Archives pour la catégorie MOUVEMENT DES GILETS JAUNES

Solidarité des Gilets Jaunes de Commercy (Meuse – France) avec la révolution au Rojava (Vidéo) et je rajoute mon grain de sel…

Suite logique de mon billet d’hier ► Reprise : Contre la mal-vivre… Quand la Meuse se soulève (Revue-Ballast, 11/02/2019)

Dans l’Esprit / Spirit / Geist de l’appel des Zapatistes à la formation d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International ou 3RI

Mutualisons les mouvements d’émancipation des territoires Mohawks, du Chiapas, en France vers le Rojava et au-delà !

Mon dossier sur le Rojava

Et de poivre !

Car TOUS les pouvoirs OPPRESSEURS en place, ici en France sous l’impulsion de la marionnette Macron,  manœuvrent pour refermer les grilles totalitaires du NOM sur la tronche de TOUS les peuples OPPRIMÉS de la Terre !

Chacun dans son style selon le pays visé, comme au Venezuela ! ICI

Et/ou en Syrie, ou les USA se servent des forces françaises comme d’un bouclier

Et gardons en tête que ceux qui tirent les ficelles sont les Banksters de La City de Londres ; Au cœur de l’Empire donc ;

C’est pourquoi, le plus sûr moyen de faire tomber l’Empire colonialiste et ce par quoi il arrive toujours ; l’État reste la grève générale illimitée, expropriatrice et auto-gestionnaire. Et elle peut commencer toute de suite, maintenant, partout avec la grève générale de la consommation…

Nous voici rendus à un point où il est nécessaire d’inverser le rapport de force. D’agir et de frapper au cœur du système, où aucune compagnie de CRS ne saurait intervenir… La solidarité née dans les manifs et sur les ronds-points ne s’éteindra pas dans le cœur de ceux qui l’ont vécue. Ces collectifs d’entraide demeureront bien après que les actuelles structures aient fini de voler en éclats. L’initiative d’une grève générale illimitée est une excellente évolution à soutenir. Pour ceux dans l’impossibilité de supporter cet effort, la grève du zèle ou la désobéissance civile, sous quelque occasion que celle-ci se présente, sont des initiatives pertinentes. Afin d’être la plus efficace possible, cette grève devrait s’accompagner d’un arrêt à durée indéterminée de toute consommation superflue. Mais la meilleure alliée du mouvement dans le temps sera sans doute sa capacité d’entraide, et son ouverture à l’autre, condition de sa permanente inventivité. INVERSIONZénon le 5 février 2019

Très clairement ;

Il n’y a aucune obligation à se laisser arrêter après un acte de désobéissance civile. Continuer à éviter le système et la prison, est un acte continue de désobéissance civile et de contestation. Howard Zinn, dans son livre « Disobedience and Democracry »

Surtout si cela ce fait à grande échelle car tout État est impuissant à arrêter simultanément et à maintenir en détention 2 ou 3 millions de personnes…

Les institutions en ont parfaitement conscience, c’est pour cela que la mission de l’oligarchie régnante, sa mission PRINCIPALE même est de nous maintenir divisés !

Elle dépense même des milliards pour ce faire depuis des siècles, c’est même la condition sine qua non de sa survie et elle y parvient, depuis des siècles… Jusqu’à quand y parviendra-t-elle ?

Là est la question !

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Nos désirs font désordre

Cerveaux Non Disponibles | 11 février 2019 | URL de l’article source ► https://paris-luttes.info/nos-desirs-font-desordres-11651?lang=fr VIA Résistance 71

Il n’y a qu’une chose que les puissants ne supportent pas : ne pas pouvoir tout contrôler. Soyons donc incontrôlables.

Avouons-le : l’acte 13 nous a agréablement surpris et rassuré dans l’avenir du mouvement. En plus de leur détermination, nous savons désormais que les Gilets Jaunes sont en grande partie opposés à jouer le jeu de rassemblement déclaré et encadré.

À Paris, si la plupart des GJ se sont rassemblés sur le lieu de l’unique manifestation déclarée, c’était surtout dans l’optique d’être avec le plus de monde possible, pour rapidement se détourner du parcours prévu par la préfecture. Non pas pour tout casser mais pour reprendre le contrôle de notre mouvement. Pour se retrouver entre nous et décider de façon autonome et collective des actions à mener. Chose devenue impossible dans une manifestation totalement encadrée par la police et par un service d’ordre.

C’est en début d’après midi qu’une dizaine de manifestants initie le mouvement d’une manif sauvage. Passé les quelques secondes d’hésitation, des centaines de GJ se sont engouffrés dans la petite rue en criant « Grève, blocage, manif sauvage ». À notre grande surprise, la quasi-totalité du cortège décide alors de suivre la sauvage. Pendant plus d’une heure, la manif sauvage se retrouve totalement libérée de toute police ou service d’ordre. Les médias et le pouvoir retiendront les voitures brûlées et les vitres cassées de banques/assurances. Mais la puissance du moment était ailleurs, au delà.

Sans trop comprendre comment/pourquoi (le charme de l’auto gestion), le cortège sauvage s’est finalement retrouvé sur le tracé de fin de manif déclarée. Forcément, les forces de l’ordre ont alors pu reprendre en partie le contrôle de la situation.

Mais l’essentiel est ailleurs. L’esprit de révolte, de subversion et d’insoumission a traversé cette journée. Et reste bien dans l’ADN du mouvement (il l’était dès les premiers actes d’ailleurs).

Pour les partisans de manif déclarée, on remarquera que le drame de la main arrachée par la grenade de désencerclement a eu lieu pendant la partie « déclarée » de la manif parisienne. Jouer le jeu du pouvoir ne protège donc en rien les manifestants. Au contraire.

Désormais, la question est de savoir comment prolonger et dynamiser cet esprit subversif : comment ne pas l’enfermer dans un rituel hebdomadaire, comment le massifier et comment le rendre dangereux pour le pouvoir.

Nous n’avons pas la réponse. Mais nous savons que cela passe par une conquête de liberté, par un refus de canaliser notre colère dans les règles imposées par un pouvoir qui nous méprise et nous meurtrit. Cela passe aussi par l’occupation, même temporaire, des espaces de vie des puissants : faire de leurs rues, de leurs commerces, de leurs voitures, des espaces de reconquête et de lutte. Pour le reste, tout est à écrire. Et la détermination du mouvement, alliée à son ingéniosité, ne peut que déboucher sur des actions surprenantes et offensives.

Il n’y a qu’une chose que les puissants ne supportent pas : ne pas pouvoir tout contrôler. Soyons donc incontrôlables.

Cerveaux Non Disponibles

Mais la réponse est en chacun de NOUS !

