Archives pour la catégorie NOUVEAU PARADIGME

…Défendre la révolution contre toutes sortes de pouvoir d’État… prolétarien compris – Nestor Makhno (1932)

De chacun selon ses forces

…À chacun selon ses besoins ;

Sans méconnaitre toutefois les risques que les rupins toujours prompt à se la couler douce sur le dos du populo ne puissent dévoyer le sens de cette idée, comme l’avait analysé Jules Guesde dans l’Égalité le 14 mai 1882.

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Résistance politique : Voie populaire, voie prolétaire ?… (Nestor Makhno)

Juste un petit rappel sur ce qu’est le prolétariat. Est prolétaire toute personne qui n’a pour seule alternative pour survivre dans le monde actuel que de vendre sa force de travail contre une rémunération devant assurer sa pitance, personne condamnée au travail aliéné vampirisé par la classe capitaliste parasite. Ceci revient à dire que 99,9% de l’humanité est prolétaire, de l’ouvrier agricole au médecin en passant par l’enseignant, le flic et le bidasse. Cela nous confère à tous une sérieuse convergence d’intérêt n’est-il pas ?

~ Résistance 71 ~

Les voies du pouvoir prolétarien

Nestor Makhno (1932)

Cela fait bien longtemps que l’intelligentsia socialiste d’avant-garde a formulé, de manière plus ou moins achevée, les fins de la lutte historique du prolétariat contre la bourgeoisie et que les prolétaires, adoptant sans aucun correctif cette formulation de l’intelligentsia, sont rentré sous sa direction dans cette lutte. Cela a été un triomphe incontestable pour l’intelligentsia qui donné ainsi pour but de mener le prolétariat à l’émancipation complète par le biais par la destruction du pouvoir et de l’État bourgeois, devant faire place à un État et un pouvoir « prolétarien ».

Bien naturellement, ni l’intelligentsia, ni le prolétariat lui-même n’ont pas épargné leur efforts et connaissances pour démontrer devant la plus grande audience le mal commis par l’État bourgeois. Grâce à cela ils ont pu développer et renforcer parmi les masses laborieuses l’idée d’un pouvoir « prolétarien » qui devrait résoudre tous leurs problèmes. Selon cette conception, le prolétariat utiliserait ainsi, à travers son pouvoir et État de classe, le seul moyen existant, pour lui et les autres classes, de se libérer de la bourgeoisie et d’instaurer un principe égalitaire et libre dans les relations entre les hommes. Une telle prédestination du pouvoir « prolétarien » nous a toujours semblé, à nous anarchistes, grossièrement erronée. Nos camarades des temps passés se sont constamment insurgés contre cette conception et ont démontré l’égarement détestable lorsque ceux-ci distinguaient le pouvoir « prolétarien » du pouvoir d’État en général, en désignant au premier une mission qui lui était profondément étrangère.

Les socialistes étatiques sont pourtant restés fidèle à leur école autoritaire et c’est avec cette acception qu’ils ont appréhendé la Grande Révolution russe, révolution d’une profondeur et ampleur sociales encore inconnue jusque là. Quant à nous, anarchistes, nous nous sommes arraché à leur prédestination du pouvoir « prolétarien ». Au cours de cette polémique, nous avons démontré aux étatiste de tout État, qu’il soit bourgeois ou prolétarien, ne tend par sa nature même qu’à exploiter l’homme, qu’à détruire en chacun comme en tous toutes les qualités naturelles de l’esprit humain qui poussent à la liberté et à la solidarité qui la fonde. Cela nous a valu, de la part des socialistes étatistes, une haine encore plus grande. Or, l’existence et la pratique du pouvoir prolétarien en Russie ont confirmer et confirment sans cesse la justesse de notre analyse. L’État « prolétarien » a mis de plus en plus sa nature à nu et prouvé que son caractère prolétarien était simple fiction, ce que les prolétaires ont pu constater dès les premières années de la révolution, d’autant plus qu’ils ont contribué eux-même à l’installer.

Le fait que le pouvoir « prolétarien », au cours de sa dégénérescence, ne s’est révélé être qu’un pouvoir d’État tout court est devenu indiscutable et l’a amené à ne plus dissimuler savamment son vrai visage. Par sa pratique, il a abondamment prouvé que ses fins et celles de la Grande Révolution russe n’avaient absolument rien de commun. Au cours de toutes ces années d’hypocrisie, il n’a pu soumettre pacifiquement les fins de la révolution russe aux siennes propres et à du affronter tout ceux qui menaçaient de mettre à nu son essence véritable – une plaie immense et purulente sur le corps de la révolution -, dont la lâcheté et la fourberie apportent la mort et la dévastation à tous sans exception, en premier lieu à ceux qui tentent d’être indépendants et d’agir librement.

On peut se demander : comment se fait-il que cela se soit passé ainsi ? Selon Marx et Lénine, le pouvoir « prolétarien » ne devait en aucun cas ressembler au pouvoir bourgeois. Une partie de l’avant-garde du prolétariat n’aurait-elle pas sa part de responsabilité dans ce résultat ?

De nombreux anarchistes sont enclins à penser que le prolétariat n’y est pour rien, ayant été dupé par la caste des intellectuels socialistes, laquelle aspirerait, au cours d’une série d’événement purement socio-historique et en vertu de la logiques des transformations étatiques inévitables, à remplacer le pouvoir de la bourgeoisie par le sien propre. Ce serait pour cette raison que l’intelligentsia socialiste s’efforcerait de diriger en permanence la lutte du prolétariat contre le monde capitaliste et bourgeois.

A mon avis, cette formulation n’est, ni tout à fait exacte, ni vraiment suffisante. L’expérience révolutionnaire de la Russie nous fournit d’abondantes données objectives à ce sujet. Elle nous montre de façon irréfutable que le prolétariat n’a nullement été homogène au cours de la révolution. Ainsi, le prolétariat urbain, lorsqu’il a participé au renversement dans de nombreuses ville du pouvoir de l’ennemi de classe – la bourgeoisie – , a hésité un moment entre les voies de la révolution de Février et d’Octobre 1917. Ce n’est qu’après un certain temps, à la suite de la victoire militaire d’Octobre sur Février, qu’une partie notable du prolétariat urbain à commencé à fusionner avec une partie de ses frères, les partisans directs des conquêtes d’Octobre. Bientôt, cette partie du prolétariat non seulement a oublié de défendre elle-même ses conquête, mais s’est en plus pressée de rallier le parti bolchevik au pouvoir qui a su flatter immodérément en lui inculquent un goût pour les privilèges politiques, économiques et juridiques de classe. Imbue de ses privilèges de classe, cette partie du prolétariat s’est éprise d’un égal amour pour son « État prolétarien de classe ». Bien évidemment, le parti social démocrate bolchevik l’a entièrement soutenue et encouragée dans cette évolution, car celle-ci ouvrait devant lui une large arène pour appliquer son programme propre qui consistait à utiliser la lutte révolutionnaire pratique du prolétariat pour se soumettre l’ensemble de celui-ci puis de s’emparer au nom du pouvoir d’État, Chemin faisant, pour mieux se singulariser, le parti social démocrate bolchevik s’est transformé en parti « communiste bolchevik », ne se privant aucunement d’user de la démagogie la plus effrontée, ne dédaignant aucun moyen, n’hésitant pas au besoin de voler des programmes d’autres formations politiques; tout ce la dans l’unique but de mieux faire adhérer le prolétariat, auquel il promettait son aide indéfectible, alors qu’en fait il n’avançait que vers son propre but. C’est en cela que ce parti a incarné au mieux les espérances historiques de la caste intellectuelle : replacer au pouvoir la bourgeoisie et exercer ce pouvoir à quelque prix que ce soit. Une partie du prolétariat ne s’est pas opposé à ses vues, bien au contraire, elle s’est reconnue dans ses action et ne s’en est faite la complice.

Cette partie du prolétariat avec pourtant été éduquée durant des générations dans l’idée que le prolétariat ne s’émanciperait de la bourgeoisie que lorsqu’il ne briserait son pouvoir, à détruire son organisation étatique afin d’édifier la sienne propre. Néanmoins, cette partie du prolétariat a aidé le parti bolchevik-communiste à organiser son « pouvoir prolétarien » et à édifier son état de classe.

La voie suivie et les moyens employés n’ont pas tardé à rendre cette partie du prolétariat semblable en tous points à la bourgeoisie renversée, tout aussi impudente et arrogante, ne craignant pas abuser de la violence la plus féroce pour asseoir sa domination sur le peuple et la révolution.

Il va sans dire que cette violence était toute naturelle chez la caste intellectuelle du parti, car elle était préparée durant de longues années à l’utiliser et s’en est grisée. Quand à la masse du prolétariat – l’esclave muet d’hier -, la violence exercée sur ses semblable lui est profondément étrangère. Occupée à édifier son « État de classe », une partie du prolétariat a donc été amenée à se comporter, par l’usage de la violence d’une manière répugnante à l’égard de la liberté individuelle, de la liberté de parole et d’expression de quelque organisation révolutionnaire que ce soit, à partir du moment où elle divergeait d’avec l’impudence du « pouvoir prolétarien ». Cette partie du prolétariat s’est empressée d’occuper, sous la direction du parti bolchevik communiste, les places laissées vacante par les despotes de la bourgeoisie renversée, devenant à son tour une maîtresse tyrannique, n’hésitant pas à user pour cela de la violence la plus horrible, sans aucun discernement, contre tous ceux qui s’opposaient à ses visées. Ce comportement a été en même temps habilement masqué par la « défense de la révolution ».

