropotkine définissait lui son idée de La commune dans  “Le Révolté” (1882) qu’il convient d’avoir à l’esprit pour lire la fine analyse sur les collectifs dans l’Espagne révolutionnaire et anarchiste des années 1930 de Gaston Leval (1963) que nous propose Résistance71 ;

Révolution sociale : Analyse sur les collectifs dans l’Espagne révolutionnaire et anarchiste des années 1930 (Gaston Leval)

« L’anarcho-communisme est l’organisation de la société sans État et sans relations capitalistes à la propriété. Il ne sera pas nécessaire d’inventer des formes artificielles d’organisation sociale pour établir le communisme anarchiste. La nouvelle société émergera « de la coquille de l’ancienne ». Les éléments de la société future sont déjà plantés dans leur ordre existentiel. Ce sont les syndicats et les communes libres, qui sont des institutions anciennes, profondément ancrées de manière populaire et non-étatiste ; spontanément organisées, incluant les villes et les villages à la fois en zone urbaine et en zone rurale. La commune libre est aussi le parfait outil pour gérer les problèmes socio-économiques dans les communautés anarchistes rurales. Au sein des communes libres, se trouve un espace pour les associations libres d’artisans, de cultivateurs, d’éleveurs et autres groupes voulant demeurer indépendants ou former leur propre association… »

~ Isaac Puente ~

Fiche Wikipédia d’Issac Puente ► https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Puente_Amestoy

URL de l’article R71https://resistance71.wordpress.com/2017/09/20/revolution-sociale-analyse-sur-les-collectifs-dans-lespagne-revolutionnaire-et-anarchiste-des-annees-1930-gaston-leval/

Principes et enseignements dans les collectivisations de l’Espagne libertaire

Gastton Leval (1963)

1. Le principe juridique des collectivités était entièrement  « nouveau » ce n’était ni le syndicat ni la mairie au sens traditionnel du mot et non plus la commune du Moyen-âge. Toutefois, elles étaient plus proches de l’esprit communal que de l’esprit syndical. Les collectivités auraient pu souvent s’appeler  « communauté » , comme c’est le cas pour celle de Binefar et constituaient vraiment un tout dans lequel les groupes professionnels et corporatifs, les services publics, les échanges, les fonctions municipales, restaient subordonnées, dépendant de l’ensemble, tout en jouissant de l’autonomie dans leurs structure, dans leur fonctionnement interne, dans l’application de leurs buts particuliers.

2. Malgré leur détermination, les collectivités étaient pratiquement des organisations libertaires communistes, qui appliquaient la règle  « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins » , soit par la quantité de ressources matérielles assurées à chacun là où l’argent était aboli, soit au moyen du salaire familial là où l’argent a été maintenu. La méthode technique différait, mais le principe moral et les résultats pratiques étaient les mêmes. Cette pratique était en effet sans exception dans les collectivités agraires ; peu fréquente au contraire dans les collectivisations et socialisations industrielles, la vie de la ville étant plus complexe et le sentiment de sociabilité moins profond.

3. La solidarité portée à un degré extrême était la règle générale des collectivités agraires. Non seulement le droit de tous à la vie était assuré, mais dans les fédérations mères s’établissaient toujours plus le principe de l’appui mutuel avec le fonds commun dont jouissaient les villages moins favorisés par la nature. A Castellon, on établit dans ce but la Caisse de compensation. Dans le domaine industriel, cette pratique semble avoir commencé à Hospitalet, dans les Chemins-de-fer catalans et plus tard elle fut appliquée à Alcoy. Elle aurait été plus générale si l’arbitrage avec les autres partis n’avait pas empêché de socialiser ouvertement dès les premiers jours.

4. Une conquête d’une énorme importance a été le droit de la femme à la vie, quelques fussent ses fonctions sociales. Dans la moitié des collectivités agraires, le salaire qui lui était attribué était inférieur à celui de l’homme, dans l’autre moitié équivalent; la différence s’expliquait en tenant compte que la femme célibataire vit rarement seule.

5. De même les enfants ont vu leur droit reconnu spontanément : non comme une aumône accordée par l’État, mais bien comme l’exercice d’un droit que nul ne pensait à nier. En même temps, les écoles leur ont été ouvertes jusqu’à 14 ou 15 ans : seule façon d’éviter que les parents ne les envoient travailler avant l’âge, et pour rendre l’instruction réellement générale.

6. Dans toutes les collectivités agraires d’Aragon, de Catalogne, du Levant, de Castille, d’Andalousie et d’Estrémadure, il y a eu pour règle spontanée de constituer des groupes de travailleurs presque toujours fixés dans des zones précises et qui se partageaient les cultures ou les terres. Également spontanée a été la réunion des délégués élus par ces groupes avec le délégué local de l’agriculture dans le but d’orienter le travail général.

7. En plus de ces réunions et d’autres analogues des groupes spécialisés, des réunions de la collectivité avaient lieu sous forme spontanée également (assemblées hebdomadaires, bimensuelles ou mensuelles). On s’y prononçait sur l’activité des conseillers nommés par elles, sur les cas spéciaux et les difficultés imprévus. Tous les habitants, hommes et femmes et qu’ils fussent ou non producteurs de biens de consommation, intervenaient et déterminaient les accords pris. Souvent même les  » individualistes  » pouvaient se prononcer et voter.

8. Dans la collectivisation de la terre, les modifications les plus importantes ont été : l’augmentation du machinisme et de l’irrigation, l’extension de la polyculture, la plantation d’arbres de toutes espèces. Dans l’élevage des bestiaux : la sélection et la multiplication des espèces, leur adaptation aux conditions du milieu, du climat, de l’alimentation, etc., et la construction sur une vaste échelle d’étables, de porcheries et de bergeries collectives.

9. On étendait continuellement l’harmonie dans la production et la coordination des échanges, de même que l’unité dans le système de répartition. L’unification communale se complétait avec l’unification régionale, d’où la Fédération nationale était élue. A la base, la  « commune » organisait l’échange. Exceptionnellement la commune isolée la pratiquait, mais sur autorisation de la fédération qui prenait note des échanges et pouvait les interrompre s’ils causaient un préjudice à l’économie générale. Cela arriva pour une collectivité isolée de Castille, qui ne vendait pas le blé pour son compte mais envoyait le client à l’office du blé à Madrid. En Aragon, la Fédération des collectivités, fondée en janvier 1937, et dont la résidence centrale se trouvait à Caspe, commença à coordonner les échanges entre toutes les communes de la région, ainsi qu’à appliquer l’appui mutuel. La tendance à l’unité s’était faite plus claire avec l’adoption d’une carte de  » producteur  » unique, et d’une carte de  » consommateur  » également unique, qui impliquait la suppression de toutes les monnaies, locales ou non, suivant la résolution prise au congrès constitutif de février 1937. La coordination des échanges avec les autres régions et de la vente à l’extérieur s’améliorait toujours davantage. Dans le cas de bénéfices dus aux différences de change, ou à l’obtention de prix supérieurs aux prix de base déjà excédentaires, la Fédération régionale les employait pour aider les collectivités les plus pauvres. La solidarité dépassait le circuit communal.

10. La concentration industrielle tendait à se généraliser dans toutes les villes. Les petites usines, les ateliers anti-économiques disparurent. Le travail se rationalisa avec un objectif et une forme hautement sociale aussi bien dans les industries d’Alcoy que dans celles d’Hospitalet, dans les transports urbains de Barcelone que dans les collectivités d’Aragon.

11. La socialisation commençait souvent avec la répartition (à Sagorbe, Granollers, et différents villages d’Aragon). Dans certains cas, nos camarades arrachèrent à la municipalité des réformes immédiates (municipalisation des loyers, de la médecine à Elda, Benicarlo, Castellon, Alcaniz, Caspe, etc.)

12. L’enseignement progressa avec une rapidité jusqu’alors inconnue. L’immense majorité des collectivités et des municipalités plus ou moins socialisées a construit une ou plusieurs écoles. Chacune des collectivités de la Fédération du Levant avait son école au début de 1938.

13. Le nombre de collectivités augmentait continuellement. Le mouvement, né avec plus d’élan en Aragon, avait gagné dans les campagnes une partie de la Catalogne, prenant un élan extraordinaire, surtout dans le Levant, et ensuite en Castille, dont les réalisations ont été, selon des témoins responsables, peut-être supérieures à celles du Levant et de l’Aragon. L’Estrémadure et la partie de l’Andalousie que les fascistes tardèrent à conquérir -spécialement la province de Jaen- ont eux aussi leurs collectivités. Chaque région ayant les caractéristiques propres à son agriculture et à son organisation locale.

14. Dans nos enquêtes, j’ai rencontré seulement deux insuccès : celui de Boltana et celui d’Ainsa, au nord de l’Aragon. Le développement du mouvement et les adhésions qu’il recevait peut s’exprimer par ces faits : en février 1937 la région d’Angues avait 36 collectivités. Elle en avait 57 en juin de la même année. Nous manquons de chiffres exacts sur le nombre de collectivités créés dans toutes l’Espagne. Me basant sur les statistiques incomplètes du congrès de février en Aragon et sur les notes recueillies durant mon séjour prolongé dans cette région, je peux affirmer qu’il y en avait au moins 400. Celles du Levant étaient de 500 en 1938. Nous devons y ajouter celles des autres régions.