Solution politique pour demain : Un exemple de commune fondée sur les associations libres…

germinal

Germinal de la Sierra ville anarchiste

Colonne Kropotkine  |   Espagne, libertaire

Note de Résistance 71 : Nous tenons à préciser que cette description correspond à une expérience espagnole qui a réellement eut lieu dans les années 1930. Ceci néanmoins n’est qu’un exemple de ce qui peut se faire collectivement et n’est en rien un modèle à suivre à la lettre, mais une expérience qui peut être adaptée à notre vie plus moderne. L’argent et le salariat ayant été abolis, nous sommes en présence d’un modèle communal tel que le préconisait Pierre Kropotkine. Tout modèle se doit d’être adaptable et flexible pour être viable.

Le numérotage correspond à celui de la carte sur la photo du dessus.

Nous voulons avec cette carte que ton esprit cesse de penser pour un moment au système où nous vivons et entame ainsi avec nous un beau voyage vers cette petite ville anarchiste appelée Germinal de la Sierra. Cette commune libre se forme après avoir fait triompher la Révolution Sociale, menée à bien par le peuple contre l’État, avec toute sa logique. Nous voulons dire que l’émancipation populaire n’est pas arrivée au moyen de la violence, bien qu’il y eut des cas où on est arrivé à la confrontation directe avec la bourgeoisie et ses défenseurs (policier, armée, église, etc….), qui n’ont pas voulu restituer les biens et les terres qu’ils ont volés, et qu’ont sués avec sang et larmes un millier de travailleurs ; cette émancipation n’a eu lieu que parce que le peuple est enfin  préparé, conscientisé et instruit pour mener à bien une nouvelle vie dans laquelle règne la plus haute expression de l’ordre naturel des choses: l’Anarchie. Nous nous fonderons sur le fonctionnement de Germinal de la Sierra, composé  de 5.000 habitants et où on a proclamé le Communisme Libertaire.

Les principes de cette ville sont la solidarité, l’appui mutuel, l’égalité et le respect.

Dans Germinal de la Sierra l’argent a été aboli. Ses habitants ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, on travaille selon ses forces et on reçoit selon ses besoins. La propriété privée et tout privilège ont été abolis. Nous sommes tous des êtres humains qui ont le droit de jouir de la vie. Nous voulons souligner que les habitants de cette ville sont anarchistes, c’est-à-dire préparées à aimer leurs tâches quotidiennes et sont conscients que tout est pour le bien commun. Toutes les décisions sur le fonctionnement de la commune sont prises en assemblée et chaque habitant depuis sa branche d’activité.

Après avoir lu ce prologue, parcourons Germinal de la Sierra ► Dans ce billet du 21 juillet 2016, en analyse ► Un futur si simple

Replaçons le pouvoir là où il n’aurait jamais dû sortir : en NOUS ; En tous les peuples de la diversité des sociétés planétaires s’unifiant pour que chacun ait ses besoins satisfaits selon sa capacité, sachant donner et recevoir dans le respect de l’autre.

Et à tout ceux qui espèrent, qui doutent aussi et c’est bien normal, constatant que la masse des moutons est prête à sacrifier sa liberté, déjà moribonde, pour plus de « protection de l’État » que nous savons pourtant illusoire.

La majorité n’est pas à convaincre ; Elle suit ;

Nous reste à organiser la minorité (10 à 15% de la population mondiale) en associations libres œuvrant solidairement, lorsqu’une société organique parallèle fonctionnera (et l’exemple cité plus haut nous le prouve), la masse suivra, comme elle suit le Système institutionnalisé actuellement ;

Cette masse qui va toujours dans le sens du meilleur courant comme un banc de poissons s’éveillera d’elle-même ensuite, à n’en pas douter, car jamais ici ou ailleurs nous ne reproduirons les erreurs monstrueuses du passé…

 

JBL1960

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Reprise : Contre la mal-vivre… Quand la Meuse se soulève (Revue-Ballast, 11/02/2019)

Gilets Jaunes CONTRE l’État

Contre la mal-vivre… Quand la Meuse se soulève

☰ Par Djibril Maïga et Elias Boisjean | 11 février 2019 | URL de l’article source ► https://www.revue-ballast.fr/contre-le-mal-vivre-quand-la-meuse-se-souleve/

VERSION PDF À IMPRIMER proposée par la Revue-Ballast ► https://www.revue-ballast.fr/contre-le-mal-vivre-quand-la-meuse-se-souleve/?pdf=44132

Republié par Résistance 71 le 13 février 2019

C’est l’une des deux sous-préfectures de la Meuse : Commercy, moins de 6 000 habitants. Un territoire de la « diagonale des faibles densités » frappé par l’effondrement industriel ; un taux de chômage à 24,5 %. En deux mois à peine, la petite commune lorraine s’est imposée comme un point incontournable du soulèvement national des gilets jaunes : forts d’une assemblée quotidienne, les Lorrains boudent le « grand débat » macronien pour mieux louer la démocratie directe, sans représentants ni leaders. Des messages de soutien leur arrivent sans tarder du Chiapas et du Rojava. Une Assemblée des assemblées (ou « Commune des communes ») s’est tenue les 26 et 27 janvier derniers, à leur appel, rassemblant 75 délégations de toute la France. L’horizon ? Abolir les inégalités, partager les richesses et donner le pouvoir au peuple. Nous sommes allés à leur rencontre.

La brume encombre les plaines que les fenêtres du car déroulent. L’horloge indique 9 h 30. Un des passagers, un certain Victor, se jette dans la discussion qui va s’improvisant : « La plupart des organisations de gauche ont repris toutes les calomnies sur les gilets jaunes, justifiant quasiment la répression, ou bien ont dit qu’elles n’avaient rien à voir avec ça, que ce n’était pas une lutte de la classe ouvrière… Des puristes ! » Brun, trapu, volubile, la trentaine ; il se présente à nous comme sympathisant trotskyste. Un autre passager rebondit : « C’est une faillite intellectuelle de l’extrême gauche. Parce que ce mouvement est de l’ordre du white trash1, et les militants d’extrême gauche en sont socialement très loin. Il y a beaucoup de mépris. Il y a une déconnexion totale avec la réalité sociale. » Le véhicule stationne aux abords de la gare de Commercy ; le froid nous saisit, la neige n’a tenu que sur les toits. Les gilets jaunes, venus des quatre coins du pays — Sète, Lorient, Nice, apercevons-nous ici et là sur les chasubles fluorescentes —, convergent en direction de la navette qui nous conduira à Sorcy-Saint-Martin : c’est là, à moins de huit kilomètres de la sous-préfecture, que se déroulera l’Assemblée des assemblées. Les autochtones s’affairent, visiblement surpris par l’afflux. Il faut dire que personne, ou presque, ne connaissait le nom de Commercy il y a deux mois de cela…

« Il y a beaucoup de mépris. Il y a une déconnexion totale avec la réalité sociale. »

Nous nous dirigeons vers le centre de la commune et interpellons quelques habitants au hasard du bitume : ils ignorent que se tient en ce jour ladite Assemblée. Si la plupart soutiennent le mouvement des gilets jaunes, bien que de loin, certains se montrent indifférents, pour ne pas dire sceptiques. Nous entrons dans le premier bar venu, à deux pas d’un vieux château édifié par quelque comte friand d’opéra. Un client, le tenancier ; nous prenons des cafés. Tous deux ne savent pas bien de quoi il retourne mais s’y seraient volontiers rendus s’ils ne travaillaient pas — « Qui va tenir le comptoir ? », lance l’homme debout derrière ce dernier.

