Kaianerekowa : Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle) version PDF

TEXTE POLITIQUE FONDATEUR

Originellement publié en janvier et février 2015 par Résistance71 en 3 parties + introduction au texte ;

J’ai réalisé la version PDF de 27 pages à leur demande et avec bonheur tant j’ai appris et surtout compris ce que signifiait « adapter l’ancien au neuf » comme les premiers Résistance71 et depuis leur création, n’ont eu de cesse de l’expliquer et comme suit ;

Ignorer le Système ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter l’ANCIEN au NEUF

Kaianere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (12ème siècle), version PDF de 27 pages {Page 1 à 5 ; Introduction au texte par R71 ► Page 6 à 27 présentation de la traduction, en français, des 117 wampums (articles) }

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdfgrandeloidelapaix.pdf

Texte politique fondateur : Kaianerekowa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (version pdf avec intro)

Nous avons traduit les 117 wampums (articles) de Kaianere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (datant de 1142 et plus ancienne « constitution » ou charte confédérale active au monde) pour l’usage de toutes et tous. Nous avons remis notre traduction à la Confédération Iroquoise au travers de membres du conseil des Mères/anciens et conseil des femmes de la nation Mohawk. Kaianere’ko:wa est un des documents les plus importants de l’histoire de l’humanité et se doit d’être plus connu car son esprit représente le futur de nos sociétés au vu de l’échec de nos modèles étatico-répressifs anti-démocratiques.

Nous ne prônons pas son application Per se à nos sociétés qui sont culturellement et structurellement différentes de la société iroquoise, mais nous devrions l’étudier et adapter ce qui est adaptable notamment dans le domaine de l’horizontalité de la prise de décision politique et du schéma de la chefferie sans pouvoir.

Une charte de ce style a non seulement un impact sur le processus politique d’une société, mais aussi sur le processus économique et donc écologique.

Il est également à noter le processus politique par des femmes et des conseils des femmes, dans une société matrilinéaire et égalitaire.

URL de l’article de présentation sur R71https://resistance71.wordpress.com/2017/02/28/texte-politique-fondateur-kaianerekowa-ou-la-grande-loi-de-la-paix-de-la-confederation-iroquoise-version-pdf-avec-intro/

Le dernier article de Mohawk Nation News intitulé ;

Les femmes détentrices du titre de la terre avertissent !

Prend là, et une fois encore, tout son sens ► LES FEMMES INDIGÈNES DONNENT LEUR AVIS

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Tout comme celui de Steven Newcomb ; Frankenstein et les peuples natifs ou l’expression d’une ironie que vous trouverez intégralement en suivant ce lien ► Frankenstein et les Indiens

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Vous pouvez retrouver ce PDF et plus encore dans cette page dédiée ► LES PDF DE JBL1960

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Parce que je crois que nous sommes tous « INTER-RELIÉS » et que de cette « INTERCONNEXION »jaillira, telle une étincelle capable d’embraser tous les empires ;

UNION ► RÉFLEXION ► ACTION ► ASSOCIATIONS LIBRES CONFÉDÉRÉES ► SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS

JBL1960

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Résumé SOTT de 01/2017

En complément de la vidéo diffusée par Sott Media, mise en ligne ce jour,  de tous les évènements climatiques extrêmes, étranges y compris passages de météorites en tous genres, autres dolines, tremblements de terre, etc. Et rien que pour le mois de janvier 2017

Source ► fr.sott.net

Qui nous rappelle juste que les forces de la Nature sont là et que l’homme ferait bien, comme nous y invitent les Natifs et les Nations Premières de vivre en harmonie avec la Terre-Mère ► Les femmes détentrices du titre de la terre avertissent

Celui du mois de décembre ► Résumé Sott 12/2016

L’Escroquerie du « Pic Pétrolier »

Résistance politique et économique : La vérité sur le pétrole (abiotique) et l’escroquerie du « pic pétrolier » mettra fin à une grande partie des guerres impérialistes…

Si Engdahl avait déjà abordé le sujet du pétole abiotique par le passé, nous avions également, en juin 2011, mené une enquête et traduit quelques articles scientifiques étonnants en provenance notamment du Dr. J.F Kenney, un américain membre de l’académie des sciences russe depuis la fin des années 1970 et qui travaille depuis plus de 40 ans avec les meilleurs experts russes et ukrainiens en ce domaine.
Tout comme pour Engdahl, notre série de 6 articles couvrant le sujet et intitulée “Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole (abiotique)…” est devenue un des plus gros succès de lecture de l’histoire de Résistance 71. Nous vous invitons à (re)lire cette série qui en explique plus long que les articles de Engdahl ainsi que de consulter notre dossier “Pétrole Abiotique” sur ce blog. Nous le disons depuis 6 ans: l’affaire du “pic pétrolier” et de la “rareté” du pétrole, du gaz et en fait de tout hydrocarbure plus lourd que le méthane, ne sont que des mythes, inventés et savamment entretenus par les pétroliers à des fins spéculatives et justificatrices de domination coloniale.
Le pétrole n’est pas “fossile” (biotique), il est abiotique, il n’est pas rare, on nage dedans, littéralement et tous les ans les “nouvelles découvertes” de champs pétroliers et gaziers “étonnent” les “experts” Pinochio du système. Le véritable prix d’un baril de “brut” est sans doute de l’ordre de 8 à 10 US$ et à ce prix, ce n’est plus rentable et il devient normal de trouver une source énergétique de remplacement, ce qui ruinerait de facto les majors de cette arnaque du pétrole. Il faut que le public, partout, pose les questions qui dérangent, les questions qui tueront une grande partie des revenus de l’oligarchie criminelle aux manettes.
Les scientifiques russes et ukrainiens, le Pr. Kenney, William Engdahl, nous, et tous ceux comme le SF qui relaient cette information vitale et censurée depuis des années, remplissent leur devoir de vérité envers l’humanité. Que cette information devienne générale et ce sont des millions de vie qui seront sauvées, ce seront autant de guerre qui ne seront plus menées pour une commodité énergétique n’ayant plus aucune valeur (ce qui ne résoudra pas le problèmes des produits dérivés rapportant des milliards à la pétrochimie, contrôlée par le même cartel criminel bien entendu, mais on peut produire des polymères dérivés depuis du pétrole synthétique, il y a toujours une solution quand on veut vraiment…).

Qu’on se le dise !!

~ Résistance 71 ~

 Rex Tillerson, mythes, mensonges et guerres autour du pétrole

William Engdahl | 29 janvier 2017 | URL de l’article en français : http://lesakerfrancophone.fr/rex-tillerson-et-les-mythes-mensonges-et-guerres-autour-du-petrole

Rex Tillerson, l’ancien PDG du géant pétrolier ExxonMobil, n’a pas été désigné secrétaire d’État en raison de son expérience diplomatique. Il est là parce qu’il est évident que les patriarches qui sont derrière le projet Trump, Warren Buffett, David Rockefeller, Henry Kissinger et d’autres, veulent une personne venant de la grande industrie pétrolière pour guider la politique étrangère américaine pendant les quatre prochaines années. À peine devenu président, Trump a donné son feu vert aux controversés pipelines KeystoneXL qui ne livreront pas de pétrole étasunien, mais les coûteux sables bitumineux canadiens. Son Agence de protection de l’environnement adopte une attitude amicale face aux dangers environnementaux dus à la production de gaz de schiste. Mais le plus important, avec le secrétaire Tillerson, est que les États-Unis planifient une réorganisation majeure du contrôle du pétrole, revenant à la déclaration souvent citée de Kissinger : « Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez des nations entières ou des groupes de nations. »

Lire la suite sur Résistance71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/02/05/resistance-politique-et-economique-la-verite-sur-le-petrole-abiotique-et-lescroquerie-du-pic-petrolier-mettra-fin-a-une-grande-partie-des-guerres-imperialistes/

Alors sur ce blog c’est peu de dire que je relaye sans relâche la résistance aux controversés pipelines Keystone XL ou DAPL cité plus haut ici et Trump niant même face caméra quelque contestation que ce soit à ce sujet !

C’est à vous de voir mais la Nature est là pour se rappeler à nous…

JBL1960

Donald Trumpé ?

N.O.M. DE N.O.M. !

Donald Le Trumpeur se serait Trumpé sur toute la ligne ?

Étonnant non ? N.O.M. !

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Anticipation politique : Rencontre, briefing (fictif?) de Trump avec un « conseiller »…

Peut-être bien plus près de la réalité qu’on voudrait bien le croire… La mascarade politique et électorale est à son comble, partout. Boycott de toute cette fange ! Union pour la confédération des communes libres dans une société des sociétés. Nous (la société) n’avons AUCUNEMENT besoin de l’État… c’est LUI qui a désespérément besoin de nous. Nuance… énorme nuance … Débarrassons-nous de l’inutile, de l’obsolète, le seul véritable progressisme réside dans ;e changement radical de paradigme politico-social, tout le reste n’est que pisser dans un violon et en attendre la 5ème de LVB.

~ Résistance 71 ~

URL de l’article sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/02/27/anticipation-politique-rencontre-briefing-fictif-de-trump-avec-un-conseiller/

Quel sera l’incendie du Reichstag de Trump ?

James Corbett |  25 février 2017 |  URL de l’article : https://steemit.com/news/@corbettreport/what-will-be-trump-s-reichstag-fire

Illustration du billet de jbl1960blog issue de l’article original en anglais

 ~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Bonjour Mr le président. Merci de m’accorder ces quelques minutes d’entretien aujourd’hui. Je comprends que votre temps est précieux, alors permettez-moi d’aller droit au but: Vous pensiez que cette complète mascarade électorale allait faire de vous le “leader du monde libre” n’est-il pas ? Que vous seriez maintenant en charge du pays et que vous pourriez faire ce que vous voulez c’est çà ? Ha ha ha ha ! Ouais, ils pensent tous çà au début. (NdT: sauf ceux qui savent dès le départ comment çà se danse, Trump est-il de ceux-là ?…)

Bon, maintenant que ce délire est retombé comme un soufflet, comment trouvez-vous la réalité des choses ? Pas si terrible hein ? Vous espérez pouvoir gouverner juste par décrets non ?

Et ben, si je vous disais que c’est possible ! Débarrassez-vous des tribunaux “Obtenez un blanc-seing du Congrès ! Foutez à la poubelle cette satanée constitution, çà vous intéresserait ?

Bien entendu. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui Mr le président, écoutez-moi donc.

Vous avez besoin de sortir du chapeau une manœuvre de Mukden, un truc à la sauce Golfe du Tonkin, un incident de Gleiwitz, un Lavron lark ou une machination de Moscou.

Vous savez… Un faux-drapeau quoi !

On vous a esquissé quelques possibilités à étudier, les voici:

Vous avez déjà “averti l’Iran” au sujet de leur essai de missile balistique récent. Excellent ! Vous comprenez mieux que personne que le public est bien trop ignorant pour savoir que ce test n’est aucunement une violation de la résolution 2231 du CS de l’ONU. Ce qui est le plus important c’est que le public CROIT que les Iraniens sont en train de violer d’une certaine façon l’accord sur le nucléaire et que ceci implique des missiles ou quelques trucs que ce soit de cet acabit. Continuez ce bon boulot !

Ensuite, vous devez faire croire aux gens que l’Iran est en train d’attaquer les Etats-Unis avec ces missiles. Ils n’attaquent pas les USA ? Ils n’attaquent personne ?… Pas de problème ! Fabriquez un évènement, littéralement quiconque attaque n’importe qui dans le monde et dites que c’est une attaque de l’Iran sur les États-Unis!

Je sais que plein de gens ne se prêteraient pas à sortir un mensonge aussi flagrant, mais c’est ce que j’aime particulièrement chez vous cher monsieur, vous n’avez aucune peur de mentir, aucun trouble avec le méga mensonge. C’est de çà qu’a besoin le pays. La façon dont vous avez convaincu Sean Spicer de mentir directement à la face du public en lui faisant dire que l’Iran avait tiré des missiles sur un navire de l’US Navy était un coup de maître. Qui d’autre que vous aurait pu penser à prendre une attaque des rebelles Houthis du Yémen sur une frégate saoudienne et retourner l’évènement pour en faire une attaque de l’Iran sur un vaisseau américain ? C’est tellement incroyable que seul le public américain pouvait gober un truc pareil !

Et maintenant vous avez juste besoin du coup de grâce (en français dans le texte original). On a retrouvé un vieux plan d’il y a une dizaine d’années, vous savez du temps de l’administration du président Dick Cheney ?

Quoi ?… du président Bush ? Hahahahaha, elle est bien bonne, excellent monsieur.

Donc, oui, à cette époque, le président Cheney avait suggéré de déguiser des commandos des forces spéciales américaines en Iraniens, de maquiller un navire américain en navire iranien et de faire attaquer un vaisseau de l’US Navy. C’est peut-être un peu trop osé même pour ce gouvernement, mais c’est faisable. Ou on peut juste continuer de pousser sur la ligne Houthis-Iran-Saoudiens-États-Unis. Ou on peut créer un autre “incident du Tonkin”. Vous savez qu’on a déjà fait les essais de ce plan avec le “Mason” à l’automne dernier. Les derniers sondages publics effectués montrent que le public a tout avalé : appât, hameçon, ligne et bouchon, la totale, donc c’est une option qui est vraiment toujours sur la table.
Une autre option pour un faux-drapeau spectaculaire est évidente: Une opération cybernétique fausse-bannière. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que nous avons conditionné le public pour qu’il s’attende à une attaque cybernétique majeure. La compromission d’un million de cartes de crédit ici, une mystérieuse opération de hacking banquier là, une rumeur d’attaque cybernétique sur des centrales électriques qui ne se sont jamais produites (mais Hé, blâmons les Russes au passage…).. Vous savez comment çà se danse…

Maintenant Mr le président, parmi votre excellent choix de va t’en guerre, de banquiers et de sbires de l’establishment pour votre cabinet, je dois spécifiquement vous féliciter pour le choix de Rudy “le boucher de New York” Giuliani en tant que votre conseiller à la cybersécurité. C’est brillantissime à tous les niveaux. D’abord, le type n’a absolument aucune éducation, aucun entraînement, ni aucun intérêt dans la technologie de pointe ou dans la sécurité cybernétique, comme ça il ne risquera pas de faire faire quelque progrès que ce soit dans les problèmes actuels. Secundo, il est un parfaitement légitime suspect des attentats du 11 septembre 2001 !! Il a admis sa connaissance préalable des effondrements des tours ! Qui peut le mieux couvrir et maquiller le prochain faux-drapeau que l’homme qui a couvert le dernier ! Comme en poésie, ça rime !…

Et notre prochaine option sur la liste coule aussi tellement de source. Vous vous rappeler quand le juge a abrogé votre décret anti-immigration ? Non, la première fois et vous aviez touité:

“Je ne peux pas croire qu’un juge ait pu mettre notre pays en tel péril. Si quelque chose arrive, blâmez le et le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais !”

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) February 5, 2017

Incroyable ! On dirait que vous avez reçu un entraînement formel sur le comment faire son petit faux-drapeau… Ça s’écrit tout seul. Demandez au FBI de trouver un réfugié syrien à financer, à entraîner et à encadrer tout du long, choisissez une cible et aidez le à l’attaquer ou mieux, faites l’attaque vous-même et piégez-le. Le meilleur est que si quelque chose foire à un moment donné, on peut toujours lui sauter sur le râble avant que le merdier ne pète et on peut le jeter à tout jamais. Je pense que vous connaissez bien le script de ce truc maintenant.

En fait, c’est une suite sans fin de trucs qu’on pourrait sortir du chapeau. Une attaque EMP (Electro-Magnetic Pulse) est une de ces vielles cartes dont on ne se lasse jamais, on a çà en stock depuis des années ou alors une attaque terroriste biologique. Vous pouvez toujours sortir celle-là de votre chapeau.

