Un exorcisme, Junipero Serra et les bulles pontificales, Steven Newcomb du 21/10/20 (Traduct° R71) – Complété et enrichi par JBL1960

Doctrine Chrétienne de la Découverte

Au N.O.M. du Christ ; Pillons et massacrons !

Dieu, reconnaitra les siens…

Je vous propose la dernière analyse de Steven Newcomb, surement l’une des plus puissantes et profondes qu’il m’ait été donnée de lire, d’un de mes auteurs favoris.

Newcomb, universitaire, juriste, chercheur et écrivain issu de la culture native amérindienne (Shawnee, Lenape) et auteur du livre Pagans in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery dont j’ai réalisé une version PDF (N° 4 de 45 pages) des larges extraits de traductions, en français, grâce à Résistance71 ► Païens en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte 

Cliquer pour accéder à pdfsnewcombjanv2017.pdf

A étudié et écrit au sujet de la loi et de la politique Fédérale Indienne depuis le début des années 1980, en particulier l’application de la loi internationale aux nations et peuples indigènes. Une fois encore, il démontre que si nous ne sommes pas responsables des exactions des premiers colons espagnols, portugais, français, anglais, hollandais…

Nous le deviendrions, dès lors que sachant tout cela aujourd’hui, nous déciderions de ne rien faire et/ou de ne rien changer !

Je me retrouve, une fois de plus, de bout en bout, dans cette lecture, moi, la descendante de colons espagnols, dont l’un des ancêtres a même été Président de la République de Bolivie du 14 avril 1879 au 10 septembre 1879, et donc a pris part activement à la “mission” divine décidée par les hommes en jupe, en 1492, année cruciale de l’Espagne dite « moderne ». Et pour avoir renié mon baptême en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte, puisque l’église catholique romaine nous refuse l’effacement de nos noms des registres des baptêmes, pour effondrer le colonialisme, et ce par quoi il arrive toujours, l’État. Sans arme, ni haine, ni violence, preuve que nous pouvons rompre le cycle mortifère induit par une mini-élite oligarchique folle, eugéniste, raciste et suprématiste qui s’est construite sur le principe que l’homme qui n’est pas blanc est inférieur. Et avec les politiques français de tout poil qui pensent encore comme un Jules Ferry en 1885 que : Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures.

Parce que les colons/envahisseurs/exterminateurs ont affirmé que ce droit leur avait été ordonné par Dieu lui-même et que de fait c’était devenue une obligation.

Nous ne pouvons changer le passé, mais l’Histoire s’écrivant au présent, nous pouvons changer le cours de l’Histoire humaine en modifiant notre attitude, en ouvrant les yeux et en regardant la vérité bien en face !

Le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité n’a pas eu lieu dans l’Allemagne nazie, mais sur le sol américain.

100 millions d’Amérindiens ont été massacrés et ont perdu leur Terre-Mère.

Fait historique : la plupart des personnes qui les ont massacrés étaient des chrétiens. Désolé si vous ne pouvez pas supporter la vérité.

À la fin du XVIe siècle, peut-être 200 000 espagnols avaient transféré leurs vies dans le Nouveau Monde, au Mexique, dans les Caraïbes, en Amérique Centrale et plus au Sud. Par contraste, à cette époque, entre 60 et 80 millions de natifs de ces terres étaient morts. Pourtant, le carnage n’était pas encore fini. […]
Pour les conquérants espagnols, les Indiens étaient plus spécifiquement définis comme des esclaves naturels, des bêtes de somme sous-humaines, parce que cela aidait à classifier les Indiens là où les Espagnols voulaient les mettre et aussi parce qu’une telle définition était justifiable en appelant quelques anciennes vérités européennes et chrétiennes, ce depuis St Thomas d’Aquin et en remontant jusqu’à Aristote. Depuis, les colons britanniques, puis les Américains n’ont eu que peu d’usage de l’esclavage des Indiens, ils ne voulaient que leurs terres, ils en appelèrent donc à d’autres sources chrétiennes et européennes de « sagesse » pour justifier le génocide : les Indiens étaient des suppôts de Satan, des fainéants et des sauvages assassins, des hommes des bois, des ours, des loups, de la vermine. S’étant prouvés au-delà de toute capacité de conversion au christianisme et d’assimilation à la vie civile et de fait les Britanniques et Américains n’ayant que peu d’intérêt à les avoir comme esclaves, dans ce cas précis, la seule chose à faire fut décrétée être leur extermination….  