Une cabane contre « le mal-vivre »

« Aujourd’hui, les zadistes, ils ne sont plus à Notre-Dame-des-Landes mais ils sont sur les ronds-points : ce sont les gilets jaunes », nous disait un prénommé Michel lors de notre passage à la ferme de la ZAD dite des « 100 noms ». L’église de Commercy poinçonne un nuage blême. Ruelles, pierres grises, volets de bois, un snack, un fleuriste, quelques panneaux « À vendre » ou « À louer ». La cabane des gilets jaunes colore tout soudain la place Charles-de-Gaulle. « Taxes », « Retraites », « ISF », « Écologie », lit-on au trait noir sur des morceaux de bois cloutés ; un drapeau tend ses trois couleurs au petit vent. De ce modeste « Chalet de la solidarité », tout de bric et de broc bâti, Commercy devint un centre d’intérêt national puis international : des messages de soutien affluèrent d’Allemagne, du Mexique, de Syrie ou de la République dominicaine. L’emplacement ne doit rien au hasard : sa centralité a valeur d’invitation à la rencontre ordinaire, et l’occupation du domaine public tient lieu de lutte, rendant en sus visibles « les invisibles » que sont, c’est là leur mot, les gilets jaunes(*).

Huit d’entre eux — quatre hommes et autant de femmes — apparaissent le 30 novembre 2018 sur nos écrans, cinq minutes durant, lisant à tour de rôle un communiqué imprimé sur une feuille A4 : « Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations-services, et des barrages filtrants. Dans la foulée, nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours. » Balayant d’un revers de main toute tentative de médiation entre le mouvement et le gouvernement (garant du « système »), les Commerciens fustigent « les représentants » pour mieux louer la seule démocratie qui soit à leurs yeux : directe et populaire. Contre « tous ceux qui se gavent », contre « les puissances de l’argent », contre « les intérêts des ultra-riches », ils appellent à ériger, partout en France, des comités populaires et des assemblées générales afin de « reprendre le pouvoir ».

« Des autocollants à prix libre raillent le Premier ministre, exhortent Macron à “dégager” et dénoncent les paradis fiscaux. »

Des gilets jaunes nous prennent à bord de leur véhicule, direction l’Assemblée. L’hiver déplie la campagne de ses doigts maigres ; arbres, champs, un cygne rompt un instant la rudesse des lieux. Le parking de Sorcy-Saint-Martin, signalé par une planche posée sur une cagette, est bondé ; on entend râler. 200 personnes, à vue de nez, se trouvent déjà sur place — il n’est pas midi. Ça s’agite, se croise, se rencontre, se salue, se reconnaît, se découvre : les langues se délient sans le bois dont on fait la scène politique. Nous pénétrons dans la salle des fêtes. Une carte de France est affichée, conviant à marquer d’une punaise la commune d’où l’on vient — le pays se voit constellé de points, exception faite du Sud-Ouest. Des tracts, disposés sur une table, rappellent la « méthode pour une assemblée citoyenne et participative » : ce sont là les gestes en usage sur les occupations de place, de la Puerta del Sol à Nuit Debout. Des autocollants à prix libre raillent le Premier ministre, exhortent Macron à « dégager » et dénoncent les paradis fiscaux. Un ouvrage sur la révolution du Rojava est également proposé à la vente.

Steven, l’une des figures du Commercy réfractaire, nous dit : « Pour l’organisation de l’Assemblée des assemblées, aucune personne n’a pris de décision en disant “Moi je vais faire ça”. On a débattu et décidé au sein de notre assemblée. » Transport, accueil, point presse, cantine à prix libre (La Marmijotte), garderie : tout a été structuré en amont — plus de 250 gilets jaunes dormiront ce soir chez l’habitant. Nous apercevons des journalistes de l’AFP, de LCI, de Libération, de la chaîne RT ou du Monde. Des indépendants, aussi. Et l’« automédia » des gilets jaunes. Deux porte-parole font face, du mieux qu’ils peuvent, au roulement des questions.

Une famille en construction

Si la critique des leaders est largement partagée par les gilets jaunes réunis ce jour, il est un mot qui semble fédérer les citoyens mobilisés depuis le mois de novembre : « famille ». Celui-là même que Jérôme Rodrigues, mutilé à Paris par les troupes du gouvernement Macron lors de l’acte XI, ne cesse d’employer dans les messages qu’il adresse au mouvement. « On a fait Noël à la cabane. Moi je suis passé pour l’apéro, et après je suis rentré en famille, mais beaucoup sont restés ensemble. C’est des personnes qui n’avaient pas forcément de famille, ou qui voulaient simplement rester ensemble. C’est magnifique », nous raconte John, un boxeur amateur aux traits émaciés.

« Rompre l’isolement structurel ; apprendre à s’écouter, donc également apprendre à se taire. »

Rompre l’isolement structurel ; apprendre à s’écouter, donc également apprendre à se taire ; élaborer des espaces où la parole peut librement se déployer, sans jugements hâtifs ni railleries. Stéphanie est assistante vétérinaire en Bretagne ; leur lutte repose à ses yeux sur quatre piliers : la justice sociale, économique, environnementale et judiciaire. « On se sentait seuls, démunis, exploités. On était isolés. On est tous dans des mouvements chacun dans notre coin et, ici, cette réunion nous a permis de prendre une température nationale. On a vu que nous n’étions pas seuls à défendre ces valeurs, et qu’elles étaient communes à tout le monde. Et ça fait plaisir ! » Renz, qui affiche une barbe touffue et une chasuble poussiéreuse sur laquelle on peut lire « RIP capitalisme », complète entre deux éclats de rire : « Ce mouvement, ce qu’il a créé, c’est un sentiment familial, une fraternité. En venant ici, on réalise que la famille s’est agrandie. On a créé des liens qui sont forts et qui, j’espère, vont durer. »