Vous savez bien comment çà marche. Tout cela dépend juste de la façon dont on veut que ça vire. On veut commencer un truc avec l’Iran ? Hop, une attaque Houtie sur une frégate saoudienne et kaboum, vous avez votre guerre. On veut une répression domestique ? Une attaque style 11/9 cybernétique et hop… on a notre Patriot Act électronique. On veut pousser une nouvelle ère de contrôle biométrique des frontières ? Suffit de pincer un homme de paille réfugié… La Corée du Nord… Pan, une attaque EMP. On veut un nouveau croquemitaine du terrorisme de l’ombre contre lequel on mènera une nouvelle guerre sans fin ? Hop, un p’tit coup de terrorisme biologique. Vous pouvez même essayer des cocktails de tout çà. Vraiment, les possibilités sont sans fin…

… Pardon, vous dîtes ?… Et votre opinion ?… Vous êtes vraiment une personnalité Mr le président, je vous l’accorde. Croyez-vous vraiment que vous pouvez avoir une opinion sur tout çà ? Que votre avis compte ?… Croyez-vous vraiment que je suis ici pour vous demander votre avis ? Vraiment ?… très fort monsieur, très fort. Non, je suis ici pour vous dire quelques unes des options que NOUS considérons. Ainsi, lorsque le temps arrivera, où que vous soyez, quoi que vous fassiez à ce moment là, par exemple que vous soyez assis dans une salle de classe pleine d’enfants en train de lire une histoire de biquette, vous saurez rester assis bien tranquillement et vous attendrez vos ordres à venir bien gentiment.

Est-ce que je me fait bien comprendre ?…

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Oui, reçu 5/5 ! Aussi, appelons au boycott total, parce que se profile la même chose en France dans moins de 2 mois… Et je vous rappelle juste que l’on est sous état d’urgence, et qu’on y restera !

Pour que plus rien ne rentre dans les urnes, ni vos rêves, vos illusions et par voie de conséquence nos vies ► Pour que plus rien ne rentre dans leurs urnes…

Tenez, dans cette PAGE de mon blog, en PDF des lectures pour permettre cette ; Union pour la confédération des communes libres dans une société des sociétés ► LES PDF DE JBL1960

JBL1960

LES FEMMES INDIGÈNES DONNENT LEUR AVIS

Les femmes « Membres du Conseil des Femmes » donnent leur avis.

Les femmes détentrices du titre de la terre avertissent !

Celles qui devaient, absolument, être empêcher de procréer et qui disparaissent, aujourd’hui encore, dans l’indifférence quasi générale, dont les meurtres restent impunisL’AUTOROUTE DES LARMES

L’assaut a été donné à Sioux Standing Rock et Mohawk Nation News nous transmet l’avertissement des Femmes qui détiennent un titre de la terre. Et exceptionnellement, j’en ai fait la traduction car il est déterminant, presque vital pour moi, que la voix des Natifs, ici par l’intermédiaire de la Nation Mohawk, soit relayée, amplifiée dès aujourd’hui.

MNN | 24/02/2017 | URL de l’article original en anglais ► http://mohawknationnews.com/blog/2017/02/24/women-titleholders-give-notice/

Traduction de l’anglais par Jo de JBL1960 

Les femmes détentrices du titre de la terre avertissent

MNN. Fév. 24, en 2017. Tout le monde peut voir les horreurs, les atrocités  commises par l’armée américaine US à Standing Rock pour tenter de tuer les défenseurs et protecteurs de l’eau qui résistent contre l’achèvement des travaux du DAPL. Les armes automatiques sont pointées directement sur nous. Les forces armées en présence sont là pour continuer le génocide de notre peuple.

Le kohtihon’tia:kwenio, les femmes détentrices du titre de l’île de la Grande Tortue, donnent leur avis ; Nous sommes dans l’obligation de préserver et de protéger la terre pour les générations futures.

Nous sommes mandatées pour informer les envahisseurs étrangers [NdJBL : Ceux que j’appelle les Zuniens ou les Colons de papier.] et leurs agents qu’ils doivent respecter notre liberté de vivre et de voyager sans encombre sur nos terres.

Nous venons de la création. Nous avons survécu aux meurtres de masse dans le plus grand holocauste de toute l’humanité ; à la guerre chimique et biologique, à la famine, la torture physique et mentale, les mensonges, l’ignorance et le génocide par la loi. [NdJBL : voir MEURTRE PAR DÉCRET].

Les États-Unis, le Canada et le Mexique sont des corporations coloniales privées fabriquées se tenant illégalement sur nos terres. Ce sont des «franchises» bancaires de l’Europe, et non des gouvernements, qui ont illégalement divisé nos terres et nos ressources. Ils ne pourront jamais devenir souverains sur notre terre.

Seuls NOUS, avons l’autorité souveraine. Nous avons de vieux accords et alliances entre tous nos peuples.

La Charte des Nations Unies exige le respect des principes de l’égalité des droits et de l’autodétermination. Les différends doivent être résolus pacifiquement.

Les « franchises » violent les normes internationalement reconnues pour le respect des droits politiques du Peuple énoncées dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention sur la prévention du génocide, la Convention des Nations Unies sur les droits économiques, des droits culturels et d’autres instruments juridiques internationaux.

La résolution 1541 [XV] de l’Assemblée générale exige le consentement éclairé des personnes avant qu’elles ne soient incluses dans un autre État ; Et la Cour internationale de Justice a affirmé ce principe dans l’affaire du Sahara occidental. Nous ne sommes pas et ne ferons jamais partie des États coloniaux qui sont accroupis sur notre terre.

Selon l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, sections 1 et 2, tout peuple a droit à une nationalité. Aucune nation ne peut changer l’identité d’une autre nation en imposant une législation étrangère. Nos voyages, le commerce et le commerce doivent être sans obstacle dans toute l’Amérique connue sous le nom de l’hémisphère occidental, que nous appelons l’île de la  Grande Tortue.

L’ignorance de nos points de vue sur nous ; Notre terre, nos ressources, l’air, l’eau et toute vie sont universellement reconnus comme illégales.

Les squatters ne peuvent pas arbitrairement transformer quelqu’un en sujets de leur corporation sans notre connaissance ou notre consentement.

Nous parcourrons librement toutes nos terres, passons et re-passons par tous moyens par la terre, par la navigation intérieure ou par les airs et sur tous nos territoires. Les taxes, droits et tous les frais que les étrangers nous réclament sont « illégaux ». Nous chasserons et pêcherons n’importe où sur tout notre territoire. [NdJBL : En français on dirait « à pied à cheval et en voiture » non ?]

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée par la majorité des États. Nous sommes égaux à tous les autres et avons droit à la pleine jouissance de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales.

Nous demandons à la société de colonisation de désarmer et d’arrêter immédiatement de détenir, de meurtre, de torturer, de violer, de nous voler, de harceler et de nous inculper dans leur loi illégale imposée par l’Amirauté du système judiciaire des mers. Ils doivent faire valoir leurs préoccupations auprès du gouvernement traditionnel onkwe’hon:weh.

La torture est préméditée, systémique et scientifique visant à briser notre dignité, notre tissu social et à fomenter la terreur au sein du peuple. [Lien vers le PDF du contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation « Meurtre Par Décret » Le crime du Génocide au Canada, en françaishttps://jbl1960blog.files.wordpress.com/2016/06/mpdtr710616.pdf ]

Les tribus de marionnettes et les conseils de bande imposés par la corporation/US sont des traîtres.

Le Canada, les États-Unis et le Mexique et d’autres franchises coloniales doivent cesser et arrêter de violer l’autorité des propriétaires des terres de l’île de la Grande tortue.

Notre devoir est de protéger notre intégrité physique et nos droits légaux.

Les menaces, le meurtre et la torture n’ont pas leur place dans les relations internes ou internationales d’aucun peuple. Les principes de la grande paix et de la haine, sont les véritables lois de onon’ware:keh.

Nous demandons à la société Entrepreneuriale et Corporatrice USA/CANADA/Mexique de libérer immédiatement l’île de la Grande Tortue.

Sitting Bull, Crazy Horse, Gall et les autres ont sauté sur leurs chevaux pour tenir tête à  leur ennemi sans crainte. Ils se sont battus pour les générations à venir.

Jimi Hendrix sings about fighting for freedom : “You got my pride hanging out of my bed. You’re messing with my life, so I brought my lead. You’re even messing with my children, and you’re screaming at my wife. Get off of my back f you want to get out of here alive. Freedom, that’s what I want now. Freedom, that’s what I need now”. http://www.vevo.com/watch/jimi-hendrix/Freedom/USQX91502874

http://bsnorrell.blogspot.fr/2017/02/oceti-sakowin-camp-being-raided.html

http://bsnorrell.blogspot.fr/2017/02/oceti-sakowin-camp-being-raided.html

Traduction de l’anglais par Résistance71 publiée ce jour, 26 février, plus complète et d’un niveau bien supérieur à ma traduction à lire en suivant ce lien ► https://resistance71.wordpress.com/2017/02/26/resistance-au-colonialisme-ile-de-la-grande-tortue-amerique-du-nord-avertissement-des-femmes-detentrices-du-titre-de-la-terre-mohawk-nation-news/

Dans ce billet de blog ► Tranchons la tête du Serpent Noir, la Nation Mohawk, expliquait en détail pourquoi et comment résister à Sioux Standing Rock était nécessaire, vital pour faire tomber l’Empire. Et j’ai rappelé ici-même, il y a peu que nous français, nous étions tout à fait légitimes à les y aider, puisque 4 grandes banques françaises participent au financement du DAPL ; ICI.

Je pense sincèrement que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

Pour que plus RIEN ne rentre dans leurs urnes, ni vos illusions, ni nos vies ; RIEN

JBL1960

Conseil de lecture, sur ce blog ;

Société Celtique, société Gauloise ; Société contre l’État version PDF à télécharger

ADDENDUM AU PDF DES EXTRAITS DU LIVRE & PUBLICATIONS DU DR. A. EZZAT

L’illustration de ce billet est issue de l’article original.

Les vrais chiffres du chômage de 01/2017 ne sont pas fictifs…

NON les vrais chiffres du chômage sont bien réels !

Comme ceux du mois de Décembre 2016 : FESTIVALLS !

Comme l’information judiciaire lancée par le Tribunal Financier, contre le candidat Fillon !

Bon, quand on rapproche ces chiffres de la dernière liste des licenciements mondiaux ; ICI. En même temps, on comprend bien que la bande de « ons » veut le pouvoir pour continuer ses petits arrangements entre amis… Et que « La Maréchal nous voilà » elle veut le pouvoir tout court, parce que « on est chez nous, merde quoi »… Et nous la minorité qui veut arrêter le bouzin en disant NON et par le seul moyen qui existe ; BOYCOTT TOTAL parce que nos vies ne rentrent pas dans les URNES !

Patdu49 | 25/02/2017 | Source Agoravox | URL de l’article source ► http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/vrais-chiffres-chomage-janvier-190094

Vrais chiffres chômage Janvier 2017, 2300 chômeurs de plus, malgré 310400 radiations ce mois

 6 578 400 privés d’emploi et travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 4 500 000 environ d’invisibles qui n’entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses ( chiffres détaillés bas de page ).

Total : + de 11 MILLIONS de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.

Si le chômage baissait de 10 000 par mois (à population active constante) avec des vrais emplois non précaires, on atteindrait alors le plein emploi …. dans 90 ans environ.

Ces chiffres effroyables démontrent qu’il est grand temps de partager le temps de travail, et d’instaurer un revenu de vie garanti, sans contrepartie, et décent, ça sera + utile que d’inventer des emplois qui ne servent strictement à rien, voire parfois qui sont nuisibles à la société et à la santé.

Exemple du ridicule d’aujourd’hui : un mec se retrouve en taule (cout journalier exorbitant ) car faute d’un revenu décent, il a fait un casse, réponse politique des sadiques esclavagistes : on va construire des prisons, on va embaucher des gardiens payés une misère, qui deviendront dépressifs et couteront à la sécu, le mec qui va sortir de taule, sera encore + en rogne et dans la merde à sa sortie.

Moi je préfère, que les 2 mecs, soient avec un revenu de vie décent, même à la pêche à contempler la nature, qui auraient pas envie de bosser, ça coute moins cher à la collectivité, et 2 mecs heureux, toujours mieux que 2 mecs qui gachent leur vie.

 

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, moyenne mensuelle (basée sur 1 trimestre) de Janvier 2017 :

- Défauts d’Actualisation (bugs informatiques + oublis + des découragés non indémnisés) : 207 700, 38,5 % des sorties des listes. (- 3,1 % sur 1 an)

- Radiations Administratives (les punis) : 51 300, 9,5 % des sorties. (+ 17,4 % sur 1 an)

- Autres Cas (morts, suicidés, emprisonnés, expulsés etc) : 51 400 et 9,5 % des sorties. (- 3,2 % sur 1 an)

soit 310 400 radiés des listes (57,5 % des sorties) ce mois (moyenne mensuelle sur 1 trimestre) pour autres motifs que :

- Stages parking : 86 300, 16 % des sorties. (+ 93,9 % sur 1 an)

- Arrêts maladie, maternité, départs en retraite : 39 300, 7,3 % des sorties. (+ 0,3% sur un an)

- Reprises d’emploi déclarées : 103 900, ne représentent que 19,2 % des sorties des listes de pôle emploi. ( + 4,2 % sur 1 an )

Demandeurs d’emploi par catégories :

A : 3 467 900 +0, % ( – 2,5 % sur 1 an ).
B : 716 100 -0,3 % ( + 0,5 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures.
C : 1 302 400 + 1,9 % ( + 9,6 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures.

D : 335 000 -1,4 % ( + 22,3 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc.
E : 420 600 -0,4 % ( – 0,7 % sur 1 an ) contrats aidés etc.

TOTAL : 6 242 000 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 0,3 % sur 1 an, 2 300 chômeurs de plus, par rapport à décembre.

TOTAL, dom-tom compris : 6 578 400

Quelques chiffres qui parlent :

Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) : – 1,8 % sur 1 an.
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 2,7 % sur 1 an.

Chômage des 50 ans et +, + 5,5 % sur 1 an.

1 chomeur inscrit à pôle emploi sur 2 (49,01 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l’emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER)

Le + scandaleux, LE CHÔMAGE INVISIBLE, complètement en dehors des statistiques :

Ne sont pas comptés dans ces 6 578 400 demandeurs d’emploi et travailleurs pauvres occasionnels :

1 000 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 1 840 000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 840 000 environs sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d’autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu’un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d’un demandeur d’emploi en son sein, donc si on parle en nombre d’individus c’est pire.

1 000 000 de foyers bénéficiaires de la prime d’activité (qui remplace le RSA activité qui sont donc sortis des statistiques RSA) environ, sur les 2,45 millions au total (dernier chiffre connu) de bénéficiaires (160€ en moyenne par foyers) , sont en recherche d’emploi stable et non précaire.

+ encore 1 100 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d’accès à un emploi adapté.

+ encore 1 400 000 de SANS-DROITS, qui sont principalement :

- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d’emploi, qui comme vous le savez n’ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.

- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d’allocation chomage, ou 808,46€ d’allocation adulte handicapé, vous n’aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 679,43€ par mois, si vous êtes NON SDF.

- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA ( 473,50€ pour une personne seule ), et qui n’ont pas l’âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse ( 65 ans ) qui s’appelle aujourd’hui « A-S-P-A » (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.

- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)

- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d’emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).

- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d’emploi en parallèle.

– on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 11 MILLIONS demandeurs d’emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.

Sources : Rapport complet de la DARES de 13 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/pi-mensuelle-jaotatiti24.pdf

Rendez-vous la samedi 25 mars 2017, pour avoir les vrais chiffres du chômage de Février 2017.

Voilà ce qu’on pouvait lire hier sur la baisse du chômage de Janvier 2017 dans les Merdias conventionnels :

http://www.leparisien.fr/antony-92160/hauts-de-seine-le-chomage-en-baisse-de-1-4-24-02-2017-6709443.php

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2017/02/25/Chomage-baisse-en-janvier-3013430

Bon, vous le savez, pour ma part c’est la solution à 10% ; C’est à dire que la solution pour nous les peuples du monde ; Un nouveau paradigme sans dieu, ni maitre, mais surtout sans arme, ni haine, ni violence ► Changement de paradigme ; Sans dieux, ni maitres…

Pour la société des sociétés

Parce que le reste, TOUT LE RESTE, c’est comme pisser dans un violon…

Et je suis une fille…

JBL1960

 

 

Pour que rien ne rentre dans les urnes…

Ni vos rêves, ni nos vies…

NOS RÊVES VALENT MIEUX QUE LEUR CAUCHEMAR ;

Et comme je l’ai expliqué dans ce billet ICI dès le 12/08/2016 et déjà avec l’idée que « Nul ne sera Chef de ce changement qui vient » dans les mots de Gustavo Esteva amplifié par La Voie du Jaguar le 16/08/2016 et comprenant l’importance de ce message, qui est surtout qu’il n’y a aucune solution au sein du Système !

