AU MONDE ÉDUCATIF DE FRANCE & DE NAVARRE…

Appel à imploser le concept « bancaire » de l’Éducation !

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Il y a tout juste un an, Résistance 71 a traduit, intégralement, l’œuvre phare de Paulo Freire* ; La Pédagogie des Opprimés, 1970 pour me permettre d’en réaliser une nouvelle version PDF (N° 83 de 111 pages) et ce en direction des Gilets Jaunes et sympathisants et pour toutes celles et ceux dont la conscience politique collective avait jailli d’un coup le 17 novembre 2018, telle une petite flamme, et afin qu’elle se nourrisse d’elle-même pour ne plus jamais faiblir et ainsi risquer de s’éteindre.

Petites flammes intérieures qui couvaient sous la cendre puisque l’appel à la grève générale, illimitée, expropriatrice et autogestionnaire du 5 décembre 2019 aura tout réactivée d’un coup et embrasant l’empire.

Depuis j’ai complété avec ces deux essais de Freire indispensables, à mon sens pour nous permettre, à nous les opprimés/dominés, d’aller plus loin et d’embraser tous les empires oppresseurs et dominants ;

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*Paulo Freire (1921-1997) : Éducateur, philosophe et professeur brésilien, PhD, enseignant au SESI, fut secrétaire à l’éducation de la ville de São Paulo au Brésil et professeur à l’Université Catholique Pontificale de São Paulo, membre du jury international de l’UNESCO. Dédia sa vie à l’éducation et l’émancipation des opprimés par la pensée et l’éducation critiques. Ses ouvrages ont été traduits en 18 langues. Il fut influencé par l’humanisme, le marxisme et le christianisme, les penseurs qui l’influencèrent le plus dans sa démarche philosophico-éducative furent : Hegel, Marx, Teixeira, Dewey, Fromm, Fanon et Gramsci.

Freire est le grand applicateur du concept appelé en portugais conscientização qu’on peut traduire par conscience critique et le processus d’éveil aux contradictions socio-politiques nous entourant et l’action entreprise contre les éléments oppresseurs de notre condition sociale. La pédagogie des opprimés explique le cheminement et la praxis de la “conscientização” dans la pratique éducative de Freire. Sa subversion eut pour résultat de voir Freire et sa famille exilés du Brésil entre le coup d’État fasciste de 1964 et 1980.

Son ouvrage majeur qu’est La pédagogie des opprimés”, bien que traduit dans 18 langues, est interdit dans certains États, comme en Arizona par exemple, car jugé bien trop subversif pour le système. La méthodologie pédagogique mise en place par Freire fut considérée si dangereuse et subversive, que l’auteur a dû s’exiler du Brésil pendant plus de 15 ans. C’est aussi peut-être pour cette raison qu’il n’a pas été réédité en français. NdR71 : Nous n’en serions nullement étonnés.

De grands noms dans le domaine de l’Éducation furent directement influencés par la pensée et la pratique de Freire, on trouve dans ce groupe des professeurs et éducateurs comme : Angela Vanenzuela, Peter McLaren, Henri Giroux, Donaldo Macedo, Ira Shor, Joe Kincheloe, Shirley Steinberg, Stanley Aronowitz et bien d’autres sur tous les continents…

Aussi, considérant que le pire, serait maintenant, de continuer à nous accommoder du pire, nous TOUTES & TOUS, les opprimé-e-s de France, de Navarre, et de la Terre entière. Estimant de plus que La renaissance de l’humain est la seule croissance qui nous agrée ;

Nous nous trouvons là ou tout commence ;

Et ce que nous voulons, ce n’est pas DEMAIN, c’est MAINTENANT !