Cette violence a été surtout exercée sur le corps de la révolution russe au profit des intérêts étroit d’une partie du prolétariat et du parti bolchevik-communiste, et au nom de leur domination complète sur toutes les autres classes laborieuses. On ne peut y voir seulement un égarement passager du prolétariat. Encore une fois, nous pouvons constater avec beaucoup de netteté comment tout pouvoir d’État manifeste impudemment sa nature, le qualificatif de prolétarien n’y changeant absolument rien.

A mon avis, c’est pour toutes ces raisons que tous les camarades étrangers, qui n’ont pas connu cette expérience, doivent étudier avec soin toutes les étapes de la révolution russe, en particulier le rôle qu’y ont joué la parti bolchevik-communiste et la partie du prolétariat qui l’a suivi. Cela afin de se garder de tomber dans les mêmes erreurs, à la suite de la démagogie éhontée des bolchevik et de leurs partisans, à propos de l’utilité du « pouvoir prolétarien ».

Il est également vrai que la lutte actuelle de tous nos camarades contre le mensonge bolchevik doit être menée à l’aide de sérieuses connaissances de ce qu’ils peuvent proposer eux-même aux larges masses à la place de ce « pouvoir prolétarien ». Les beaux slogans ne suffisent pas, bien que souvent la masse n’y soit pas indifférente. Cette lutte s’y déroule à partir de situation concrètes et amène à se poser continuellement les questions vitales et pressantes : comment et quels moyens d’actions sociales les masses laborieuses doivent-elles employer pour s’émanciper totalement ?

Il convient de répondre à de telles questions le plus directement possible et avec la plus grande clarté. C’est une nécessité essentielle, non seulement pour pouvoir mener une lutte active contre le monde capitaliste et bourgeois, mais aussi pour notre mouvement anarchiste, car c’est d’elle que dépendra l’influence de nos idée sur le début et l’issue de cette lutte. Cela signifie donc que le prolétariat ne doit pas répéter l’erreur commise par ses frère de Russie, c’est à dire de ne pas s’occuper d’organiser un « pouvoir prolétarien », sous la baguette quelconque d’un parti, même dit « prolétarien », mais uniquement d’organiser la satisfaction des besoins de tous et de défendre la révolution contre toutes sortes de pouvoir d’État.

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Conseil de lecture ; ce PDF  de 21 pages ► Les écrits de Nestor Makhno – Ou l’anarchie ukrainienne dans la révolution russe

L’anarchisme et notre époque (1925) Page 2

La lutte contre l’État (1926) Page 4

Un projet d’organisation anarchique (1927) Page 6

Notre organisation (1925) Page 14

Les voies du pouvoir prolétarien (1932) Page 16

Manifeste de l’armée insurrectionnelle d’Ukraine (1920) Page 19

Ce PDF de quelques écrits choisis par R71 de Nestor Makhno montre l’influence et la pratique anarchiste dans la révolution russe. Makhno et ses forces paysannes ukrainiennes combattirent les deux facettes de la  contre-révolution en Ukraine : l’opposition tsariste et internationale ET les bolchéviques de Lénine et Trotski qui ont trahi le peuple et la révolution en reprenant le pouvoir aux soviets (conseils ouvriers et populaires). Léninisme et trotskisme ne sont que des capitalismes d’État doctrinaires et totalitaires, bras armés de la City de Londres (Lénine) et de sa succursale de Wall Street (Trotski)

Il porte le N° 40 et c’est à lire, télécharger et/ou imprimer gratuitement comme les autres, car tout ce qui participe du développement de l’humanité DOIT être accessible à tous et gratuitement, pas plus de « droits d’auteurs » et de « propriété intellectuelle » que de beurre en branche dans cette page dédiée ► LES VERSIONS PDF PROPOSÉES PAR JBL1960

C’est cela mettre en application sa propre réflexion afin d’écrire la suite de l’histoire à l’encre du réel et parce que rien n’est écrit…

Et lorsque nous rappelons l’excellence des écrits et de la réflexion d’un Errico Malatesta, nous relevons aussi les points à soustraire car Malatesta, avait la conviction que rien ne pourrait se faire sans une insurrection qui mettra à bas le système. Il fait élire dans le programme de l’UAI en 1920 que « la seule voie qui reste au peuple qui veut s’émanciper est d’opposer la force à la force »… Cette violence, ni Kropotkine, ni Landauer ne la prônait, jamais… Et nous faisons de même !
C’est en extrayant le meilleur, le sublime de Malatesta, de Bakounine, de Makhno… et en disant pourquoi il est absolument nécessaire d’oblitérer toutes propositions d’actions, de lutte ou de résistance armées et donc forcément violentes. Nous organisons, de fait, une stratégie afin de remplacer l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand Tout socio-politique organique : La société des sociétés.
L’illustration de ce billet provient de cet article de blog ; La figure de Makhno dans la fiction française
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L’INÉVITABLE ANARCHIE + Une lettre de Pierre Kropotkine version PDF N° 43

L’INÉVITABLE ANARCHIE ► Kropotkine

PDF N° 43 de 19 pages composé de :

L’INÉVITABLE ANARCHIE de Pierre Kropotkine

Publié en 2 parties en décembre 2017 par Résistance71 un blog ami ;

PREMIÈRE PARTIE PAGE 2

DEUXIÈME PARTIE PAGE 7

LECTURES CONNEXES PAGE 15

ADDENDUM DE JANVIER 2018 ;

Une lettre de Kropotkine – 1920 page 16

Gageons qu’avec toutes ces lectures combinées en tête et que R71 rappellent fort opportunément et pour en avoir réalisé toutes les versions PDF ;

Manifeste de la Société des sociétés ;

Nestor Makhno – Anarchie dans la Révolution Russe ; N° 40

Léon Tolstoï Politique & Religion ; N° 37

L’Anarchie pour la jeunesse ; N° 36

Errico Malattesta Extraits Choisis ; N° 32

Bakounine & l’État marxiste Leval ; N° 31

Sutton Wall Street et la Révolution Bolchévique ; N° 27

Kropotkine, Science État & Société ; N°13

Le prince de l’évolution par Dugatkin ; N° 12

Appel au socialisme par Gustav Landaeur ; N° 9

Nous serons ainsi capables, tous ensemble, tous les peuples du Monde, de nous lever, de dire NON et de s’y tenir mais surtout de quitter les claviers, afin d’écrire l’histoire à l’encre du réel ► Les promesses de l’aube…

Et pour faire de 2018 l’Année Zéro d’une prise de conscience politique collective…

Car ne doutons pas que si nous tergiversons, les Zélites mondiales, principalement Zuniennes et dont notre Zident Zupiter est le meilleur bien-zélé dont ils pouvaient rêver, n’hésiteront pas un instant à nous refermer les grilles totalitaires quel qu’en soit le  N.O.M. sur la tronche !

La Morale Anarchiste ► Pierre Kropotkine – PDF N° 18 de 24 pages

JBL1960

 

CONTRE Le Jour de l’Invasion et non l’Australia Day ► RÉSISTONS !

Le jour de la DÉCOLONISATION est venu !

Aux Peuples du Monde ;

Faisons de 2018 = l’Année Zéro d’une prise de conscience politique collective !

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Résistance au colonialisme : Manifestations avant et pendant Australia Day du 26 janvier… Appel des Guerriers de la Résistance Aborigène

“Jusque dans les années 1830, les officiels britanniques à la fois en Angleterre et sur place dans les colonies [australiennes] écrivaient au sujet des Aborigènes comme étant des ennemis étrangers… Un colon de Tasmanie plus tard écrivit que ‘les Aborigènes sont les propriétaires originels de la terre et les vrais possesseurs de l’île. Les colons britanniques leur ont pris leurs terres par la force, les ont persécutés, et sacrifiés. Nous sommes en guerre contre eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs et des oppresseurs, des persécuteurs ; ils résistent à notre invasion…”
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire université de Tasmanie ~

Australie : Les Guerriers de la Résistance Aborigène appellent à un mouvement de résistance de 7 jours menant au jour de l’invasion

Date : du 20 au 26 janvier 2018

Warriors for Aboriginal Resistance (WAR), Australie | 30 décembre 2017 | Source ►

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/12/30/australia-warriors-of-the-aboriginal-resistance-war-call-for-7-days-of-resistance-in-the-lead-up-to-invasion-day-jan-20th-26th/

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ► URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2018/01/03/resistance-au-colonialisme-manifestations-avant-et-pendant-australia-day-du-26-janvier-appel-des-guerriers-de-la-resistance-aborigene/

Les Warriors of the Aboriginal Resistance (WAR) invitent tout le monde à participer à un mouvement de 7 jours de résistance qui commencera le 20 janvier pour se terminer le 26 janvier 2018. Les Warriors of the Aboriginal Resistance seront les hôtes d’une série d’évènements dans la semaine qui précèdera les manifestions du “Jour de l’Invasion” dans un bon nombre de villes, de régions et d’endroits plus isolés à travers le pays (Australie).

WAR encourage les foules participantes à créer des activités locales pour maximiser la participation de la communauté et du partage de l’information en fabriquant des banderoles, des pancartes, des T-shirts, des autocollants, des instruments de percussion, des boomerangs et des lances pour les danses traditionnelles, la cuisine de nourriture traditionnelle, des activités de tissage, de chants en langue aborigène, organisation de repas avec les anciens et des temps pour raconter les histoires ancestrales, la peinture du drapeau dans les espaces publics, des drapeaux, cérémonies avec les familles et la communauté. WAR demande à tous et toutes de participer aux Stolenwealth Games (NdT: jeu de mot en contraste avec les Commonwealth Games entre nations de l’ex-empire britannique mais toujours sous contrôle de la City de Londres…) de mars 2018. Nous sommes en train de lever des fonds pour l’organisation des transports par bus et pour payer les dépenses de voyage pour les membres de la communauté qui veulent se rendre aux manifestations. WAR ne soutient aucune activité dont le résultat serait l’emprisonnement.