C’est ce qu’explique l’EZLN qu’a traduit et publié Résistance71 aujourd’hui sous l’intitulé : Vision zapatiste de l’histoire et symbiose politique…

En traduisant ce texte, on s’est dit qu’on aurait pu l’écrire, bien sûr pas en rapport au contexte zapatiste du Chiapas, mais en rapport à la symbiose de pensée et d’analyse historico-politique… Vous verrez que, sans aucune concertation, même certaines expressions utilisées, résumant la seule conclusion politique qui s’impose à toute personne politiquement éveillée aujourd’hui, sont identiques.
Traduire ce texte nous a particulièrement touché, ceux qui nous lisent régulièrement sauront pourquoi et dans la pseudo-tourmente dans un verre d’eau que suscite ou tente de susciter le grand cirque électoral franchouillard qui bat son plein, nous ne voyons qu’une seule chose à faire, pour quelque temps, c’est de faire silence, comme les zapatistes l’avaient fait en décembre 2012.Le silence pour se faire entendre !
Méditez et faites circuler ce texte, dans cette pourriture de contexte électoral et de climat politique délétère, il en vaut la peine.

A bientôt… (nous répondrons à tout commentaire si nécessaire), jusque là… le silence est d’or…

~ Résistance 71 ~

Les murs au dessus les fissures en bas

(Et à gauche)

Février 2017 | URL de l’article original :http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/02/16/the-walls-above-the-cracks-below-and-to-the-left/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

URL de l’article sur R71 et à lire absolument ► https://resistance71.wordpress.com/2017/02/24/vision-zapatiste-de-lhistoire-et-symbiose-politique/

Ce texte à lire sur R71 donc constitue le meilleur des préambules au très long texte de l’EZLN (et traduit par leurs soins en français) ci-dessous. Car il nous assure que 2017 sera bien l’année du « Réveil » des peuples, de tous les peuples, PAR & POUR NOUS & TOUS ENSEMBLE : ICI & MAINTENANT & D’OÙ NOUS SOMMES…

L’année du déclic en tous les cas…

UNE HISTOIRE POUR TENTER DE COMPRENDRE

17 novembre 2016 | URL de l’article traduit par l’EZLN ► http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/02/23/une-histoire-pour-tenter-de-comprendre/

A la Sexta nationale et internationale :
A celles et ceux qui sympathisent et soutiennent la lutte des peuples originaires :
A celles et ceux qui sont anticapitalistes :
Compañeras, compañeros, compañeroas :
Sœurs et frères :
Ce long texte, nous l’avons fait ensemble avec le Sous-commandant insurgé Moisés, porte-parole et chef actuel de l’EZLN, et en consultant sur quelques détails certaines des Commandantes et des Commandants de la délégation zapatiste qui a assisté à la première étape du Vème Congrès du Congrès National Indigène. 
 
Bien que cette fois, comme à d’autres occasions, ce soit à moi qu’en revienne la rédaction, c’est le Sous-commandant insurgé Moisés qui lit, ajoute ou retire, approuve ou rejette, non seulement ce texte, mais tous ceux qui apparaissent à la lumière publique comme étant des textes authentiques de l’EZLN. A bien des reprises, au long de ces écrits, j’emploierai la première personne du singulier. La raison de cela se comprendra plus loin. Bien que la destinataire principale de ces lignes soit la Sexta, nous avons décidé d’élargir sa destination à ceux qui, sans être ni se situer avec nous, ont des inquiétudes identiques et des efforts similaires. Voici donc :

-*-

NOS CAUCHEMARS NON PLUS.

 Il y a de cela quelques années, la créativité et le génie d’un certain collectif de la Sexta a produit une phrase qui, au cours du temps, a été décernée au zapatisme. Vous savez bien que nous sommes contre le copyright, mais nous n’avons pas l’habitude de nous décerner des paroles ou des actions qui ne soient pas les nôtres. Cependant, bien que nous n’en soyons pas auteurs, la phrase reflète en partie notre ressenti comme zapatistes que nous sommes.
Brandie par la Sexta, dont le scepticisme face au “pouvoir” des urnes électorales institutionnelles a été attaqué (et l’est encore) par des moyens grossiers comme le chantage et les menaces, la phrase va bien plus loin et définit les limites et les carences d’une forme de lutte, la lutte électorale :
“Nos rêves ne tiennent pas dans vos urnes”, disait-on, et dit-on.
Nous, comme femmes et hommes zapatistes que nous sommes, y souscrivions alors… et maintenant. Elle a la vertu de dire beaucoup avec peu de mots (un art aujourd’hui oublié). Mais depuis ce côté-ci du passe-montagne, depuis notre être qui nous sommes, nous ajoutons : “nos cauchemars non plus”.
Certes, nous aurions pu mettre aussi : “et nos mortEs non plus”, mais il se trouve que, en ces temps malheureux, la douleur s’est étendue encore plus loin. La mort naturelle n’est plus la seule responsable de l’éloignement de ceux qui nous manquent aujourd’hui ; comme, dans notre cas, du Sous-lieutenant insurgé d’infanterie Hernán-Omar (qui faisait partie des nôtres depuis avant le soulèvement, et que le cancer a arraché de notre bord, et de celui de sa compañera et de son fils – que nous embrassons spécialement en ce premier anniversaire sans lui-).
Maintenant ce sont, et de manière croissante, les assassinats, les disparitions, les prisons, les enlèvements.
Si vous êtes pauvres, vous êtes vulnérables ; si vous êtes une femme, vous êtes encore plus vulnérable. Comme si le système ne se contentait pas de vous agresser pour ce que vous êtes, et se donnait la macabre tâche de vous éliminer. C’est-à-dire que ce n’est plus seulement une histoire de harcèlement et de violence sexuelle.

Que s’est-il passé dans ce système, pour que devienne “naturel”, voire “logique” (“oui, elles l’ont bien cherché”, dit la société tout entière), non seulement le viol, mais aussi la séquestration, la disparition et l’assassinat de femmes ? Oui, de femmes.
La démocratisation de la haine de genre égalise âges, races, couleurs, statures, poids, croyances, idéologies, militances ou non ; toutes les différences, à l’exception de celles de classes, diluées dans un faute majeure : être femme.
Et voila, à vous de rajouter des circonstances aggravantes, selon votre différence : couleur, stature, poids, indigène, afro-descendantE, fille, garçon, ancienNE, jeune, gay, lesbienne, transgenre, votre manière propre à vous, quelle qu’elle soit. Oui, un système qui se charge non plus seulement de séparer et de mépriser les différences, mais maintenant décidé à les éliminer complètement. Et non seulement à les exterminer, mais à le faire désormais avec toute la cruauté dont est capable la modernité. La mort continue à tuer, mais maintenant avec davantage de sadisme.
 Donc, ce que nous voulons dire, c’est que non seulement il nous manque les mortes et les morts, mais aussi : les disparuEs, les séquestréEs, les emprisonnéEs
Combien des absents d’Ayotzinapa entrent-ils dans combien d’urnes ? Dans quel projet de parti politique les rencontre-t-on ?
Quel logo institutionnel croise-t-on, lorsque l’on pense à ceux qui nous manquent ?
Et si on n’a même pas la certitude qu’ils soient morts ? Et si ce n’est pas seulement l’absence qui fait mal, mais aussi le fait que s’y ajoute l’incertitude et l’angoisse (il a mangé ? il a froid ? il est malade ? il a suffisamment dormi ? Quelqu’un le console ? Est-ce qu’il sait que malgré tout, je le chercherai toujours ?) ?
Dans quelle aspiration à une charge, à un poste, à un gouvernement, y a-t-il place pour les femmes agressées, disparues, assassinées par tout le spectre idéologique ?
Combien de bulletins électoraux valent les enfants assassinés par le Parti d’Action Nationale, dans la garderie d’enfants ABC ?
Pour qui votent les exterminés ? pour le Parti Révolutionnaire Institutionnel et ses répliques mal dissimulées, dans toute l’extension des géographies et des calendriers du Mexique d’en-bas ?
Dans quels décompte de votes apparaissent les persécutés par le Parti de la Révolution Démocratique, accusés du délit d’être jeunes ?
Dans quels partis politiques sont représentées les différences sexuelles persécutées en public et en privé, pour lesquelles il y a comme condamnation l’enfer dans la vie et dans la mort ?
Quels sont les partis politiques institutionnels dont les logos et slogans salissent les murs que doivent sauter des milliers de migrants, hommes, femmes et enfants, pour tomber entre les mains de gouvernants-criminels-entrepreneurs de la traite de personnes ?
Et on pourrait trouver bien des exemples dans des chroniques, des blogs, des reportages, des notes journalistiques, des articles d’opinion, des hashtags, etc… mais il restera toujours la certitude que les faits criminels qui ne sont même pas mentionnés publiquement sont les plus nombreux.
Où est l’urne électorale pour qu’on puisse y exprimer l’exploitation, la répression, la spoliation et le mépris des peuples originaires ?
Dans quelle urne déposer les douleurs et les rages du…
Yaqui, Kumiai, Mayo, Cucapá, Tohono O´odham, Raramuri, Kikapú, Pame,Totonaca, Popoluca, Nahua, Maya Peninsulaire, Binizáa, Mixteco, Hñähñü, Totonaca, Mazateco, Purépecha, Mixe, Chinanteco, Mazahua, Me´phaa, Téenek, Rarámuri, Chontal, Amuzgo, Ópata, Solteco, Chatino, Papabuco, Triqui, Cora, Cuicateco, Mame, Huave, Tepehuano, Matlatzinca, Chichimeca, Guarijío, Chuj, Jacalteco, Lacandón, Comc´ac, Wixárika, Kanjobal, Chontal, Chocho, Tacuate, Ocuilteco, Kekchí, Ixcateco, Motocintleco, Quiché, Kakchiquel, Paipai, Pápago, Cochimí, Ixil, Kiliwa, Aguacateco, Mame, Chol, Tzotzil, Zoque, Tojolabal, Tzeltal ?
Où tout cela peut-il tenir ?
Et quand est-ce qu’en réajustant les critères, la dictature de la terreur et sa logique perverse qui envahit tout ont-elles obtenues leur autorisation légale ?

J’ai eu de la chance, dit n’importe quelle femme ou homme détroussée dans la rue, à son domicile, au travail, ils ne m’ont pas tiré dessus-mis un coup de couteau.
J’ai eu de la chance, dit n’importe quelle femme tapée et violée, ils ne m’ont pas séquestrée.
J’ai eu de la chance, dit l’enfant soumis à la prostitution, ils ne m’ont pas brûlé vif.
J’ai eu de la chance, dit le gay, la lesbienne, le transsexuel, ou l’AutrE avec les os cassés et la peau lacérée, ils ne m’ont pas assassinéE.
J’ai eu de la chance, dit l’ouvrier, l’employée soumisE à des heures supplémentaires de travail et un salaire plus réduit, ils ne m’ont pas licencié.
J’ai eu de la chance, dit le leader social torturé, ils ne m’ont pas fait disparaître.
J’ai eu de la chance, dit le jeune étudiant assassiné et jeté dans une rue, ma famille n’aura pas à me chercher.
J’ai eu de la chance, dit le peuple originaire spolié, ils ne m’ont pas exterminé.
Quelle enquête prend en compte la destruction de la Terre ? Pour qui votent les eaux polluées, les espèces animales traquées jusqu’à leur extinction, la terre stérile, l’air infecté ? Où met-on le bulletin d’un monde agonisant ?
Donc vous avez raison : “Nos rêves ne tiennent pas dans vos urnes”.
Mais nos cauchemars non plus.
Chacun peut être responsable de ses rêves. Il reste à demander des comptes à celui qui est le responsable de nos cauchemars. Il manque ce qu’il manque…

UN “OUI”, PLUSIEURS “NON”.

Oui, la proposition initiale et originale est nôtre, de l’ezèdélène. Nous, hommes et femmes zapatistes, l’avons fait connaître aux déléguées et délégués du Cinquième Congrès du Congrès National Indigène. Cela a eu lieu les 9, 10, 11 et 13 octobre de l’année 2016, au siège du CIDECI-Unitierra, à San Cristobal de Las Casas, Chiapas, Mexique. Il y avait à ces dates-là des déléguées et délégués de collectifs, organisations, quartiers, tribus, nations et peuples originaires des langues amuzgo, binni-zaá, chinanteco, chol, coca, náyeri, cuicateco, kumiai, lacandón, matlazinca, maya, mayo, mazahua, mazateco, mixe, mixteco, nahua, ñahñu, ñathô, popoluca, purépecha, rarámuri, tlapaneco, tojolabal, totonaco, triqui, tzeltal, tzotzil, wixárika, yaqui, zoque, et chontal. Le 13 octobre 2016, la plénière de ce Cinquième congrès du CNI a décidé de faire sienne la proposition, et de la soumettre à une consultation entre ceux qui en font partie. Le 14 octobre 2016, aux premières heures, le CNI et l’EZLN ont rendu publique cette décision, dans un document appelé : “Que tremble la terre jusque dans ses entrailles”.

-*-

Non, ni l’EZLN comme organisation, ni aucune, ni aucun de ses membres ne va participer pour “un poste d’élection populaire” au processus électoral de 2018.
Non, l’EZLN ne vas pas se convertir en un parti politique.
Non, l’EZLN ne va pas présenter une femme indigène zapatiste comme candidate à la présidence de la République en 2018.
Non, l’EZLN n’a “pas viré de bord” de quelque degré que ce soit, ni ne continuera sa lutte par la voix électorale institutionnelle.
Et donc l’EZLN ne va pas présenter une indigène zapatiste aux élections pour la présidence de la République ? Vous n’allez pas participer directement aux élections de 2018 ?
Non.
Pourquoi non ? A cause des armes ?
Non. Ils se trompent grandement ceux qui pensent que c’est pour ça : nous les zapatistes, femmes et hommes, nous avons pris les armes pour nous servir d’elles, pas pour en être les esclaves.
Donc c’est parce que le système politique électoral institutionnel est corrompu, frauduleux et illégitime ?
Non. Même s’il était transparent, équitable, juste et légitime, les zapatistes n’y participerions pas pour obtenir et exercer le Pouvoir depuis un poste, une charge ou une nomination institutionnelle.
Mais, dans certaines circonstances, pour des questions stratégiques et/ou tactiques, ne participeriez-vous pas directement pour exercer une responsabilité ?
Non. Même si “les masses” nous le demandaient, même si la “conjoncture historique” ait besoin de notre “participation”, même si l’exigaient “la Patrie”, “la Nation”, “le Peuple”, “le Prolétariat”  ou quel que soit le concept concret ou abstrait avancé comme prétexte (et derrière lequel se cache, ou pas, l’ambition personnelle, familiale, d’un groupe ou d’une classe) ; même si l’exigeaient la conjoncture, la confluence des astres, les prophéties, l’indice boursier, le manuel du matérialisme historique, le Popol Vuh, les enquêtes, l’ésotérisme, “l’analyse du concret de la réalité concrète”, l’etcétéra qui conviendrait.
Pourquoi ?
Parce que l’EZLN ne lutte pas pour prendre le Pouvoir.