Une politique des assemblées

L’autonomie, avançait en 1993 le philosophe Cornelius Castoriadis, « c’est le projet d’une société où tous les citoyens ont une égale possibilité de participer à la législation, au gouvernement, à la juridiction et finalement à l’institution de la société2 ». Nous y voilà. Une seconde vidéo — intitulée « Deuxième appel des gilets jaunes de Commercy » et postée un mois après la précédente — est à l’origine du présent rassemblement. Sous le toit de fortune de leur cabane, les habitants mobilisés défilent alors pour convier le mouvement tout entier à venir ici afin de « rassembler les cahiers de revendications et [de] les mettre en commun », de « débattre tous ensemble des suites [du] mouvement » et de « décider d’un mode d’organisation collectif des gilets jaunes, authentiquement démocratique, issu du peuple et respectant les étapes de la délégation ». L’appel s’achève ainsi : « Ensemble, créons l’Assemblée des assemblées, la Commune des communes. C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition. »

Des madeleines — la spécialité locale — et des fruits sont à disposition près de la fontaine à café. Des pâtes sont au menu ; demain, du couscous. Nous discutons, en cassant la croûte, avec un gilet jaune venu de Saillans : depuis 2014, fort d’un mouvement d’opposition à la construction d’un supermarché, ce village de la Drôme est administré par un « pouvoir citoyen » — un conseil municipal collégial, des commissions participatives, un conseil des sages et le recours au tirage au sort. Il est 13 heures ; l’Assemblée, retransmise en direct sur Internet, débute dans la salle polyvalente aux murs rose et blanc. Claude, militant antinucléaire engagé à Bure, s’empare du micro, un symbole féministe tracé au dos de son gilet : « On représente une idée, un mode de fonctionnement qu’on va essayer d’expérimenter. Donc on va être humbles. […] Il s’agit de s’engager dans un processus, si tout le monde est d’accord, un processus par le bas. […] On va pouvoir attaquer, sans plus tarder ! » La délégation de Poitiers s’avance la première, sous les applaudissements.

« Un drapeau frappé des mots “municipalisme libertaire” ornait à la mi-novembre l’un des ronds-points de la sous-préfecture. »

Chaque délégation, mandatée par sa base locale — un binôme paritaire, le plus souvent —, se présente à tour de rôle ; elles sont au nombre de 75. Les porte-parole relatent, le temps d’une à cinq minutes, leur expérience, leurs difficultés, leurs avancées. Les luttes se ressemblent, se complètent. Blocage de routes, occupations, constructions, évacuations du mois de décembre, reconstructions. Ici, un discours, largement salué, contre le sexisme et le racisme ; là, un appel à articuler les communes aux régions, via l’intercommunale et le département. L’Isère invite à la démocratie directe à échelle nationale ; Paris tance « la caste des bobos » ; l’Ardèche rappelle, acclamée, que les gilets jaunes ne sont pas les « factieux » tant vomis mais les héritiers des idéaux républicains originels ; Belfort conte sa jonction à la frontière avec les gilets jaunes suisses et allemands ; Saint-Nazaire revient sur la création de leur Maison du peuple, la première du mouvement — les applaudissements sont nourris, un poing se lève, le cri de guerre des spartiates est entonné.

Bookchin en Lorraine ?

Un drapeau frappé des mots « municipalisme libertaire » ornait à la mi-novembre l’un des ronds-points de la sous-préfecture. « Commercy ouvre la voie du municipalisme », titre quelques semaines plus tard le mensuel CQFD ; « À Commercy, des Gilets jaunes pour le “communalisme libertaire” », entérine en janvier le site Arrêt sur images ; « La Meuse sera-t-elle le prochain Rojava ? », demande même Radio Parleur à la veille de l’Assemblée des assemblées. Qu’est-ce à dire ? Si la notion résonne de longue date au sein de la tradition anarchiste, c’est au penseur étatsunien Murray Bookchin, disparu en 2006, que l’on en doit la formulation la plus aboutie. « Un peuple dont la seule fonction “politique” est d’élire des délégués n’est pas en fait un peuple du tout, c’est une masse, une agglomération de monades3. La politique, contrairement au social et à l’étatique, entraîne la recorporalisation des masses en assemblées richement articulées, pour former un corps politique dans un lieu de discours, de rationalité partagée, de libre expression et de modes de prises de décision radicalement démocratiques4 », expliquait-il. Sous l’appellation « municipalisme libertaire » — ou « communalisme » —, ce militant écologiste de formation marxiste échafauda, à partir des années 1970, une « solution de rechange5 » au capitalisme : il s’agit, afin de dissoudre l’État et d’« enlever l’économie à la bourgeoisie », de créer des communes, structurées autour d’assemblées populaires et défendues par une garde civile, puis de les fédérer entre elles jusqu’à ériger « une Internationale dynamique, solidement enracinée dans une base locale ».

Si la proposition de Bookchin n’eut guère d’écho de son vivant, le Rojava — par le truchement d’Abdullah Öcalan, cofondateur du PKK — s’en inspira pour bâtir la révolution communaliste qu’il amorça en Syrie sur fond de guerre civile. Deux jours durant, nous questionnons les gilets jaunes que nous rencontrons : l’immense majorité d’entre eux ignore tout du municipalisme libertaire. Rico, originaire de l’Ariège, nous avoue : « J’ai découvert le terme hier soir, donc je vais aller me renseigner. » Adel, agent d’une filiale privée de la SNCF en Île-de-France, nous demande de répéter le mot : « Trop technique. Impossible à faire entendre dans les banlieues. » Chantal, technicienne de laboratoire retraitée dans l’Ariège, se méfie d’ailleurs de l’importation de théories extérieures au soulèvement : « C’est aux gens d’écrire eux-mêmes les façons dont ils veulent fonctionner. On peut s’inspirer des choses qui ont été proposées, par le passé, mais surtout pas de projet de société tout fait ! Il y a eu la Commune de Paris, il y a le Chiapas, les gens ne sont pas cons : ils ont su le faire, ils sauront le refaire — même sans avoir lu les livres de Bookchin ! »

« On s’en fiche des mots, on les met en pratique ! On s’en fiche que ça soit bookchinien ou non. »

Claude insiste, soucieux du respect de la parole collective : il ne nous répond qu’en son nom propre. « Le terme “municipalisme libertaire” n’est plus employé à Commercy, on préfère parler d’assemblées populaires — ce qui revient au même. On s’en fiche des mots, on les met en pratique ! On s’en fiche que ça soit bookchinien ou non, on ne veut pas plaquer des idéologies pré-existantes sur les pratiques qu’on expérimente. » Et Steven, éducateur spécialisé, d’ajouter que 12 groupes, sur 15, ont estimé qu’il était prématuré de promouvoir le modèle bookchinien dans la commune meusoise. « Sur le papier, c’est une très belle idée, mais comme les communes ont de moins en moins de pouvoir, faut y réfléchir. Mais ça pourrait être une des suites du mouvement : prendre le pouvoir au niveau local… »