15. Les collectivités se sont complétées en certains lieux avec d’autres formes de socialisations. Le commerce se socialisa après mon passage à Caragente. Alcoy vit surgir une coopérative de consomation syndicale de production. D’autres collectivités s’agrandirent : Tomarite, Alcolea, Rubielas de Mora, Clanda, Pina, etc.

16. Les collectivités n’ont pas été l’œuvre exclusive du mouvement libertaire. Bien qu’elles appliquèrent des principes juridiques nettement anarchistes, elles étaient souvent la création spontanée de personnes éloignées de ce mouvement. La plus grande partie des collectivités de Castille et d’Estrémadure ont été l’œuvre de paysans catholiques et socialistes, inspirés ou non par la propagande de militants anarchistes, isolés. Malgré l’opposition officielle de leur organisation, beaucoup de membres de l’U.G.T. (Union générale des travailleurs) sont entrés dans les collectivités ou les ont organisées et aussi des républicains sincèrement désireux de réaliser la liberté et la justice.

17. Les petits propriétaires étaient respectés. Les cartes de consommateurs faites aussi pour eux, le compte courant qui leur était ouvert, les résolutions prises à leur égard l’attestent. On les empêchait seulement d’avoir plus de terres qu’ils n’en pouvaient cultiver, et d’exercer le commerce individuel. L’adhésion aux collectivités était volontaire ; les  « individualistes » y adhéraient seulement quand ils étaient persuadés des résultats meilleurs du travail en commun.

18. Les principaux obstacles aux collectivités furent : La coexistence de couches conservatrices, des partis et des organisations qui les représentaient : républicains de toutes tendances, socialistes de droite et de gauche (Largo Caballero et Prieto), communistes staliniens, souvent poumistes. (Avant d’être expulsé par le gouvernement de la Généralité, le P.O.U.M. ne fut pas réellement un parti révolutionnaire. Il le devint quand il se trouva contraint à l’opposition. En juin l937, un manifeste distribué par la section aragonaise du P.O.U.M. attaquait les collectivités). L’U.G.T. constituait l’instrument principal utilisé par ces différents politiciens. L’opposition de certains petits propriétaires (paysans, catalans et pyrénéens). La crainte manifestée même par quelques membres des collectivités que, la guerre terminée, le gouvernement ne détruise ces organisations. Cette peur fit hésiter même beaucoup de ceux qui n’étaient pas réellement réactionnaires et des petits propriétaires qui, sans cela, se seraient décidés à adhérer aux collectivités. La lutte active contre les collectivités, qui n’était pas l’action évidemment destructrice des troupes de Franco là où elles arrivaient. Cette lutte contre les collectivités a été conduite à main armée en Castille par les troupes communistes. Dans la région de Valence, il y eut même de vrais combats dans lesquels intervinrent les chars d’assaut. Dans la province de Huesca, la brigade Karl-Marx a persécuté les collectivités. La brigade Macia-Companys a fait de même dans la province de Teruel (mais les deux ont fui toujours le combat contre les fascistes). La première a toujours été inactive pendant que nos troupes luttaient pour prendre Huesca ou d’autres positions importantes. Les troupes marxistes se réservaient pour l’arrière-garde. La seconde abandonna sans lutte Vinel del Rio et d’autres communes de la région carbonifère de Utrillas. Les soldats qui s’enfuirent en chemise devant une petite attaque que d’autres forces continrent sans difficultés furent ensuite des combattants intrépides contre les paysans désarmés des collectivités.

19. Dans l’œuvre de création, de transformation et de socialisation qui a été réalisée, le paysan a montré une conscience sociale très supérieure à celle de l’ouvrier des villes. 

~~~~▲~~~~

Résistance politique : Ville-campagne se connecter (Élisée Reclus)

À mon frère le paysan

«Est-il vrai», m’as-tu demandé, «est-il vrai que tes camarades, les ouvriers des villes, pensent à me prendre la terre, cette douce terre que j’aime et qui me donne des épis, bien avarement, il est vrai, mais qui me les donne pourtant ? elle a nourri mon père et le père de mon père ; et mes enfants y trouveront peut-être un peu de pain. Est-il vrai que tu veux me prendre la terre, me chasser de ma cabane et de mon jardinet ? Mon arpent ne sera-t-il plus à moi ?»

Non, mon frère, ce n’est pas vrai. Puisque tu aimes le sol et que tu le cultives, c’est bien à toi qu’appartiennent les moissons. C’est toi qui fais  naître le pain, nul n’a le droit d’en manger avant toi, avant ta femme qui s’est associée à ton sort, avant l’enfant qui est né de votre union. Garde tes sillons en toute tranquillité, garde ta bêche et ta charrue pour retourner la terre durcie, garde la semence pour féconder le sol. rien n’est plus sacré que ton labeur, et mille fois maudit celui qui voudrait t’enlever le sol devenu nourricier par tes efforts ! Lire l’intégralité sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2016/07/28/resistance-politique-ville-campagne-se-connecter/

Et en complément de lecture, ce portrait, très complet d’Élisée Reclus proposé sur systèmophobe  par saxologue source ► Histoireebook.com

https://systemophobe.wordpress.com/2017/09/18/lanarchie/

Systèmophobe : Un essai sur le besoin de comprendre notre quotidien à travers une lecture différente.

Texte (à  mon frère le paysan d’Élisée Reclus) sur lequel je me suis appuyée, entre autres, pour déduire qu’il nous faudrait d’abord déprogrammer de nos cortex l’envie d’avoir, de posséder et surtout le superflu et seulement être et avancer en dépossession volontaire. Afin d’enclencher un nouveau paradigme, en lien avec les peuples autochtones de tous les continents pour initier la société des sociétés.

Et c’est cela qu’exprime depuis le début R71 et que j’ai totalement intégré dans ma propre réflexion « Adapter l’ancien au neuf » ► Comme cette analyse de Leval de 1963 qui propose des solutions au marasme systémique actuel ou comme R71 l’avait déjà fait avec Solution politique pour demain : Un exemple de commune fondée sur les associations libres…  Note de Résistance 71 : Nous tenons à préciser que cette description correspond à une expérience espagnole qui a réellement eut lieu dans les années 1930. Ceci néanmoins n’est qu’un exemple de ce qui peut se faire collectivement et n’est en rien un modèle à suivre à la lettre, mais une expérience qui peut être adaptée à notre vie plus moderne. L’argent et le salariat ayant été abolis, nous sommes en présence d’un modèle communal tel que le préconisait Pierre Kropotkine. Tout modèle se doit d’être adaptable et flexible pour être viable.

Ville anarchiste Germinal de la Sierra – Colonne Kropotkine – Espagne, Libertaire

Et cette idée force est parfaitement retranscrite dans leur PETIT PRÉCIS dont j’ai réalisé la mise en version PDF ; Le N° 14 de 36 pages ► Petit précis par Résistance71  « Petit précis sur la société, l’État, la désobéissance civile et la commune volontaire autogérée ; solutions au marasme systémique actuel » et ce texte est toujours d’une grande actualité aujourd’hui parce que rien n’a vraiment été fait pour mettre en place de véritables solutions à la fange oligarchique impérialiste étatique qui continue à piller et génocider le monde en long, en large et en travers.

C’est parce que nous pensons qu’il n’y a pas de SOLUTIONS au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu, et qu’il n’y en aura jamais, qu’il est nécessaire de s’éveiller par une :

Prise de conscience individuelle ► prise de conscience collective ► boycott et organisation parallèle ► désobéissance civile ► réorganisation politico-sociale ► changement de paradigme

Et que nous avons absolument le choix et le droit d’ignorer l’État et ses institutions obsolètes et c’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux, et en n’excluant personne, qui se retrouveraient dans cette idée force pour : Ignorer le Système, l’État, et ses Institutions coercitives ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter le meilleur du meilleur de l’ANCIEN au monde d’aujourd’hui…

JBL1960

Source de l’image ► FAR.org

La mère Peinarde au populo…

…Nan j’ai pas craqué mon slip ;

C’est juste que le jaspinage épastrouillant du père Peinard avec une somnambule archi-lucide d’hier m’a secouée les neurones et m’a remontée comme un coucou ► Faramineuse consultation sur l’avenir… Le Père Peinard 1896 et c’est bien pour cela que j’ai réalisée la version PDF de cette FARAMINEUSE CONSULTATION SUR L’AVENIR, car cette conversation gouailleuse du père Peinard sur la société organique égalitaire à venir, écrite et publiée en 1896 et surtout son « ne désespérons pas » m’a remis un peu de baume au cœur.

D’ailleurs, son optimisme m’a rappelée les réflexions optimistes historiques et politiques d’un historien engagé ► Réflexions optimistes de l’historien engagé Howard Zinn, version PDF réalisée par JBL1960 et tous les deux nous démontrent que notre plus gros problème n’est pas la désobéissance civile, mais bien l’obéissance civile…

Pourtant la solution est en nous, le populo, et elle a toujours été en nous, faut juste que nous le re-découvrions et le texte de Pierre Kropotkine que nous a déniché Résistance71 nous le démontre de bout en bout.

Ce n’est pas pour rien que Kropotkine est considéré comme un des « pères » de la sociobiologie surtout pour sa critique fondée et constructive des dogmes pseudo-scientifiques du darwinisme-social colportés par des gens comme Herbert Spencer et Thomas Huxley. Tiens, la preuve qu’il a encore une fois raison Kropotkine, car le Herbert Spencer, en 1850, et ben sa vision était pour le moins anarchisante.  Comme quoi, renier ce qu’on a dit n’est pas le réfuter ni l’invaliderLe droit d’ignorer l’État, par H. Spencer en 1850 et pendant que Spencer virait Darwiniste, Kropotkine lui remontait aux origines de l’anarchie, comme le saumon remonte la rivière, à contre-courant, pour retrouver son milieu naturel de naissance, là où tout à commencer vue qu’on comprend que c’est après que ç’a merdé, mais que pour autant, rien n’est perdu, jamais !