American Holocaust: Columbus and the Conquest of the New World by David E.  Stannard

David Stannard, « American Holocaust », Oxford University Press, 1992

604 Junípero Serra Photos and Premium High Res Pictures - Getty ImagesUn exorcisme, Junipero Serra et les bulles pontificales

Steven Newcomb21 octobre 2020 – URL de l’article source en anglais ► http://originalfreenations.com/an-exorcism-junipero-serra-and-the-papal-bulls/

Traduction Résistance71, dans : Colonialisme, Vatican, bulles pontificales et exorcisme (Steven Newcomb)

Complété & Enrichi par Jo Busta Lally

Le 17 octobre 2020, l’archevêque de San Francisco (Californie), Salvatore Cordileone, a accompli une cérémonie d’exorcisme à l’extérieur de l’église San Rafael, où des manifestants avaient récemment renversé une statue du père Junipero Serra. Un exorcisme est un rituel mené pour purger des démons et éliminer l’influence du diable, un ange déchu du nom de “Satan”. L’archevêque Cordileone a dit que cette cérémonie avait pour intention d’extirper le mal et de défendre l’image du père Serra.

On dit d’un démon qu’il est un être surnaturel, typiquement associé au mal, un mot qui de manière fort intéressante est le mot “vivre” épelé à l’envers (NdT : en anglais “evil” => “live”). Le “mal” ou “malfaisance” est défini comme “quelque chose causant la ruine, la blessure ou la douleur, quelque chose de dangereux”. C’est aussi défini comme “la qualité d’être moralement dépravé et enclin à la malfaisance”.

Être malfaisant est être vicieux, malicieux et la malice peut aussi être définie comme “un désir de faire le mal aux autres”, délibérément nuire à autrui. En droit, la malice est “l’intention sans juste cause ou raison, de commettre un acte malveillant dont résultera des dommages à autrui”.

En quoi cette étymologie amène t’elle la lumière sur l’exorcisme de l’archevêque ?

La réponse nous vient de la ruine, de la douleur, du mal et de la malveillance infligés aux nations et peuples originels par les envahisseurs catholiques espagnols et leur système de mission* de la domination entre 1769 et 1834. Serra et l’officier espagnol Gaspar de Portola, furent les porteurs initiaux de ce système impérialiste de mal et de la malveillance en haute Californie, sans juste cause, ils commirent des actes malveillants au nom de l’empire catholique espagnol.

Pour documenter l’intention de l’église catholique et de Serra de commettre des actes de domination contre les peuples natifs, nous devons nous tourner vers des documents très importants émis par différents Papes au XVe siècle, à la fois avant et après le premier voyage de Christophe Colomb (Cristobal Colòn). La bulle pontificale Inter Caetera du 3 mai 1493 inclut une phrase bien spécifique qui identifie la nature de la déité invoquée par le pape d’alors Alexandre VI (NdT : dont le vrai nom est Rodrigo Borgia de la tristement célèbre famille Borgia, père de Lucrèce et César Borgia) : Nous avons foi en Lui, celui par qui les empires, dominations et toutes bonnes choses se produisent.

Aucun nom n’est fourni dans cette phrase, juste le pronom “Lui” qui indique une déité mâle ou un esprit duquel les forces mortelles et destructrices des empires et des dominations émanent. Ailleurs dans le document, le pape Alexandre VI dit qu’il donnait un droit de domination “par l’autorité omnipotente de dieu” et par l’autorité de sa position de “vicaire de Jésus Christ” sur terre : Nous [le saint siège], de notre propre décision… de notre certaine et absolue connaissance libérale et de la plénitude du pouvoir apostolique, donnons, concédons et assignons les terres et îles sus-mentionnées en général et en particulier, inconnues et jusqu’à présentement, découvertes par vos messagers et celles qui seront découvertes dans le futur, et qui ne sont pas déjà assujetties et établies sous la domination actuelle et temporelle de quelques dominateurs chrétiens, par l’autorité de dieu omnipotent qui nous a été accordée par St Pierre et la fonction de vicaire du Christ dont nous exerçons la volonté sur terre.

Le pape Alexandre VI, en tant que chef suprême de l’église catholique apostolique et romaine, a utilisé le phrasé ci-dessus pour affirmer pouvoir donner aux monarques espagnols un supposé droit divin de domination (“dominio”) sur les terres lointaines non chrétiennes découvertes et à découvrir dans le futur… En tant que dominateurs chrétiens (“dominorum christianorum”), ils furent, par l’autorité de “dieu”, appelés à établir un système de domination destructeur sur les terres non-chrétiennes découvertes et à découvrir. [NdJBL : le pour les siècles et les siècles prend ici tout son sens !]

Ce fut cette “mission” malveillante et malicieuse de domination qu’accomplirent le père Serra et Gaspar de Portola en territoire de la nation Kumeyaay en 1769 et qu’il étendirent de là plus au Nord. Tout ceci fut fait avec la foi totale en ce qu’ils étaient assistés par “Lui par qui” émergent les empires et les dominations.

Dans une lettre qu’il écrivit en 1775, Serra dit qu’il espérait voir “plus de grands territoires assimilés au sein de notre sainte mère l’église et soumises à la couronne d’Espagne.” Les dévots à cette époque appelaient même la mère/vierge Marie “La conquistador” et “la conquérante de nouveaux royaumes”.