Sabrina, professeure des écoles venue de Paris, a inscrit « Quartier populaire » sur le dos de son gilet ; elle nous dit : « Certains parlent d’un moment historique : quand on voit le mot de soutien de la Commune du Rojava, ça a de la valeur pour beaucoup de gens. » Au mois de décembre 2018, une jeune femme vêtue d’une chasuble jaune proclamait en effet, filmée : « Nous nous adressons à vous en tant que Commune internationaliste depuis le Rojava, le Kurdistan de l’ouest, au nord de la Syrie. Nous suivons avec attention depuis plus d’un mois la révolte populaire qui a lieu en France. Nous avons été impressionné·e·s, aussi bien par la détermination des manifestant·e·s que par le niveau de répression policière et étatique. Nous adressons notre solidarité à toutes celles et ceux qui en font les frais. Force à vous, votre résistance est populaire jusqu’ici. » Elle était entourée d’une dizaine de militants, masqués pour certains d’entre eux — dans leur dos, une banderole affichait le visage de la combattante internationaliste britannique Anna Campbell, tombée sous les tirs de l’armée fasciste turque le 15 mars 2018. Rares sont les habitants de Commercy à avoir entendu parler du Rojava, nous précise-t-on toutefois. « On va leur adresser un message de soutien en retour, qu’on a décidé collectivement en assemblée », poursuivra Claude.

Un appel à la dignité

John nous parle de René, un retraité de sa connaissance : c’est lui qui, toujours, rappelle au groupe « qu’il y a cette urgence sociale liée à la misère ». Parole nue et crue qui « ramène à la réalité ». Et de cela, John se félicite : le risque serait grand de se perdre « dans des réflexions sur la question de la démocratie, de la Constitution ». « Il y a des gens qui crèvent la dalle, qui n’ont pas de logement. C’est cette rage qui nourrit notre engagement. Il y a beaucoup de parents isolés, de personnes au RSA. Il y a peu de travail dans le coin, et pour en trouver un, il faut une voiture. Le cercle vicieux est que si tu as pas de travail, tu peux pas avoir de voiture… » Dans la salle, le micro part à droite, puis à gauche ; certains prennent des notes, d’autres invitent à plus de silence. Les quatre prochaines heures sont dévolues à l’élaboration des « suites et [des] perspectives du mouvement » ainsi qu’à l’« organisation démocratique à toutes les échelles ». Des mots se cherchent, d’autres se trouvent. Nanterre loue la multiplication des liens avec « les syndicalistes de base » ; Saint-Nazaire met sur la table l’impérieuse nécessité qu’il y a à organiser une défense collective contre les assauts de la police ; Poitiers propose de boycotter les banques. Les échanges se succèdent, dans les applaudissements et parfois les huées ; un homme grisonnant juge bon de renforcer « la jonction avec le mouvement ouvrier » ; une jeune femme exhorte l’assistance à se mobiliser contre l’infiltration de militants d’extrême droite au sein des manifestations. Le ton monte, l’écoute reprend.

« Une jeune femme exhorte l’assistance à se mobiliser contre l’infiltration de militants d’extrême droite au sein des manifestations. »

Nous parcourons la feuille de route du week-end (les rôles y sont définis — observateurs, modérateurs, délégués, animateurs, presse — et les horaires fixés) ainsi qu’un document local préparatoire intitulé « Synthèse des revendications » : démission de Macron, dissolution de l’Assemblée nationale, réduction des élus, abolition des privilèges, relaxe des gilets jaunes, sortie de l’état d’urgence, retraite à 60 ans, transition énergétique, agriculture biologique, qualité des services publics, suppression de Parcoursup, mutualisation des médias et définanciarisation de la presse — autant de thématiques mises au pot commun comme à l’ordre du jour. « Là, on encule les mouches ! », s’impatiente une déléguée ; « Faut arrêter de se prendre la tête », objecte un homme face à l’intransigeance démocratique et horizontaliste à l’œuvre : le strict respect des mandats et la légitimité des prises de décision hantent les échanges.

La journée du dimanche accouchera d’un appel collectif, ratifié par cette première Assemblée des assemblées, pour « vivre dans la dignité » : « Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons l’augmentation immédiate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et à la santé, à l’éducation, des services publics gratuits et pour tous. » Le texte, lu face caméra et aussitôt diffusé sur Internet, invite tout un chacun à rejoindre le mouvement et, après avoir fait sien le mot d’ordre national du soulèvement (« Macron démission ! »), conclut : « Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple ! »

Le retour du peuple

Les gilets jaunes de Commercy le martèlent : ils sont « apolitiques ». Entendre, en réalité, « apartisans » — l’ordure politicienne et représentative a souillé jusqu’à l’étymologie de ce grand mot, « politique », auprès du plus grand nombre : polis, la Cité. La crainte de la récupération, de la dépossession, est partout patente. Celle du phagocytage par les partis ou les syndicats, synonymes de bureaucratie ou d’arrangements avec le pouvoir, également. Aboutir à un mouvement de militants, assure ainsi Steven, impliquerait de facto son échec. Les ronds-points et les assemblées constituent dès lors autant de lieux d’apprentissage quotidien : les gilets jaunes s’informent, se forment, débattent, apprennent au contact des uns et des autres, rentrent chez eux grandis puis élèvent à leur tour. Renz, de Saint-Nazaire, nous raconte : « On a fait un gros travail d’éducation populaire au sein du mouvement : au début, on en avait gros, c’est tout, c’est ça qui a lancé le mouvement. Là, on affine. On se demande dans quelle société on veut vivre. Et ce qui ressort de presque tout le mouvement, c’est le pouvoir au peuple. » La plasticité du mouvement, originellement présenté comme une émanation de l’extrême droite et de la « peste brune6 », est telle qu’elle poussera Éric Zemmour à déplorer la mort dudit mouvement au motif que les gilets jaunes seraient finalement trop à gauche7…

« Un peuple, construit comme majorité sociale, en opposition à une oligarchie illégitime, déconnectée et spoliatrice. »

