Cracker le code secret de la Domination

Ce billet est la suite logique de celui-ci ;

NI CONQUIS, NI SUBJUGUÉS !

Et Steven Newcomb nous avait déjà mis sur la piste en posant la question en mars 2016 :

Que devons-nous faire ?

Décoloniser la loi fédérale indienne dans Le code a changé !

Steven Newcomb a écrit « Païens en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la découverte » que Résistance71 a traduit par de larges extraits et que j’ai réunifié dans un PDF de 45 pages et que vous pouvez lire ou télécharger gratuitement en suivant ce lien ► Païens en Terre Promise, PDF.

Steven Newcomb monte encore d’un cran et explique comment cracker les codes et c’est parfaitement utile car ici ou , nous appelons à changer de paradigme en lien avec les Natifs, tous les Natifs, et tous ensemble ! Et comme j’ai tenté de l’expliquer en préambule de mon billet hier ► Des clics et des claques…  mais également en appui du point de vue de la Nation Mohawk ► Les Amérindiens sortent de leur réserve…

Résistance au colonialisme : Décoder la domination chrétienne (Steven Newcomb)

Domination : le code secret utilisé contre nos nations

La vision états-unienne de la réalité est fondée sur un droit présumé

 Steven Newcomb |  24 janvier 2017 |  URL de l’article original : https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/domination-hidden-code-used-nations/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

URL de l’article sur R71 ► https://resistance71.wordpress.com/2017/02/02/resistance-au-colonialisme-decoder-la-domination-chretienne-steven-newcomb/

L’histoire de la loi et politique fédérales indiennes rendent quelque chose parfaitement clair : la vision de la réalité des États-Unis est présumée sur un droit assumé de domination sur nos nations autochtones, sur nos terres et sur nos vie, ainsi que de l’expropriation de notre eau et de nos ressources. Alvin Toffler dans son livre “The Third Wave (1980), intitula son 4ème chapitre “Briser le code” / “Breaking the Code”. Dans la première phrase du chapitre il déclare: “Toute civilisation possède un code caché, un lot de règles ou de principes guidant toute ses activités comme une schéma répétitif.” L’histoire révèle que la “civilisation occidentale” et ce qui est appelé “la civilisation américaine”, ont un code caché et celui-ci opère en tant que schéma de domination récurrent.

Une des significations du mot “civilisation” est “forcer une culture particulière sur une population pour laquelle ce schéma culturel est étranger.” Une nation forçant un schéma de domination culturel, linguistique et politique sur une autre nation est bien évidemment accompli par un processus de domination (NdT : c’est le processus colonial éthnocidaire, sans être forcément génocidaire bien qu’il le soit souvent surtout s’il y a une politique de substitution démographique en prenant possession des terres). William Brandon dans son The American Heritage Book of Indians, cite un inspecteur du gouvernement des États-Unis des années 1850 qui mentionnait “la grande cause de la civilisation, qui, dans le cours naturel des choses, doit exterminer les Indiens.

Cette phrase pourrait tout aussi bien être mise en ces termes : la grande cause de la domination, qui, dans le cours naturel des choses, doit exterminer les Indiens. La connexion jamais vraiment remarquée entre “civilisation” et “domination” démontre que nous sommes capables de mettre à jour les codes cachés lorsqu’on prend le temps d’examiner les mots et les idées qui constituent la langue anglaise (NdT : pas seulement l’anglais, ceci est valable pour toutes les langues coloniales comme le français, l’espagnol, le portugais pour ne citer que les principales…) et donc le langage utilisé dans la loi fédérale indienne des États-Unis (NdT: et du Canada, de l’Australie, de Nouvelle-Zélande etc…). Étant donné qu’un code caché, un design récurrent, a été utilisé par les États-Unis en un effort concerté de détruire nos nations originelles, en tant que nations (citons pour exemple le colonel Richard H. Pratt : Toute la caractéristique de l’Indien se trouvant dans la race devrait être mort. Tuez l’Indien pour sauver l’homme.), comment cela se fait-il donc que la plupart d’entre nous, autochtones, sommes toujours ignorants de l’existence du code de domination ?”

La réponse est simple. Le droit assumé et le système de réalité de la domination demeurent déguisés. Cela reste dans le flou, entretenu par des mots ordinairement simples à comprendre que peu de gens vont associer avec la domination exercée, des mots comme par exemple: tribu, tribal, colonial, état, fédéral, loi fédérale indienne, royaume, dieu, juridiction, gouvernement, chrétien, dominion, titre, aborigène, occupation, possession, conquête, conquérir, subjugation, ascendance, pouvoir plénier etc…

Quiconque prend le temps de fouiller profondément va trouver que ces mots et d’autres sont des porteurs métaphoriques secrets ou tacites du code de la domination. Ce sont des mots qui portent des aspects différents du système de domination.

Ce qui est appelé la loi fédérale indienne des États-Unis est avant tout un système idéologique fondé sur un droit présumé et assumé de domination qui est maîtrisé par chaque nouvelle génération de hauts-fonctionnaires du gouvernement et qui est passé à la génération suivante. Les idées qui constituent la loi fédérale indienne ont commencé comme des concepts créés par l’esprit de l’homme blanc et son système de langue. Un excellent exemple est une déclaration faite par le juge de la cour suprême John Marshall dans son rendu de décision dans l’affaire Johnson c. M’Intosh en 1823. Marshall y dit que “le caractère et la religion des habitants du continent ont permis la logique de raisonnement pour considérer que les Indiens étaient un peuple sur lequel le génie supérieur européen pouvait affirmer une ascendance.” Le dictionnaire Webster’s définit le mot “ascendance” comme: “influence de contrôle, pouvoir de gouverner: DOMINATION” (en lettres majuscules dans le texte orignal du dictionnaire).