-*-

Vous croyez qu’avant on ne nous l’a pas offert, ça et plus encore ? Qu’ils ne nous ont pas offert des responsabilités, des postes, des ambassades, des consulats, des voyages à l’étranger “tout inclus”, en plus des budgets qui y sont joints ? Vous croyez qu’ils ne nous ont pas offert de nous convertir en un parti politique institutionnel, ou de rentrer dans l’un de ceux qui existent déjà, ou de ceux qui se formeront, et de “jouir des prérogatives de la loi” (c’est comme ça qu’ils disent) ?
Nous avons accepté ? Non.
Et nous ne nous offensons pas, nous comprenons que l’ambition ou le manque d’imagination, ou la courte vue, ou l’absence de connaissances (et clairement, le fait de ne pas savoir lire), en amène plus d’un à se précipiter pour entrer dans un parti politique institutionnel, ensuite à en sortir et passer à un autre, ensuite à en sortir et en former un autre, et ainsi de suite. Nous comprenons qu’il y en a plus d’un (ou d’une) pour qui l’alibi de “changer le système depuis l’intérieur” marche encore. Pour nous, non.
Mais, en ce qui concerne la direction et les troupes zapatistes, notre refus ne concerne pas seulement le Pouvoir institutionnel, il s’applique aussi aux formes et aux processus autonomes que les communautés créent et approfondissent jour après jour.
Par exemple : aucun insurgé ou insurgée, qu’il ou qu’elle soit du commandement ou bien des troupes ; ni aucune commandante ou commandant du CCRI, ne peuvent être autorités dans une communauté, ni dans une municipalité autonome, ni dans les différentes instances organisatrices autonomes. Ils ne peuvent pas être conseillères, ni conseillers autonomes, ni conseils de bon gouvernement, ni commissions, ni aucune des responsabilités attribuées par assemblée, créées ou sur le point d’être créées au fil de la construction de notre autonomie, c’est-à-dire de notre liberté.
Notre travail, notre tâche en tant qu’ezèdélène, c’est de servir nos communautés, de les accompagner, de les soutenir, pas de les diriger. Les soutenir, oui. Parfois on y arrive. Et oui, c’est vrai, parfois nous sommes une entrave, mais, dans ce cas, ce sont les peuples zapatistes qui nous donnent une gifle (ou plusieurs, selon), pour que nous corrigions.

-*-

Tout cela n’aurait pas besoin d’être clarifié et réaffirmé, si une lecture attentive avait été faite du texte intitulé “Que tremble la terre jusque dans ses entrailles” , rendu public le matin du 14 octobre 2016.
Non, nous n’avons pas participé à la rédaction de la déclaration. Le texte a été rédigé par la commission provisoire nommée par l’assemblée du CNI et ils nous l’ont fait connaître. Nous n’avons pas ajouté ni retiré la moindre virgule, ni le moindre point. C’est tel que l’ont écrit les déléguées et délégués du CNI que nous l’avons fait nôtre.
Mais comme cela se voit, l’analphabétisme fonctionnel ne connaît pas de frontières idéologiques ni de signes partisans, puisque de tout le spectre politique ont surgi un certain nombre d’expressions, de commentaires et d’opinions oscillant entre racisme et stupidité. Oui, nous avons vu une partie des intellectuels de la gauche institutionnelle et certains de la gauche marginale coïncider avec le membre du parti du PAN Diego Fernandez de Cevallos, paladin du “féminisme”, de “l’honorabilité”, de “l’honnêteté”, de “l’inclusion”, et de “la tolérance”, et qui s’occupe désormais, aux côtés d’Antonio Lozano Garcia, la version ésotérique de “La Loi et l’Ordre”, de cacher d’ex(?) gouverneurs en fuite.
Qui oublie la Calderona applaudissant à en devenir fou de rage, lorsque le sus-nommé Fernández de Cevallos, alors candidat présidentiel en 1994, donnait aux femmes le “doux” nom de “bande de gonzesses”, et qu’il appelait les paysans “les sans-caleçons” ? La Calderona est-elle le symbole de la montée en puissance des femmes d’en haut, ou bien le simple prête-nom d’un psychopathe insatisfait ? Cela trompe-t-il encore quelqu’un, qu’il se présente sous son nom de “femme célibataire” ?
 
Comme nous vous le raconterons après, les déléguées et délégués du CNI au Ve congrès avaient averti que le profond racisme qu’il y a dans la société mexicaine était un obstacle pour mener à bien cette initiative.
 
Nous, nous leur avons dit que ce n’était pas seulement du racisme. Il y a aussi, dans la classe politique mexicaine, un profond mépris. Pour celle-ci, les peuples originaires ne sont même plus aujourd’hui un obstacle, un vieux meuble qu’il faudrait jeter aux poubelles de l’histoire en le décorant de citations du Popol Vuh, de broderies multicolores et de rubans d’occasion. La politique d’en haut voit au travers des indigènes, comme si c’étaient les restes des pacotilles de verre oublié par un conquistador quelconque, ou les restes anachroniques d’un passé capturé sous formes de codex, de livres et de conférences “magistrales”. Pour la politique institutionnelle, les peuples originaires n’existent pas, et quand ils “réapparaissent” (c’est comme ça qu’ils disent), c’est qu’il s’agit alors d’une sale manœuvre d’un esprit pervers et tout puissant. 524 ans après, ils ne conçoivent l’indigène que comme incapable, idiot, ignorant. Si les originaires font quelque chose, c’est parce que quelqu’un les manipule ; s’ils pensent quoi que ce soit, c’est parce que quelqu’un les oriente dans la mauvaise voie. Pour les politiciens d’en haut de tout le spectre idéologique, il y aura toujours “un étranger ennemi” derrière les peuples indigènes.
 
Le monde de la politique institutionnelle n’est pas seulement incroyablement fermé et compact, non. C’est aussi là où la “popularité” règne sur la rationalité, la bestialité sur l’intelligence, et l’impudence sur un minimum de décence.
Que les médias commerciaux dupent l’information pour la convertir en marchandise, on le sait déjà, passons. De toutes manières il faut bien que les reporters mangent, et c’est compréhensible que, pour eux, la “coupure de presse” disant que l’EZLN va participer aux élections avec une femme zapatiste se vende mieux que de dire la vérité, c’est-à-dire que c’est le CNI qui va décider s’il participe ou non, avec sa propre déléguée, et qui, si c’est le cas, comptera sur le soutien du zapatisme.
Cela se comprend, le manque d’information est aussi une marchandise. Les reporters et rédacteurs ont gagné leur pain quotidien, ok (oui, de rien collègues, non, non faut pas me remercier, non, sérieusement, bref).
Mais que des personnes qui se disent cultivées et réfléchies, dont on suppose qu’elles savent lire et écrire et qu’elles ont accès à un minimum d’information, qui donnent des cours dans des centres d’études supérieures, qui sont émérites, qui touchent sans faute leurs bourses et leurs salaires, et qui voyagent en vendant de la “connaissance” ne lisent pas ce que le document “Que tremble la terre jusque dans ses entrailles” dit clairement, et qu’ils disent et écrivent toutes sortes de sottises, et bien c’est, comment le dire calmement ?… et bien ça fait d’eux des escrocs et des charlatans.
On dirait que les 140 caractères et la maison de cristal de plomb des médias se sont déjà transformés en un mur qui nie la réalité, qui l’expulse et la déclare illégale. Tout ce qui ne rentre pas dans un tuit n’existe pas, se disent-ils et se content-ils de penser. Et les médias commerciaux le savent : “personne ne va lire avec attention un document de 6 pages, donc faisons un résumé quelconque et les “leaders d’opinion” sur les réseaux sociaux le prendront comme une vérité”. Apparaissent ainsi une série de barbaries qui, d’ores et déjà, précipite une hystérie de suppression qui provoquera, peut-être, l’effondrement de l’immense royaume de l’oiseau bleu .
 
Combien de mépris de la part des peuples originaires méritent ces personnes, qui ne leur concèdent pas même l’existence. Bien que le texte dise clairement : “une femme indigène déléguée du CNI”, la magie de la stupidité efface “du CNI” et le remplace par “de l’EZLN”.
Et ensuite ? Et bien une déferlante de positionnements, de commentaires, d’opinions, de critiques, de disqualifications, de likes et de dislikes, de pouces vers le haut et vers le bas, et même un certain nombre de majeurs levés.
Lorsque quelqu’un qui avait effectivement pris la peine de lire le texte original, fit timidement remarquer que la possible candidate serait du CNI et non de l’EZLN et que, par conséquent, ce n’est pas l’EZLN qui participe aux élections, le monde entier lui tombe dessus : “nan, tout ça c’est une vile manipulation de la face de serpillière”.
Et ensuite ceux qui réclamaient, presque immédiatement, pourquoi on ne “libérait” pas (oui, c’est comme ça que c’était écrit) tout d’abord le Chiapas. Bien sûr, vu que c’est au Chiapas que se trouvent les territoires des Yaquis, Kumiai, Rarámuris, Nahuas, Zapotecos, Mixtecos, Chinantecos, Totonacos, Popolucas, Mayas Péninsulaires, Wixaritaris, pour n’en mentionner que certains. Suite aux premières moqueries, ils ont commencé à rectifier le tir et à, au moins, consulter sur google qui pouvaient bien être ces autres indigènes là “manipulés par la face de chaussettes”, et ils se sont alors rendus compte qu’ils ne survivent pas au Chiapas (ce qui, dit en passant, aurait impliqué que les prouesses manipulatrices du défunt en question surpassent déjà les frontières des “montagnes du sud-est mexicain”).
Après avoir consulté des compas avocats, j’ai demandé au sous-commandant insurgé Moisés, et non. Il n’y aura pas de plaintes devant la CONAPRED (Commission Nationale pour la Prévention de la Discrimination) pour violation de l’article premier de la Constitution politique des États unis mexicains et de la Loi fédérale pour la prévention et l’élimination de la discrimination, ni devant les tribunaux pour divulgation d’information “inexacte et fausse” causant “un tort, qu’il soit politique, économique, d’honneur, de vie privée et/ou d’image”.
Non, nous ne savons pas si le Congrès National Indigène (qui compte dans ses rangs un certain nombre de spécialistes en jurisprudence) procédera au dépôt des plaintes en question.
Nous ne savons pas non plus si les étudiantEs, lecteurs et lectrices, disciples et celles et ceux qui leur paient bourses et salaires procéderont au dépôt d’une plainte judiciaire pour fraude (fraude : mensonge, donner l’apparence de la vérité à ce qui est mensonger), selon les termes de l’article 386 du Code pénal fédéral : “commet le délit de fraude celui qui trompant quelqu’un ou profitant de l’erreur dans lequel celui-ci se trouve, s’approprie illicitement de quelque chose ou obtient un profit excessif”.

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Cependant il y a eu, il y a, et il y aura des doutes et des questionnements légitimes et rationnels (l’immense majorité de la part de compas de la Sexta, mais pas seulement). C’est à ces doutes et ces questionnements que, dans la mesure du possible, nous tenterons de répondre dans ce texte. Il est certain que nos paroles ne seront pas suffisantes. Toutes les critiques formulées depuis tout le spectre politique et idéologique avec un minimum de rationalité, de respect et avec une information véridique, nous les prendrons en compte, si elles sont de notre ressort.
Et il faut ici le mettre au clair auprès de toutes et tous : la proposition n’est plus dans les mains du zapatisme. Depuis le 13 octobre 2016, la proposition a cessé d’être nôtre, et s’est transformée en proposition conjointe, au cours du Cinquième congrès du CNI.
Plus encore : depuis le jour où la consultation du CNI a débuté, l’acceptation, le rejet et/ou la modification de la proposition dépend uniquement et exclusivement des collectifs, organisations, quartiers, tribus, nations et peuples originaires organisés au sein du Congrès National Indigène. Plus de l’EZLN. Le résultat de cette consultation et les décisions qui en découleront, s’il y en a, seront connues lors de la Seconde étape du Cinquième Congrès, les 29, 30 et 31 décembre 2016 et le 1er janvier 2017, dans l’État du Chiapas, Mexique. Ou avant, si le CNI en décide ainsi.

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Bien sûr, vous êtes en train de vous demandez pourquoi nous avons fait cette proposition. Si nous continuons à penser comme nous l’avons dit depuis le début de notre lutte, et nous le ratifions maintenant. Bon, nous vous l’expliquons maintenant.
Quand le Sous-commandant insurgé Moisés m’a dit qu’il m’incombait de faire l’explication à la Sexta, je lui ai demandé comment je devais le faire. “Très simple”, m’a-t-il répondu, “raconte leur ce qu’il s’est passé”. C’est ce que je vais faire…

UNE PETITE ET COURTE GÉNÉALOGIE.