~~~~▼~~~~

Résistance politique : Origines de l’anarchie

Les origines de l’anarchie

Pierre Kropotkine

Traduit de l’anglais par Résistance71 ► URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/18/resistance-politique-origines-de-lanarchie/

L’anarchie ne tire pas ses origines de recherches scientifiques ou d’un système de philosophie. Les sciences sociales et sociologiques sont loin d’avoir acquis le même niveau de précision que la physique, les mathématiques ou la chimie. Même dans l’étude du climat et de la météorologie, nous ne sommes pas encore capable de prédire avec précision le temps à un mois voire une semaine d’intervalle, il serait donc prétentieux de prétendre qu’en sciences sociales, qui doivent prendre en compte bien plus de paramètres que pour prédire la pluie ou le vent, nous pourrions prédire scientifiquement les évènements. Nous ne devons pas non plus oublier que les érudits et universitaires ne sont que des gens ordinaires et que la vaste majorité appartient à la classe des possédants et que par conséquent ils partagent les préjugés inhérents à cette classe. Un grand nombre est même directement salarié de l’État. Il est donc de ce fait parfaitement évident que l’anarchie ne provient pas des universités ni du corps enseignant.

Tout comme le socialisme en général et comme tout autre mouvement social, l’anarchie est né du peuple, parmi les gens et il maintiendra sa vitalité et sa force créatrice seulement dans la mesure où elle restera dans le peuple. [NdJBL : ça c’est pour les ceusses qui parlent d’anarcho-capitalisme, terme anachronique et antinomique, on est sans-dents mais pas sans cerveau, hein ?].

Historiquement, deux courants ont été en conflit dans la société humaine. D’un côté les masses, le peuple a développé sous la forme de coutumes, une multitude d’institutions nécessaires pour rendre l’expérience sociale possible : pour maintenir la paix, pour régler les différents et pour pratiquer l’entraide en toutes circonstances requérant des efforts combinés. Les coutumes tribales des peuples sauvages, puis plus tard les communautés villageoises et encore plus tard les guildes des corps de métiers et industrielles et les cités médiévales, qui établirent les fondations du droit international, toutes ces institutions furent développées non pas par des législateurs, mais bien par l’esprit créateur des masses.

D’un autre côté, il y a eu les magiciens, les shamans, les sorciers, faiseurs de pluie, oracles et prêtres de tout poil. Ceux-ci furent les premiers enseignants d’une connaissance (rudimentaire) de la nature et les premiers fondateurs des rites d’adoration religieux, ceux du soleil, des forces de la nature, des ancêtres etc… et des différents rites qui étaient utilisés pour maintenir l’unité des fédérations tribales.

A cette époque, les premiers germes de l’étude de la nature (l’astronomie, la prédiction de la météo, l’étude des maladies), marchaient la main dans a main avec des superstitions des plus variées, exprimées par différents rites et cultes. Le début de tous les arts et des artisanats ont aussi eu leur origine dans l’étude et la superstition et chacun avait une formule mystique qui n’était donnée qu’aux initiés et étaient soigneusement cachée aux masses.

Avec ces premiers représentants de la science et de la religion, il y eut aussi des hommes comme les bardes, les brehons d’Irlande, les diseurs de loi des peuples scandinaves etc, qui furent considérés comme des maîtres de la voie coutumière et des traditions anciennes, qui devaient être utilisées pour les règlements de disputes et de désaccords. Ils gardèrent la loi en mémoire (parfois au moyen de l’utilisation de symboles, qui furent les germes de l’écriture et en cas de disputes, ils agissaient en tant qu’arbitres.

Finalement, il y avait aussi ces chefs temporaires des bandes militaires, de guerriers, qui étaient supposés détenir le secret magique du succès guerrier, ils disposaient aussi des secrets des armes empoisonnées et autres secrets militaires.

Ces trois groupes d’hommes ont toujours formé entre eux des sociétés secrètes pour garder et transmettre (à l’issue d’une longue et fastidieuse période d’initiation) les secrets de leurs fonctions sociales ou de leurs arts et si parfois, ils se combattaient, ils se sont toujours entendus sur la longue durée ; ils se sont unis et se sont soutenus afin de dominer les masses, de les réduire à l’obéissance, de les gouverner et de faire en sorte que ces masses travaillent pour eux.

Il est de fait évident que l’Anarchie représente le premier de ces deux courants, c’est à dire la force créatrice et constructive des masses qui a développé les institutions de droit coutumier pour se défendre contre la minorité dominante. (NdT : Au moyen-âge par exemple et dans bien des endroits, quand un chevalier et ses troupes en armes, suzerain ou vassal du seigneur local, arrivaient dans un village, il était accueilli par une délégation de paysans qui avaient des fleurs dans une main et des outils/armes de fortune dans l’autre. La délégation demandait au chevalier s’il comptait lors de son séjour respecter la loi et la coutume locales ou s’il venait pour imposer la loi féodale. S’il répondait par la première option, les fleurs étaient offertes, la seconde option voyait les paysans le combattre…) C’est aussi par la force créatrice et constructrice du peuple, aidée par toute la force de la science et de la technologie moderne, que l’anarchie pousse maintenant pour mettre en place les institutions nécessaires pour garantir le développement libre de la société, en contraste de ceux qui mettent leur espoir dans des lois créées par une minorité dominante et régnante et imposées aux masses par un système disciplinaire rigoureux (l’État).

Nous pouvons donc dire qu’en ce sens il y a toujours eu des anarchistes et des étatistes. De plus, nous trouvons toujours que les institutions (sociales), même les meilleures d’entre elles, celles qui furent originellement faites pour maintenir l’égalité, la paix et l’entraide, se sont pétrifiées en vieillissant. Elles ont perdu leur objectif initial, elles sont tombées sous la domination d’une minorité ambitieuse et elles ont fini par devenir un obstacle au plus grand développement de la société, puis des individus, plus ou moins isolés, rebelles. Mais tandis que quelques uns de ces mécontents, en se rebellant contre l’institution devenue répugnante, ont pensé à la modifier dans l’intérêt de tous, et par dessus tout en renversant toute autorité, étrangère à toute institution sociale (les clans, la tribu, la commune de village, la guilde etc…), d’autres ont seulement pensé à se séparer et à se mettre au dessus de ces institutions afin de dominer les autres membres de la société et de s’enrichir aux dépends des dominés.

Tous les réformateurs politiques, religieux, économiques ont appartenu à la première des deux catégories et parmi eux, il y a toujours eu des individus qui, sans attendre leurs concitoyens ni même une minorité d’entre eux être imbibée des mêmes idées qu’eux, sont allés de l’avant et se sont soulevés contre l’oppression, dans des groupes plus ou moins petits, voire même seuls si personne ne les suivait. Nous avons eu des révolutionnaires dans toutes les périodes de l’histoire.

Mais ces révolutionnaires avaient aussi deux aspects différents. Certains, bien que luttant contre l’autorité qui s’est développée au sein de a société, ne cherchèrent pas à détruire cette autorité, mais résolurent de la prendre pour eux-mêmes. Au lieu d’un pouvoir oppresseur,, ils cherchèrent à en constituer un nouveau, qu’ils détiendraient et ils promirent, souvent de bonne foi, que la nouvelle autorité aurait le bien-être et le bien commun à cœur, qu’ils seraient leur véritable représentant, promesse qui plus tard fut trahie ou oubliée. Ainsi furent constitués les autorités impériales dans la Rome des Césars, l’autorité de l’église catholique dans les premiers siècles de notre ère, le pouvoir dictatorial des cités médiévales durant leur période de déclin (NdT : fin XIIIème et XIVème siècle, après plus de 300 ans de rayonnement en Europe), etc. Le même mouvement fut utilisé pour établir l’autorité royale en Europe à la fin de la période féodale. La foi en un empereur “pour le peuple”, un César, n’est toujours pas morte, même de nos jours.

Mais à côté de ce courant autoritaire, un autre courant s’est affirmé avec le temps lorsque changer les institutions établies s’avéra nécessaire. De tout temps, de la Grèce antique à aujourd’hui, il y a eu des individus et des courants de pensée et d’action qui n’ont pas cherché à remplacer l’autorité par une autre, mais de détruire l’autorité qui fut greffée artificiellement sur des institutions humaines et populaires et ce sans qu’une autre autorité ne prenne sa place. Ils proclamèrent à la fois la souveraineté de l’individu et du peuple et ils tentèrent de libérer les institutions existantes des excroissances d’autorité qui les pourrissaient.. Ils œuvrèrent pour rendre une liberté complète à l’esprit collectif des masses de façon à ce que le génie populaire une fois de plus reconstruise les institutions de l’entraide et de la protection mutuelle, en harmonie avec les nouveaux besoins et les nouvelles conditions de l’existence. Dans les cités de la Grèce ancienne et spécifiquement dans les cités médiévales comme Florence, Pskov, Laon, Novgorod, Fribourg (NdT : Freiburg en allemand = ville libre…), on trouve de nombreux exemples de ces conflits.

Nous pouvons donc dire que les jacobins et les anarchistes ont toujours existé parmi les réformateurs et les révolutionnaires.