Nous croisons à Commercy un ancien électeur du Front national passé à la France insoumise, des syndicalistes engagés à SUD et quelques anarchistes percevant là une authentique dynamique autogestionnaire bien plus qu’un spectre « rouge-brun ». Un ouvrier d’usine à la retraite nous assure voter Nicolas Dupont-Aignan et l’habitant désigné pour nous héberger ne nous cache pas ses déconcertantes sympathies royalistes. Le municipalisme libertaire tel que façonné par Bookchin garantit « l’expression la plus complète de tous les points de vue8 » au sein des assemblées, par principe interclassistes. Et Commercy n’agit pas autrement : un skinhead est accepté aux réunions… Les gilets jaunes lorrains le répètent à l’envi : il importe de se rassembler sur ce qui fait commun en passant sous silence ce qui « clive » et « exclut » — d’où, notamment, l’absence manifeste des questions identitaires et migratoires. On sait pourtant que le refoulé ne manque jamais de resurgir, et ce savoir se fait urgence dans un monde en proie aux réveils nationalistes. Un prénommé Bertrand nous glisse : « Seuls les vœux pieux savent faire consensus… » Visiblement soucieux de clarifier, une fois pour toutes, les frontières éthiques et politiques de la mobilisation des gilets jaunes, l’appel des 75 délégations né de l’Assemblée des assemblées n’en tranche pas moins : « [Macron] nous présente comme une foule haineuse fascisante et xénophobe. Mais nous, nous sommes tout le contraire : ni racistes, ni sexistes, ni homophobes, nous sommes fiers d’être ensemble avec nos différences pour construire une société solidaire. »

Le découpage parlementaire dont nous usons depuis la Révolution française, entre une gauche défavorable au veto royal et une droite partisane du pouvoir monarchique, n’apparaît plus aux yeux des gilets jaunes de Commercy comme une grille de lecture efficiente. « Prenons la querelle entre la droite et la gauche. Elle a perdu son sens. Les uns et les autres disent la même chose9 », estimait Castoriadis dans les années 1990 : les deux espaces s’étreignent, la fin de l’Histoire actée et le Marché sanctuarisé, sur les ruines du communisme international. Chantal ne nous dit pas autre chose : « Gauche et droite, c’est une place à l’Assemblée nationale, ça ne veut rien dire. » C’est bien « le peuple » — et non plus « la classe ouvrière », « le prolétariat » ou « le camp anticapitaliste » — qui s’avance, dans tous les discours, comme sujet de l’émancipation. Ce peuple, qu’un des volumes de Pierre Larousse définit comme « ceux qui peinent, qui produisent, qui paient, qui souffrent et qui meurent pour les parasites », est ici construit comme une majorité sociale (« nous ») en butte à une oligarchie, illégitime, déconnectée et spoliatrice (« eux »). Chantal poursuit : « Les gilets jaunes, c’est les exploités, les humiliés, les gens à qui on vide les poches, et pas ceux qui se les remplissent. »

Le « grand débat » poursuit sa tournée, seul en scène ; la mairie de Commercy ordonne le retrait définitif de la cabane ; Saint-Nazaire annonce, le 10 février 2019, que la seconde Assemblée des assemblées se tiendra chez eux au début du mois d’avril. Les rues, comme chaque samedi, continuent de se remplir du jaune des protestataires et du sang des mutilés. « On est fiers, car avec nos petits moyens et nos petites idées Commercy a inspiré beaucoup de gens », nous confiera Claude d’une même voix modeste. « En même temps, ça nous fait peur. On incarne quelque chose qui nous dépasse. On doit garder la tête froide et continuer. On reçoit des sollicitations de partout, on nous demande des conseils ou de l’aide, mais on n’est pas détenteurs d’un savoir que les autres n’ont pas… On est en pleine expérience. La tâche devant nous est immense. Quoi qu’il arrive, même si le mouvement s’éteint, l’émotion qu’on a à vivre tout ça laissera des traces. »

(*)C’est en tant qu’Invisible que j’ai contactée les Comp@s de Commercy dans la Meuse, signant parfois mes billets de blog d’un « l’invisible JBL » et pour la toute première fois, d’ailleurs, dès l’ouverture de ce blog avec ce billet ► Dimanche de VOTATION ? NON MERCI… Qui m’a été inspiré par Grisebouille grâce à qui j’ai osée sauter le pas et créer ce blog, pour me spécialiser très rapidement dans la réalisation de PDFs politiques (85 à ce jour) qui sont tous en lecture, téléchargement et/ou impression gratos, car « tant qu’il y aura de l’argent, il n’y en aura jamais assez pour tout le monde » aussi créons une société des sociétés, un monde dans le monde SANS ARGENT, CONTRE le TRAVAIL et ses LOIS ; HORS ÉTAT & SES INSTITUTIONS, SANS DIEU, NI MAITRES, et le plus possible, sans arme, NI HAINE, NI VIOLENCE…

R71 sous son article de reprise, propose opportunément ; Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

J’en rajoute un que la lecture de cet article m’a remis en mémoire, le PDF N° 19 de 14 pages Lettre aux ouvriers de l’Europe de l’Ouest, de Pierre Kropotkine, Dmitrov, Russie le 28 avril 1919 et introduit par ce billet du 28 avril 2017 ► « Lettre aux ouvriers d’Europe de l’Ouest » Pierre Kropotkine, Dmitrov, Russie, le 28 avril 1919

Pour rompre l’isolement structurel ;

Apprendre à s’écouter, donc également apprendre à se taire ;

Et dans le même temps, pour ne pas le perdre, ce temps précieux, se donner à lire, se lire, pour mieux se comprendre et faire se lever l’Aurore de la Société des sociétés

L’invisible mais indivisible Jo Busta Lally

MàJ du 29/01/19 Concernant le RIC bien trop RAC dans cet État là !

NI MACRON

NI PERSONNE !

Page 64 de L’ESSENTIEL de RÉSISTANCE 71 de 2010 à 2018, en version PDFLes quatre piliers d’une résistance collective efficace au Nouvel Ordre Mondial et publié par Résistance 71 le 3 Juillet 2014

  • Réécrivons citoyennement la constitution. De loin l’approche la plus positive que nous ayons vu, mais qui à notre sens ne pourrait fonctionner qu’en tant que texte fondateur d’une confédération de communes libres. Sans abandonner l’État, coercitif et anti-réformiste par essence et par construction, une telle initiative est vouée à l’échec, car l’État ne validera jamais une réécriture citoyenne de la constitution (NdJBL : ou le RIC), c’est l’évidence même. Il faut d’abord sortir de l’État, pour ce faire une seule solution : le détruire, car il ne laissera rien lui faire de l’ombre… N’oublions jamais que l’État n’est que l’outil coercitif de l’oligarchie, qui avec le temps est devenu le gardien du statu quo.

 

Destituer un clampin à Macron pour le remplacer par un autre clampin X, Y ou Z(éro) ?

Même avec un Gilet Jaune, ancré dans un système étatique plus ou moins fort ou centralisé, aucune de ces solutions ne remet en cause la hiérarchie, la pyramide du pouvoir, le consensus du status quo oligarchique. C’est pourtant cela qu’il faut non seulement briser, mais empêcher qu’il puisse revenir, non ?

Le RIC en l’État n’est qu’une réforme de plus d’un système au-delà de toute rédemption !