Nous n’avons pas pu préciser la date. Nous sommes tous les deux tombés d’accord que c’est entre les années 2013-2014. Bien que le défunt Supmarcos n’était pas encore défunt, sa mort avait déjà été décidée, le Sous-commandant insurgé Moisés était déjà à la tête de l’EZLN, et les premières observations de l’Hydre commençaient à s’éclaircir.
Je ne sais pas là-bas, mais ici, les idées ne surgissent pas à un moment particulier, ni n’ont d’auteur ou d’auteure précisE. Elles naissent et ensuite, elles se modèlent petit à petit, parfois elles en arrivent à se transformer en une proposition, puis en une initiative. D’autres fois, le plus souvent, elles n’en restent qu’au stade des idées. Pour franchir la limite entre idée et proposition, il faut des mois, des années, voire des décennies. Et, si cela arrive, il suffit que l’idée se concrétise dans la parole de quelqu’un pour que débute son chemin cahoteux.
Cela n’a pas non plus surgi d’une réunion ex profeso. Si vous me pressez de répondre, je dirais que ça a commencé au petit jour, un matin de café et de tabac. Nous analysions ce que les différents postes de vigie détectaient, et les changements profonds qui, bien qu’apparus il y a un moment de cela, étaient déjà manifestes dans les villages et les communautés zapatistes.
Moi, je dis que c’est par le Sous-commandant Moisés que l’idée à fait son chemin. Je suis quasiment sûr qu’à moi, quelque chose d’aussi insensé et absurde ne m’aurait pas traversé l’esprit.
Quoi qu’il en soit, c’est à partir du moment où le SubMoy en a parlé que nous nous sommes mis à y penser sérieusement, avec la fameuse méthode zapatiste de faire retourner et retourner l’idée, jusqu’à arriver là où nous le souhaitons, c’est-à-dire “au jour d’après”.
Commençons par le début, c’est-à-dire par les difficultés et les obstacles. Si les unes et les autres sont suffisamment grandes pour qu’elles soient dignes de défi, alors on passe à la phase suivante : ce qui s’y oppose. Après, et seulement après, on analyse les pour, ce qu’elle a de bien. C’est-à-dire qu’on ne décide pas avant de savoir si ça vaut le coup. C’est-à-dire que premièrement va le quoi, ensuite, tout ce qui s’oppose et tout ce qui va en faveur du comment, ensuite, où et quand (le calendrier et la géographie) et, à la fin du commencement, qui.
Tout cela, ça n’est pas le fait d’une personne, ça s’ouvre petit à petit à des collectifs chaque fois plus nombreux. C’est là que ça se “complète” petit à petit, à partir des questions, premièrement des comités les “plus vieux” (nous nous référons à ceux qui sont les plus anciens et qui connaissent notre histoire de première main), ensuite avec ceux qui se sont incorporés au travail de direction organisationnelle, ensuite à ceux qui participent déjà comme suppléants (c’est-à-dire ceux qui prennent peu à peu la relève des chefEs et chefs) et enfin, à ceux qui sont en formation, “les candidatEs” (c’est-à-dire ceux qui sont en train de se préparer pour faire le travail). Là, je parle déjà de centaines de têtes, de pensées, d’aller-retours de la parole, de l’écoute ; je parle d’un cœur collectif qui va s’élargissant ; en se faisant de plus en plus grand.
L’étape suivante a à voir avec la réponse à la question “Qui va le faire ?”. S’il en incombe aux autorités autonomes, alors la consultation passe par elles ; s’il en incombe aux communautés, alors on fera une consultation générale : à toutes et tous. Si ça ne concerne aucune de ces instances, alors il faut demander à celui qui va le faire, parfois de forme indirecte, parfois directement. Si ce “qui” répond affirmativement, alors on consulte tout le monde, pour définir si oui on le soutient, et comment.
C’est ça que nous avons fait durant 2 ou 3 ans, au moins. C’est-à-dire que l’idée allait et venait, mais sans aller au-delà. Après, ils m’ont demandé de faire un sondage auprès de gens proches. Je l’ai fait.
Bien plus tard, au petit matin de cette année de 2016, le sous-commandant insurgé Moisés m’a appelé et m’a dit : “Il y a un travail, il faut en parler”.
Le ton m’a provoqué de l’inquiétude : la dernière fois que je l’ai écouté, j’ai terminé mort et on m’a fait renaître en une seule journée, il y a un peu plus de deux ans de cela. Je me suis toutefois rendu à la réunion.
Cela devait être le premier janvier de cette année 2016, pour le 22e anniversaire du soulèvement. Il n’y avait personne d’autre dans les bureaux du Commandement général de l’EZLN, que le subMoy occupe depuis déjà plus de 3 ans. Le café était froid, mais il y avait suffisamment de tabac. Il m’a expliqué à grands traits, comme il en a l’habitude : comme s’il pensait à voix haute. Il a exposé les contre, les pour, et il a attendu. J’ai compris que c’était mon tour. L’idée, comme je l’ai déjà expliqué, mûrissait depuis un moment, raison pour laquelle je me suis limité à citer les contre, et à ajouter des questionnements au sujet des pour. Le “qui ?” nous dépassait, et tout ce qui n’a pas à voir directement avec nous, femmes et hommes zapatistes, reste une énigme. Lorsque le SubMoy a répondu à ma question de “qui ?”, avec un laconique, “celui qui fête son anniversaire” (c’est-à-dire le CNI, qui allait fêter ses 20 ans), l’incertain s’est rétrécit : cela faisait deux décennies que nous nous connaissions, et le Congrès National Indigène était l’initiative la plus solide depuis que nous étions sortis au grand jour : le CNI s’était maintenu, avec ses hauts et ses bas, fidèle à son essence, et bien que ses douleurs soient éloignées des médias, il représentait le secteur le plus durement touché par l’Hydre. Cependant, tout cela ne faisait que renforcer les doutes.
“En réalité” lui dis-je, “ce n’est pas possible de savoir ce qu’il va se passer. Cela va faire jaillir de nombreuses complications et certainement, ce qui en aboutira sera, dans le meilleur des cas, une inconnue. Nous ne savons pas si le Congrès National Indigène va accepter, et encore moins si la Sexta va comprendre. Mais bon, les autres de là-bas en haut ne pensent pas, eux réagissent avec le foie, et ils vont détruire des choses qui seront probablement impossible à reconstruire. C’est très risqué. Maintenant précisément, en regardant et en analysant ce qu’il y a là dehors, je te dis que c’est plus probable que ça se passe mal plutôt que ça se passe bien”.
Le Submoy mit de côté la tasse de café et alluma une cigarette. “C’est pour ça, c’est là où toi, tu interviens. Tu sais bien que notre manière à nous est de nous préparer avant tout à ce que ça se passe mal, rappelle-toi de comment s’est passé le soulèvement et tout ce qui s’en ait suivi. Donc si ça se passe mal, nous avons besoin …”
Je me suis précipité pour l’interrompre : “D’un plan alternatif ?”
Il a ri de bonne foi et dit : “Non, nous avons besoin de quelqu’un sur qui rejeter la faute, si ça s’est mal passé”.
A grands traits, le sous-commandant Moy s’est mis à évoquer des bouts du film “la loi d’Herodes” et, alors que je pensais qu’il allait s’arrêter au moment du discours final du député Vargas (l’histoire d’un médiocre qui devient criminel, puis gouverneur, ça vous dit quelque chose ?), il s’est référé au moment du “il y a une bonne et une mauvaise nouvelle”.
(Note de dilettantisme : “La loi d’Hérodes” est un film de Luis Estrada, avec Martin Torres comme adjoint à la direction, histoire et scénario de Jaime Sampietro, Fernando León, Vicente Leñero et le même Luis Estrada, photographie de Norman Christianson, musique de Santiago Ojeda, maquillage de Alfredo Mora et Felipe Salazar. Avec “L’enfer” – de Luis Estrada également, avec dans le casting, dans le rôle du “Cochiloco”, le grand Joaquin Cosio- ce sont les seuls films qui ont réussi à déplacer les films de Jean Claude Van Damme du “top” cinéphile des communautés et des campements zapatistes).
Ensuite, il a ajouté : “Nous avons besoin de planifier d’abord ce qu’on va faire avec la mauvaise nouvelle”.
Il n’en fallait pas beaucoup pour deviner que la mauvaise nouvelle était l’échec de l’initiative. Je ne me réfère pas au fait qu’elle pourrait ne pas avoir de succès en soi, mais au fait qu’elle soit refusée par le CNI, qui, s’il l’acceptait, se convertirait en protagoniste indiscutable de quelque chose qui étourdirait le Mexique et le monde.
Le sous-commandant insurgé Moisés commença à rentrer dans les détails :
“Regarde, la première chose qui va le préoccuper, le CNI, c’est qu’on les accuse de trahir leur parole, de se plonger dans la merde, de se détourner du bon chemin, d’abandonner la lutte. C’est-à-dire de s’être laissés convaincre par le système et qu’ils veulent la rétribution, c’est-à-dire le Pouvoir, diriger, être comme les autres. Qu’ils se sont rendus, qu’ils se sont vendus. Ces critiques, c’est sûr qu’ils vont les avoir, mais je suis sûr qu’ils ont de la tête et de la réflexion pour répondre clairement. Mais le problème, c’est qui va les écouter ? Ils vont être attaqués très durement, et on ne leur donnera pas même l’opportunité de se défendre.
Après quelques heures de questions et de réponses, je lui ai dit : “Mais pour ça ce n’est pas nécessaire que je sois présent. Quelques communiqués suffiront, avec peut-être une interview. Les médias sont comme ça, ils penseront que rien n’a changé, qu’on peut faire pareil. Ceux d’en haut, bon, ils sont tellement prévisibles qu’ils me donnent la flemme. Ils sortiront le truc du protagonisme, de la manipulation, du divisionnisme. Là oui, il se concentreront sur une personne, là-dessus tu as raison. Mais je te le répète, pour ça, ce n’est pas nécessaire que je sois là. Plus encore : ils sont tellement carrés, que même sans dire un seul mot, ils se ligueront contre moi.”
“Non”, répondit le subMoy, “il faut que ce soit toi qui présente la proposition. Pas simplement parce que s’ils te voient là, ils penseront que c’est une manigance de ta part et que la bande opposée va tomber dans le panneau, aussi et surtout, parce que les compas du CNI doivent comprendre que ce n’est pas quelque chose qui ne concerne que les peuples indigènes. C’est plus grand que ça, bien plus grand”.
Alors, après avoir allumé une autre cigarette, il a ajouté :
“Aussi grand, voire même plus, que le premier janvier 1994”.
L’affirmation n’était pas à prendre à la légère, surtout venant de qui la faisait. Le sous-commandant insurgé Moisés n’est pas seulement un vétéran de guerre, il est entré dans l’EZLN bien avant le début de la guerre. Le premier janvier 1994, il a dû assumer la direction d’un régiment, et se charger de la prise de la place centrale de la municipalité de Las Margaritas, en même temps qu’il portait le corps déjà sans vie du Sous-commandant insurgé Pedro. Des années plus tard, il s’est chargé des communautés zapatistes. Le 26 octobre 2010, il a été promu au grade de Sous-commandant insurgé, le plus haut dans la hiérarchie militaire de l’EZLN. En 2012, “le jour de la fin du monde”, ce fut lui qui organisa et qui coordonna la mobilisation silencieuse de plus de 40 000 hommes, femmes, enfants et anciens zapatistes qui, à cette date, ont surpris le monde entier. Le 14 février 2013, il a assumé le rôle de porte-parole et de direction du zapatisme. Depuis lors, toute notre parole publique et n’importe quelle initiative nationale ou internationale doit obtenir son aval.
Et il a eu, et il a raison : l’engagement est tel, et à la fois si terrible et merveilleux, que cela pourrait être plus grand encore que ce fameux premier janvier de l’année 1994 qui nous a marqué de manière indélébile.
“Même si le CNI rejette la proposition, le simple fait de se mettre à penser, à discuter, à dialoguer, ce ne sera plus pareil, car on passera du “C’est cela qu’ils nous font” à “nous allons faire quelque-chose”, et cela, ça débouche déjà sur une autre réflexion”, a continué à dire le Sous-commandant insurgé Moisés.
“Ils ne seront plus seuls, ni seules” a-t-il dit, quasiment à la fin, “en plus de nous, ils auront de leur côté les arts et les sciences”.
Avant de me retirer, je lui ai demandé pourquoi le Congrès National Indigène. Le Sous-commandant insurgé Moisés se leva pour m’accompagner jusqu’à la sortie, et me répondit :
“Car ce sont les seuls qui peuvent faire ce que nous, nous ne pouvons pas”.
Après, il s’est passé ce qu’il s’est passé. Les enseignants démocratiques ont mis leur rébellion en berne, les peuples originaires ont continué à encaisser des coups, des spoliations et des actes de mépris, l’Hydre a continué à dévorer des mondes, et le pARTage a jailli en une explosion de couleurs, de sons, de formes et de mouvements qui n’ont été rien d’autre que le prélude à ce qui allait arriver par la suite : un tremblement terrible et merveilleux.
La veille encore, je demandais au sous-commandant Moisés si il y avait le moindre changement. “Effectivement comme nous n’avons dit, prépares-toi à faire ta sortie”, m’a-t-il répondu, sans rien rajouter de plus.
Nous sommes arrivés le 9 octobre au CIDECI, au moment où l’après-midi étendait déjà ses vêtements tachés sur les arbres et les maisons. Plus tard, lorsque la nuit fut déjà maîtresse et seigneure du calendrier et de la géographie, arrivèrent les délégations du CNI, en ordre dispersé. Le chemin qu’ils avaient à parcourir n’était pas des moindres.
Nous avions suivi avec attention tout et chacun des processus en cours au sein du CNI, leur parole publique, et leur parole privée. Le CNI est l’unique espace où les originaires peuvent se faire écouter. Nous savions déjà qu’au décompte des assassinés, des disparus, des emprisonnés, des molestés, s’ajouteraient maintenant les cadavres de territoires entiers.
“Lorsqu’un territoire d’un peuple, d’une nation, d’une tribu ou d’un quartier originaire est spolié ou détruit”, disait le Grand Tata Juan Chávez Alonso, un indigène purépecha qui a été maître et guide du CNI et de l’EZLN, “alors meurent avec lui les originaires qui y prennent racine et maison. Et quand meurt un peuple originaire, un monde s’éteint”.
Nous savions déjà alors que, dans les tables de travail et les rapports de ce congrès, moins de mondes seraient présents. Ils n’étaient pas peu nombreux, ceux qui viendraient pour dire adieu, bien qu’ils ne le sachent pas encore.
“Il est temps de commencer”, m’a dit le Sous-commandant insurgé Moisés, “il faut partager la responsabilité”

NAISSANCE D’UNE PROPOSITION

Le 9 octobre 2016, alors qu’il faisait déjà nuit, nous avons demandé à avoir quelques premières réunions avec ceux qui arrivaient. Nous nous sommes réunis dans un lieu isolé des installations du CIDECI-Unitierra. La délégation zapatiste s’est assise face aux déléguées et aux délégués du CNI qui étaient en train d’arriver. Permettez-moi de vous parler un peu de la délégation zapatiste : ils étaient 34, 17 femmes et 17 hommes ; parmi elles et eux, 7 seulement étaient “des ancienEs” ; le reste, 27, étaient des commandantes et commandants qui étaient enfants et adolescents lorsque nous nous sommes soulevés le premier janvier 1994.
Nous nous sommes salués d’une poignée de main. ToutEs se sont assis, sauf le Sous-commandant insurgé Moisés et moi. Il m’a fait un signal.
J’ai commencé à parler, en essayant de rappeler tout ce dont nous avions parlé auparavant, en expliquant ce que, à quelques mots près, j’allais répéter le lendemain 10 octobre, durant la plénière à portes closes, et ensuite durant la plénière ouverte du 13 octobre :
“Nous pensons que nous avons une décision à prendre en tant que CNI et EZLN. Nous devons décider si ce Cinquième congrès sera comme d’autres réunions, où nous faisons part de nos douleurs, parlons de nos résistances, nous plaignons, maudissons le système, déclarons que nous n’allons pas nous rendre, et rentrons chacun sur nos terres pour y continuer le décompte des agressions, des spoliations, des injustices, des morts.
Notre douleur arrive chaque fois à de moins en moins de personnes. Nos morts ne trouvent pas le même écho qu’auparavant. Et ce n’est pas que les gens d’en dehors soient devenus cyniques ou apathiques. C’est que la guerre que nous subissons depuis un certain temps en tant que peuples originaires, est arrivée jusqu’à eux. Qu’elle est arrivée jusque dans leurs rues, dans leurs maisons, dans leurs écoles, sur leurs lieux de travail. Nos douleurs sont maintenant une douleur de plus parmi tant d’autres. Et, bien que la douleur s’étende et se fasse plus profonde, nous sommes encore plus seuls qu’auparavant. Chaque fois, nous allons être de moins en moins.
 