De formidables mouvements populaires, estampillés d’un caractère anarchiste, se sont plusieurs fois déroulés dans le passé. Des villages et des villes se sont soulevés contre le principe même du gouvernement, contre les organes de l’État, ses tribunaux, ses lois et ils proclamèrent la souveraineté des droits de l’Homme. Ils refusèrent toute loi écrite et affirmèrent que tout Homme devait se gouverner selon sa propre conscience. Ils essayèrent ainsi d’établir une nouvelle société basée sur le principe de l’égalité, de la liberté totale et du travail. Dans le mouvement chrétien en Judée sous Auguste, contre la loi romaine, l’état romain et la moralité ou plutôt l’immoralité de cette époque, il y avait incontestablement bien des éléments de l’anarchie. Petit à petit ce mouvement dégénéra en un mouvement d’église, façonné d’après l’église hébraïque et la Rome impériale elle-même, ce qui naturellement tua tout ce que le christianisme possédait d’anarchiste, y donna une forme romaine et bientôt cela devint le soutien principal de l’autorité, de l’État, de l’esclavage et de l’oppression. Les premières graines “d’opportunisme” qui furent introduites dans le christianisme sont déjà visibles dans les évangiles et les actions des apôtres, ou du moins, dans les versions de ces écrits qui constituent le nouveau testament.

De manière similaire, le mouvement baptiste du XVIème siècle qui inaugura et amena la réforme de l’église de Rome, avait aussi une base anarchiste. Mais celle-ci fut écrasée par ces réformateurs qui, sous la tutelle de Martin Luther, se liguèrent avec les princes contre les paysans rebellés, le mouvement fut éradiqué par un grands massacres de ceux-ci et de celles des “basses classes” des villes. Puis l’aile droite des réformateurs dégénéra petit à petit jusqu’à ce qu’elle devint une compromis entre sa propre conscience et l’État qui existe aujourd’hui sous le nom de protestantisme.

Ainsi, pour résumer, l’anarchie est née dans le même mouvement de protestation et de critique révolutionnaires qui donna naissance au socialisme de manière générale. Mais une portion des socialistes, après avoir atteint l’étape de la négation du capital et d’une société fondée sur la mise en esclavage du travail au profit du capital, s’arrêta là. Ils ne se déclarèrent pas contre ce qui constitue la véritable force du capital, l’État et son principal soutien ; la centralisation de l’autorité, la loi (toujours faite par une minorité au pur profit de cette même minorité) et une forme de justice dont le but principal est de protéger à la foi l’autorité et le capital.

Quant à l’Anarchie, elle n’exclut pas ces institutions de ses critiques bien au contraire. elle lève même sa main sacrilège non seulement contre le capital mais aussi contre ces porte-flingues du capitalisme.

L’entraide un facteur de l’évolution Essai de Pierre Kropotkine, version PDF ► https://www.fichier-pdf.fr/2013/12/05/petr-kropotkine-l-entr-aide-un-facteur-de-l-evolution/

~~~~▲~~~~

Pour prolonger la réflexion je ne peux que vous conseiller les lectures suivantes, en version PDF que vous pouvez lire, télécharger et/ou imprimer gratos dans la page de mon blog qui contient toutes les versions PDF ► LES PDF DE JBL1960

Et spécialement le N° 6 de 34 pages ► Société contre l’État : Société Celtique et Gauloises ; Introduction au « Défi Celtique » d’Alain Guillerm

Le N° 13 de 16 pages ► Science, État & Société de Pierre Kropotkine ; Analyse et solution pour un marasme annoncé.

Le N° 14 de 36 pages ► Petit précis par Résistance71  » Petit précis sur la société, l’État, la désobéissance civile et la commune volontaire autogérée ; solutions au marasme systémique actuel  » et ce texte est toujours d’une grande actualité aujourd’hui parce que rien n’a vraiment été fait pour mettre en place de véritables solutions à la fange oligarchique impérialiste étatique qui continue à piller et génocider le monde en long, en large et en travers.

Le N°33 de 54 pages ► Hommage à Pierre Clastres, anthropologue anarchiste ; L’histoire des peuples dans l’histoire, c’est l’histoire de leur lutte contre l’État.

À ce jour il y a 35 PDF et d’autres sont à venir car ;

Hier c’est l’histoire.

Demain est un mystère.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui est un cadeau ; C’est pourquoi on l’appelle le présent…

Jo – La mère Peinarde ► JBL1960

 

Faramineuse consultation sur l’avenir… Le Père Peinard 1896

Conversation (gouailleuse) du père Peinard sur la société organique égalitaire à venir (écrite et publiée en 1896 !!…)

Et que nous a opportunément remis en mémoire Résistance71 le 8 septembre dernier, qu’ils ont présenté ainsi :

Texte visionnaire, extraordinaire de gouaille et de truculence bin « Titi » d’Émile Pouget publié en 1896 dans son « Père Peinard », journal anarchiste au grand succès populaire, durant une époque où la conscience politique était bien supérieure à celle d’aujourd’hui, mais l’essor du capitalisme encore trop important pour renverser la vapeur de manière radicale et définitive. Notre époque voit l’opposé se produire : le capitalisme  et les institutions le maintenant en place pour le profit de l’oligarchie est au bout du rouleau, la fenêtre politico-économique existe, mais la conscience politique est au 36ème dessous. Un jour viendra, sans doute pas si lointain, où ces deux fenêtres d’opportunité coïncideront et alors surgira le tsunami de la révolution sociale… Nous en référons donc à la dernière ligne de ce grand texte de Pouget… R71

Assez longue, mais indispensable à lire, c’est pourquoi j’ai réalisé la version PDF de 20 pages sous le N° 35 dans la page de mon blog dédiée de cette conversation gouailleuse à souhait de l’Émile et je suis allée chercher des illustrations  et je dédie celle-ci  à mon Passant préféré je suis certaine qu’il comprendra le clin d’œil de Jo, mézigue, qui n’a pas trop la frite en ce moment et bien que je me sois régalée en plongeant dans l’univers du Père Peinard et comme à chaque fois…

FARAMINEUSE CONSULTATION SUR L’AVENIR, version PDF à lire, télécharger et/ou imprimer et gratuitement bien sûr !

Sur le même thème, sans prétendre égaler son style, mais avec ma gouaille due au fait que je suis née à Paname un 14 novembre 1960 et si je suis une banlieusarde, comme me le fait souvent remarquer mon époux qui lui est un parigot pur sucre, je parle argot l’ayant entendu jacter par le populo auquel j’appartiens, même si le verlant n’a pas trop de secret pour ma pomme ! Vous pouvez lire ce petit billet, sur la VOTATION du 19 avril 2017 ► Une histoire de la mère Peinarde – Si on arrêtait de pisser dans un violon ? Marre de cauchemarder ! Surtout pour nous les gueuses, viser le violon : ça fatigue, hein ?

◄|►

Avant de rappeler la conclusion de la conservation gouailleuse du Père Peinard, je vous colle la chanson de Georges Brassens « Les Copains d’abord » alors ce n’est pas un live parce que YT va encore me supprimer la vidéo sinon…

Vidéo YT Mise en ligne par Javier Angulo le 18/01/2013

Conclusion de la faramineuse consultation sur l’avenir du Père Peinard :

— Tonnerre, tu nous as rudement tourneboulé avec ton histoire, réplique l’Échalas, en reposant son verre qu’il venait de siffler d’une goulée. Seulement, hélas, y a un sacré cheveu : on ne verra pas ça !

— Heu, heu, qu’en sait-on ? Qui peut dire ce que nous réserve demain ? Écoutez, faut jamais désespérer du temps présent : si avachi, si loin de toute grande pensée que semble le populo, faut pas croire qu’il est vidé et qu’il n’a plus rien dans les tripes. Tous les jours du sang nouveau vient vivifier l’humanité ; tous les jours de nouvelles générations poussent.

Ne désespérons pas !

Tenez, un exemple : en 1783, peu avant sa mort, un bougre rudement épatant, Diderot, découragé, écœuré de voir que la pourriture montait, gangrenant de plus en plus la France, prédisait la putréfaction complète : pour lui c’était un peuple foutu !

Eh bien ! six ans après, ce peuple que Diderot avait cru masturbé, fini, vidé pour toujours, fichait la Bastille en bas, et, continuant le mouvement, faisait valser les aristos et coupait le cou au roi…

Ne désespérons pas !

Sur ce, buvons une dernière verrée à la santé de cette société galbeuse que la frangine a reluqué dans le lointain… Buvons à sa prochaine venue !…

Et maintenant, je vous plaque !

Quand j’eus dévalé de la roulotte, il était bougrement tard ; la fête était bouclée, on n’entendait sur les trottoirs que les bottes des flicards se traînaillant à la recherche d’un bistrot entr’ouvert, — pour se faire rincer.

La tête farcie de tout ce que je venais d’entendre, je me suis rentré dans ma tanière, — et toujours me revenait la question :

«Quand ça viendra-t-il ?… Quand ça viendra-t-il ?…»

~~~~▼~~~~

L’optimisme du Père Peinard, ne rejoint-il pas là les réflexions optimistes historiques et politiques de l’historien engagé, Howard Zinn qui lui affirmait que l’on ne pouvait être neutre dans un train en marche ?

Et à peu près dans le même temps aussi bien Herbert Spencer avant de virer Darwiniste, mais surtout Pierre Kropotkine, affirmait que nous avions la possibilité, voire le droit d’ignorer l’État.