#7daysofresistance #stolenwealth #invasionday

7 jours de résistance fut une initiative proposée par les Warriors of the Aboriginal Resistance en 2016 pour encourager le public à être pro-actif dans le temps menant au jour de l’invasion chaque année (NdT : qui est pour les colons bien entendu “Australia Day”…) Ces 7 jours de résistance ont reçu un succès quant à l’activation de la communauté pour prendre part à des activités créatrices afin de protester contre les célébrations coloniales du 26 janvier. La ville de Melbourne a vu trois conseils locaux voter en faveur de rendre honneur aux peuples aborigènes en ne célébrant pas ce jour et de plus à recevoir le conseil des propriétaires traditionnels de la terre et de la communauté indigène au sens plus large afin de trouver des façons plus appropriées de se souvenir de ceux qui ont combattu dans les guerres pionnières (NdT : frontier wars en anglais)

Le jour national de deuil a été un moment national d’inspiration pour les actions de la communauté emmenée par des activistes aborigènes importants le 26 janvier 1938 sur Elizabeth Street à Sydney, NSW. La résistance aborigène a été la fondation de l’existence aborigène, car nous n’aurions pas pu survivre si nous n’avions pas honoré les guerres pionnières et tous ceux des nôtres qui y trouvèrent la mort. Les Stolenwealth Games seront le thème principal pour la manifestation du 26 janvier 2018 afin de contester les célébrations dans le monde de ce que la “couronne” appelle le “Commonwealth”.

http://koorihistory.com/1938-day-of-mourning/

http://treatyrepublic.net/content/australias-dirty-little-colonial-wars

– Pour se débarrasser de plus de célébrations du 26 janvier

– Pour changer créativement l’environnement pour résister au 26 janvier

– Pour éveiller sur l’histoire du génocide en Australie

– Pour promouvoir la manifestation des Stolenwealth Games de mars 2018

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Relayant et amplifiant les Voix Autochtones Anticoloniales des Amériques du XXIe Siècle sur ce blog dans l’objectif d’EFFONDRER le COLONIALISME ► Maître-pilier de l’Empire pour un changement de paradigme politique & social ► Déterminer l’E.R.R.E.U.R. et comment la corriger ► L’E.R.R.E.U.R. version PDF de 21 pages

Depuis 2 ans sur ce blog j’appelle à ne plus célébrer ni AUSTRALIA DAY, ni COLOMBUS DAY, ni THANKSKIVING !

Soit résister contre le Jour de l’Invasion, le Jour de la Race et le Jour de Grâce pour avoir tué l’INDIGÈNE/ABORIGÈNE/AUTOCHTONES

PLUS AUCUN JOUR DE LA HONTE !

Et de se choisir NOUS, peuples du monde pour remplacer l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand Tout socio-politique organique : La société des sociétés.

Nous ne sommes pas venus ici pour céder d’une manière ou d’une autre à la peur,

nous sommes venus ici pour allumer un feu de joie

Le passeurUrantia Gaïa

Les promesses de l’aube…

JBL1960

 

2018 = Année Zéro d’une prise de conscience politique collective ?

Et si c’était cela la vraie question ?

En nous souhaitant ses vœux pour l’année 2018, Résistance71 nous propose de faire de 2018 l’année Zéro d’une prise de conscience politique collective.

Et pour ma part, dès décembre 2015, soit à l’ouverture de mon blog, c’est l’idée que j’avais émise dans ce billet intitulé « TEP ZÉPI – LE TEMPS ZÉRO » précisant même que l’heure de mon réveil avait sonnée…

En appui d’un préambule de Résistance71 : La mission de chacun est de démonter la pyramide du pouvoir pierre par pierre, c’est en changeant notre relation à la société que nous changerons de paradigme, que chacun voit l’intérêt commun et la machine du changement réel se mettra en place. C’est ça la révolution, elle est organique dans un changement de relation à la société des individus collectivement unis. C’est ainsi que tombera l’État, la grande partie de l’humanité ira de l’avant autrement, il tombera en désuétude. Nous vivons à notre sens les premiers moments de l’agonie du système étatique. C’est la fin, c’est un moment historique, même s’il n’est pas encore perçu comme tel. Ce que les « zélites » appellent le N.O.M correspond aux derniers soubresauts de l’ignominie étatico-capitaliste. Sa fin est proche, mais cela prendra un certain temps pour que la relation à la société change. L’humain est fondamentalement bon, il y parviendra… Les générations du futur apprendront notre histoire avec effarement… Elles seront incrédules de tant de veulerie et de stupidité induite combinées.

J’expliquais le cheminement de ma pensée à partir de mon propre DÉCLIC, soit le jour où a jailli ma petite flamme intérieure, cette étincelle qui mise en commun sera capable d’embraser tous les empires… Et d’ailleurs R71 avait bien voulu traduire ce billet en anglais sous le titre TEP ZEPI : BEGINNING OF A NEW ERA.

Ce TEMPS NOUVEAU {Zep Tepi en Égyptien antique] ou Tep Zepi ; TEMPS ZÉRO selon les CODEX Maya nous pouvons en provoquer ensemble la césure et pourquoi pas décider que cette nouvelle année 2018 en serait le point de départ = L’ANNÉE ZÉRO ?

Car depuis 2 ans, j’ai pu, tout comme vous, affiner ma réflexion politique en me nourrissant de lectures diverses et variées. Et celles qui auront fait la différence pour moi et qui me permettent aujourd’hui de saisir la proposition faite par R71, car elle me parait la plus sensée et la plus plausible en regard de la situation planétaire actuelle : 2018 pourra t’elle être l’année zéro d’une prise de conscience politique collective ? Qui sait ? Ce qui est sûr c’est que la balle est dans notre camp, elle l’est depuis un bon moment du reste…

Avant-propos du Manifeste de la société des sociétés

Inégalité galopante, division exacerbée, exploitation sans fin des ressources humaines et naturelles, destruction environnementale exponentielle, oppression, répression, guerres sans fin, terrorisme piloté par les états, pauvreté matérielle, intellectuelle et culturelle, parodies et illusions démocratiques, cirque politique, gouvernance oligarchique, éradication des libertés au profit d’une illusoire sécurité, mensonges et falsifications en tout genre, contrôle et censure de l’information, assujettissement à la marchandise, à l’argent roi et autres turpitudes économico-sécuritaires, sont non seulement les fondations de notre société moderne, mais aussi sont devenus la norme et le standard si peu critiqué d’une organisation humaine qui, depuis quelques décennies ne fait plus que tourner de plus en plus rapidement autour du siphon du tout-à-l’égout du grand oubli.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Était-ce… Est-ce inéluctable ?

Est-ce le résultat d’une évolution ?

Où va la société humaine ?

D’où vient-elle ?

Y a t’il une solution ?…

Pour tenter de répondre à ces questions et quelques autres inhérentes, nous vous proposons un bref historique de la société humaine de son aube à aujourd’hui, analysé d’un point de vue socio-politique. Notre analyse, fruit de plusieurs années d’étude et de réflexion individuelles et collectives au moyen d’une littérature abondante alimentant une pensée critique, ne s’embarrassera ni de citations ni de références dans le texte. Nous publions en toute fin, une bibliographie essentielle* mais non-exhaustive de ce qui nous a aidé à formuler le présent manifeste, que nous avons désiré être le plus succinct et direct possible afin qu’il n’en soit que plus éclairant.

Ce cheminement nous amènera à communément définir le terme de “société”, de comprendre les différentes phases de son existence au cours de l’histoire pour entrevoir le chemin d’une transformation radicale de celle-ci ayant pour but ultime l’émancipation de la société des contraintes induites à dessein pour maintenir la division, outil essentiel de maintien du consensus du statu quo oligarchique en vigueur depuis déjà bien trop longtemps. Nous verrons aussi comment la société à venir, société des sociétés, n’a pas à être inventée, mais être recomposée des expériences passées et adaptée à notre monde dont la technologie doit servir à en faciliter le fonctionnement et non pas l’entraver comme c’est actuellement le cas dans le modèle politico-social sclérosé nous écrasant.

R71 précise en conclusion de ce manifeste ; Au cours de cette étude, nous sommes  remonté à l’origine de l’organisation politique de la société humaine dont la nature est pour l’essentiel faite de coopération, d’égalité, dans un mode de fonctionnement au pouvoir non coercitif, dilué dans son peuple et dont les mécanismes empêchent la création d’une entité du pouvoir politique séparée du corps social. L’humanité à vécu de la sorte pendant près d’un demi-million d’années entre le paléolithique supérieur et le néolithique moyen. [NdJBL  et n’en déplaisent aux créationnistes de tout poil !] À cette période se produisit une scission politique qui vit le pouvoir sortir du corps social pour former une entité séparée de facto créant une caste de dominants régnant sur un grand nombre de dominés. Nous avons suivi l’évolution historico-sociale de cette division initiale jusqu’à la création des premiers États puis des États-nations d’où est sortie l’hydre économique du capitalisme. Nous avons analysé le pourquoi de la dégénérescence programmée du modèle de contrôle social étatico-capitaliste et les solutions entrevues par son oligarchie pour maintenir sa domination sur la vaste majorité de l’humanité. Ceci nous a amené à analyser les deux systèmes et à identifier leur dénominateur commun : l’antagonisme qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand TOUT socio-politique organique : LA SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS.

Nous avons de là identifié les caractéristiques essentielles de la société organique retrouvée, qui formeront la structure du renouveau politico-social de notre humanité émancipée PAR et POUR sa base.