Bientôt le CNI ne pourra plus se réunir, car il ne pourra plus sortir de ses territoires, que ce soit à cause du coût, à cause du mauvais gouvernement, à cause des entreprises ou à cause de la criminalité, que ce soit parce que la mort naturelle ou bien la mort mauvaise l’en empêche. Un peu plus tard, nous ne parlerons plus qu’entre nous- mêmes, en sachant déjà à l’avance ce que nous allons dire.
Vous, déléguées et délégués du CNI, vous êtes là parce que vous avez été mandatés, parce que vos peuples, nations, tribus et quartiers cherchent un soutien, une parole et une écoute qui les soulagent et les réconfortent. Vous venez pour parler et pour écouter. Vous vous devez à vos peuples, et à personne d’autre. Tout va très mal et, vous le savez tout comme nous, ça va être pire. Vous devez faire quelque chose.”
Je leur ai alors raconté une anecdote qui était arrivé au défunt supMarcos, au moment de l’Autre campagne, il y a 10 ans.
Il racontait que, dans une nation originaire du nord-ouest du Mexique, il s’était réunit avec un chef indigène. Comme à d’autres occasions, le défunt avait été critiqué, parce que le chef en question avait reçu auparavant des gouvernements institutionnels. Le défunt fit savoir que lui n’avait pas été envoyé pour juger et condamner ou bien pour absoudre, mais qu’il devait écouter, car un jour cela serait utile. Le chef indigène le reçut à part et en privé.
Le Chef dit au défunt : “je sais bien qu’ils ne voulaient pas que tu te réunisse avec moi, qu’ils ont insisté pour que tu ne sois pas ici présent. Moi aussi, ils ont insisté pour que je ne te reçoive pas. Je ne sais pas pourquoi tu es ici. Je m’imagine que ceux qui t’ont envoyé t’ont dit cela, que tu nous voies et que tu nous écoutes. Je ne sais pas. Mais je vais te dire pourquoi je t’ai reçu. Moi j’ai reçu les gouvernements. Il en est venu de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Ils arrivent, ils se prennent leur photo, prononcent quelques mots, partent, ne reviennent pas. Moi je les ai reçu car mes ancêtres m’ont dit que mon devoir était de m’assurer que les miens, mon peuple, ne meurt pas, qu’il survive. C’est pour ça que je les ai reçu à ceux là, c’est pour ça que je te reçois, toi. Je ne crois pas que tu ne m’apportes ni des conseils, ni des enseignements, bien que ce soit bien que tu ne cherches pas la photo, et que tu écoutes au lieu de parler. A ceux-là, je les ai reçu parce que je pense qu’ainsi mon peuple survit un peu plus longtemps et ne meure pas. C’est pour cela que toi je te reçois, car je crois que quelque chose se verra de ce que nous sommes, et ce regard, bien que ce soit pour peu de temps, aidera mon peuple à survivre.” Le défunt annota tout dans son carnet, c’est pour ça qu’il avait parfaitement les paroles du chef indigène. 
Après ces paroles, le chef est resté silencieux. Le défunt demanda alors permission de lui parler. Le chef lui concéda la parole. Le défunt dit plus ou moins (il n’a pas pu noter les paroles dans son cahier, parce qu’il ne pouvait pas parler et noter en même temps) : “Merci de me recevoir. J’ai seulement une question : ne vous sentez-vous pas préoccupé de pouvoir vous être trompé, c’est-à-dire que, en recevant les gouvernements ou bien en me recevant, vous n’ayez pas aidé votre peuple à ne pas mourir, et que vous soyez jugé comme un mauvais chef ?”
Le chef indigène attendit de voir si c’était toute la question, et répondit ensuite : “Moi, seul mon propre peuple peut me juger. Si mon peuple me condamne pour ce que j’ai fait et ce que je fais, ça veut dire que je ne me suis pas trompé. Car pour qu’il me juge et me condamne, il faut que mon peuple ait survécu. J’aurai ainsi donc rempli mon devoir et rendrais des comptes positifs aux morts, bien que les vivants me condamnent”.
Ainsi se termine l’anecdote du défunt. Je continuai à parler :
“C’est pour ça que vous devez avoir clairement en tête à qui vous devez rendre des comptes. A l’EZLN, vous ne devez rien. Ni à la Sexta. A personne d’autre qu’à vos propres peuples, qu’à ceux que vous représentez, vous ne devez quelque chose. Vous devez faire quelque chose, parce que bientôt, pour beaucoup, il n’y aura plus rien, et ce sera trop tard”.
Nous leur avons dit qu’ils devaient faire quelque chose, que leur devoir était auprès de leurs quartiers, de leurs tribus, nations et peuples originaires, auprès de leurs collectifs et de leurs organisations.
Nous leur avons dit qu’ils fassent quelque chose, quoi que ce soit ; que, s’ils le jugeaient nécessaires, ils rejoignent MORENA  (c’est dans les enregistrements, et les déléguées et délégués présents peuvent le certifier ; ce fut la seule fois que, pour notre part, mention fut faite de ceux qui, plus tard et bien avant tout le monde, délégitimèrent et condamnèrent la proposition, faisant montre de stupidité, de racisme, d’intolérance, de mépris et de franche schizophrénie. Oui, la première option qui a été présenté par le zapatisme au CNI, c’était de soutenir le Parti Mouvement de Régénération Nationale). Ou qu’ils rentrent dans n’importe quel autre parti politique. Ou qu’ils fassent leur propre parti politique.
Que dans tout cela, nous n’allions pas les suivre, mais que nous comprendrions pourquoi ils le faisaient, et qu’ils ne subiraient pas, de notre part, ni de jugements, ni de condamnations.
Nous leur avons dit que si la Sexta les dérangeait, qu’ils la laisse.
Que si l’EZLN les dérangeait, qu’ils coupent la relation avec nous.
Je n’ai pas besoin de vous dire que, à chacune de ces deux options, les déléguées et délégués faisaient de grands gestes, comme s’ils chassaient des mouches impertinentes. Toutes et tous se maintenaient silencieux. J’ai continué :
“Faites quelque chose, ça, ou autre chose.”
A ce moment là, je me suis tourné en direction du sous-commandant insurgé Moisés. Il m’a fait geste de continuer :
“Nous, nous sommes venus vous proposer autre chose : nous subissons les coups, avec des morts, des disparitions, des rapts, des emprisonnements, des spoliations, des injustices, des territoires entiers détruits et d’autres en voies d’extinction. Nous sommes acculés, sans espoirs, sans forces, sans soutiens, faibles, agonisants. Pour les politiques et les médias, qu’ils soient de gauche ou progressistes, nous n’existons pas.
C’est pour cela que nous, hommes et femmes zapatistes, nous pensons que c’est le moment de passer à l’offensive. Est arrivée l’heure de la contre-attaque. Et il faut commencer en frappant l’un des cœurs du système : la politique d’en haut.
C’est pour ça que nous vous proposons que le CNI forme une Junta de Gobierno Indígena, un Conseil de Gouvernement Indigène ( c’est comme ça que cela s’appelait dans notre proposition originale ; mais en assemblée, et suite à la proposition d’une délégation indigène magoniste de Oaxaca, le nom devint “Conseil Indigène de Gouvernement”), un collectif formé par des délégués du CNI, aspirant à gouverner le pays. Et qu’il se présente aux élections présidentielles de 2018, avec une femme indigène du CNI en tant que candidate indépendante”.
Non, face à cette proposition, les déléguées et délégués ne firent pas comme s’ils chassaient de leurs yeux un insecte dérangeant, mais il se sont bien plutôt franchement énervés. Certains, cela les a énormément dérangé (Bon, plutôt, ils sont devenus furieux). D’autres encore ont dit que comme blague, c’était de très mauvais goût, que ça ne les faisait pas rire, mais leur provoquait plutôt des douleurs d’estomac.
Mais la majorité a gardé le silence.
Je dois vous dire que, dans le mode des originaires, le silence ne signifie pas accord, conviction, ou manque d’arguments. Cela signifie qu’ils écoutent, et, attention, qu’ils pensent et analysent avant de parler (oui, à plus d’un ou d’une, ça leur ferait grand bien de suivre cette méthode).
Pourquoi nous ont-ils écouté ? Parce que nous nous considérons comme frères et sœurs. Le respect que nous nous portons mutuellement a fait qu’ils nous ont écouté jusqu’à la fin.
Et ils ont compris que ce n’était pas une idée saugrenue, mais une idée qui pourrait en arriver à devenir une proposition. Et c’est comme tel qu’ils ont commencé à y penser.
Après un silence prolongé, quelqu’un ouvrit la discussion en disant quelque chose comme : “je suis en train de penser que de cette manière, nous pourrions reconstruire le CNI, que l’initiative donnerait à nouveau de la visibilité aux indigènes. Car, compas, il faut le dire clairement, nous n’existons pas pour la classe politique. Même en tant qu’objets d’aumônes, ils ne nous mentionnent même plus. Et je crois qu’avec cette proposition, non seulement nous pourrions nous rencontrer avec d’autres indigènes, mais nous rencontrerions aussi beaucoup de gens d’en bas qui sont dans la merde. Il y a beaucoup de mécontentement dans tout le pays, et il n’y a pas d’alternative pour les indigènes, pas plus qu’il n’y en a pour ceux qui ne sont pas indigènes. Évidemment, la proposition a plusieurs choses négatives, que nous devons analyser avec sérieux”.
Quelqu’un d’autre pris la parole, et mentionna deux points négatifs : le racisme qu’il y a dans la société mexicaine ; et qu’ils allaient être critiqués et attaqués pour chercher le Pouvoir. Ces deux points négatifs ont été répétés dans les analyses postérieures. Non, ni dans cette réunion, ni dans les sous-suivantes, personne n’a mentionné comme point négatif, qu’on soit accusé de vouloir “diviser la gauche”.
Et c’est comme ça que l’idée a commencé à ne plus être seulement la nôtre. C’est ainsi que le CNI a commencé à la réfléchir, et à la faire sienne. La parole s’est élargie à plus, et plus encore. Rapidement, toutes les délégations étaient en train de réfléchir, d’opiner, d’évaluer. L’absurde idée commençait à se convertir en une proposition collective.
Dans l’assemblée plénière à portes closes de la journée du 10 octobre et dans les tables de travail de la journée du 11, la parole allait et venait. Sans mettre de côté l’accomplissement du mandat dont étaient chargées les délégations, le thème central cessa d’être la dénonciation. La possibilité de passer à l’offensive est devenu le plus important. Durant les tables de travail (au nombre de 4) auxquels pouvaient assister quelques compas de la Sexta en tant qu’observateurs, lorsque le thème était abordé, ceux-ci s’agitaient nerveusement sur leur siège, se regardant les unEs les autres (ils et elles ne pouvaient pas parler, seulement écouter), se retournant en direction de la délégation zapatiste (nous nous étions répartis pour couvrir les 4 tables de travail, et pouvoir annoter fidèlement toutes les dénonciations et les expériences des délégations du CNI). Plus d’unE est sortiE avec une indignation manifeste.
Un mouvement fébrile parcourait les réunions, grandes ou petites. Les personnes qui le pouvaient appelaient leurs villages par téléphone pour leur raconter ce qui se discutait, demandant des opinions, des impressions. Les pour et les contre étaient analysés et discutés. Des listes des uns et des autres étaient établies. On soupesait. On cherchait la réponse à une question : “Le jeu en valait-il la chandelle ?”.
L’idée avait d’ors et déjà cessé d’être de l’EZLN. Elle était d’ors et déjà du Congrès National Indigène. Au sein du cœur collectif des peuples originaires, grandissait l’écho des paroles d’ouverture du sous-commandant insurgé Moisés, au nom de toutes et tous les zapatistes :
“Maintenant, c’est l’heure du Congrès National Indigène. Qu’à son pas, la terre tremble à nouveau jusqu’en son cœur. Qu’en son rêve, soit mis en échec le cynisme et l’apathie. Qu’en sa parole, se lève celle de celui qui n’a pas de voix. Qu’en son regard, s’illumine l’obscurité. Qu’en son écoute, la douleur de celui qui se pense seul trouve un foyer. Qu’en son cœur, le désespoir trouve espoir et réconfort. Qu’avec son défi, le monde s’étonne de nouveau.”

-*-

Mais il manquait ce qu’il manquait.
En plus de peser les pour et les contre, pour le CNI il fallait que soit mis au clair le rôle du zapatisme dans cette initiative.
Avec l’avance de mise, le sous-commandant insurgé Moisés et le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène avaient organisé une petite fête en l’hommage du Congrès National Indigène, qui fêtait ce 12 octobre 2016 vingt ans d’existence comme maison, écoute, parole et écho des peuples originaires du Mexique.
Le lieu ? Le caracol d’Oventik, dans les montagnes du sud-est mexicain.
Les délégations du CNI furent reçues conformément aux protocoles zapatistes destinés aux invités spéciaux. Bien sûr, il y eut un effort supplémentaire afin d’honorer ces visites. Ce n’est pas tous les jours que nous pouvions recevoir les membres les plus proches de notre famille, qui ont en commun avec les peuples zapatistes le sang, la douleur, la rage, la résistance et la rébellion. C’est-à-dire l’histoire.
Au départ, je n’ai pas compris pourquoi le sous-commandant insurgé Moisés avait disposé la réception des délégations de cette manière : sur l’estrade principale, il avait accommodé les délégations du CNI, et en face, il avait installé une petite estrade, où s’est installée la direction zapatiste, dont il était lui-même à la tête.
Moi j’ai pu arriver à tout voir, parce que je me déplaçait d’un côté à l’autre en tentant de convaincre les compañeras et les compañeros du CNI de monter sur les bancs pour mieux voir. “Mais j’ai de la boue sur les chaussures, je vais salir le banc”, argumenta une déléguée. “Compañera”, lui ai-je répondu, “Ici ce qu’il y a de trop, c’est de la boue, donc ne te sens pas mal pour cela”.
Le CNI avait nommé une femme indigène comme déléguée pour prendre la parole durant la cérémonie. Le Commandant David prit la parole pour donner la bienvenue. Ensuite parla la compañera du Congrès national Indigène. Elle prit la parole comme on se parle entre personnes d’une même famille : avec le cœur sur la main. Je ne vais pas répéter ses paroles, ni celles dites ensuite par le sous-commandant insurgé Moisés au nom de toutes et tous. La compañera du CNI allait se retirer, lorsque le sous-commandant insurgé Moisés lui demanda de rester.
La compañera est restée là durant tout l’acte, entourée du commandement indigène zapatiste, face aux délégations du Congrès National Indigène.
C’est alors que j’ai compris.
Moi je regardais depuis un côté, mais depuis la perspective visuelle des délégations du CNI, qui purent voir comment une femme, indigène comme elles et eux, du Congrès National Indigène comme eux et elles, était accompagnée par l’autorité maximale de l’EZLN, la recouvrant, la protégeant, marquant ce qui nous rendait différent, mais compañeras et compañeros.
C’est ainsi que, avec ce symbole, le sous-commandant insurgé Moisés répondit à la question qui taraudait les délégations du CNI depuis le premier jour : “Quel serait la place de l’EZLN dans l’initiative, si celle-ci était approuvée ?”
Il y eut ensuite des bals, des œuvres de théâtre, des chansons et des poésies.
A la fin de l’acte, une compagnie de milice zapatiste présenta un communiqué complet, sans dire une parole.
Après ? Le repas : bœuf et dinde, au choix, café et pozol. Ensuite ils se sont retirés.
Le jour suivant, le 13 octobre, avait lieu l’assemblée générale résolutive…

POURQUOI ?