Rien ne nous empêche ICI & MAINTENANT et D’OÙ NOUS SOMMES de STOPPER le BOUZIN ; De dire NON… Et tout s’arrêtera pour eux, les rupins, et tout pourra commencer pour nous le populo…

Peu encore, mais toujours plus nombreux, nous pensons que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales se tenant debout et main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre… Mère comme disent les Natifs ► POUVOIR NATUREL par MNN traduction R71 complété par JBL

Aussi, ne désespérons pas…

JBL1960

 

 

POUVOIR NATUREL par MNN traduction R71 complété par JBL

Dans l’esprit de Russell Means ;

“Dans la loi naturelle, chaque chose est à sa place, où est le mal ? Il n’y a pas de mal dans la nature. Vivre en suivant la loi naturelle, nous percevons les choses pleinement au travers de nos sens, nous développons une pleine et riche appréciation du monde réel qui nous entoure, pour ce que nous expérimentons quotidiennement dans nos vie… Pour la réalité.”

Russell Means

Introduction à la philosophie et la pensée amérindiennes à partir de larges extraits de traductions par R71 de son livre testament « Si vous avez oublié les noms des nuages alors vous avez perdu votre chemin »  de 2012 en version PDF {N° 5} de 19 pages ► INTRODUCTION à la philosophie et la pensée amérindiennes ;

Résistance au colonialisme : Pouvoir naturel et société organique… (Mohawk Nation News)

Pouvoir naturel

Mohawk Nation News | 14 septembre 2017 | URL de l’article original en anglais ► http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/14/natural-power/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ► URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/16/resistance-au-colonialisme-pouvoir-naturel-et-societe-organique-mohawk-nation-news/

Notre famille est les plantes, la terre, les animaux, les eaux et tout ce qu’il y a dans l’air. Nous ne pouvons pas tuer ou blesser l’un d’entre eux. Nous devons éviter et essayer d’arrêter tout ce qui tue la véritable vie naturelle.

Au début, nous avons essayé d’adopter les envahisseurs pour qu’ils vivent comme nous. Mais ils ne purent pas car ils amenèrent des filets, des pièges et des poisons pour tuer toute vie sur l’île de la Grande Tortue.

Pour les colons nous ne sommes que poussière. Notre esprit ne peut être camouflé ni capturé. Nous apparaissons hors de la poussière, ils nous regardent mais ne nous voient pas. Puis nous disparaissons et retournons vers notre famille.

La Nature/création nous a placé au sein de nos territoires. Les envahisseurs ont inventé des histoires à notre sujet et les ont transformées en histoires à dormir debout.

Les gens, les animaux et le paysage, la terre, sont inséparables. Tous suivent le cheminement des nuages. Nous portons en nous-mêmes nos véritables histoires.

Pour survivre, nous envoyons nos enfants. Ils vont et viennent à une fréquence que personne sauf nous peut entendre. Les immigrants qui occupent leurs cellules nous regardent au travers de leurs barreaux, en essayant constamment de nous attirer dans leurs prisons [leur société]. Nous nous approchons d’eux, les observons et retournons dans notre monde. Notre pouvoir naturel est la Nature elle-même.

Nous envoyons des messages aux êtres non-naturels pour les aider à enlever les barreaux autour de leur société. Nous tirons sur leurs cordes. Pour survivre et échapper à la colère des occupants anti-naturels, nous nous confondons dans l’environnement et nous réapparaissons. Ils font des statues de ciment et de marbre pour se rappeler de leurs mensonges à leur et notre sujets.

Nous évaluons constamment les situations pour voir s’ils adhèrent au pouvoir naturel. Certains d’entre nous les imitent. La plupart ne sont pas empoisonnés [à leur contact]. Nous remettons tout en cause. Nos esprits n’auront jamais les caractéristiques de ces esprits anti-naturels qui ressemblent à l’esprit du mouton.

Nous survivrons en tant que partie intégrante de notre véritable famille naturelle. Le monde moderne et artificiel continue d’essayer de tuer nos modes de vies anciens. Ils nous attaquent volontairement. Nous vivons sur nos territoires. Nous les patrouillons. Nos relations avec nos frères ailés, à quatre pattes, les arbres, les plantes, dépendent de nous pour suivre les instructions originelles. Nous survivrons et coexisterons sur notre terre-mère en tant que frères et sœurs.

Nous revenons sans cesse afin de nous rappeler que nous ne voulons rien avoir à faire avec leur veulerie et leur malfaisance*.

*Introduction à la Grande Loi de la Paix ou la Constitution de la Confédération Iroquoise du 12ème siècle en version PDF {N° 21} de 27 pages ► Kaia’nere:kowa.

Dans les temps de Trumperie universelle, chercher et dire la vérité devient un acte révolutionnaire…

Comme toujours plus nombreux nous pensons qu’il n’y a pas de SOLUTIONS au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu, et qu’il n’y en aura jamais, qu’il est nécessaire de s’éveiller par une :

Prise de conscience individuelle ► prise de conscience collective ► boycott et organisation parallèle ► désobéissance civile ► réorganisation politico-sociale ► changement de paradigme

Et que nous avons absolument le choix et le droit d’ignorer l’État et ses institutions obsolètes et c’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux, et en n’excluant personne, qui se retrouveraient dans cette idée force pour : Ignorer le Système, l’État, et ses Institutions coercitives ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter le meilleur du meilleur de l’ANCIEN au monde d’aujourd’hui…

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales se tenant debout et main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre… Mère comme disent les Natifs.

JBL1960

Lecture connexes ;

Système du monde – Considérations sur la loi naturelle

Michel Bakounine (1870)

 

Vision politique… Quelques considérations sur la loi naturelle (Michel Bakounine)

Système du monde – Considérations sur la loi naturelle

“Voici quelle est la nature du Tao

Il est vague, il est confus.

Qu’il est confus, qu’il est vague !

Au dedans de lui il y a des images

Qu’il est vague, qu’il est confus !

Au dedans de lui, il y a des êtres

Qu’il est profond, qu’il est obscur !

[…]

Le sage n’accumule pas les richesses

Plus il emploie sa vertu dans l’intérêt des Hommes

Et plus elle augmente.

Plus il donne aux Hommes et plus il s’enrichit.

Telle est la voie du Tao qu’il est utile aux êtres et ne leur nuit point.

Telle est la voie du sage, qu’il agit et ne dispute point.”

~ Lao Tseu, Tao Te King ~

L’illustration : Lac Alice Idaho, île de la Grande TortuePinterest

 

Le droit d’ignorer l’État par Herbert Spencer en 1850

RÉSISTANCE POLITIQUE : Le droit d’ignorer l’État

Résistance71 nous rappelle opportunément un extrait de l’œuvre phare d’Herbert Spencer « Le droit d’ignorer l’État »  en 1850 en précisant ceci : Il est très intéressant de noter que l’auteur de ce texte, Herbert Spencer,  allait devenir moins de 20 ans plus tard un des piliers du darwinisme-social, théorie de la justification oligarchique et fut à l’origine de l’expression de la « survie du plus fort » dans son ouvrage publié en 1864 : « Principes de biologie ». En 1850, sa vision était pour le moins anarchisante. Renier ce qu’on a dit n’est pas le réfuter ni l’invalider… C’est pourquoi ce texte résonne toujours juste aujourd’hui.

D’autant qu’il faut préciser que c’est bien Spencer qui le premier a employé le terme d’évolution au sens moderne, et non Darwin qui ne l’emploie quasiment jamais. Bien que Spencer ne croit pas à la sélection naturelle. En revendiquant la paternité de la doctrine de l’évolution en général, et de l’évolution organique en particulier, Spencer lui assigne pour cause générale « l’adaptation aux conditions ». Bref, même sur le point précis de la cause et du comment de l’évolution, Spencer n’est pas darwinien.  Source ► Herbert Spencer, Le principe de l’évolution, 1895 ► https://sniadecki.wordpress.com/2016/08/23/spencer-evolution/

C’est bien pourquoi l’analyse de Spencer sur le droit d’ignorer l’État est fort juste. Et pour prolonger et compléter cette analyse, on peut lire l’essai de Pierre Kropotkine “L’anarchisme et la science moderne” que R71 a traduit par de larges extraits que j’ai réunifié dans un PDF {N° 13}  de 16 pages « Sciences, État & SociétéAnalyses & Solutions pour un marasme annoncé » car Kropotkine est considéré comme un des « pères » de la sociobiologie, surtout pour sa critique fondée et constructive des dogmes pseudo-scientifiques du darwinisme-social colportés par des gens comme Herbert Spencer et Thomas Huxley.