Sans cet angle de vision, nous demeurerons impuissants à l’action directe politique concertée, fondée sur une compréhension élargie de ce qui nous a amené, il y a bien longtemps, à prendre le mauvais tournant sur le chemin de notre évolution. [NdJBL et comme le voyait Pierre Kropotkine, plutôt que Darwin, là encore n’en déplaise aux créationnistes de tout poil !].

Ainsi, la société des sociétés représente-t-elle l’avenir de l’humanité, un avenir qui verra la société humaine s’unifier par la complémentarité bien comprise aux niveaux des individus et au niveau collectif en abolissant la relation immature d’antagonisme ; Unification qui se fera au gré des associations libres, des communes, des associations libres de communes, des confédérations régionales et trans-régionales, qui réalisera globalement le bonheur de tous selon la formule d’À CHACUN SELON SES CAPACITÉS, À CHACUN SELON SES BESOINS et où personne n’aura ou ne « vaudra » plus qu’un autre ; Une société à pouvoir non coercitif qui réalisera enfin le désir suprême de l’Homme d’être libre et heureux en harmonie avec ses semblables et la Nature, sans conflit interne ni externe.

Nous espérons que ce manifeste pour la société des sociétés trouvera un écho suffisant chez nos frères et sœurs de la grande congrégation humaine afin qu’ensemble, nous œuvrions pour notre émancipation finale et définitive.

Nous sommes tous inter-reliés… dans la complémentarité du grand TOUT universel.

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Grâce à toutes ces lectures combinées [NdJBL : qu’on retrouve dans les bibliographies des PDF, ou billets ad hoc], les peuples de tous les continents, le populo en France dont je fais partie sommes tout à fait à même de voir qu’il n’y a pas de solutions au sein de ce Système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais. Qu’il est donc vain d’attendre pour voir de Waitt & See ; S’en rendre compte, le comprendre et donc agir en conséquence en changeant d’attitude envers l’État et ses institutions coercitives obsolètes et en se changeant soi-même pour arriver à changer durablement l’Humanité.

JBL1960

Et pour prolonger la réflexion cette page de mon blog qui regroupe toutes les versions PDF, il y en a 42 à ce jour, à lire, télécharger et/ou s’imprimer gratos comme on veut, quand on veut c’est vous qui voyez ! Vous faites comme vous voulez…

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VOTATION = PAS LA SOLUTION…

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La morale ou la contre-nature – Friedrich Nietzsche – Publié dans « La Revue Blanche » en 1897

Affutons notre réflexion ;

Nous les gueux, et les gueuses, les sans dents mais pas sans cerveaux !

Questionner les acquis : La morale ou la contre-nature (F. Nietzsche)

La morale est dans l’Europe d’aujourd’hui, une morale de troupeau,,, L’Homme est matière, fragment, superflu, argile, boue, sottise, chaos, mais il est aussi créateur, sculpteur, marteau impitoyable et divinité qui au septième jour contemple son œuvre, comprenez-vous ce contraste ?..”

~ Friedrich Nietzsche, “Par delà le bien et le mal” ~

Dans ce texte de 1897 que nous reproduisons ci-dessous, Nietzsche nous parle de la morale contre-nature et reconnaît que la société étatique, celle régit par ce qu’il qualifia de “plus froid des monstres froids”, ne fonctionne que sur des oppositions, des antagonismes et que ceux-ci lui sont vitaux pour demeurer en… l’état.

Nous argumentons que la société du futur s’émancipera des antagonismes pour embrasser l’union dans la reconnaissance de la complémentarité dans la diversité qui nous est intrinsèque :

Manifeste de la societe des societes

~Résistance 71 ~

La Morale ou la contre-nature

Friedrich Nietzsche

Publié dans “La revue blanche”, 1897

I

Toutes les passions ont un temps où elles sont exclusivement funestes, où le poids de leur stupidité entraîne leur propre sacrifice, — il vient ensuite plus tard, beaucoup plus tard, une période où elles se marient avec l’esprit, se spiritualisent. Autrefois, à cause de la stupidité dans la passion, on faisait la guerre à la passion même ; les hommes étaient conjurés pour l’anéantir ; tous les vieux plésiosaures de la morale sont unanimes là-dessus : « Il faut tuer les passions. » La formule la plus célèbre s’en trouve dans le Nouveau Testament, dans ce sermon sur la montagne où, soit dit en passant, les choses ne sont pas du tout considérées de haut. Il y est dit, par exemple, relativement à la passion sexuelle : « Si ton œil t’agace, arrache-le. » Heureusement, aucun chrétien n’agit suivant ce précepte. Vouloir anéantir les passions et les désirs, uniquement pour prévenir leur stupidité et les conséquences fâcheuses de cette stupidité nous paraît aujourd’hui être en soi une forme aiguë de la stupidité. Nous n’admirons plus les dentistes qui nous arrachent les dents afin qu’elles ne nous fassent plus mal. D’autre part, il faut avoir la justice de reconnaître que, sur le sol où est poussé le christianisme, l’idée de la « spiritualisation des passions » ne pouvait être conçue. La première Église a combattu comme on sait contre les « Intelligents » en faveur des « Pauvres d’esprit » ; comment aurait-on pu attendre d’elle une guerre intelligente contre les passions ? L’Église combat les passions par l’excision en tous sens ; sa méthode, sa « cure », c’est la castration. Elle ne se demande pas : comment spiritualiser, embellir, diviniser une passion ? De tout temps, elle a placé la force de la discipline dans l’extirpation (de la sensualité, de l’orgueil, des instincts de domination, d’avarice, de vengeance). — Mais attaquer les passions à la racine, c’est attaquer la vie à la racine. La pratique de l’Église est ennemie de la vie.

II

Le même moyen, excision, extirpation, est choisi instinctivement, dans la lutte avec le désir, par ceux qui sont trop faibles de volonté, trop dégénérés pour lui imposer une mesure, par ces natures qui ont besoin de la Trappe au figuré (ou sans figure), qui sentent la nécessité d’une déclaration de guerre définitive, d’un gouffre entre eux et la passion. Les moyens radicaux ne sont indispensables qu’aux dégénérés ; la faiblesse de la volonté, à proprement parler, l’impuissance à réagir contre une tentation est en soi-même une autre forme de la dégénérescence. L’hostilité radicale, l’hostilité mortelle manifestée contre les appétits des sens, demeure un symptôme significatif ; on est en droit d’avoir des soupçons sur le fond d’une pareille exagération. Cette hostilité, cette haine atteint toute son acuité lorsque de telles natures n’ont pas elles-mêmes la fermeté suffisante pour une cure radicale, pour renoncerai Satan ». Qu’on passe en revue l’histoire des prêtres et des philosophes, y compris les artistes — ; les paroles les plus venimeuses contre les sens n’ont pas été dites par les impotents et les ascètes, mais par les ascètes impuissants, par ceux qui n’avaient pas ce qu’il fallait pour être ascètes.

III

La spiritualisation de la sensualité se nomme l’amour : elle est un grand triomphe sur le christianisme. Un autre triomphe est notre « spiritualisation de l’hostilité ».

Elle consiste en ceci que l’on comprend profondément le prix qu’il y a à avoir des ennemis : bref, l’on agit et l’on raisonne aujourd’hui à l’inverse d’autrefois. L’Église de tout temps a voulu l’anéantissement de ses ennemis : mais, nous immoralistes et antichrétiens, nous voyons notre avantage à ce que l’Église subsiste… — En politique aussi l’hostilité s’est spiritualisée — elle est devenue beaucoup plus sage, beaucoup plus réfléchie, beaucoup plus modérée. Tout parti comprend que son propre intérêt de conservation exige que le parti contraire ne s’affaiblisse pas. Il en est de même dans la grande politique. Une nouvelle création surtout, un nouvel empire par exemple, a besoin d’ennemis plus que d’amis : c’est dans l’opposition seulement qu’il se sent nécessaire, c’est dans l’opposition seulement qu’il devient nécessaire. Nous ne nous comportons pas autrement à l’égard des « ennemis intérieurs », là aussi nous avons spiritualisé l’hostilité, là aussi nous avons compris sa valeur. On ne produit qu’à condition d’être riche en antagonismes, on ne reste jeune qu’à condition que l’âme ne se détende pas, n’aspire pas au repos. Rien ne nous semble plus étrange que ce desideratum des temps passés, la paix de l’âme, desideratum chrétien. Rien ne nous fait moins d’envie que la Morale-Ruminant et le gros bonheur de la bonne conscience. On a renoncé au grand côté de la vie quand on renonce à la guerre. En bien des cas, à vrai dire, la « paix de l’âme » n’est qu’un malentendu, c’est quelque chose d’autre, qui n’a pas su trouver de dénomination plus récente. Examinons-en quelques cas sans ambages et sans préjugés. La « paix de l’âme » peut être, par exemple, en morale et en religion, le rayonnement d’une riche animalité. Ou le commencement de la lassitude, celle que projette le soir, toute espèce de soir. Ou un indice que l’air est humide, que le vent du sud va souffler. Ou la reconnaissance inconsciente pour une heureuse digestion (nommée parfois aussi amour de l’humanité). Ou la quiétude du convalescent pour qui toute chose a un goût nouveau et qui attend. Ou l’état qui suit le fort assouvissement d’une passion maîtresse, la béatitude d’une extraordinaire satiété. Ou la faiblesse sénile de noire volonté, de nos désirs de nos vices. Ou la paresse persuadée par la vanité de se réformer moralement. Ou le commencement d’une certitude, même d’une terrible certitude après la longue tension et le martyre de l’incertitude. Ou l’expression de la maturité et de la perfection, dans le fait, dans la création, dans l’action et dans la volonté, la respiration tranquille, la liberté de la volonté conquise… qui sait ! Peut-être le Crépuscule des Idoles n’est-il aussi qu’une sorte de « Paix de l’âme ».

