La réconciliation et l’affirmation du Canada d’un droit de domination sur les nations natives – Steven Newcomb, 21 mai 2020

Le Vatican et son héritage de domination par Steven Newcomb

Steven Newcomb ► Universitaire, juriste, chercheur et écrivain issu de la culture native amérindienne (Shawnee, Lenape)

SN est à droite sur la photo ci-dessus, bien sûr…

Auteur du livre Pagans in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery  traduit par de larges extraits par Résistance71 pour m’en permettre une version PDF {N°4} de 45 pages ► Païens en Terre Promise, décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte est l’un de mes auteurs favoris depuis que R71 le traduit dans son blog et que j’ai traduit et relayé également très souvent par la suite ici-même.

Newcomb, a étudié et écrit au sujet de la loi et de la politique fédérale indienne depuis le début des années 1980, en particulier l’application de la loi internationale aux nations et peuples indigènes. M. Newcomb est le directeur de l’Indigenous Law Institute qu’il a cofondé avec Birgil Kills Straight, un chef traditionnel et ancien de la nation Oglala Lakota. Ensemble, ils ont mené une campagne mondiale pour défier les documents impérialistes du Vatican datant du XVème siècle. Ces documents (bulles) eurent pour résultat la décimation des nations libres et originelles de la Terre-Mère et a ainsi privé la planète de façons de vivre respectueuses des écosystèmes et des enseignements sacrés. Johnson vs McIntosh un monument de papier de la suprématie blanche

C’est pourquoi, suite aux nombreuses opérations de déboulonnages de statues à Anvers, Bristol, je vous recommande la lecture de son article du 23 mai 2017 : Johnson contre McIntosh un monument de papier de la suprématie blanche qui remet les choses à leur juste place…

La réconciliation et l’affirmation du Canada d’un droit de domination sur les nations natives

Steven Newcomb | 21 mai 2020 | URL de l’article source en anglais ► https://originalfreenations.com/reconciliation-and-canadas-claim-of-a-right-of-domination-over-native-nations/

Traduit par Résistance 71, dans : Colonialisme d’hier et d’aujourd’hui… La continuité coloniale au Canada et la farce de la Commission Vérité et Réconciliation (Steven Newcomb)

Que je complète et enrichi par liens, PDFs, billets, infos ad hoc et connexes

Regardons de plus près le processus de “Vérité et Réconciliation” embrassé par le Canada. Dans un contexte particulier, “réconcilier” veut dire “restaurer l’amitié”. Soyons clair ici, il n’est pas possible de “restaurer” une amitié qui n’a jamais existé en première instance entre la société dominante du Canada et les peuples et nations originels du continent.

Considérons une autre définition de réconciliation, “causer la soumission ou accepter” et “amener à l’acquiescement”. Supposez que le gouvernement du Canada (et des ses provinces variées) aient utilisé le mot “réconciliation” dans un effort de “causer” le fait que les peuples indigènes “se soumettent ou acceptent” l’affirmation faite par le Canada d’un droit à la “domination de la Couronne”. Supposez qu’il ait voulu amener les nations natives du continent à “acquiescer” à l’affirmation du Canada et de son droit de domination sur les nations natives.

Il y a une excellente raison pour un pays comme le Canada de mettre en marche un processus étiqueté “réconciliation” en relation à nos nations originelles. Le Canada a voulu utiliser ce processus pour tromper les nations natives à accepter passivement l’idée que le Canada possède un droit légitime de “souveraineté” sur les nations originelles et les peuples de ce continent. Le potentiel de sécuriser l’acquiescement, financièrement très lucratif, des nations natives à l’affirmation de la domination de la “couronne” (NdT : de fait la City de Londres, qui est la “couronne”…) créa une excellente raison pour le gouvernement du Canada d’utiliser ce concept de “réconciliation”.

Réconciliation n’est pas un mot de libération. C’est un mot de soumission et de mise au pas. Il est maintenant typiquement utilisé par l’église catholique en remplacement du mot de “confession”. C’est un mot piège. Il peut mener par exemple, à l’acceptation par nos nations natives de l’affirmation de souveraineté fédérale ou de la couronne, de leur domination sur nos existences mêmes. Le mot réconciliation est fait pour apaiser et pacifier le mécontentement bruyant de mouvements comme Idle No More et Standing Rock. De mon point de vue, ce mot est utilisé pour nous endormir.