Le RIC reste dans le carcan étatique, c’est une rustine sur une chambre à air poreuse, un cataplasme sur une jambe de bois, et si le principe, en lui-même est bon, il faut l’appliquer à des assemblées populaires HORS ÉTAT. Nous n’avons pas besoin de « législatif » et quand Étienne Chouard, par exemple, parle, fort bien, de « problème législatif » il reste dans le cadre de l’État. Or, la société des sociétés, telle que nous la voyons, est au-delà de cet ‘engoncement’ étatique et elle offre la seule démocratie possible, celle de la base, non centralisée, qui décide et se fédère !

 

Le tract entier et au format PDF distribué par les Gilets Jaunes en action au Tripode de Bordeaux – CHU PELLEGRIN le 10 janvier 2019

MàJ DU 29 JANVIER 2019

Gilets Jaunes : Pourquoi la grève générale illimitée doit se faire hors des centrales syndicales foies jaunes !… (Organisation Socialiste Révolutionnaire)

Source Initiale de l’info source ► https://rebellion-sre.fr/les-syndicats-face-aux-gilets-jaunes/

Les syndicats tout comme les partis politiques font partis des problèmes et non pas des solutions au marasme ambiant. Tous les syndicats sont réformistes, tous bouffent au râtelier de l’État et du patronat. N’oublions jamais que c’est avec la manne étatico-capitaliste que les syndicats (et les partis politiques) existent et peuvent subsister, surtout leurs hiérarchies corrompues.
Si la base demeure sans doute sincère, elle est trahie systématiquement par sa hiérarchie qui n’est qu’une courroie de transmission de la domestication de la contestation au profit de l’oligarchie et de ses rouages oppresseurs et exploiteurs.

Gilets Jaunes ! Non aux syndicats foies jaunes ! Confiance Zéro !

Reprenons le contrôle de nos destinées sur les lieux de travail, dans les voisinages. 
Tout le pouvoir aux Ronds-Points et aux assemblées populaires…

Vive les Assemblées des Assemblées ! Vive la Commune libre ! Pour que vienne la Société des Sociétés !

Résistance 71

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Voilà, pourquoi, à notre sens le RIC est un réformisme et surtout un piège politique, car il nous enferme toujours dans l’ineptie de la contrainte institutionnelle et croire que les gouvernants laisseront des réformes significatives se produire ; N’est-ce pas encore croire au Père Noël ?

Au mieux, Macron & Tout son orchestre plus quelques opportunistes diront oui mais pour mieux contrôler l’affaire, et on le voit bien, avec la « reprise en main » de Macron qui nous envoie une lettre, que nous lirons peut-être si nous avons le temps ; Puis ils vont te nous diluer tout ça dans un tissu législatif qui finira par lasser tout le monde, et la plupart laisseront tout tomber…

Y compris les référendums, s’il y en a, rien n’est moins sûr, qui seront de toutes façons toujours bafoués (rappelez-vous le Référendum de 2005) quand et comme ça arrange les oligarques.

Pour instituer un tel système, il nous faut d’abord abattre l’ancien, le rafistolage ne sert à rien, ce n’est que reculer pour mieux sauter.

La question cruciale, actuellement, vu le niveau de répression installé par ce pouvoir dominant, oppresseur est COMMENT on le fait tomber en évitant le bain de sang vers lequel on nous pousse et sans donc retomber dans l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires ?

Comment on rallie à nous les policiers et les militaires de France et de Navarre ?

Comment on les convainc de désobéir aux ordres de ce pouvoir oppresseur et répresseur qui est maintenant, clairement, d’éliminer tous les Gilets Jaunes, puis ensuite, ceux qui oseront encore les soutenir ? [NdJBL ► Lire l’appel aux polices et armées du Monde à ce tenir CROSSES EN L’AIR aux côtés de tous les peuples opprimés de la Terre]

Un début de piste, sérieux, avec cette ;

Lettre ouverte au technicien de surface financier qui occupe temporairement l’Élysée et à tous les larbins de la marchandise qui voudraient le soutenir ou le remplacer…

Par le Collectif humain sans étiquette (transmis par F. Cousin) ce 15 Janvier 2019, en version PDF ► Lettre ouverte au technicien de surface financier

Via Résistance 71

Un spectre hante l’Europe et d’abord la France : le spectre de la révolution d’une vraie vie humaine débarrassée de toutes les obligations de la tyrannie marchande. Toutes les puissances du vieux monde de l’oppression se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : les diverses cliques de toutes les gauches et de toutes les droites, les réformistes de tout acabit et les policiers de tous les services. Il en résulte un double enseignement.

Déjà le mouvement des Gilets jaunes qui porte en lui la dynamique montante d’une colère in-subordonnable est reconnu comme une puissance terriblement dangereuse par tous les gangs gouvernementalistes qui entendent maintenir le règne de l’exploitation économique et du mensonge politique.

Il est donc grand temps que des hommes d’intransigeance exposent à la face du monde entier, la véritable signification du séisme actuel ; qu’ils opposent aux contes et boniments des politiciens, syndicalistes, journalistes, artistes, sociologues, flics, juges, publicitaires et autres parasites sociaux de toutes sortes une claire déclaration du mouvement lui-même.

C’est à cette fin que nous, simple expression anonyme parmi d’autres du prolétariat universel en soulèvement d’histoire – c’est à dire des humains privés de tout pouvoir sur leur existence asservie par l’argent et venant de tous les territoires ouvriers, paysans ou artisanaux écrasés par la crise généralisée du capitalisme mondial – avons rédigé la Lettre ouverte suivante. Celle-ci vient signifier que la force spontanée des Gilets jaunes va continuer d’avancer afin de contrecarrer les nombreux pièges que ne cesse de lui tendre le pouvoir du spectacle de la marchandise lequel est d’ailleurs condamné à tomber à mesure que va s’effondrer l’ordre économique international de l’illusion qui le fonde.