Le droit d’ignorer l’État

URL de l’article R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/14/resistance-politique-le-droit-dignorer-letat/

Herbert Spencer (1850)

Publié en français dans la “Brochure Mensuelle”, Octobre 1923

I

Comme corollaire à la proposition que toutes les institutions doivent être subordonnées à la loi d’égale liberté, nous devons nécessairement admettre le droit du citoyen d’adopter volontairement la condition de hors-la-loi. Si tout homme a la liberté de faire tout ce qu’il veut, pourvu qu’il n’enfreigne pas la liberté égale de quelque autre homme, alors il est libre de rompre tout rapport avec l’État, — de renoncer à sa protection et de refuser de payer pour son soutien. Il est évident qu’en agissant ainsi il n’empiète en aucune manière sur la liberté des autres, car son attitude est passive, et tant qu’elle reste telle il ne peut devenir un agresseur. Il est également évident qu’il ne peut être contraint de continuer à faire partie d’une communauté politique sans une violation de la loi morale, puisque la qualité de citoyen entraîne le paiement de taxes et que la saisie des biens d’un homme contre sa volonté est une infraction à ses droits. Le gouvernement étant simplement un agent employé en commun par un certain nombre d’individus pour leur assurer des avantages déterminés, la nature même du rapport implique qu’il appartient à chacun de dire s’il veut ou non employer un tel agent. Si l’un d’entre eux décide d’ignorer cette confédération de sûreté mutuelle, il n’y a rien à dire, excepté qu’il perd tout droit à ses bons offices et s’expose au danger de mauvais traitements, — une chose qui lui est tout à fait loisible de faire s’il s’en accommode. Il ne peut être maintenu de force dans une combinaison politique sans une violation de la loi d’égale liberté ; il peut s’en retirer sans commettre aucune violation de ce genre ; et il a, par conséquent, de droit de se retirer ainsi.

II

« Nulle loi humaine n’est d’aucune validité si elle est contraire à la loi de la nature, et telles d’entre les lois humaines qui sont valides tirent toute leur force et toute leur autorité, médiatement et immédiatement, de cet original. » Ainsi écrit Blackstone[1], dont c’est l’honneur d’avoir à ce point dépassé les idées de son temps, — et, vraiment, nous pouvons dire de notre temps. Un bon antidote, cela, contre ces superstitions politiques qui prévalent si largement. Un bon frein au sentiment d’adoration du pouvoir qui nous égare encore en nous conduisant à exagérer les prérogatives des gouvernements constitutionnels, comme jadis celles des monarques. Que les hommes sachent qu’une puissance législative n’est pas « notre Dieu sur la terre », quoique, par l’autorité qu’ils lui attribuent et par les choses qu’ils attendent d’elle, il semblerait qu’il l’imaginassent ainsi. Mieux, qu’ils sachent que c’est une institution servant à des fins purement temporaires, et dont le pouvoir, quand il n’est pas volé, est, tout au moins, emprunté.

Qui plus est, en vérité, n’avons-nous pas vu que le gouvernement est essentiellement immoral ? N’est-il pas la postérité du mal, portant autour d’elle toutes les marques de son origine ? N’existe-t-il pas parce que le crime existe ? N’est-il pas fort, ou, comme nous disons, despotique, quand le crime est grand ? N’y a-t-il pas plus de liberté — c’est-à-dire moins de gouvernement — à mesure que le crime diminue ? Et le gouvernement ne doit-il pas cesser quand le crime cesse, par le manque même d’objets sur lesquels accomplir sa fonction ? Non seulement le pouvoir des maîtres existe à cause du mal, mais il existe parle mal. La violence est employée pour le maintenir et toute violence entraîne criminalité. Soldats, policiers et geôliers, épée, bâtons et chaînes sont des instruments pour infliger de la peine, et toute infliction de peine est, par essence, injuste. L’État emploie les armes du mal pour subjuguer le mal et est contaminé également par les objets sur lesquels il agit et par les moyens à l’aide desquels il opère. La moralité ne peut le reconnaître, car la moralité, étant simplement une expression de la loi parfaite, ne peut donner nul appui à aucune chose croissant hors de cette loi et ne subsistant que par les violations qu’elle en fait. C’est pourquoi l’autorité législative ne peut jamais être morale, — doit toujours être seulement conventionnelle.

Il y a, pour cette raison, une certaine inconséquence dans l’essai de déterminer la position, la structure et la conduite justes d’un gouvernement par appel aux premiers principes de l’équité. Car, comme il vient d’être démontré, les actes d’une institution qui est imparfaite, à la fois par nature et par origine, ne peuvent être faits pour s’accorder avec la loi parfaite. Tout ce que nous pouvons faire est d’établir : premièrement, dans quelle attitude une puissance législative doit demeurer à l’égard de la communauté pour éviter d’être, par sa seule existence, l’injustice personnifiée ; deuxièmement, de quelle manière elle doit être constituée afin de se montrer le moins possible en opposition avec la loi morale ; et, troisièmement, à quelle sphère ses actions doivent être limitées pour l’empêcher de multiplier ces violations de l’équité pour la prévention desquelles elle est instituée.

La première condition à laquelle on doit se conformer avant qu’une puissance législative puisse être établie sans violer la loi d’égale liberté est la reconnaissance du droit maintenant en discussion, — le droit d’ignorer l’État.

III

Les partisans du pur despotisme peuvent parfaitement s’imaginer que le contrôle de l’État doit être illimité et inconditionnel. Ceux qui affirment que les hommes sont faits pour les gouvernements sont qualifiés pour soutenir logiquement que nul ne peut se placer au delà des bornes de l’organisation politique. Mais ceux qui soutiennent que le peuple est la seule source légitime de pouvoir, — que l’autorité législative n’est pas originale, mais déléguée, — ceux-là ne sauraient nier le droit d’ignorer l’État sans s’enfermer dans une absurdité.

Car, si l’autorité législative est déléguée, il s’ensuit que ceux de qui elle procède sont les maîtres de ceux à qui elle est conférée ; il s’ensuit, en outre, que comme maîtres ils confèrent ladite autorité volontairement ; et cela implique qu’ils peuvent la donner ou la retenir comme il leur plaît. Qualifier de délégué ce qui est arraché aux hommes, qu’ils le veuillent ou non, est une absurdité. Mais ce qui est vrai ici de tous collectivement est également vrai de chacun en particulier. De même qu’un gouvernement ne peut justement agir pour le peuple que lorsqu’il y est autorisé par lui, de même il ne peut justement agir pour l’individu que lorsqu’il y est autorisé par lui. Si A, B et C délibèrent, s’ils doivent employer un agent à l’effet d’accomplir pour eux un certain service, et si, tandis que A et B conviennent de la faire, C est d’un avis contraire, C ne peut être équitablement considéré comme partie à la convention en dépit de lui-même. Et cela doit être également vrai de trente comme de trois ; et si de trente, pourquoi pas de trois cents, ou trois mille, ou trois millions ?

IV

Des superstitions politiques auxquelles il a été fait allusion précédemment, aucune n’est aussi universellement répandue que l’idée selon laquelle les majorités seraient toutes-puissantes. Sous l’impression que le maintien de l’ordre exigera toujours que le pouvoir soit dans la main de quelque parti, le sens moral de notre temps juge qu’un tel pouvoir ne peut être convenablement conféré à personne sinon à la plus grande moitié de la société. Il interprète littéralement le diction : « La voix du peuple est la voix de Dieu », et transférant à l’un la sainteté attachée à l’autre, il conclut que la volonté du peuple — c’est-à-dire de la majorité — est sans appel. Cependant, cette croyance est entièrement fausse.

Supposez un instant que, frappée de quelque panique malthusienne, une puissance législative représentant dûment l’opinion publique projetât d’ordonner que tous le enfants à naître durant les dix années futures soient noyés. Personne pense-t-il qu’un tel acte législatif serait défendable ? Sinon, il y a évidemment une limite au pouvoir d’une majorité. Supposez encore que deux races vivant ensemble — Celtes et Saxons, par exemple, — le plus nombreuse décidât de faire des individus de l’autre race ses esclaves. L’autorité du plus grand nombre, en un tel cas, serait-elle valide ? sinon, il y a quelque chose à quoi son autorité doit être subordonnée. Supposez, une fois encore, que tous les hommes ayant un revenu annuel de mois de 50 livres sterling résolussent de réduire à ce chiffre tous les revenus que le dépassent et d’affecter l’excédent à des usages publics. Leur résolution pourrait-elle être justifiée ? Sinon, il doit être une troisième fois reconnu qu’il est une loi à laquelle la voix populaire doit déférer. Qu’est-ce donc que cette loi, sinon la loi de la pure équité, — la loi d’égale liberté ? Ces limitations, que tous voudraient mettre à la volonté de la majorité, sont exactement le droit d’une majorité d’assassiner, d’asservir et de voler, simplement parce que l’assassinat, l’asservissement et le vol sont des violations de cette loi, — violations trop flagrantes pour être négligées. Mais si de grandes violations de cette loi sont iniques, de plus petites le sont aussi. Si la volonté du grand nombre ne peut annuler le premier principe de moralité en ces cas-là, non plus elle ne le peut en aucun autre. De sorte que, quelque insignifiante que soit la minorité et minime la transgression de ses droits qu’on se propose d’accomplir, aucune transgression de ce genre ne peut être permise.

Quand nous aurons rendu notre constitution purement démocratique, pense en lui-même l’ardent réformateur, nous aurons mis le gouvernement en harmonie avec la justice absolue. Une telle foi, quoique peut-être nécessaire pour l’époque, est très erronée. En aucune manière, la coercition ne peut être rendue équitable. La forme de gouvernement la plus libre n’est que celle qui soulève le moins d’objections. La domination du grand nombre par le petit nombre, nous l’appelons tyrannie : la domination du petit nombre par le grand nombre est tyrannie aussi, mais d’une nature moins intense. « Vous ferez comme nous voulons, et non comme vous voulez » est la déclaration faite dans l’un et l’autre cas ; et si cent individus la font à quatre-vingt-dix-neuf, au lieu de quatre-vingt-dix-neuf aux cent, c’est seulement d’une fraction moins immoral. De deux semblables partis, celui, quel qu’il soit, qui fait cette déclaration et en impose l’accomplissement, viole nécessairement la loi d’égale liberté, la seule différence étant que par l’un elle est violée dans la personne que quatre-vint-dix-neuf individus, tandis que par l’autre elle est violée dans la personne de cent. Et le mérite de la forme démocratique du gouvernement consiste uniquement en ceci, — qu’elle offense le plus petit nombre.