Le système idéologique de la loi fédérale indiennes US est aussi établi sur la prétention que le “peuple chrétien (les lettres italiques sont une emphase mise par le gouvernement des États-Unis…) avait le droit d’affirmer et d’établir une domination chrétienne sur “les païens et les infidèles”. Ceci se manifesta par la prise de possession de la terre et de profiter économiquement des ressources de valeurs partout où vivaient des non-chrétiens. Cette prétention de droit divin de domination est maintenue jusqu’à ce jour par un nombre de techniques, telle que la désignation de nos nations comme étant des “tribus indiennes” et en imposant le concept et la nomination de mots comme “terres fédérales”, “occupation simple des sols” et “intérêt aborigène” sur les territoires de nos nations.

La loi fédérale indienne américaine peut-être remontée à une tradition de croisade chrétienne qui fut établie des siècles avant même les voyages entrepris par Christophe Colomb et autres colonisateurs chrétiens. Comme le dit si bien l’historien espagnol Francisco López de Gómara : “La conquête (domination) des Indes Occidentales commença après que celle contre les Maures fut achevée, car les Espagnols ont toujours combattu contre les infidèles.” Le mot “conquête” est simplement un autre mot pour “domination”.

Ceux qui naviguèrent de la chrétienté vers d’autres parties de la planète au nom d’un esprit de “croisade” ou d’une “mission”, portèrent avec eux la supposition jamais questionnée que le monde chrétien avait parfaitement le droit d’établir un règne de domination sur toutes les nations non-chrétiennes que les voyageurs chrétiens pouvaient localiser. Ils appelèrent la domination chrétienne “conquête” pour créer un sens de “triomphe” ou de “victoire” pour la chrétienté.

Étant donnée la connexion entre le christianisme et la loi fédérale indienne, ce n’est pas du tout surprenant que cette loi fédérale est basée sur un phrasé de la domination que l’on trouve dans la bible Genèse 1:28: “Subjuguer la terre et dominer tous les êtres vivants” (Richard Friedman’s The Bible With Sources Revealed, 2005). La loi fédérale indienne est fondée en partie sur un mandat biblique de subjuguer et de dominer nos nations originellement libres et indépendantes.

En résultat du système de domination de la chrétienté et de toute la violence et de la déshumanisation infligées depuis des siècles sur nos ancêtres, il est maintenant largement assumé que nos ancêtres devinrent obligés et que maintenant leurs descendants sont tout aussi obligés, d’accepter passivement les mots, paroles et idées de la domination que les États-Unis continuent sans relâche d’utiliser contre nous, contre notre volonté. De ceci a résulté l’acceptation sans réserve que les droits de nos nations à une complète souveraineté et indépendance, furent diminués, et ainsi terminés, par la domination chrétienne et par la propagation de l’empire chrétien. Sur la base de l’affirmation de ce droit de domination chrétienne sur les nations non-chrétiennes et leur terre, les États-Unis affirment maintenant que leur Congrès a “plein pouvoir plénier” sur nos nations. Il serait plus juste de dire : le pouvoir plénier de domination assumé par le Congrès sur nos nations et nos territoires.

En résultat de l’affirmation par le gouvernement américain du droit de dominer notre existence, nous, en tant que nations autochtones avons été conditionnés pour croire qu’à chaque fois que la Cour Suprême des États-unis prend une décision au sujet de nos nations, en projetant mentalement et linguistiquement des mots, des idées et des arguments sur nos nations, que nous sommes obligés de nous conformer et d’obéir aux décisions de la CS et sa vision de la réalité orientée par la domination. Le gouvernement des États-Unis voudrait nous faire croire que nous somme complètement obligés de concéder passivement sans objection à la supposition que les États-Unis possèdent un droit de domination sur nous, nos nations, nos terres, nos ressources et nos vies.

Malheureusement, nous avons été formatés, conditionnés, pour croire que nous n’avons aucun droit de défier les États-Unis et leur droit supposé et assumé de nous dominer. Comme l’a dit Richard Harvey Brown : “La chose en elle-même (quelle qu’elle soit), émerge du processus d’être nommée.Une fois que nous avons appris à “voir” le code caché de la domination, alors il semble être omniprésent pour la simple et bonne raison que le système de réalité de la société dominante est totalement fondé dessus.

En conclusion, Claude Lévi-Strauss a déclaré au sujet de l’origine de l’anthropologie comme partie d’un processus global de domination, qui est applicable à la loi fédérale indienne des USA. C’est, dit-il “le résultat d’un processus historique qui a rendu une partie de l’humanité obéissante à l’autre et durant lequel des millions de victimes innocentes ont eu leurs ressources pillées et leurs croyances et institutions détruites, tandis qu’eux-mêmes étaient tués sans pitié, réduits en esclavage et contaminés par des maladies auxquelles ils ne purent résister.”

Ni conquis, ni subjugués, et encore moins terminés…

Non seulement nous pouvons décoder le code secret utilisé contre les Nations Primordiales, mais également les effacer de nos mémoires et de nos cortex.

Cracker la doctrine chrétienne de la découverte, vider la mémoire collective de ce présupposé raciste sur lequel s’est construit l’Empire et repartir non d’un reset ordonné par les Zélites, mais d’un reboot décidé par et pour nous-mêmes.

JBL1960

Source de l’image ► https://pixabay.com/fr/verrouillage-verrouill%C3%A9-secure-1673604/

 

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