Le 13 octobre commença sous de bons présages : une des tables de travail n’avait pas terminé, et l’ouverture de l’assemblée plénière s’en trouvait retardée. Ensuite, on commença avec la présentation des comptes-rendus. Oui, une des tables n’avait pas terminé de transcrire. Le retard a continué, comme cela doit être le cas pour toute décision importante. Oh, je sais. Nous le disons en vain, puisque nous, nous sommes l’actualisation constante du software “la révolte des pendus”.
Sur indication du Sous-commandant insurgé Moisés, lors des trois assemblées plénières (la fermée, celle d’inauguration et celle de clôture) la délégation zapatiste s’est assise tout derrière, au fond de l’auditorium du CIDECI-Unitierra. Ainsi, ce dont il était question était très clair : c’était l’heure du Congrès National Indigène.
Quand enfin, on est arrivé au thème “Propositions pour le renforcement du CNI”, le Sous-commandant insurgé Moisés a demandé la parole pour la délégation zapatiste. Elle lui a été accordée, et le SubMoy se mit devant. Ses paroles débutèrent plus ou moins comme cela :
“On m’a raconté un film, je crois qu’il s’appelle “La loi d’Hérodes” (rire général, à part ma grimace car je savais déjà ce qui allait suivre). Donc dans ce film qu’on m’a raconté, il y a un moment où le gars-là Vargas, il dit : j’apporte une bonne et une mauvaise nouvelle (rire encore plus général, grimaces individuelles supplémentaires). Donc nous devons voir comment on va faire avec la mauvaise nouvelle. C’est-à-dire sur qui va-t-on dire rejeter la faute que ça s’est mal passé. Je vais donc demander au SupGaleano qu’il vienne expliquer la proposition” (nouveau rire général, plus aucune grimace individuelle).
Je suis passé devant. Après avoir éclairci que c’était avec grand plaisir que je faisais mon travail de “punching bag”, ou de “plan alternatif”, et que recevoir critiques et insultes était pour moi un puissant aphrodisiaque (bon je l’ai dit d’une forme plus prosaïque, mais s’en était la teneur), j’ai dit ce qu’on m’avait chargé de dire. Je le ferais de manière plus synthétique, vu qu’il y a déjà un certain nombre de pages et que, si vous en êtes déjà arrivés à celle-ci, vous méritez un peu de considération. De plus, vous saurez maintenant pourquoi l’ezédélène a fait cette proposition, et pourquoi au CNI.
Premièrement nous avons insisté sur le fait que notre proposition originale était celle d’une femme indigène, déléguée du CNI, de sang indigène, qui parle sa langue et qui connaisse sa culture. Et nous démarrons avec cela, car ce qui a trait à “une femme” s’était peu à peu dilué durant les conversations et les tables de travail. D’abord ils ont commencé à dire “la candidate ou le candidat”, puis “le candidat ou la candidate”, puis seulement “le candidat”.
Ensuite, nous leur avons rappelé qu’une décision ne pouvait pas être prise là, lors de ce cinquième Congrès, car c’était un engagement depuis sa naissance que le Congrès National Indigène consulte auprès de ceux qui le conforment les propositions présentées lors des réunions. Les sept principes obligeaient le CNI à se consulter lui-même, selon le mode propre à chacun.
Ensuite, nous leur avons dit ce que nous pensons au sujet de cette initiative :
Que le Conseil Indigène de Gouvernement devrait être formé par des délégués et des déléguées de tous les collectifs, organisations, quartiers, tribus,nations et peuples originaires organisés au sein du Congrès National Indigène.
Qu’ils ne vont pas gagner, car le système électoral au Mexique est fait pour bénéficier aux partis politiques, pas aux citoyenNNEs.
Que, s’ils gagnent, ils ne seront pas reconnus, car la fraude n’est pas une anomalie du système électoral mexicain, c’est sa colonne vertébrale, son essence.
Que s’ils gagnent et qu’ils sont reconnus, ils ne pourront rien faire de transcendant, car là-bas en-haut, il n’y a rien à faire. Les questions fondamentales de la nation mexicaine bafouée ne se décident ni au sein du pouvoir exécutif, ni au sein des chambres législatives, ni au sein du pouvoir judiciaire. Le Commandeur n’a pas de responsabilité visible, et traîne dans les catacombes du Pouvoir financier international.
Et que, malgré tout ce qui vient d’être dit, et même précisément pour tout ce qui vient d’être dit, ils pouvaient, et ils devaient le faire.
Car leur action allait signifier non seulement un témoignage de désaccord, mais aussi un défi qui sûrement aurait de l’écho dans les nombreux en-bas qu’il y a au Mexique et dans le monde ; qu’un processus de réorganisation combative pourrait se mettre en place, non seulement chez les peuples originaires, mais aussi chez les ouvriers, les paysans, les employés, habitants des quartiers, professeurs, étudiants, enfin, chez tous ces gens dont le silence et l’immobilité n’est pas synonyme d’indifférence, mais plutôt d’absence de convocation.
En réponse à ce qui avait été dit sur le fait que c’était impossible, qu’il y avait beaucoup de points négatifs, qu’on n’allait pas gagner, nous leur avons répondu que, si nous nous étions rencontrés le 31 décembre 1993 et que nous leur avions dit que, dans quelques heures, nous allions nous lever en armes, déclarer la guerre au mauvais gouvernement et attaquer les commissariats de police et l’armée, on nous aurait dit aussi que c’était impossible, qu’il y avait beaucoup de points négatifs, qu’on n’allait pas gagner.
Nous leur avons dit que ça n’avait pas d’importance qu’ils gagnent ou non la présidence de la République, que ce qui allait compter c’était le défi, l’irrévérence, l’insoumission, le fracas total de l’image de l’indigène objet de l’aumône et de la pitié (image si enracinée à droite et, quoi qu’on en dise, aussi chez la gauche institutionnelle du “vrai changement” et chez ses intellectuels organiques addicts à l’opium des réseaux sociaux), que leur audace bouleverserait le système politique entier, et qu’elle provoquerait des échos d’espoir, pas seulement dans un, mais dans de nombreux Mexiques d’en bas… et du monde.
Nous leur avons dit que l’initiative était dans les temps pour que, en toute liberté et responsabilité, ils puissent décider jusqu’où ils l’amèneraient, jusqu’à quelle distance ils pourraient arriver.
Nous leur avons dit qu’ils pourraient décider à tout moment quoi, quel était la raison de leur chemin, et que le destin qu’ils se forgeraient romprait tous les schémas, surtout ceux de ceux qui se croient et qui se pensent comme l’avant-garde du changement et de la révolution.
Nous leur avons dit que, s’ils étaient disposés à braver une société raciste, ils devraient aller au-delà, et braver également un système patriarcal et machiste (ce n’est pas la même chose, les personnes qui militent dans la lutte féministe pourront vous l’expliquer).
Nous leur avons dit que les commandantes zapatistes disaient qu’elles elles pouvaient voir comment soutenir les compañeras qui resteraient au sein du Conseil Indigène de Gouvernement, et soutenir la compañera qui resterait en tant que porte-parole et candidate, en prenant soin de ses enfants dans une communauté. Que nous nous en occuperions bien, comme si c’était les nôtres. Ils iraient à l’école autonome afin qu’ils ne prennent pas de retard dans leurs études, et nous verrions quelles doctoresses et de quels docteurs solidaires seraient attentifs à leur santé. Et que, si elles possédaient des animaux domestiques, et bien qu’on allait aussi en prendre soin. Que les compañeras du CNI aillent sans remords à ce travail, si ainsi l’exigeait l’accord du CNI.
Nous leur avons dit qu’ils ne soient pas préoccupés si ils ne savent pas bien parler espagnol. Que l’autre là, Peña Nieto, il ne sait pas non plus, et il se trouve là-bas.
Nous leur avons dit que nous pouvions réorienter notre économie de subsistance et faire un appel à des personnes, des collectifs et des organisations du Mexique et du monde afin de récolter la monnaie pour se déplacer où cela est nécessaire. Qu’ainsi ils pourraient avoir la liberté de refuser la paie économique institutionnelle donnée par le système aux candidatures indépendantes.
Nous leur avons dit que nous ne pensions pas seulement qu’ils pouvaient gouverner notre pays qui s’appelle le Mexique, mais qu’ils pouvaient aussi gouverner le monde entier.
Nous leur avons dit qu’ils en profitent pour parler et écouter d’autres peuples originaires, et d’autres hommes et femmes qui ne sont pas indigènes, mais qui souffrent de la même manière sans espoir ni alternative.
Nous leur avons dit qu’il y avait des choses que nous, femmes et hommes zapatistes, nous pouvions faire, et que le CNI non. Et que le CNI pouvait faire des choses que nous, en tant qu’hommes et femmes zapatistes, nous ne pouvions pas faire.
Nous leur avons dit qu’elles et qu’eux, le collectif qui se nomme Congrès National indigène, pouvait faire ce que personne d’autre (y compris le zapatisme) ne pouvait faire : unir. Parce qu’un mouvement légitime, comme celui des peuples originaires, peut et doit être un point d’union entre différents bien qu’égaux en détermination.
Nous leur avons dit que, autour de ce conseil et de cette femme indigène, pouvait être généré un grand mouvement qui chamboulerait le système politique entier.
Un mouvement où conflueraient tous les en-bas.
Un mouvement qui ferait trembler la terre jusque dans ses entrailles.
Oui, déjà au pluriel, parce qu’ils sont nombreux les mondes qui gisent à l’intérieur de la terre, dans l’attente d’une bonne secousse pour s’éclore.
Nous leur avons dit que du coup, si ça se trouve, cela ne serait pas forcément important si les signatures sont rassemblées ou pas, si le cash pour se déplacer est là ou pas, si on arrive à obtenir l’inscription au registre de la candidate ou pas, si sont présentées ou pas les autres candidatures à débattre, si on participe ou pas aux élections, si on gagne ou pas, si le triomphe est reconnu ou pas, si on peut faire quelque chose ou pas là-bas là-haut.
Nous leur avons dit que nous n’allions pas leur filer en héritage nos phobies et nos affinités, que nous respecterions leurs décisions, leurs étapes, leurs chemins.
Nous leur avons dit que, en tant que zapatistes, nous serions une force de plus d’entre celles qui devraient sûrement se sentir convoquées par leur défi.
Et nous leur avons dit le plus important que nous étions venu leur dire : que nous étions disposés à soutenir de toute notre force.
Que nous allions soutenir avec tout ce que nous possédions, et qui, bien que limité, est ce que nous sommes.

-*-

Les participations continuèrent, toutes déjà orientées dans le sens de s’approprier la proposition en tant que CNI. Un par-ci par là demandant que cela soit décidé là-même, dès à présent. L’immense majorité faisant remarquer qu’il fallait consulter.
La commission de rédaction nous passa une copie du projet de résolution.
Instinctivement, je pris un crayon pour ajouter des virgules et des points.
Le sous-commandant insurgé Moisés m’arrêta et murmura :
“Non, cette parole, c’est déjà la leur. Elle est grande cette parole, plus grande que nous, hommes et femmes zapatistes. Comme le disait le défunt : nous sommes les plus petits, il nous reste à nous mettre de côté et à attendre…”

LA CONSULTATION INTERNE ZAPATISTE.

Nous pourrions vous donner les résultats et c’est tout. Mais nous croyons que cela peut peut-être vous aider à comprendre, et à nous comprendre, si nous vous parlons de comment s’est déroulé le processus.
Depuis le 15 octobre 2016, la délégation zapatiste au Cinquième congrès du Congrès National Indigène, aux côtés du CG-CCRI de l’EZLN (Commandement Général du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale), s’est donné pour tâche d’organiser la consultation interne afin de connaître l’opinion et la décision des bases de soutien zapatistes au sujet de la proposition centrale.
La consultation interne, nous l’avons faite dans toutes et chacune des communautés, collectifs, régions et zones zapatistes. Nous avons également inclus dans la consultation les compañeras, compañeros, frères et sœurs de la ville qui participent à différentes équipes de soutien de la commission Sexta de l’EZLN. Nous n’avons pas inclus dans la consultation les troupes insurgées zapatistes, parce que ce n’est pas notre travail de prendre ce type de décision.
La consultation, nous l’avons faite suivant notre mode de faire, en suivant une fiche réalisée par le sous-commandant insurgé Moisés, le matin du 14 octobre 2016, avant que ne soit rendu public le texte “Que tremble la terre jusque dans ses entrailles” :
1.-Information. – C’est-à-dire que, dans chaque communauté, collectif, région et zone, on informe premièrement de ce qui s’est dit durant ces journées du mois d’octobre 2016. On a informé des douleurs de nos peuples frères du Congrès National Indigène, de toutes les méchancetés que leur font les capitalistes qui exploitent, répriment, méprisent et volent les peuples originaires, de comment ils tuent des peuples entiers. Mais pas seulement, nous avons également informé de comment ils s’organisent et ils résistent contre cette politique de mort et de destruction. Pour ce rapport, nous avons utilisé le compte-rendu fait par la commission provisoire du CNI, le document qui a été élaboré et qui s’appelle “Que tremble la terre jusque dans ses entrailles”, et le résumé et les notes prises par la délégation zapatiste durant cette première étape du cinquième congrès du CNI.
Ce point est très important, parce que c’est là que nous transformons nos sœurs et frères, nos compañeros et compañeras en oreille et en cœur sensible aux douleurs et à la résistance d’autres, qui sont comme nous dans d’autres endroits. C’est très important et urgent ce point, parce que si nous ne nous écoutons pas entre nous, et bien encore moins vont nous écouter d’autres personnes.
2.- La proposition. – On a dit et expliqué quel était la proposition : que le Congrès National Indigène nomme un Conseil Indigène de Gouvernement (qui est comme un Conseil de Bon Gouvernement zapatiste, mais national, c’est-à-dire pour tout le Mexique), formé par des représentants femmes et hommes de chacun des collectifs, organisations, quartiers, tribus, nations et peuples qui sont organisés au sein du Congrès National Indigène. C’est-à-dire que ce conseil est formé par des indigènes, et ce sont elles et eux qui vont gouverner le pays.
Ce Conseil Indigène de Gouvernement est collectif, c’est-à-dire qu’il n’y a pas une personne qui commande, mais c’est entre toutes et tous que se prennent ses accords pour gouverner. Ce Conseil Indigène de Gouvernement ne fait pas ce qui lui chante, mais prend en compte ce que disent les peuples de tout le Mexique, indigènes et non indigènes.
Ce Conseil se base sur les 7 principes du Commander en obéissant : servir et non se servir ; représenter et non supplanter ; construire et non détruire ; obéir et non commander ; proposer et non imposer ; convaincre et non vaincre ; descendre et non monter.
Ce Conseil Indigène de Gouvernement a pour voix une femme indigène du CNI (non de l’EZLN), c’est-à-dire de sang indigène, qui parle sa langue originaire et qui connaisse sa culture. C’est-à-dire qu’il a comme porte-parole une femme indigène du CNI.
Cette femme indigène du CNI est celle qui se présente comme candidate à la présidence du Mexique en 2018. Comme ce n’est pas possible que soient mis tous les noms de ceux qui sont du Conseil Indigène de Gouvernement parce qu’il pourrait y avoir confusion, donc le nom qui est donné, c’est celui de la porte-parole du Conseil. Ce n’est pas que cette femme indigène se trouve dans un parti politique, c’est une candidate indépendante. C’est comme ça qu’on dit, quand quelqu’un est présent à une élection, mais n’appartient pas à un parti politique.
Et donc, ce Conseil Indigène de Gouvernement, aux côtés de la femme indigène du CNI, commencent à parcourir tout ce qui est possible du Mexique et du monde afin d’expliquer comment est la situation dans laquelle nous sommes à cause du système capitaliste qui exploite, réprime, vole et méprise les gens d’en-bas, les pauvres de la campagne et de la ville, et qu’en plus il est déjà en train de détruire la nature, c’est-à-dire qu’il est en train de tuer le monde dans lequel nous vivons.
Ce Conseil Indigène de Gouvernement va tenter de parler et d’écouter tous les indigènes du Mexique-même dans leurs peuples, leurs régions, leurs zones, leurs états, afin de les convaincre de s’organiser, de ne pas se laisser faire, de résister et qu’ils se gouvernent eux-mêmes, tout comme nous le faisons de fait en tant que zapatistes que nous sommes, que personne ne nous dit comment ou ce que nous devons faire, mais que ce soit les peuples eux-mêmes qui décident et qui commandent.
Ce Conseil Indigène de Gouvernement va aussi tenter de parler et d’écouter les personnes qui ne sont pas indigènes, mais qui sont aussi exploités, réprimés, volés et méprisés dans le Mexique et dans le monde. De la même manière, ils vont leur apporter un message d’organisation et de lutte, de résistance et de rébellion, selon son mode de faire de chacun, son calendrier et sa géographie.
Pour que cette femme indigène, déléguée du CNI, soit reconnue comme candidate par les lois mexicaines, il faut qu’elle réunisse quasiment un million de signatures de personnes ayant une carte d’électeur. Si elle les rassemble et que les signatures sont véridiques, alors oui, elle est bien reconnue comme étant candidate indépendante pour être présidente du Mexique, et son nom est mis pour qu’en 2018, les gens votent ou pas, selon leur réflexion de chacun. Donc il s’agit que le Conseil Indigène de Gouvernement et la porte-parole indigène parcourent le Mexique et là où il y a des personnes mexicaines, pour obtenir les signatures pour être inscrite au registre. Ensuite, une autre tournée pour qu’ils la soutiennent et votent pour l’indigène du CNI.
En tant que zapatistes que nous sommes, nous pensons que lorsqu’ils vont faire cette tournée, le Conseil Indigène de Gouvernement et sa porte-parole, ils vont connaître beaucoup de douleurs et de rages qu’il y a, au Mexique et dans le monde. Des douleurs et des rages de personnes indigènes, mais aussi de personnes qui ne sont pas indigènes, mais qui souffrent également, mais qui résistent.
Et donc ça, c’est ce qu’on veut. Il ne s’agit pas de chercher à ce qu’une femme indigène du CNI soit présidente. Ce qui est recherché, c’est d’amener le message de lutte et d’organisation aux pauvres de la campagne et de la ville du Mexique et du monde. Ce n’est pas qu’on prenne en compte que si on rassemble les signatures ou si on gagne l’élection, ça termine bien. Mais que ça termine bien s’il est possible de parler et d’écouter les personnes à qui personne ne parle, et que personne n’écoute. C’est là que nous allons voir si ça termine bien ou pas, si il va y avoir plein de gens qui vont prendre de la force et de l’espoir pour s’organiser, résister et se rebeller.
Jusqu’où va-t-on aller ? Jusqu’où le décide le Congrès National Indigène.
3.- Ensuite, ont été dit et expliqués les points négatifs de cette proposition. Par exemple :
.-ils vont nous critiquer comme zapatistes que nous sommes, parce que nous avons dit que nous ne luttons pas pour le Pouvoir, et qu’on veut déjà avoir le Pouvoir.
.-ils vont nous critiquer que nous trahissons notre parole, que nous ne voulons pas de poste de pouvoir.
.- ils vont nous critiquer que nous parlons mal des partis politiques, mais que nous allons faire la même chose que ce que nous critiquons.
.-ils vont nous accuser d’aider le parti du PRI, parce que nous allons diviser les votes pour la gauche, et que comme ça la droite va gagner.
.-ils vont nous critiquer comme quoi les femmes indigènes n’ont pas d’éducation, et ne savent pas parler la castilla, la langue de Castille 
.-ils vont nous mépriser comme quoi les indigènes nous n’avons pas de bonne réflexion suffisante pour gouverner.
.-ils vont se moquer beaucoup de nous et parler mal de nous, les femmes et les hommes indigènes que nous sommes.
(attention, racistes et machistes : bien avant que ne débutent vos attaques, nous, les femmes et les hommes indigènes zapatistes, nous savions déjà ce que vous vous alliez dire. Et dire que c’est nous les stupides et les ignorants, et vous qui êtes les super intelligents et cultivés).
Durant les assemblées les compañeras et compañeros participèrent en disant d’autres choses qui pourraient être des points négatifs.
Ils ont parlé par exemple de la sécurité, que les gouvernements pouvaient faire une attaque contre le Congrès National Indigène et la candidate pour qu’elle ne gagne pas ; que les mauvais gouvernements peuvent nous attaquer nous, les communautés zapatistes, pour que nous ne soutenions pas le CNI ; qu’un piège soit tendu pour que la lutte du CNI ne puisse pas avancer parce qu’on sait bien que les mauvais gouvernements sont traîtres et retors ; que vont arriver les vautours politiciens pour voir ce qu’ils peuvent en tirer de profit individuel, de leur lutte aux peuples indigènes ; qu’il va y en avoir certains qui vont vouloir amener la lutte des peuples indigènes vers un autre chemin ; et d’autres choses encore.
4.- Ensuite, ont été dits les points en faveur de la proposition. Par exemple :
.- ça sert à ce que la société mexicaine se mette à nouveau à voir et à écouter les peuples indiens du Mexique, qui aujourd’hui ne sont même plus mentionnés.
.- ça sert à pouvoir écouter et parler avec des indigènes de tout le Mexique qui ne sont pas organisés, et qui sont détruits par les maudits capitalistes.
.- ça sert à ce que les indigènes soient de nouveau fiers et honorés d’être indigènes, de leur couleur, de leur langue, de leur culture, de leur art, de leur histoire.
.-ça sert à ce que les femmes indigènes se lèvent avec leur voix propre et qu’elle s’organisent, tout comme se sont levées et organisées les femmes zapatistes.
.-ça sert à expliquer aux gens d’en-bas sur toute la destruction et le mal que font les maudits capitalistes.
.-ça sert au Congrès National Indigène pour qu’il se connaisse, comment c’est son mode de faire du CNI, et que plus de peuples, nations, tribus et quartiers indigènes entrent dans le CNI et se connaissent entre eux en tant qu’indigènes, et voient leurs douleurs et leurs forces.
.-ça sert aux zapatistes que nous sommes, parce que de cette manière nous pouvons soutenir nos frères et sœurs indigènes d’autres endroits, pour qu’ils continuent leur lutte et qu’ils puissent vivre avec liberté et dignité.
.-ça sert pour les peuples zapatistes, parce que de cette manière plus de gens connaissent notre histoire de lutte et comment nous nous sommes organisés, et s’encouragent.
.-ça sert pour les peuples zapatistes, parce que de cette manière nous apprenons à nous organiser, non plus seulement pour nous aider entre nous, mais aussi de nous organiser pour soutenir d’autres qui luttent, comme on l’a fait pour les enseignants démocratiques.
5.– Ensuite, on s’est mis à penser si cette proposition va lui servir au Congrès National Indigène, ou si ça va pas lui servir.
6.– Après, on s’est mis à penser si cette idée va nous servir en tant que zapatistes que nous sommes, ou si ça ne va pas nous servir.
7.– Ensuite, on s’est mis à discuter si nous soutenons ou pas cette proposition et, si ce qui en sort c’est que oui, comment nous ne pouvons pas aider en tant que zapatistes que nous sommes ; et ensuite comment oui, nous pouvons aider, en tant que zapatistes que nous sommes.
Par exemple, nous ne pouvons pas aider avec les signatures, puisque les zapatistes n’utilisent pas de carte électorale ; nous ne pouvons pas non plus être candidates ou candidats, parce que en tant que zapatistes, nous ne luttons pas pour le Pouvoir ; nous ne pouvons pas voter, parce que nous n’utilisons pas ce mode de voter de mettre un papier dans une boîte, mais que nous prenons nos accords dans des assemblées auxquelles tout le monde participe et dit sa parole.
Mais oui, on peut soutenir d’autres manières, par exemple : nous pouvons soutenir en expliquant cette bonne idée, et en convainquant ceux qui oui, utilisent leur carte électorale, pour qu’ils l’utilisent afin de soutenir la femme indigène du CNI ; nous pouvons parler aux gens de la ville qui nous soutiennent en tant que zapatistes, pour qu’ils soutiennent aussi le Conseil Indigène de Gouvernement ; nous pouvons nous organiser en tant que collectifs et gouvernements autonomes, afin d’obtenir un peu de monnaie pour le CNI ; nous pouvons expliquer au Mexique et dans le monde comment nous faisons pour nous gouverner nous-mêmes, et que les gens de bonne réflexion voient ainsi qu’en tant qu’indigènes, oui, nous savons gouverner.