L’existence même de majorités et de minorités est l’indice d’un état immoral. Nous avons vu que l’homme dont le caractère s’harmonise avec la loi morale peut obtenir le bonheur complet sans amoindrir le bonheur de ses semblables. Mais l’établissement d’arrangements publics par le vote implique une société composée d’hommes autrement constitués, — implique que les désirs de certains ne peuvent être satisfaits sans sacrifier les désirs des autres, — implique que dans la poursuite de son bonheur la majorité inflige une certaine somme de malheur à la minorité, — implique, par conséquent, l’immoralité organique. Ainsi, à un autre point de vue, nous découvrons de nouveau que même dans sa forme la plus équitable il est impossible au gouvernement de se dissocier du mal ; et, en outre, que, à moins que le droit d’ignorer l’État ne soit reconnu, ses actes doivent être essentiellement criminels.

V

Qu’un homme est libre de renoncer aux bénéfices de la qualité de citoyen et d’en rejeter les charges peut, en vérité, être inféré des admissions d’autorités existantes et de l’opinion actuelle. Quoique probablement non préparés à une doctrine aussi avancée que celle ici soutenue, les radicaux d’aujourd’hui, encore qu’à leur insu, professent leur foi en une maxime qui donne manifestement un corps à cette doctrine. Ne les entendons-nous pas continuellement citer l’assertion de Blackstone selon laquelle « Nul sujet anglais ne peut être contraint à payer des aides et des taxes, même pour la défense du royaume ou le soutien du gouvernement, sauf celles qui lui sont imposées par son propre consentement ou par celui de son représentant au Parlement » ? Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie, disent-ils, que tout homme devrait posséder le droit de vote. Sans aucun doute ; mais cela signifie bien davantage. S’il y a quelque sens dans les mots, c’est une énonciation précise du droit même pour lequel nous combattons à présent. En affirmant qu’un homme ne peut être taxé à moins qu’il n’ait, directement ou indirectement, donné son consentement, on affirme aussi qu’il peut refuser d’être ainsi taxé ; et refuser d’être taxé, c’est rompre toute connexion avec l’État. On dira peut-être que ce consentement n’est pas spécifique, mais général, et que le citoyen est sous-entendu avoir acquiescé à toute chose que son représentant puisse faire, quand il vota pour lui. Mais supposez qu’il n’ait pas voté pour lui et qu’au contraire il ait fait tout en son pouvoir pour élire quelqu’un soutenant des idées opposées — quoi alors ? La réplique sera probablement qu’en prenant part à une semblable élection, il convenait tacitement de s’en tenir à la décision de la majorité. Et comment s’il n’a pas voté du tout ? Mais alors il ne peut à bon droit se plaindre d’aucune taxe, puisqu’il n’éleva aucune protestation contre son imposition ! Ainsi, assez curieusement, il paraît qu’il donnait son consentement de quelque manière qu’il agît, — soit qu’il dît : « Oui », qu’il dît : « Non » ou qu’il restât neutre ! Une doctrine plutôt embarrassante, celle-là ! Voilà un infortuné citoyen à qui il est demandé s’il veut payer pour un certain avantage proposé ; et, qu’il emploie le seul moyen d’exprimer son refus ou qu’il ne l’emploie pas, il nous est fait savoir que pratiquement il y consent, si seulement le nombre des autres qui y consentent est plus grand que le nombre de ceux qui s’y refusent. Et ainsi nous sommes amenés à l’étrange principe que le consentement de A à une chose n’est pas déterminé par ce que A dit, mais par ce que B peut arriver à dire !

C’est à ceux qui citent Blackstone de choisir entre cette absurdité et la doctrine exposée plus haut. Ou sa maxime implique de droit d’ignorer l’État ou elle est pure sottise.

VI

Il y a une singulière hétérogénéité dans nos fois politiques. Des systèmes qui furent à la mode et çà et là commencèrent à laisser passer le jour sont rapiécés de fond en comble avec des idées modernes dissemblables en qualité et en couleur ; et les hommes, gravement, déploient ces systèmes, s’en revêtent et se promènent en paradant à la ronde, tout à fait inconscients de leur grotesque. Notre présent état de transition, participant comme il le fait, également du passé et du futur, donne naissance à des théories hybrides où se manifeste l’assemblage le plus disparate du despotisme passé et de la liberté future. Voici des types de l’ancienne organisation curieusement déguisés sous les germes de la nouvelle — des particularités montrant l’adaptation à un état antécédent modifié par des rudiments qui prophétisent quelque chose à venir — faisant tous ensemble un mélange si chaotique de parentés que rien n’indique à quelle classe ces enfants du siècle devraient être rattachés.

Comme les idées doivent nécessairement porter l’empreinte du temps, il est inutile de déplorer le consentement avec lequel ces absurdes croyances sont soutenues. D’ailleurs, il semblerait regrettable que les hommes ne continuassent pas jusqu’à la fin les enchaînements de raisonnements qui ont mené à ces modifications partielles. Dans le cas présent, par exemple, la logique les forcerait à admettre que, sur d’autres points à côté de celui qui vient d’être examiné, ils soutiennent des opinions et emploient des arguments dans lesquels le droit d’ignorer l’État est contenu.

Car, quelle est la signification du non-conformisme ? Il fut un temps où la foi religieuse d’un homme et son mode de culte étaient déterminables par la loi à l’égal de ses actes séculiers ; et, conformément à certaines dispositions existant dans nos lois, il en est encore ainsi. Cependant, grâce à la croissance d’un esprit protestant, nous sommes parvenus à ignorer l’État en cette matière, — entièrement en théorie et partiellement en pratique. Mais de quelle manière ? En adoptant une attitude qui, pourvu qu’elle soit maintenue en conformité avec son principe, implique un droit d’ignorer l’État entièrement. Observez l’attitude des deux partis. « Ceci est votre credo », dit le législateur, « vous devez croire et professer ouvertement ce qui est fixé ici pour vous. » — « Je ne ferai rien de la sorte », répond le non-conformiste, « j’irai plutôt en prison ».

— « Vos actes religieux », poursuit le législateur, « seront tels que nous les avons prescrits. Vous irez aux églises que nous avons fondées et vous adopterez les cérémonies qui y seront célébrées ». — « Rien ne m’induira à faire ainsi », est la réplique ; « je nie absolument votre pouvoir de me dicter quoi que ce soit en pareille matière et me propose de résister jusqu’à la dernière extrémité ». — « Enfin », ajoute le législateur, « nous vous requerrons de payer telles sommes d’argent que nous pourrons juger à propos de demander pour le soutien de ces institutions religieuses ». — « Vous ne tirerez pas un liard de moi », se récrie notre obstiné indépendant ; « même si je croyais dans les dogmes de votre Église (ce que je ne fais pas), je me rebellerais encore contre votre intervention, et si vous prenez ce que je possède, ce sera par la force et malgré ma protestation ».

Or, à quoi se réduit cette manière d’agir quand elle est considérée dans l’abstrait ? Elle se réduit à une affirmation par l’individu du droit d’exercer une de ses facultés — le sentiment religieux — en toute liberté et sans aucune limite autre que celle assignée par le droit égal d’autrui. Et que signifie l’expression : « Ignorer l’État » ? Simplement une affirmation du droit d’exercer de la même manière toutes les facultés. L’un est exactement une continuation de l’autre, — repose sur le même fondement que l’autre, — doit tenir ou tomber avec l’autre. De bonne foi, les hommes parlent de la liberté civile et de la liberté religieuse comme de choses différentes ; mais la distinction est tout à fait arbitraire. Elles sont parties d’un même tout et philosophiquement ne peuvent être séparées.

« Si, elles le peuvent », interpose un objecteur, « l’affirmation de l’une est impérative comme étant un devoir religieux. La liberté d’honorer Dieu de la manière qui lui semble convenable est une liberté sans laquelle un homme ne peut accomplir ce qu’il croit être des commandements divins, et, en conséquence sa conscience exige de lui qu’il la défende. » Fort bien ; mais comment si la même chose peut être affirmée de toute autre liberté ? Comment si la défense de celle-ci se transforme aussi en une matière de conscience ? N’avons-nous pas vu que le bonheur humain est la volonté divine, — que ce bonheur ne peut être obtenu que par l’exercice de nos facultés — et qu’il est impossible de les exercer sans la liberté ? Et si cette liberté pour l’exercice des facultés est une condition sans laquelle la volonté divine ne peut être accomplie, sa défense est, suivant la propre démonstration de notre objecteur, un devoir. En d’autres termes, il est manifeste, non seulement que la défense de la liberté d’action peut être un point de conscience, mais encore qu’elle doit en être un. Et ainsi nous voyons clairement que le droit d’ignorer l’État en matière religieuse et le droit d’ignorer l’État en matière séculière sont par essence identiques.