IV

Je formule ce principe : tout naturalisme dans la morale, autrement dit, toute saine morale, est commandé par un instinct de vie, toute sommation vitale contient une norme déterminée de « tu dois » et « tu ne dois pas », toute hostilité, tous les obstacles placés sur le chemin de la vie sont de cette façon mis de côté. La morale contre nature c’est-à-dire presque toute morale, jusqu’ici enseignée, vénérée et prêchée, est tournée précisément au rebours des instincts de la vie. Elle est la condamnation tantôt secrète, tantôt avérée et impudente de ces instincts. Tandis qu’elle dit « Dieu voit le cœur », elle dit Non aux exigences les plus infimes comme les plus hautes de la vie et prend Dieu pour l’ennemi de la vie… Le Saint qui plaît à Dieu est le Castrat idéal… La vie cesse où commence le « royaume de Dieu ».

V

Si l’on a saisi le sacrilège d’une telle insurrection contre la vie, insurrection devenue presque sacro-sainte dans la morale chrétienne, on y aura heureusement vu encore autre chose : l’inutilité, la fausseté, l’absurdité, le mensonge d’une telle insurrection. Une condamnation de la vie de la part d’un vivant n’est encore finalement que le symptôme d’une sorte déterminée de vie. Il n’y a pas d’ailleurs à soulever le moins du monde la question de tort ou de raison. On devrait avoir une position extérieure à la vie, et d’autre part 1 a connaître aussi bien qu’un, que beaucoup, que tous ceux qui l’ont vécue, pour pouvoir toucher en général au problème, la valeur de la vie. Raisons suffisantes pour comprendre que le problème est pour nous impraticable. Quand nous parlons de la valeur de la vie, nous parlons sous l’inspiration, sous l’optique de la vie. La vie même nous contraint à fixer des valeurs. Il s’ensuit ainsi que toute morale ou Contre-nature qui conçoit Dieu comme idée opposée et comme condamnation de la vie, n’est qu’un jugement en valeur de la vie ? — De quelle vie ? de quelle espèce de vie ? — Mais j’ai déjà donné la réponse : de la vie qui s’étiole, de la vie affaiblie, fatiguée, condamnée. La morale, comme elle a été comprise jusqu’ici, comme elle a été enfin formulée par Schopenhauer — « la négation du Vouloir-vivre » — est l’instinct même de la décadence qui se manifeste impérativement. Elle dit : Meurs ! la Morale, c’est l’arrêt des condamnés.

VI

Voyez enfin quelle naïveté il y a à dire : « l’homme devrait être tel et tel. » La réalité nous montre une richesse enivrante de types, une multiplicité de formes d’une exubérance et d’une profusion inouïes, et un misérable portefaix de moraliste va dire : non, l’homme devrait être autre ! Il sait bien lui, ce pauvre hère, ce cagot, comme il devrait être. Il se peint sur le mur et dit : « ecce homo… » Mais, même quand le moraliste s’adresse simplement à un individu particulier et lui dit : « tu devrais être tel et tel », il ne cesse pas d’être ridicule. L’individu est un des éléments du fatum, du passé et du devenir, une loi de plus, une nécessité de plus pour tout ce qui vient-et sera. Lui dire « méfie-toi », c’est demander que tout se modifie, même ce qui est passé.

En réalité, il y a eu des moralistes consciencieux, ils voulaient que l’homme fût autre, autrement dit vertueux, à leur image, c’est-à-dire cagot, et pour cela ils niaient le monde. Voilà qui n’est pas une mince folie, ni une forme modeste de l’impudence ! La Morale en tant qu’elle condamne, en évitant de se placer au point de vue de la vie et de ses desseins, est une erreur spécifique pour laquelle on ne doit avoir aucune pitié, une idiosyncrasie de dégénérés qui a causé des dommages incalculables !… Nous autres, immoralistes, avons au contraire ouvert notre cœur tout grand pour tout comprendre, pour tout concevoir, pour tout approuver. Nous ne nions pas facilement et nous mettons notre honneur à être des affirmateurs. Chaque jour notre œil s’ouvre un peu plus sur cette Économie qui sait encore employer et utiliser tout ce que la folie sacrée du prêtre reproche à la raison malade dans le prêtre, sur cette Économie dans la loi de la vie, Économie qui tire même profit de l’espèce repoussante du cagot, du prêtre, de l’homme vertueux — quel profit ? Mais, nous-mêmes, immoralistes, sommes la réponse.

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Pour prolonger la réflexion, je recommande la lecture de ce texte magnifique et assez étonnant de la part d’un Michel Bakounine ; loin très loin des poncifs habituels colportés par des moralistes consciencieux hier comme aujourd’hui ► Système du monde – Considérations sur la loi naturelleMichel Bakounine 1870

Et je rappelle le sublime texte de Patrice Sanchez « Le pacte de la course à l’échalote et à l’oignon ! » dont il m’a fait le cadeau de lecture, et parce que la pensée nietzschéenne y est présente partout en filigrane…

Je ne rajoute rien de plus, j’espère juste qu’en lisant ces mots aussi bien de Résistance71 qui préambule, que ceux de Nietzsche comme ceux de Bakounine, ils vous transporteront aussi loin que possible, non pour vous perdre, mais bien au contraire, vous aider à vous retrouver et vous permettre de savoir qui vous êtes et qui nous sommes, ICI & MAINTENANT

JBL1960

 

J’suis pas content #121 par Greg Tabibian – Mini-remaniement, Marlène Schiappa & Pocahontas !

Mini-remaniement, Marlène Schiappa & Pocahontas !

Merci à Laurence du site Les Moutons Enragés pour nous avoir tiré l’œil vers cet épisode plus précisément de Greg Tabibian de J’suis pas content TV et je vais pour ma part développer l’allocution de Trump devant les représentants de la Nation Navajo car Donald se trumpe énormément et comme d’hab, j’ai envie de dire…

Alors sur le Mini-remaniement, comme sur Marlène Schiappa, je ne vais pas m’attarder car pour moi ; il n’y a pas de SOLUTIONS au sein du système, il n’y en a jamais eu, et il n’y en aura jamais, et il est nécessaire de s’éveiller par une :

Prise de conscience individuelle ► prise de conscience collective ► boycott et organisation parallèle ► désobéissance civile ► réorganisation politico-sociale ► changement de paradigme

Car nous avons absolument le choix et le droit d’ignorer l’État et ses institutions obsolètes et c’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux, et en n’excluant personne, qui se retrouveraient dans cette idée force pour : Ignorer le Système, l’État, et ses Institutions coercitives ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter le meilleur du meilleur de l’ANCIEN au monde d’aujourd’hui et enclencher le processus des associations libres, volontaires et autogérées sans dieux ni maitres, sans armes ni haine ni violence…

Et pour ma part, j’ai énormément expliqué que la solution n’était pas dans la votation, et encore moins dans le Macron.

Mais Greg relève très opportunément que Donald Trump, que j’appelle très souvent le Canard à l’Orange, qu’il gracie la dinde ou qu’il tente de rendre hommage à la Nation Navajo se prend les pieds dans le tapis et raconte n’importe quoi !

À partir de 9:50 de cet épisode ;

Et après la mauvaise farce de la dinde graciée à l’occasion de Thanksgiving, et sur ce blog je dénonce et appelle à boycotter cette célébration qui rend grâce à Dieu pour avoir tué l’indigène pour sauver l’homme blanc, et comme on peut le lire dans mon billet d’hier ► En un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens… Hier, comme aujourd’hui ! C’est toujours le projet à l’ordre du jour : Le COLONIALISME !

Trump face aux représentants de la Nation Navajo et pour les remercier de leur participation active de renseignement (voir WindtalkersLes Messagers du Vent) lors de la seconde guerre mondiale déclare : Vous êtes uniques, vous étiez là bien avant nous, même si nous avons une représentante au congrès qui dit-on y siège depuis très longtemps, ils l’appellent Pocahontas… Mais vous savez quoi, je vous aime bien quand même parce que vous êtes uniques… [NdJBL : Source ICTMNPocahontas Was a Kidnap Victim not a Disney Princess]

Alors, c’est bien la première fois qu’un Potus malgré tout reconnait que les Natifs et Nations premières étaient là bien avant l’arrivée du premier tueur de masse de tous les temps ► Christophe Colomb… Mais on comprend vite que le gars ne sait même pas ce qu’il raconte mais surtout qu’ils sont placés juste en dessous du grand portrait d’Andrew Jackson qui était surnommé « Le tueur d’indiens » il faut noter qu’Andrew Jackson, 7ème président des États-Unis a été l’un des initiateurs et organisateurs des Pensionnats pour Indiens de 1820 à 1980 aux USA. Et de 1840 à 1996 au Canada ; Soit sur toute l’île de la Grande Tortue…

Traduisant, amplifiant, relayant les voix autochtones, anticoloniales, de l’île de la Grande Tortue et de tous les continents et très souvent en parfaite symbiose avec le blog ami Résistance71 puisque je réalise toutes leurs versions PDF qu’ils veulent bien me confier.

Leur publication de ce jour précise comment les Natifs et Nations premières d’aujourd’hui voient les choses ;

Pour lâcher-prise de l’idéologie coloniale…

EFFONDRER LE COLONIALISME ► Maître-pilier de l’Empire pour un changement de paradigme politique & social ► Déterminer l’E.R.R.E.U.R. et comment la corriger !