La preuve pour soutenir cette assertion se trouve dans le rapport final de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada de juillet 2019. Après avoir discuté dans les grandes largeurs de la soi-disant doctrine de la découverte, le rapport dicte : “Nous ne suggérerions pas que la répudiation de la doctrine de la découverte mène nécessairement à l’invalidation de la souveraineté de la couronne. [NdJBL : En analyse dans ce billet qui contient la dernière mise à jour du Contre-rapport à la Commission Vérité & RéconciliationMeurtre Par Décret – Le crime du génocide dans les Pensionnats pour Indiens de 1840 à 1996 au Canada – version PDF N° 1 de 58 pages en français (2016)]

Exprimons ceci de nouveau en langage plus simple : l’analyse de la doctrine de la découverte par ceux qui ont écrit ce rapport final de la commission n’a pas provoqué chez ces rédacteurs le moindre questionnement sur la validité de l’affirmation d’un droit de domination (exprimé sous la forme de “souveraineté”) de la part de la couronne. Les rédacteurs semblent dire : “Nous sommes prêts à accepter l’affirmation de domination de la couronne (“souveraineté”) comme étant valide bien que le fondement de cette affirmation de droit de domination par la Couronne est l’invalide doctrine de la découverte, qui mérite elle, d’être répudiée.

Le rapport final de la CVR exprime la vision du gouvernement du Canada, en tant que pays appartenant au Commonwealth. Cela ne devrait pas surprendre que des représentants de la “couronne” soient prêts à accepter l’affirmation par cette même couronne d’un droit de domination (‘“souveraineté”) en relation avec les peuples et nations originels.

Le rapport final de la CVR dit :La doctrine de la découverte… a été invoquée comme justificatif de l’exploitation continue jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressourcesdes peuples indigènes.” Soyons plus précis sur ce point : C’est l’affirmation d’un droit de domination par la couronne britannique, que l’on peut tracer depuis la charte donnée à John Cabot et son fils en 1496 et toute la série de bulles pontificales remontant au XVe siècle (NdT : Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) pour être plus précis), que le Canada a utilisées pour justifier l’exploitation continuelle jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressources’ des peuples indigènes. L’affirmation d’un droit de domination de la couronne puise son origine dans l’image d’un monarque chrétien devenant le premier représentant de l’empire chrétien (chrétienté, NdT : qui n’est autre qu’une extension de l’empire romain depuis l’empereur Constantin…) à localiser des terres non chrétiennes, terres sur lesquelles aucun système de domination chrétienne ne s’est encore exercé. Une définition de la propriété se colle à l’affirmation de la couronne sur les terres et les territoires des nations originelles du continent : “le premier établissement d’une domination physique socialement approuvée sur des parties du monde naturel.

Nous trouvons cette imagerie exprimée dans la charte de John Cabot de 1496 par exemple. Les Cabot devaient avancer et “subjugare” (subjuguer, dominer) les terres au nom du roi, de ces païens infidèles inconnus du peuple chrétien.” Cette commission royale donnée aux Cabot n’est juste qu’un document utilisé pour justifier de la domination et exploitation perpétuelles des terres, territoires et ressources de nos nations originelles de l’Île de la Grande Tortue. [NdJBL : Le profond désir chrétien de domination de Steven Newcomb – Juillet 2019 & La source biblique du colonialisme – SN – Juillet 2018]

Pourtant, le rapport final de la CVR s’arrête court de défier l’affirmation de droit de domination de la couronne. Ce rapport ne fait que cadrer la doctrine de la découverte en termes d’”histoire européenne et évite de l’étiqueter ‘chrétienne’. (NdT : Rappelons ici que le livre de l’auteur de cette article s’intitule : “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”… dont nous avons traduit de larges extraits.) Le rapport de la commission évite donc soigneusement de reconnaître que la soi-disant doctrine de la découverte est enracinée dans l’idée de Peuple Élu, de Terre Promise, de la bible et de christianisme. Le rapport dit que la souveraineté de la couronne est toujours valide même après que la base fondamentale de cette affirmation de “souveraineté de la couronne” (domination) ait été rejetée.

Comment pouvez-vous répudier la fondation conceptuelle de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination sur les peuples et nations originels tout en maintenant l’affirmation de la couronne sur son droit de domination ? Vous le faites en affirmant que bien que la source de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination se soit révélé être invalide, vous devez affirmer que cette révélation ne mène pas à la conclusion que l’affirmation qui a émergé de cette source invalide, soit elle-même invalide.

En écrivant soigneusement d’une manière “(ré)conciliante” (“acquiesçante” donc) envers l’affirmation du Canada d’un droit de domination de la couronne, les scribes du rapport final de la CVR ont appelé à la répudiation de la fondation conceptuelle de la “souveraineté de la couronne” sans appeler à la répudiation de l’idée de la “souveraineté de la couronne” (“domination”). Les auteurs du rapport final de la CVR ont dit “il y a d’autres moyens d’établir la souveraineté de la couronne”, mais ils n’ont as mentionné lesquels. Peut-être se sont-ils arrêtés courts dans le partage de cette information parce qu’ils ne pouvaient pas se figurer quels pouvaient bien être ces “autres moyens”.