J’imagine que l’archevêque Cordileone n’a jamais lu les citations mentionnées ci-dessus de la bulle Inter Caetera du pape Alexandre VI datant de 1493. Comme je l’ai personnellement dit à l’archevêque Silvano Tomasi au conseil pontifical pour la paix et la justice de 2016, après que j’eus fait don au pape François d’un exemplaire de mon livre (Païens en terre promise, décider la doctrine chrétienne de la découverte”, éditions Fulcrum, 2008) : Avec tout mon respect, je pense qu’il y a beaucoup de votre propre histoire que vous ne connaissez pas. Laissez-moi vous demander ceci : Avez-vous jamais lu en fait les bulles pontificales en question ?… L’archevêque m’a alors répondu :je dois confesser que non. Peut-être que l’archevêque Cordileone pourrait aussi se confesser sur ce point. Peut-être devrait-il pratiquer un exorcisme sur “Lui” de qui proviennent tous les empires, dominations et bonnes choses.

Le fait est que l’archevêque Cordileone et la hiérarchie de l’église catholique ne sont pas encore venus à terme avec la théologie de la domination documentée dans les bulles pontificales du Vatican et qui sont parties intégrantes de l’évangélisme catholique et chrétien. Cette théologie est fondée sur l’assertion d’une déité mâle (“Lui”) qui est derrière la poussée en avant de l’empire chrétien (chrétienté) et de la domination sur la “terre promise. “Toujours de l’avant, jamais en arrière” avait juré Serra.

Le tribut payé à la théologie du mal de ce système missionnaire a été édicté par le grand archéologue Robert Heizer dans un article publié en 1978. Dans cet article, Heizer a déclaré que le système missionnaire catholique espagnol était “une institution à peine viable dans son auto-perpétuation parce qu’elle était nourrie d’un constant apport d’êtres humains.

Il rajouta : “Continuer à nourrir le fourneau [du système missionnaire] aurait demandé une force militaire d’une plus grande puissance que ce qui était alors disponible, pour continuer à aller chaque année toujours plus loin dans les terres non converties de l’intérieur afin de ramener ce carburant humain.

L’historien David Stannard, dans son ouvrage The American Holocaust(1992), appela le système des missions “les fourneaux de la mort”. La raison en est que la population native de cette région de la haute Californie, estimée à environ 300 000 personnes à l’arrivée de Serra, s’est effondrée de plus de 50% pour se situer à moins de 150 000 personnes vers 1834, ce dans une période de quelques 65 ans (NdT : le système des missions catholiques tuait donc dans cette région seule de la haute Californie quelques 2500 personnes par an pendant 6 décennies…).

Ce taux de mortalité est le contexte du déboulonnage de la statue du père Junipero Serra qui entra en territoire de la nation Kumeyaay lorsqu’il arriva en 1769. D’un point de vue natif, cette statue était un monument à la tradition haineuse du système missionnaire de l’église catholique espagnole, qui généra tant de mort et de destruction.

*mission = Pour ceux qui ont vu le film MISSION dont le scénario s’inspire d’un récit authentique  : Au début du XVIIe siècle, le frère jésuite Gabriel fonde une mission sur les terres des Indiens Guaranis. À la même époque dans les mêmes lieux sévit Mendoza, aventurier mercenaire. Ces deux hommes vont se retrouver pour lutter contre la domination espagnole et portugaise.  La conclusion de Newcomb prend une fois encore tout son sens et justifie que nous nous tenions aux côtés des Natifs, des Nations originelles et des peuples autochtones de tous les continents pour rompre avec la Doctrine Chrétienne de la Découverte sur laquelle s’est construit l’empire anglo-américano-christo-sioniste et enclencher un nouveau paradigme sans dieu ni maitre ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/08/03/vers-un-programme-detudes-des-nations-autochtones-en-californie-par-steven-newcomb/

MàJ du 05/09/19 – Les Bulles de la discorde…

Nous pouvons agir, ICI et MAINTENANT, en ne réitérant pas les erreurs du passé. Pour se faire, nous devons comprendre et transformer notre réalité, quelques lectures complémentaires pour y parvenir ;

Comprendre le système légal de l’oppression coloniale pour mieux le démonter ; N° 46 avec Peter d’Errico, PDF de 29 pages ► Comprendre le système légal de l’oppression coloniale pour mieux le démonter avec Peter d’Errico

N° 47 avec Steven Newcomb, PDF de 106 pages ►  Comprendre le système légal de l’oppression coloniale pour mieux le démonter avec Steven Newcomb

MEURTRE PAR DÉCRET – Le crime de génocide dans les Pensionnats/Hôpitaux pour Indiens au Canada de 1840 à 1996

Pierre Clastres, 1974 – Anthropologie Politique : De l’ethnocide

EFFONDRER LE COLONIALISME Maître-pilier de l’Empire pour un changement de paradigme politique & social ► Déterminer l’E.R.R.E.U.R. et comment la corriger

EFFONDRER LE COLONIALISME par Apostasie Collective et/ou Renonciation au baptême, en récusation de la Doctrine chrétienne de la Découverte – par Jo Busta Lally

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