Anarchistes autochtones, anarchistes blancs

Andrew Pedro, Akimel O’odham | 2 octobre 2017 | Interview, enregistrement, traduction Christine Prat | Version anglaise publiée  sur Censored News | Source de l’article en français ► http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=4311

“Les Révolutionnaires et les Anarchistes, les gens qui se définissent comme Anarchistes, ont toujours une mentalité très coloniale. En particulier ici, car beaucoup d’entre eux ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent et comment ça touche les Autochtones. C’est en grande partie parce qu’ils n’ont pas de valeurs culturelles, spirituelles ou religieuses, et ce n’est pas à moi de résoudre le problème, formulez-le comme vous voulez, nous avons une vision différente. Pour moi, qui me considère Anarchiste, l’Anarchisme est une couche à la surface de ce que notre mode de vie traditionnel signifie pour nous. Parce que pour moi, l’Anarchisme est l’idée d’être libéré de toutes ces formes d’oppression, et c’est comme ça que nous vivions il y a longtemps. D’après ce que j’en sais, en tant que peuple O’odham, nous étions libres de nous déplacer dans notre territoire. Il y avait des Tohono O’odham, des Akimel O’odham, des Hia C-ed O’odham, mais il n’y avait pas vraiment de frontière, ça ne voulait pas dire que nous n’étions pas autorisés à aller dans certaines zones pour faire ce que nous avions à y faire, il y avait seulement du respect pour les gens qui y vivaient. Pour moi, beaucoup d’Anarchistes Blancs, y compris ceux d’origine Latino, ce genre d’Anarchistes et beaucoup d’autres gens à Phoenix, et dans toute l’Arizona, ne reconnaissent pas vraiment cela. Nous sommes toujours là, nous avons toujours ces valeurs culturelles et spirituelles, mais pour eux, c’est un obstacle. Ils voient surtout le fait que ce n’est pas de l’athéisme. Je n’ai pas de problèmes avec l’athéisme, mais c’est leur choix, et, nous O’odham, n’imposons pas nos croyances à qui que ce soit, nous n’obligeons pas le gens à les comprendre, parce qu’elles sont seulement pour les O’odham. C’est comme certains lieux où nous allons, certaines de nos cérémonies, dont nous ne parlons même pas aux autres Tribus, parce que c’est pour nous, les O’odham. Et je suis sûr que c’est la même chose pour les autres Tribus.

Les O’odham ont toujours été très ouverts aux autres peuples. Certains disent que si nous avons tenu jusqu’à aujourd’hui, c’est pour avoir été amicaux avec les autres peuples, avec la Chrétienté elle-même, avec les Blancs, avec les Espagnols. Cette bonté a toujours existé et nous a amenés à la situation où nous sommes maintenant. Je crois que c’est grâce à la foi solide et aux fortes valeurs culturelles que nous avions. C’est la raison pour laquelle nous sommes toujours en vie.

Il y a eu des temps où les O’odham se sont révoltés contre l’Église et ont brûlé toutes les églises. Des choses comme ça ont eu lieu. Personne ne s’en souvient vraiment, et les Anarchistes étant presque totalement athées, et leurs croyances et leurs valeurs y étant intrinsèques, ils voient n’importe quelle religion comme oppressive. Mais ce n’est pas toujours le cas. D’abord, les Autochtones et l’Anarchisme sont des idées très nouvelles. Pour nous, nous sommes des Autochtones, et je pense qu’également ceux qui se définissent comme Anarchistes du point de vue politique, voient l’indigénéité comme venant toujours d’abord. [NdJBL : « Que veut dire ‘indigéniser’ par Steven Newcomb]

Pour moi, l’Anarchisme est la couche supérieure, le niveau de surface de ce que Himdag [mode de vie traditionnel] signifie pour moi, parce toutes ces choses se recoupent. Nos idées et nos façons de faire les choses se recoupent dans différentes cultures, de différentes manières. Ce que je ressens, la société O’odham, comment elle m’a été expliquée, les temps passés et le monde tel qu’il est maintenant, tout cela est similaire à ce que l’Anarchisme veut être, mais il n’y est pas encore tout à fait. Spécialement dans la façon dont l’Anarchisme fonctionne, ces lieux où ils vont qui n’autorisent pas les objets religieux, et d’autres choses comme ça. Ils ne veulent pas vraiment discuter de ce que ça signifie pour certains peuples. A beaucoup d’égards, il y a une perte. Il y a une perte, parce qu’au départ, ils ne sont pas chez eux ici. Ils n’ont pas de connexion avec la terre, ils n’ont pas de connexion avec toutes ces choses.

Mon plus grand espoir pour les Anarchistes Blancs, surtout en Arizona, c’est qu’ils comprennent qu’ils peuvent nous aider dans les luttes Autochtones, mais ça n’a pas à être au sens spirituel. Ils n’ont pas besoin de comprendre le caractère sacré de ce que Moadag Do’ag [la Montagne du Sud] signifie pour nous. Il y a le Capitalisme, allez le combattre, allez combattre ce que vous connaissez ! Ils n’ont pas besoin de comprendre ce que ça signifie pour nous, parce que ces enseignements sont pour nous, pour un certain groupe de gens. Et ce n’est pas la même chose qu’être ouverts ou repousser les gens.

Ça fait des centaines d’années, certains disent des milliers, que nous avons suivi ces idées et cette culture, et nous les suivons toujours. Tandis que les gens, les ancêtres – appelez-les comme vous voulez – de ces Anarchistes Blancs ne viennent probablement même pas d’Arizona, si on remonte à quelques générations. Mais nous, nous avons toujours été ici, donc nous avons ces connexions et une compréhension plus profonde de ce que ça signifie, de ce que ce désert signifie pour nous. La vie de toutes ces plantes, tous ces animaux, ça signifie quelque chose pour nous. Ils n’ont pas ça, et ils ne savent quoi penser parce qu’ils ne comprennent pas. Beaucoup de problèmes Autochtones – le colonialisme en est un à la base – font partie de ce qui pousse ces Anarchistes Blancs à se battre, au départ. Le Capitalisme en est une des racines principales. Et si vous ne combattez pas vraiment les deux, qu’êtes-vous en train de faire? Vous n’aidez personne, en fait, vous allez avoir un comportement colonial vis-à-vis de ces combats, et vous ne penserez pas aux Autochtones. Je ne veux pas d’un Sauveur Blanc pour sauver la mise, et je ne vais pas rester là à tenir la main d’un Anarchiste Blanc pour leur montrer la voie tout le temps. Ils doivent juste comprendre que certaines choses sont pour eux et d’autres ne le sont pas, et il n’y a rien de mal à ça! Souvent, les Anarchistes Blancs se sentent floués quand nous leur disons “nous n’allons pas participer, parce que nous avons nos vies, nous avons un tout autre monde dont nous devons nous occuper. La Réserve est un autre monde. Ça ne va pas si vite, on y fait les choses différemment, ce sont des valeurs culturelles différentes qui y ont cours. Même si les gens n’ont pas de culture particulière, ils ne peuvent pas avoir la compréhension de tout ce qui y est différent. La façon dont nous analysons les choses dans notre tête n’est pas la même que celle des gens des villes…

Ainsi, c’est assez difficile d’avoir des conversations utiles avec beaucoup d’Anarchistes Blancs, parce qu’ils sont coincés dans leur monde, dans le genre “j’ai raison”, et c’est en quelque sorte une mentalité coloniale. Ces gens ne savent pas de quoi on parle, ils ne vivent pas ici, cependant, c’est notre territoire !

Par le passé, il y a environ 5 ans, nous avons eu pas mal de problèmes avec un nouveau groupe anarchiste, ils venaient plus ou moins du mouvement “Occupy”. Ils sont toujours très “de gauche” dans leur façon de s’organiser, et ils s’allient souvent aux groupes “de gauche” de Phoenix. Je suppose que ce n’est pas vraiment compris, peut-être même pas par eux, peut-être qu’ils ne savent pas bien ce qu’Anarchisme veut dire pour eux. Ce qui cause des encore plus de problèmes, de ne pas savoir ce qu’on fait ni pourquoi on le fait. Même certains groupes Antifa, maintenant, commencent à faire la même chose, et ne sont donc pas très ouverts envers les Autochtones. Ils sont mal à l’aise, parce qu’ils nous voient d’une manière très “Blanche”. Il y a eu un groupe, qui n’existe plus vraiment maintenant, qui se définissait comme Anarchiste, “combattons le Capitalisme”, “Combattons ceci, cela”, mais ce n’étaient que des mots. Le plus grand projet capitaliste d’Arizona, c’est le périphérique 202, le Sun Corridor, et personne ne sait de quoi on parle, quand on essaie d’en parler avec eux. C’est une partie du problème. Ils devraient d’eux-mêmes apprendre ce qui se passe dans la région où ils habitent. Et savoir qu’il y a une connexion avec les Autochtones. Mais pour cela il n’est pas nécessaire de comprendre complètement qu’il y a des choses sacrées, qu’il faut une vie entière pour comprendre, que cela prend toute la vie, que c’est quelque chose que nous ne pouvons pas expliquer simplement, dans une vidéo ou un email. Ces choses prennent toute notre vie et une connaissance complète de ce qui arrive. En ce qui les concerne, nous disons qu’ils ne comprendront pas, à cause de ce qu’ils sont, ce sont des Blancs, ce sont des Latinos, et ils ne le comprendront pas comme nous le comprenons.