L’autre raison communément assignée à la non-conformité admet un traitement similaire. Outre qu’il résiste à la prescription de l’État par principe, le dissident y résiste par désapprobation de la doctrine enseignée. Aucune injonction législative ne lui fera adopter ce qu’il considère comme une croyance fausse ; et, se souvenant de son devoir envers ses semblables, il refuse d’aider, au moyen de sa bourse, à disséminer cette croyance fausse. L’attitude est parfaitement compréhensible. Mais c’est une attitude qui, ou conduit aussi ses adhérents à la non-conformité civile, ou les laisse dans un dilemme. Car pourquoi refusent-ils de contribuer à propager l’erreur ? Parce que l’erreur est contraire au bonheur humain. Et pour quel motif désapprouve-t-on une partie quelconque de la législation civile ? Pour la même raison, — parce qu’on la juge contraire au bonheur humain. Comment alors pourrait-il être démontré qu’on doit résister à l’État dans un cas et non dans l’autre ? Personne affirmera-t-il délibérément que, si un gouvernement nous demande de l’argent pour aider à enseigner ce que nous pensons devoir produire le mal, nous devons le lui refuser, mais que, si l’argent est destiné à faire ce que nous pensons devoir produire le mal, nous ne devons pas le lui refuser ? Telle est, cependant, l’encourageante proposition qu’ont à soutenir ceux qui reconnaissent le droit d’ignorer l’État en matière religieuse, mais le nient en matière civile.

VII

La substance de ce chapitre nous rappelle une fois de plus l’incompatibilité existant entre une loi parfaite et un État imparfait. La praticabilité du principe ici posé varie en raison directe avec la moralité sociale. Dans une communauté entièrement vicieuse, son admission engendrerait le désordre. Dans une communauté complètement vertueuse, son admission sera à la fois inoffensive et inévitable. Le progrès vers une condition de santé sociale — c’est-à-dire une condition où il n’y aura plus besoin des mesures curatives de la législation — est le progrès vers une condition où ces mesures curatives seront rejetées et où l’autorité qui les prescrit sera méprisée. Les deux changements seront nécessairement coordonnés. Ce sens moral sont la suprématie rendra la société harmonieuse et le gouvernement inutile est le même sens moral qui alors portera chaque homme à affirmer sa liberté, même au point d’ignorer l’État, — est le même sens moral qui, en détournant la majorité de contraire la minorité, rendra finalement le gouvernement impossible. Et comme les manifestations simplement différentes d’un même sentiment doivent montrer un rapport constant de l’une à l’autre, la tendance à répudier les gouvernements augmentera seulement dans la même mesure où les gouvernements deviendront inutiles.

Que personne ne soit donc alarmé à la divulgation de la doctrine qui précède. De nombreux changements se succéderont encore avant qu’elle puisse commencer à exercer beaucoup d’influence. Un grand laps de temps s’écoulera probablement avant que le droit d’ignorer l’État soit généralement admis, même en théorie. Plus de temps encore se passera avant qu’il reçoive la reconnaissance législative. Et même alors, il y aura abondance de freins à son exercice prématuré. Une âpre épreuve instruira suffisamment ceux qui seraient susceptibles d’abandonner trop tôt la protection légale. Cependant, il y a dans la majorité des hommes un tel amour des arrangements établis et une si grande terreur des expériences que, vraisemblablement, ils s’abstiendront d’user de ce droit jusqu’à longtemps après qu’il sera sans danger de le faire.

À l’opposé de l’essai que Kropotkine écrira en 1902, durant son exil à Londres  « L’entraide un facteur de l’évolution »  ► https://www.fichier-pdf.fr/2013/12/05/petr-kropotkine-l-entr-aide-un-facteur-de-l-evolution/

La philosophie de Spencer est un effort pour justifier les théories politiques et sociales du libéralisme radical, qu’il tenait de son milieu familial, au moyen de principes empruntés d’une part à la philosophie romantique allemande, d’autre part aux sciences biologiques et physiques. Source Cosmovisions H. Spencer.

Vous pouvez en complément de lecture, lire, télécharger et/ou imprimer gratuitement le PDF N° 12 de 24 pages réunissant les traductions de R71 de l’excellent petit ouvrage du professeur de biochimie Lee Alan Dugatkin de l’université de Louisville dans le Kentucky publié en 2011, sur la vie et l’œuvre du scientifique et grand penseur anarchiste Pierre Kropotkine qu’ils avaient traduits par de larges extraits en 3 parties et publiés en juin 2012 ; LE PRINCE DE L’ÉVOLUTION.

C’est parce que nous pensons qu’il n’y a pas de SOLUTIONS au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu, et qu’il n’y en aura jamais, qu’il est nécessaire de s’éveiller par une :

Prise de conscience individuelle ► prise de conscience collective ► boycott et organisation parallèle ► désobéissance civile ► réorganisation politico-sociale ► changement de paradigme

Et que nous avons absolument le choix et le droit d’ignorer l’État et ses institutions obsolètes et c’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux, et en n’excluant personne, qui se retrouveraient dans cette idée force pour : Ignorer le Système, l’État, et ses Institutions coercitives ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter le meilleur du meilleur de l’ANCIEN au monde d’aujourd’hui…

JBL1960

Pour lire, télécharger et/ou imprimer gratuitement tous les PDF (il y en a 34 à ce jour) cette page de mon blog dédiée ► LES PDF DE JBL1960

 

 

 

 

Réflexions optimistes de l’historien engagé Howard Zinn, version PDF réalisée par JBL1960

Vous ne pouvez pas être neutre dans un train en marche…

Réflexions optimistes historiques & politiques d’un historien engagé

Howard Zinn (1922 – 2010)

“Ce que l’histoire révisionniste nous enseigne est que notre inertie de citoyens a abandonné le pouvoir politique à une élite et a coûté au monde environ 200 millions de vies humaines entre 1820 et 1975. Ajoutons à cela la misère non dite des camps de concentration, des prisonniers politiques, de l’oppression et de l’élimination de ceux qui essaient de faire parvenir la vérité en pleine lumière… Arrêtons le cercle infernal du pillage et des récompenses immorales et les structures élitistes s’effondreront. Mais pas avant que la majorité d’entre nous trouve le courage moral et la force intérieure de rejeter le jeu frauduleux qu’on nous fait jouer et de le remplacer par les associations volontaires ou des sociétés décentralisées, ne s’arrêteront le pillage et le massacre.”

Antony Sutton, historien, et professeur de sciences politiques, Stanford U, 1977

C’est grâce à Résistance71 qui m’a donnée à lire et à réunifier leurs traductions et publications depuis 2012 de cette personnalité à contre-courant que fut Howard Zinn que je suis heureuse de vous proposer ce 34ème PDF de 63 pages ;

VOUS NE POUVEZ PAS ÊTRE NEUTRE DANS UN TRAIN EN MARCHE

Et présenté comme suit ;

1 – Sur la spoliation de l’Histoire ► Page 7

2 – L’histoire radicale

1ère Partie ► Page 12

2ème Partie ► Page 18

3 – Violence et nature humaine ► Page 24

4 – L’obéissance civile ► Page 32

5 – Christophe Colomb

1ère Partie ► Page 39

2ème Partie ► Page 46

6 – Réflexions optimistes d’un historien engagé ► Page 55

En pages 4 et 5, j’ai rajouté ma vision d’Howard Zinn,  celle du pilote bombardant Royan le 15 avril 1945, ville que je connais bien et dans laquelle je me promène très souvent et où l’ombre de Zinn me remet à chaque fois en mémoire le fait qu’il y fut utilisé, pour la toute première fois de l’essence gélifiée, substance alors nouvelle connue aujourd’hui sous le nom de napalm… Et à la louche, car les « alliés » ont testé là leurs armes de mort, à l’aveugle… Howard Zinn est revenu à Royan quelques années plus tard pour recueillir à la bibliothèque les interrogations suscitées par cette libération d’une violence étonnante. Source ► http://www.c-royan.com/arts-culture/litterature/livres-et-auteurs/1365-la-bombe.html

R71 m’a fournie de nombreuses photos et j’ai eu plaisir à les placer pour prolonger, de son regard pétillant et malicieux son propos ou sa réflexion. Et je vous livre la conclusion de la présentation faite par R71 d’Howard Zinn : Connaître la véritable histoire des États-Unis, permet de comprendre le monde moderne, de comprendre le présent et d’anticiper le futur pour un monde meilleur où les peuples reprendront leur droit et où l’oligarchie cessera d’exister.

Nous sommes tous des Howard Zinn ou devrions l’être !

Au travail !

Résistance71

Et rien n’est plus vrai aujourd’hui, n’est-ce-pas ?

D’ailleurs, vous pouvez lire en complément de lecture, ma publication du jour ► Dans les temps de Trumperie universelle… Car il y est question, comme le dit le Pr. Antony Sutton dans la citation qui introduit ce PDF un autre historien et personnalité à contre-courant, de ceux qui essaient de faire parvenir la vérité en pleine lumière…

Dans le chapitre 3 : Violence & Nature humaine, à la page 28 sont cités le Pr. Jean-Paul Demoule et la paléontologue et archéologue Marylène Patou-Mathis.

Vous pouvez retrouver les travaux de recherche du Pr. Jean-Paul Demoule dans ce PDF N° 7 de 21 pages « La France amnésique au passé réglementé, ou comment retrouver l’histoire de France » ;

Les billets qui traitent des livres et travaux de recherche de Marilène Patou-Mathis ; https://jbl1960blog.wordpress.com/?s=Maryl%C3%A8ne+Patou+Mathis

Bien sûr, vous pouvez consulter, lire, télécharger et/ou imprimer GRATUITEMENT toutes les versions PDF dans cette page dédiée de mon blog ► LES PDF DE JBL1960…

JBL1960