Quoi qu’il en soit, le rapport final de la CVR échoue à expliquer pour quelle raison les nations originelles de ce continent devraient avoir pour acquiescer à l’affirmation du Canada sur un droit de domination de la couronne sur elles. Maintenant, la base conceptuelle de l’affirmation de droit de domination de la couronne sur les nations natives s’est révélée n’être qu’une escroquerie basée sur la bible, le christianisme, des bulles pontificales et le racisme européen ainsi que les idées exprimées par le juge de la Cour suprême des États-Unis John Marshall dans sa décision dans l’affaire Johnson contre McIntosh qui fut édictée par la Cour Suprême en 1823.

Retrouvez dans la catégorie PEUPLES PREMIERS tous les billets consacrés aux Natifs et Nations premières ou originels depuis l’ouverture de ce blog ;

Je vous recommande la lecture du PDF de la traduction partielle en français du Contre-rapport à la Commission Vérité & Réconciliation du Canada par le TIDC (Tribunal International des Disparus du Canada) : MEURTRE PAR DÉCRET et mieux sa diffusion afin que plus personne ne puisse prétendre qu’il ne savait ou pire qu’il ne pouvait pas savoir !

Le dernier avertissement ou Avertissement Final de Mohawk Nation News du 26 avril 2020 aux colons de papier qui figure pages 28 à 30 de mon tout dernier PDF qui dénonce la dernière expérience d’ingénierie sociale planétaire en cours ou PLANDÉMIC au virus à couronne, dans mon DOSSIER SPÉCIAL CORONAVIRUS ;

Comprendre le système légal de l’oppression coloniale pour mieux le démonter avec Steven Newcomb et Peter d’Errico ;

La Mise en Échec du N.O.M. passe par l’union des  peuples de tous les continents qui, dans le processus même de la révolution sociale planétaire, éradiqueront la malfaisance régnante que nous savons être, pour le moins : le Vatican, la City de Londres et Washington D.C. ! MàJ du 21/03/2018 CAUSE COMMUNE

Nous sommes TOUS des colonisés & EFFONDRER LE COLONIALISME ► Maître-pilier de l’Empire pour un changement de paradigme politique & social ► Déterminer l’E.R.R.E.U.R. et comment la corriger par R71 ;

Effondrer les empires coloniaux par apostasie collective en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte par JBL1960 ;

En lien avec l’actualité de ces derniers jours à Minneapolis avec le meurtre de George Floyd et en France les manifestations contre les violences policières (qui n’existent pas) et le lien fait entre la mort de Floyd et celle d’Adama Traoré, entre autres ;

Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire (1950) ;

Peau Noire – Masques Blancs de Frantz Fanon (1952) ;

interventions américaines dans le monde depuis WW2

Notez bien qu’en 230 ans d’existence sous sa forme constitutionnelle la Nation Exceptionnelle et Indispensable a mené 219 guerres d’agression. Alors que depuis octobre 1492 il fut simplement implicitement compris qu’aucune personne indigène traditionnelle ou nation ne devaient être autorisées à survivre en dehors de la chrétienté et de sa nation « blanche ». Et toutes les approches qui partagèrent le même narratif trompeur dépeignaient le génocide comme une quête sacrée et un acte de charité profonde envers des êtres inférieurs. Comme le déclarait Jules Ferry en 1885 « les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures ».

  Preuve surtout que la connerie humaine n’a pas de limite…

Pensez-y lorsque vous vous préparerez à fêter en Espagne, en Amérique Latine, le Jour de la Découverte que vous appelez aussi sans équivoque possible, JOUR DE LA RACE/DIA DE LA RAZA et dans les pays anglophones Columbus Day/Jour de Christophe Colomb

Si vous voulez vraiment mettre un terme définitif, sans arme, ni haine, ni violence, à la doctrine chrétienne de la découverte que tout le monde fête à Thanksgiving  ► ne le commémorez plus !

DITES NON ! Arrêtez de voter, de vous soumettre, de consentir…

Car, le salut de l’Occident et l’avenir de l’Humanité passent par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Du fait notamment comme nous le voyons très clairement maintenant qu’il n’y a pas de solutions au sein de ce système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais !

La solution est en chacun de nous, la solution c’est NOUS, tous ensemble, unis et solidaires !

JBL1960