Ces choses les touchent différemment de nous, parce que nous avons la ferme croyance que ça ira bien pour nous, en fin de compte. Même si dans 20 ans – et j’espère que ça n’arrivera pas – mais dans 20 ans, si ces autoroutes sont là, certains d’entre nous seront toujours en vie et pratiquerons notre culture, et nous les ferons payer, d’une façon ou d’une autre. Avec les Anarchistes, ce n’est pas comme cela. Je vois souvent l’Anarchisme Blanc comme une histoire de victoires à très court terme, c’est intrinsèque à leur croyance qu’ils peuvent occuper le terrain, mais qu’est-ce que ça veut dire “occuper le terrain” en territoire occupé ? Avoir une librairie anar quelque part, si vous ne reconnaissez pas les Autochtones, pour moi c’est colonial. C’est une partie du problème. Je pense que vous êtes Anarchiste si vous êtes anticapitaliste dans tous les sens du terme, antifasciste, etc., mais si vous n’avez pas une position politique anticoloniale, vous ne valez pas mieux que n’importe quel autre.

URL R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/12/20/pour-lacher-prise-de-lideologie-coloniale/

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Oui M. Trump les descendants des Natifs et Nations premières sont des personnes uniques et oui elles étaient là bien avant l’arrivée des premiers colons, malgré tous vos divins mensonges pour nous persuader du contraire…

Vous êtes un descendants de ces colons envahisseurs/exterminateurs ; Un Zunien de papier, l’empereur d’un empire sans terre, et un empire sans terre est un empire à terre.

C’est le moment de choisir !

INDIANACT ou KAIANEREKOWA ?

La Guerre perpétuelle ou la Grande Loi de la Paix ?

LE DESSIN DE LA CRÉATION VS LA LOI FÉDÉRALE INDIENNE

Puisque nous sommes TOUTES & TOUS des colonisés…

La solution la plus forte à mettre en œuvre ICI & MAINTENANT, c’est de remplacer l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand Tout socio-politique organique : La société des sociétés.

C’est la seule chose qui n’a pas encore été essayée, INNOVONS-DONC !

Choisissons la paix, plutôt que la guerre ► CHOISISSONS-NOUS !

CHOISISSONS LA VIE !

JBL1960

 

 

 

 

 

 

En un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens… Hier, comme aujourd’hui !

HIER ;

Résistance politique : Devoir de mémoire… « Oui la colonisation fut une barbarie »… Et elle l’est toujours !

L’humanité s’émancipera lorsque les peuples occidentaux se lèveront, se débarrasseront de l’idéologie coloniale qui les enchaîne (parce que « Nous sommes tous des colonisés! ») et se tiendront main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour mettre en place la société des sociétés, celle de l’union dans la complémentarité.

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais. Croire le contraire est au mieux naïf et utopique, au pire complice et criminel…

~ Résistance 71 ~

En un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens

Smaïl Hadj Ali | 17 décembre 2017 | Source ► https://www.legrandsoir.info/en-un-mot-aneantir-tout-ce-qui-ne-rampera-pas-a-nos-pieds-comme-des-chiens.html

 Le six décembre 2017, rue Larbi Ben M’hidi, à un jeune algérien qui lui disait que la France devait reconnaître ses méfaits en Algérie, le Président Macron demanda, excédé :

– « Quel âge avez-vous » ?

– « 26 ans », répondit le jeune homme.

– « Mais vous n’avez pas connu la colonisation, lui rétorqua le Président français ; qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça » !

Au-delà, de l’attitude véhémente à l’égard d’un jeune homme soucieux de son histoire nationale, et de surcroît en son pays, le Président français avait probablement oublié que ce sont des millions d’Algériens qui sont nés après le 5 juillet, date de la proclamation de l’indépendance nationale, et qui donc « n’ont jamais connu la colonisation », et l’auraient à ce titre « embrouillé », tout autant.

Ce sont aussi des dizaines de millions de Français qui n’ont jamais connu l’occupation allemande, la trahison nationale vichyste, et la Résistance, mais personne ne leur reprochera de ne pas oublier ce passé.

Question. Le Président français aurait-il tenu ces propos à un jeune juif ou à un jeune arménien, dont, respectivement la communauté et le peuple, ont connu l’horreur et le pire ?

L’Algérie, son peuple, sauf erreur, ne veulent ni repentance, ni autoflagellation. Mais personne ne pourra jamais empêcher les descendants des peuples colonisés de considérer que la colonisation fut, à minima, une longue « période de deuil et de souffrance », (1) comme l’avait souligné l’historienne et romancière Guadeloupéenne Maryse Condé, alors que la représentation française venait de voter la loi sur les « bienfaits de la colonisation », en 2005.

De même que Jean Ferrat dans Nuit et Brouillard, chantait « qu’il twisterait les mots s’il fallait les twister », pour dire l’horreur des camps d’extermination nazis, nous continuerons en Algérie, de chanter et de dire, sans haine, ni culpabilisation, l’épouvante que furent ces 132 ans d’oppression, d’exaction, de spoliation, et de néantisation.

Aussi et sans « embrouille », voici, pour mémoire, et pour commémorer l’héroïque Onze décembre 1960, quelques séquences, très abrégées, de ce moment négateur d’humanité revendiqué et administré par la France coloniale, qu’historiens et penseurs, à l’exemple de Mostefa Lacheraf, Bachir Hadj Ali, Henri Alleg, M.C Sahli, et bien d’autres, ont décrit et analysé il y a des décennies.

Dès le début de la conquête les crimes, multiformes, furent un invariant de l’armée coloniale. Pour le pouvoir politique et militaire, les indigènes, ces êtres inférieurs, les « Arabes », étaient des sous-hommes, « qui ne comprennent que la force brutale (2) et « qui n’entendraient de longtemps des raisonnements qui ne seraient point appuyés par des baïonnettes », comme s’en convainquait dès 1830, Lamoricière, cet émule des « conquistadores », qui occupera le poste de Ministre de la guerre en 1848, après avoir sabré « l’Arabe » pendant 18 ans…

C’est cette vision du monde qui va fonder et féconder la politique coloniale pendant 132 ans.

Alger 1957. Le port. Ballottés par la houle, des corps flottent. Ce sont les « crevettes-Bigeard », un des trophées du 3ème régiment de parachutistes coloniaux. (RPC). Cadavres d’Algériens raflés par les parachutistes, durant ladite « bataille » d’Alger (3), qui, au-delà de l’héroïque résistance du peuple qasbadji désarmé et d’une escouade de combattants sommairement armés, fut le moment mortifère, à l’échelle industrielle, de la torture d’État, et d’une massive et planifiée ratonnade militaro-policière, à ciel ouvert, tout aussi mortifère.

À ces crimes collectifs, et à tant d’autres, il est encore répondu : « C’était la guerre »(4), avec, implicitement, ses dérives, ses bavures des deux côtés ! Inévitables. Les crimes du 3ème régiment de parachutistes coloniaux, -qui faisait partie de la 10ème division parachutiste de Massu-, et plus largement de l’armée coloniale étaient-ils le lot commun de toute guerre, des dérives inévitables ? Une sorte de fatalité en somme inhérente à toute guerre ?

L’histoire du colonialisme en Algérie montre en réalité que les violences et les crimes coloniaux ont été une constante politique, et un phénomène d’ordre structurel. À ce titre le 3ème RPC, et la 10ème division de Massu, responsables de la disparition de Maurice Audin, de la liquidation de Larbi Ben M’hidi, de l’assassinat d’Ali Boumendjel et de milliers de patriotes algériens, sont les dignes héritiers des « Colonnes infernales » du général Bugeaud, adepte de «  la guerre totale jusqu’à extermination  » ? Dignes héritiers tout autant, des « Voltigeurs de la mort », dont le chef, le capitaine Montagnac, déclarait : «  Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe (…). Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants (…), les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens.  » Dignes héritières des Bureaux Arabes, ont été aussi les sinistres Sections administratives spécialisées, et ce malgré les tentatives de minorer, sinon d’enjoliver leur rôle que l’on peut entendre et lire ici et là, alors qu’elles étaient des structures de répression féroce et de flicage massif des Algériens.

À propos de Montagnac, on aurait pu penser qu’il fut l’exception militaire en matière d’anéantissement. Mais ces crimes, ou l’incitation à les commettre, étaient choses partagées par la fine fleur intellectuelle de l’époque. Prenez Tocqueville. Ce penseur et théoricien adulé de la démocratie, homme de grande humanité et de quelques sympathies pour les Arabes, nous dit-on, prodiguait, avec cynisme et sang-froid, ses conseils, des « nécessités fâcheuses », disait-il, aux sabreurs et artilleurs coloniaux pour plus de domination, de désolation et de soumission :

(…) J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants.

Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre

« Le moyen le plus efficace dont on puisse se servir pour réduire les tribus, c’est l’interdiction du commerce. Le second moyen en importance, après l’interdiction du commerce, est le ravage du pays. Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux ».(5)

Absolu d’un idéal liberticide, défendu et porté par des élites familières des Lumières et de la modernité capitaliste, convaincues par les théories des races dites « inférieures », substrat idéologique des futures politiques d’extermination en Europe, comme l’analyse Hanna Arendt(6), la guerre de conquête coloniale, appuyée par une administration du même nom, ont effectivement, ainsi que le préconisait Tocqueville, ravagé et détruit les êtres, les villes, les écoles, l’agriculture, le commerce, avec comme point culminant le ravage de l’ethos (7) d’une société et d’un peuple dotés d’une unité culturelle et cultuelle certaine. Au bout du compte, une société et un peuple asservis, décivilisés par un implacable processus de spoliation, de paupérisation, de dés-alphabétisation, de régression socioculturelle, et de terreur existentielle érigée en mode d’administration d’exception d’une population défaite et exsangue. Terreur à laquelle prirent toute leur part les auxiliaires et supplétifs locaux, que l’on tente aujourd’hui de réhabiliter par la bande, avec la connivence et l’aide d’institutions et de personnalités publiques (8). Mais, et pour tout dire, n’avons-nous pas été aussi le pays dont un hebdomadaire public(9), a largement et généreusement donné la parole, en novembre 1984, au tortionnaire et responsable de la liquidation de Larbi Ben M’hidi, le patron du 3ème RPC, le parachutiste Bigeard, et ce, nous disait-on, au nom d’une nécessaire « décontraction idéologique » et de la « liberté d’expression, dont était privé, faut-il rappeler, la très grande majorité des Algériens ?