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Et, bon, on a aussi informé tous les villages d’un autre des accords du Cinquième congrès : que si, durant la consultation zapatiste interne (et durant celle de n’importe quel collectif, organisation, quartier, tribu, nation et peuple originaire du CNI), il ressort comme résultat qu’on ne soutient pas la proposition, que c’est une mauvaise idée ou qu’on est pas d’accord, alors le Congrès National Indigène respecte cette décision, même si la majorité dit que si, elle soutient la proposition. C’est-à-dire qu’on continue à être pris en compte en tant que membre du CNI. C’est-à-dire que ce n’est pas obligé que qui n’est pas d’accord doive faire ce que décide la majorité. C’est-à-dire qu’on respecte l’autonomie, et les modes de faire de chacun.
Pareil qu’on fait dans les communautés indigènes zapatistes, on ne va pas voir d’un mauvais œil ou expulser des zapatistes celui qui pense différemment, mais on va respecter et prendre en compte. Comme c’est le cas dans nos assemblées communautaires, que c’est pas parce que quelqu’un pense de manière opposée à ce que dit la majorité qu’on le vire, mais qu’on continue.
Comme on peut le voir, la consultation interne s’est focalisé sur si on soutenait ou pas ce qui résulterait de la consultation du CNI. Voici les résultats :
Plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes zapatistes ont été consultés. D’elles et d’eux, l’immense majorité s’est manifesté pour soutenir la décision à laquelle arrive le CNI dans la mesure de nos possibilités. 52 compas se sont manifestés contre (26 compañeras et 26 compañeros). 65 compas se sont manifestés comme “je ne sais pas” ou “indécis” (36 compañeras et 29 compañeros). Les raisons données par ceux qui se sont manifestés contre sont diverses : depuis le compa qui a dit : “moi je vais me manifester contre pour voir si c’est vrai que vous me respectez et ne m’expulsez pas d’être zapatiste” ; à ceux qui ont argumenté qu’ils n’allaient pas être dans leur village, et qu’ils ne voulaient pas s’engager parce qu’ils ne pourraient pas accomplir le travail qu’il faudra fournir. Les personnes qui se sont manifestées comme indécises ont dit, entre autres choses, qu’à quoi ça sert de décider si on ne sait toujours pas ce que va décider le CNI, et alors quoi, si on dit que oui on soutient, et que le CNI dit qu’il ne le fait pas.

QU’EN ATTENDRE ?

Compas :
Enfin, celle-là c’est la dernière partie. Merci aux personnes qui sont arrivés jusqu’à ces lignes… hein ?… oui, bien sûr, ils restent attentifs… oui… des doutes, bien sûr… des questions, évidemment… quoi ?… quel va être le résultat de la consultation du CNI ?… Vous voulez un spoiler ?… ok, ok, ok, attendez, je demande… Enfin… c’est mieux que je vous dise la vérité, donc voilà :
On va être sincères avec vous : nous n’en avons pas la moindre idée.
Et on le dit sérieusement.
Nous avons déjà vu auparavant comment une proposition se modèle petit à petit au fil du travail de la parole, suivant le mode de faire des originaires. Comme si une idée n’était rien de plus qu’une masse informe d’argile et que des mains collectives lui donnaient peu à peu forme, dimension, couleur et destin.
Raison pour laquelle, tout comme vous, nous sommes dans l’attente.
Même si, c’est sûr, nous les hommes et les femmes zapatistes, nous n’attendons pas la même chose que vous.
Vous, nous pensons, vous êtes en train d’attendre quel est le résultat, et de là tout va dériver.
Nous, les femmes et les hommes zapatistes, nous sommes en train d’attendre ce qui va se passer après, le jour suivant. Et en nous préparant déjà pour ce calendrier.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain.


Sous-commandant insurgé Moisés.
Sous-commandant insurgé Galeano.
Mexique, novembre 2016.

Du carnet de notes du Chat-Chien.

Ne croyez pas que je ne me sois pas préparé au cas où ce qui ressort de la consultation du CNI, c’est que la proposition est rejetée.
Non, ça ne me préoccupe pas. J’ai pris mes précautions. J’ai par exemple un certificat médical qui assure que je suis sur liste d’attente pour une opération de changement de sexe, ainsi qu’une démarche administrative pour être adopté par une famille zapatiste. Comme ça, vous pourrez dire que tout ça n’était qu’un jeu pour que ce soit moi le candidat … ok ok ok, la candidate à la présidence de la République.
 Ah, ma perversité est sublime, n’est-ce pas ?
 
 Bien sûr, avec cette apparition publique, ma correspondance féminine va être réduite à zéro. Oh, vous savez, de correspondance il n’y en a même plus, ni féminine, ni autre que féminine. Ah là là, si j’avais des réseaux sociaux, je me ferais plusieurs comptes parallèles (ne faites pas comme si, c’est ce que vous faites !), et je me donnerai à moi-même du rt, du fellow et du like, et je m’auto-trolerai, pour que tout paraisse v-é-r-i-t-a-b-l-e. Combien de comptes parallèles peut-on faire au maximum ? Ne faites pas genre, je suis sûr que vous avez fait des recherches là-dessus.
 Au final, j’aurai bien une idée qui me viendra à l’esprit.
 Et maintenant, si ce qui en sort, c’est que la proposition est approuvée, et bien il faudra bosser dur pour trouver du cash. Et donc je vais me mettre en contact avec loas compañeroas de la Brigada callereja, la Brigade des rues, pour qu’ils me réservent un trottoir, dans le quartier de La Meche. Rien à foutre, la rue appartient à qui y fait les 400 pas. Je suis sûr que mes tripes y feront fureur… quoi ?… ok, ok, ok, mon ventre… quoi ? Oui, bon, mon gros ventre… Je dois vous le dire ? Oui, méchants, ça c’est sûr vous l’êtes vraiment…
 
Le SupGaleano faisant craquer plusieurs ceintures.
 
(Non merci, vraiment, non, je n’ai vraiment pas besoin que quelqu’un vienne me tripoter le ventre… ouhhhh, allez là montrez-moi votre nature secrète… que des jeux de mots des années 60, tu vois, c’est pour ça que les gens bien ne vous apprécient pas tu vois… eh ?…Faire un reality show pour trouver des tunes ? avec Trump, Macri, Temer, Poutine et Rajoy en train de partager des photos tout nus ? ptain de merde… arrêtez de regarder cette télévision… plutôt des séries télé de production alternative… si, si, sur les stands de l’avenue centrale, ya déjà la nouvelle saison de Games of Thrones… Oui, en fait au final, on apprend que les autres là, Tyrion et Snow, ils sont de la famille de Dayanaris… ou comme cela se prononce… oui, un dragon pour chaque, un message d’équité… oui, sur le nouveau bouclier il y a un lion, un loup et un dragon qui s’unissent… oui, bon, une version de l’Hydre quoi… oui, comme si tu unissais le grand capital financier, industriel et commercial… oui, le système se recompose et tous ceux d’en-haut bien contents, et ceux d’en-bas vont se faire f… oui, mais en fait, vous êtes en train de regarder une version finale alternative… ouai, quand toute la troupe est en train d’attraper le pichet pour célébrer je sais pas quoi, il y a une femme indigène qui arrive, qui chie sur le trône de fer, et avec un chalumeau, elle le fait fondre. Bon, ils sont en train de réfléchir si ils lui enlèvent pas le chalumeau et qu’ils lui donnent une boîte d’allumettes, pour que ça prenne plus de temps, le suspense tu vois… si, avec de la chance, y’aura une autre saison, suivant combien d’allumettes ça lui prend…. Si, c’est là que ça s’arrête… oui, à cause du Brexit là, les coûts se sont envolés. Et maintenant avec Trump, encore pire… Quoi ? Que j’arrête de spoiler ? Ah, c’est bon là, pourquoi vous m’invitez alors si vous savez comment je suis, hein). 
 
Je certifie.
Ouaf-miaou.
Ce long texte, n’est pas à éluder cependant, il est nécessaire pour comprendre qu’aucun vote nulle part, dans ce système là, ne vous libèrera ! Il vous donnera un nouveau maitre des lieux et de vos vies et en France, il se fera élire sous état d’urgence, et sans aucune intention de vous en libérer ! Seule la vérité nous libèrera, à tout jamais. Et la vérité n’est ni dans les dieux, ni dans les maitres. Ni dans les armes, ni dans la haine, ou la violence…
Source de l’image ► https://gazettedebout.fr/2016/04/30/temoignages-ro-citoyen-pacifiste-mais-profondement-extenue/

Société Celtique, société Gauloise ; Société contre l’État version PDF à télécharger

Le Défi Celtique – Alain Guillerm

Résistance71 avait compilé et analysé l’ouvrage de Alain Guillerm « Le Défi Celtique » en Août 2015 et c’est avec grand plaisir que j’ai tout réunifié dans un même document de 34 pages en version PDF téléchargeable en suivant ce lien ►  https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2017/02/pdfaguillermr710815.pdf

Société contre l’État : Société Celtique et Gauloise ; Introduction « au Défi Celtique » par Alain Guillerm, version PDF

Société celtique, société gauloise : société contre l’État (version PDF à télécharger)

En août 2015, nous sous sommes posés la question de l’origine de la société européenne (et française) et nous avions introduit le livre de l’historien Alain Guillerm “Le défi celtique” de la façon suivante :

 » Cette préoccupation politico-anthropologique nous a été dictée par le cheminement de notre recherche sur les solutions potentielles au marasme ambiant de nos sociétés occidentales, viciées et perverties par la doctrine suprématiste forcenée dominante depuis le XVème siècle (certains diront depuis l’ère de la première croisade à la fin du XIème siècle…) et sa mise en application globale par le truchement du colonialisme fondé sur l’hégémonie culturelle judéo-chrétienne engloutissant le monde. Nous avons identifié l’État et ses institutions, quelle qu’en soit la forme adoptée, comme outil du maintien de la division politique de la société à des fins de contrôle oligarchique des sociétés et au travers de l’étude des recherches d’anthroplogues, sociologues et d’historiens réputés comme (liste non exhaustive) : Pierre Clastres, Marshall Sahlins, Robert Jaulin, David Stannard, Charles Mann, Taiaiake Alfred, Russell Means, Pierre Kropotkine, Sam Mbah, I.E. Igariwey et maintenant Alain Guillerm, que la société humaine a vécu de fait des millénaires sans structures étatiques, sans division politique de la société et que contrairement au dogme enseigné dans les deux grands courants anthropologiques “classiques” du structuralisme évolutionniste et du marxisme, l’État n’est non seulement pas la finalité de l’histoire, le sommet de l’évolution de la société humaine, son stade ultime de “maturation”, mais qu’il en serait au contraire une entrave, une anomalie, une certaine perversion le rendant en rien inéluctable aux société humaines sur cette planète. […] « 

URL de la présentation sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/02/23/societe-celtique-societe-gauloise-societe-contre-letat-version-pdf-a-telecharger/

Et c’est une spéciale dédicace à « ratuma » qui a tiré l’œil de R71  vers Alain Guillerm  : Enfin nous terminerons cette introduction avec une «mention spéciale» pour notre lectrice assidue «ratuma», qui nous a mis sur la «piste» d’Alain Guillerm… Grand merci, ce fut particulièrement utile dans notre quête pour un tronc commun des sociétés humaines au-delà du facteur espace-temps ! Résistance71

Car elle m’adresse également très souvent des vidéos, des liens vers des publications et articles.

JBL1960

Liens vers des billets et PDF connexes et en complément de lecture, sur ce blog ;

ADDENDUM AU PDF DES EXTRAITS DU LIVRE & PUBLICATIONS DU DR. A. EZZAT

Résistance au fléau de l’Humanité  Et à partir des écrits du Pr. Taiaiake Alfred, Professeur en Sciences Politiques, Université de Victoria, Canada

Science, État et Société de Pierre Kropotkine

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/12/03/des-racines-pas-si-chretiennes-que-ca/  Et à partir des travaux de recherches du Pr. Jean-Pierre Demoule

https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/17/faire-appel-a-nos-plus-bas-instincts-primaires/  Présentation, extraits et analyse du livre “Préhistoire de la violence et de la guerre” de la paléontologue Marylène Patou-Mathis