Alors que la crise totale de la mystification mercantile ne peut que partout se poursuivre, l’État intervient massivement pour toujours renforcer ses batteries de mesures sécuritaires et anesthésiantes …Une frénésie qui dénote la peur et l’impuissance d’une mafia aux abois et qui est ici couronnée par la tentative d’endormissement du baratin propagandiste et des causeries sous contrôle pour distraire et gagner du temps…

Emmanuel Macron, affligeant représentant de commerce de l’OTAN et des diktats de l’Europe américaine de Bruxelles, petit commis inculte des privilégiés métropolisés du mondialisme de la marchandise vient aujourd’hui de nous pondre une pitoyable bafouille totalement creuse et affligeante supposée endiguer la désobéissance de la France périphérique du prolétariat infiniment méprisé. Le dérisoire ancien associé-gérant de la banque d’affaires Rothschild & Cie nous presse ainsi d’accepter un système social d’obéissance rénovée en nous implorant d’aller nous perdre en de multiples bavardages insipides et grotesques. Mais il a cependant raison sur un point ; La France n’est pas un pays comme les autres… En effet, elle est l’éclaireur de la lutte de classe internationale qui voit s’opposer depuis des lustres les insurgés de la vie aux gestionnaires de la fausseté généralisée. Et dès lors, cette France communarde de la longue histoire, avec un mépris total pour le « grand débat national » de la manipulation qui nous propose d’être esclaves autrement, va prouver à tous qu’elle sait faire la différence entre le chemin de la parole insoumise et celui du jacasser servile. C’est pourquoi la France réfractaire refusera de perdre son temps à discutailler avec les représentants de l’oppression…

L’immense tremblement de terre historique que nous connaissons aujourd’hui et qui a déclenché la panique répressive du pouvoir qui s’affirme désormais publiquement comme le parti policier de l’ordre capitaliste en décomposition a démontré que l’offensive sociale ne doit pas se contenter de cibler les marionnettes mises aux commandes de l’État par les multinationales du rendement et du saccage. Tous les successeurs appliqueraient à quelques degrés près, les mêmes politiques d’escroquerie et de prédation. C’est le système de la liberté despotique du profit lui-même qu’il faut éradiquer en commençant par comprendre que toute négociation est un traquenard destiné à briser la lutte.

Le mouvement social n’en est qu’à ses débuts mais il ira loin même si ce loin est encore éloigné car la crise de la dictature du marché mondial va prochainement tout faire exploser, industriellement, monétairement et bancairement…

À bas les carriéristes, les donneurs de leçons et tous les récupérateurs qui posent leur candidature pour « structurer » le mouvement !

À bas les chefs et tous les falsificateurs qui entendent canaliser et chapeauter le combat pour l’assagir, le divertir et le faire mourir dans des cahiers de somnolence !

À bas les gadgets référendaires et l’arnaque des débats citoyens pour améliorer la misère et nous manipuler dans les parleries débiles de l’asservissement repeinturluré !

Non à toutes les foires électorales et d’abord celle de l’esbroufe européenne. Non à toutes les refondations du contrat social de la domestication…

NOUS REFUSONS DE DEMEURER ASSIGNÉS DANS LE MONDE DU CHIFFRE D’AFFAIRES…

NOUS N’ACCEPTERONS JAMAIS QUE NOTRE VIE SOIT UN ARTICLE DE COMMERCE ENFERMÉ DANS LES VOTATIONS MORTIFÈRES DU SUFFRAGE UNIVERSEL DE LA CITÉ DU CAPITAL …

VIVE la grève générale sauvage et illimitée pour un monde anti-mercantile qui corresponde aux seuls besoins de l’humain !

VIVE LA COMMUNE !

Des humains sans étiquette qui entendent bien demeurer in-contrôlables…

Lectures complémentaires ;

Francis Cousin : Ce n’est que le débutPDF

Pierre Bance : L’heure de la Commune a sonnéPDF

“L’autogestion généralisée est le plus court chemin vers l’abondance.

Le travail y tend vers zéro, la créativité vers l’infini.”
~ Raoul Vaneigem ~

“La démocratie représentative repose sur la fiction du règne de la volonté populaire exprimée par de soi-disant représentants de la volonté du peuple. Ainsi permet-elle de réaliser les deux conditions indispensables à l’économie capitaliste : la centralisation de l’État et la soumission de la souveraineté du peuple à la minorité régnante…

Au bout du compte, la démocratie est une machine à broyer et à concasser les aspirations sociales de telle sorte que face à l’inutilité de nos efforts individuels et collectifs pour améliorer les choses, nous abandonnons notre vie entre les mains des classes dirigeantes.”

~ René Berthier ~

“L’État est la négation de l’humanité.”
~ Michel Bakounine ~

“Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens attentionnés et impliqués puisse changer le monde ; en fait, c’est la seule chose qui ne l’ait jamais fait…”
~ Margaret Mead ~

C’est pourquoi, je joins ma voix à cet appel à la GRÈVE GÉNÉRALE ILLIMITÉE et je rajoute EXPROPRIATRICE et voici pourquoi ;

Pour une Société des sociétés : celle des associations libres et volontaires ; N’œuvrant que pour le bien commun au sein de communes autonomes qui se fédèrent.

Il nous faut créer une société parallèle, celle des associations libres fédérées, boycotter le système et institutions de manière exponentielle au nombre de gens rejoignant les associations libres… À un moment donné, la désobéissance civile, donc la confrontation avec l’État sera inévitable, mais si les gens, nous, la minorité, faisons tourner la société déjà localement en ignorant l’État et le système politico-économique qui nous sont imposés, l’obsolescence de ces entités ne fera que croitre et elles tomberont quasiment d’elles-mêmes ou avec un petit coup d’épaule « non-violent » ;

« Pour les travailleurs, la grève générale est la conséquence logique du système industriel moderne, dont ils sont les victimes et elle leur offre en même temps l’arme la plus forte dans la lutte pour leur libération sociale, pourvu qu’ils reconnaissent leur propre force et apprennent a utiliser cette arme a bon escient. »

— Rudolph Rocker

Pour qu’une grève soit vraiment efficace, elle doit être :

  1. Générale
  2. Illimitée
  3. Expropriatrice
  4. Autogestionnaire

Et s’il manque un de ces 4 éléments, ce n’est que pisser dans un violon, l’histoire l’a prouvée encore et encore…

C’est à nous de décider TOUS ENSEMBLE, les opprimés de la Terre, que nous voulons seulement être et ne plus avoir, et que nous voulons appartenir à la Terre et non la posséder pour le seul profit d’un tout petit nombre, et toujours dans l’idée du « bien commun » et c’est le texte d’Élisée Reclus « À toi mon frère le paysan » qui nous permet de comprendre qu’il y aura des expropriations mais de ceux qui « profitent de manière très lucrative » et « exploitent » les travailleurs de la Terre ; Elle est là toute la différence entre « propriété privée » et simple « possession »

Et pour bien saisir la nuance, et de taille, avec cette proposition, vous pouvez lire ces textes essentiels et fondateurs, en version PDF que j’ai toutes réalisées ;

La Pédagogie des Opprimés de Paulo Freire, 1970 (PDF N° 83)

De la Théorie à la Pratique Anarchiste avec Rudolph Rocker (PDF N° 61)

Pensée et Pratique Anarchistes avec Errico Malatesta (PDF N° 32)

Manifeste Pour la Société des sociétés par Résistance 71

Origine & Critique de l’État ; AVEC

Manifeste pour le Confédéralisme Démocratique par Abdullah Öcalan (PDF N°24)

6ème Déclaration Zapatiste de la Forêt de Lacandon, Chiapas, Mexique (PDF N° 25)

JBL1960