De 1954 à 1962, pour tenter de briser l’insurrection nationale et l’aspiration profonde des Algériens à la liberté, l’armée française n’aura aucun mal à renouer avec les violences de l’armée d’Afrique, celle-là même qui participa, au côté des capitulards Versaillais de Thiers, défaits par Bismarck, au meurtre de 30 000 révolutionnaires parisiens (10), entre le 21 et le 28 mai 1871 (11).

Violences absolues, totales, crimes de guerre et contre l’humanité, notion faite sienne par le président Macron le 14 février 2017, requalifiée il est vrai par celle de « crime contre l’humain » (12), quelques jours après, lors d’un meeting électoral le 18 février 2017, à Toulon, ville-portuaire d’où est partie la flotte et l’armada de la conquête qui mettront le pays à feu et à sang ?

Pour le système colonial, -que des historiens français en vue, souvent invités en Algérie, s’exprimant à foison dans la presse privée et publique, ainsi que des politiques français, ayant exercé ou exerçant les plus hautes responsabilités, ont qualifié de «  système injuste  », les Algériens n’étaient rien d’autres qu’une « race inférieure »

Pour maintenir leur asservissement, la puissance coloniale se dotera d’une administration militaire et civile d’exception, à vocation mortifère. Celle-ci mettra en pratique les pseudo théories sur les races, une invention des « sciences » en terre européenne au 19ème siècle, qui fonctionneront comme le nécessaire lubrifiant (13) idéologique pour la cohésion de la colonie de peuplement.

« Ce système injuste », – quel euphémisme ! – a désintégré la société algérienne. Il lui a interdit toute possibilité, 132 années durant, une éternité, d’inventer, d’imaginer son « avenir historique », de penser sa modernité, de concevoir son rapport au monde, de proposer son apport singulier, riche de son histoire plurimillénaire, à l’universalité, en un mot d’exister. Peut encore considérer un instant que l’Algérie n’aurait pas fait l’économie bienfaitrice des millions de victimes des guerres coloniales, de la mobilisation forcée des siens pour les guerres qui n’étaient pas les siennes, des famines organisées, et des épidémies induites par celles-ci. Peut-on imaginer un instant ce qu’elle aurait été sans les lois d’exception, le Code de l’indigénat, les expropriations massives, la pratique systématisée et généralisée du racisme, la destruction-péjoration de son système anthroponymique. N’aurait-elle pas mieux fait que le legs de cinq techniciens en agriculture et des quelques 90% d’analphabètes dans les deux langues. C’est cela, et la liste reste ouverte, l’héritage fondamental laissé par un système de gouvernement mu, entre autres, par une logique de destruction culturelle et, comme le notait Lacheraf d’« ébranlement du substrat mental » des individus et des groupes sociaux. Un héritage qui, à ce jour, -sans occulter les régressions qui érodent, au quotidien, la société, et l’emprise des castes prédatrices et exploiteuses, néo-colonisées, qui s’emploient à saigner et à corrompre le pays-, pèse encore lourdement sur le cerveau des vivants.

Oui la colonisation fut une barbarie. Elle ne pouvait porter en elle « des éléments de civilisation » (14) Seuls le combat et la résistance des Damnés de la terre, depuis 1830, puis la libération et l’indépendance nationale furent et firent civilisation.

Smaïl Hadj Ali.

Lectures Connexes sur ce blog ;

Tuer l’indigène pour sauver l’homme blanc ; En appui de l’article du Pr. Chems Eddine Chitour Les horreurs de la colonisation ; À quand un TPI pour juger les crimes contre l’humanité ? Billet majeur, qui intègre et fait référence à de nombreux auteurs, anthropologue, écrivains, juriste…

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AUJOURD’HUI ;

Résistance au colonialisme : Déclaration de Gilad Atzmon au Babylon Theatre Berlin

Gilad Atzmon | 14 décembre 2017 |URL de l’article original ► http://www.gilad.co.uk/writings/2017/12/16/antisemitism-the-holocaust-and-palestine

Traduit de l’anglais par Résistance71https://resistance71.wordpress.com/2017/12/19/resistance-au-colonialisme-declaration-de-gilad-atzmon-au-babylon-theatre-berlin/

Ces derniers jours, en préliminaire à la cérémonie des récompenses de la NRhZ’s Humanitarian Award et tout comme le ministre des affaires étrangères Ken Jebsen et bien d’autres, j’ai été la victime d’une odieuse  autant que folle campagne de diffamation. Rien de ce qui a été avancé n’a été prouvé par des faits. Tout ne fut que fabrication. On m’a traité de “négationniste” et de “relativiste de l’holocauste”. Pourtant, pas une seule juste référence ne fut faite au sujet de mes écrits ou de mes prises de paroles. Dans mon travail, je critique ouvertement le fait de réduire l’holocauste à une simple religion, un dogme intolérant. Dans mes écrits, je proteste contre les lois historiques et évènementielles (Les loi sur la Nakba, sur le génocide arménien, sur l’holocauste etc…). L’histoire pour moi, est la tentative de narrer le passé alors que nous allons de l’avant. Ainsi, elle doit demeurer un discours dynamique, sujette à des changements et des révisions constants et ce même si ces changements provoquent un léger inconfort. Pour moi, l’histoire est un message éthique. Ce n’est que lorsque nous révisons le passé que nous pouvons une fois de plus, repenser notre futur et notre trajectoire, notre destinée.

Récemment, quelques éléments de la presse allemande m’ont qualifié “d’antisémite”. Le suis-je ? Ai-je jamais critiqué quiconque, juifs inclus, en tant que “peuple”, “race”, sur un plan “biologique” ou sur un plan “ethnique” ? Jamais. Mon travail dans sa totalité est anti-raciste. J’ai entièrement dédié ma vie adulte à la lutte contre le racisme à travers ma musique (NdT : Gilad Atzmon est sans doute à l’heure actuelle, le plus grand saxophoniste de Jazz vivant, il n’est pas rare de le voir comparé à John Coltrane, rien que ça…), de mes écrits (NdT : deux excellents livres à son actif que nous recommandons vivement: “The Wandering Who” (2011) et son très récent “Being in Time” (2017)) et mes performances publiques. Je suis opposé à toutes formes de politiques biologiquement orientées qu’elles soient blanche, noire, de genre ou juive. Je suis au contraire, à la recherche de ce qui rapproche les êtres humains. Dans mes écrits et mes conférences je fais une très claire distinction entre les juifs (le peuple), que je ne critique jamais, le judaïsme (la religion) que je n’aborde que très rarement et le fait de s’affirmer juif (idéologiquement, culturellement et politiquement). Dans mon travail, je me concentre sur ce dernier point, l’idéologie, la politique et la culture, assumant que que nous sommes tous bien d’accord que ces éléments doivent être ouverts à la critique.

Mais si vous voulez parler de négationnisme, je vais vous en toucher deux mots. Refuser aux intellectuels, aux auteurs, écrivains, artistes, le droit d’exprimer leurs vues ouvertement est le point de départ de tous les fascismes. Ce que j’ai vu en Allemagne ces quelques derniers jours me suggère que quelques segments de notre société n’ont absolument rien appris de l’histoire de votre pays. Nier l’holocauste, c’est en nier  sa signification, de regarder ailleurs lorsque vous voyez quelque chose de mal, laisser votre cœur devenir froid lorsque vous même participez au mal ou célébrez la haine. Nier l’holocauste c’est échouer de vous préoccuper de votre propre incapacité de tolérer les autres et autrui. Cela me touche au delà de la douleur de voir l’Allemagne être menée aveuglément dans exactement le même piège, sept décennies à peine après la libération d’Auschwitz.

Je voudrais néanmoins ajouter encore une chose au sujet de la Palestine. Certains Allemands affirment être tourmentés par leur passé, par les atrocités commises par le IIIe Reich. Si cela est vraiment le cas, alors laissez-moi s’il vous plaît vous rappeler un simple fait très embarrassant : Les Palestiniens sont les dernières victimes d’Hitler.

Ce fut le résultat de la Shoah qui amena le soutien nécessaire au sionisme et mena à la formation de l’État juif en Palestine. Mais ce sont les Palestiniens tout à fait innocents qui, pour les soixante-dix dernières années, ont payé le prix pour des crimes commis par des Européens.

Si vous vous sentez coupables au sujet d’Hitler, alors levez-vous pour la Palestine et les Palestiniens !…

Et j’ai pour ma part très souvent fait état de la similitude des luttes, de la résistance au colonialisme des Amérindiens et des Palestiniens ; ICI.
Je voudrais rappeler que le sale précurseur d’Auschwitz, pour Hitler, fut avec la guerre des Boers, la mise en pratique du génocide des Amérindiens ; .
Que faire ? La marche vers la tyrannie globale, comment s’en sortir ? QUE FAIRE ?

Remplacer l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand Tout socio-politique organique : La société des sociétés.

JBL1960

Illustration issue de ► « l’œuvre positive de la France » coloniale » de Smaïl Hadj Ali du 9 janvier 2013