Aussi, nous appelons tout le monde éducatif à imploser/exploser ce concept « bancaire » de l’Éducation à l’œuvre et à la manœuvre depuis des lustres ;

Pages 29 du PDF La Pédagogie des Opprimés de Paulo Freire : L’éducation de la sorte devient un acte de dépôt, dans lequel les élèves sont les récepteurs et les enseignants les dépositaires. Au lieu de communiquer, l’enseignant émet des communiqués et fait des dépôts que patiemment les élèves reçoivent et stockent, mémorisent et répètent. C’est ce qu’on peut appeler le concept “bancaire” de l’éducation, dans lequel le champ d’action réservé aux élèves ne s’étend qu’à leur réception de l’information. Il est vrai qu’ils ont l’opportunité de devenir les collecteurs ou les catalogues des choses qu’ils ont en stock. Mais en dernière analyse, ce sont les gens eux-mêmes qui sont écartés du processus au travers du manque de créativité, de transformation et de connaissance dans ce système, au mieux, mal dirigé. Car hors du questionnement, hors de la praxis, les individus ne peuvent pas être vraiment humains. La connaissance émerge dans l’invention et la réinvention, par la quête sans relâche, impatiente, continue et optimiste que les humains poursuivent en ce monde, avec le monde et avec les autres, ensemble.

Page 30 du PDF La Pédagogie des Opprimés de Paulo Freire : Dans le concept bancaire de l’éducation, la connaissance est un don accordée par ceux qui se considèrent érudits, savants, au-dessus de ceux qu’ils considèrent ne rien savoir. Projeter une ignorance absolue sur les autres, caractéristique de l’idéologie de l’oppression, annihile l’éducation et la connaissance en tant que processus de quête. L’enseignant se présente aux élèves comme leur opposé absolu et nécessaire ; en considérant leur ignorance comme absolue, il justifie par là même son existence et sa position. Les élèves, aliénés tel l’esclave dans la dialectique hégélienne, accepte leur ignorance comme justificatif de l’existence de l’enseignant, mais, à l’encontre de l’esclave, ils ne découvrent jamais qu’ils éduquent l’enseignant.

La raison d’être de l’éducation libertaire en revanche, réside dans la poussée vers la réconciliation. L’éducation doit commencer avec la résolution de la contradiction enseignant-élève, en réconciliant les pôles de la contradiction de façon à ce que tous deux soient simultanément enseignant et élève.

Cette solution n’est pas (et ne peut pas être) trouvée dans le concept de l’éducation bancaire ; bien au contraire, celle-ci maintient stimule même la contradiction au moyen de ces attitudes et pratiques qui reflètent la société oppressive dans son ensemble :

  1. a) L’enseignant enseigne et l’élève est enseigné
  2. b) L’enseignant sait tout et l’élève ne sait rien
  3. c) L’enseignant pense et l’élève est pensé
  4. d) L’enseignant parle et l’élève écoute ou peu s’en faut
  5. e) L’enseignant discipline et l’élève est discipliné
  6. f) L’enseignant choisit et impose ses choix, l’élève obéit et fait
  7. g) L’enseignant agit et l’élève a l’illusion d’agir au travers de l’action de l’enseignant
  8. h) L’enseignant choisit le contenu du programme et l’élève qui ne fut pas consulté, s’adapte
  9. i) L’enseignant confond l’autorité du savoir avec sa propre autorité professionnelle qu’il/elle oppose à la liberté de l’élève
  10. j) L’enseignant est le sujet du processus éducatif tandis que l’élève n’est qu’un simple objet de celui-ci

Il n’est pas surprenant que le concept bancaire de l’éducation voit les humains comme adaptables, des êtres à gérer. Plus les élèves travaillent à stocker les dépôts de connaissance qu’on leur donne, moins ils développent la conscience critique qui résulterait en leur intervention dans le monde en tant que transformateurs de celui-ci. Plus ils acceptent complètement le rôle passif qu’on leur impose, et plus ils ne tendent qu’à simplement s’adapter au monde tel qu’il est et à adhérer à la vision fragmentée de la réalité déposée en chacun d’eux.

Pages 31 & 32 : La capacité de l’éducation bancaire de minimiser ou d’annihiler le pouvoir créatif des élèves et de stimuler leur crédulité, sert les intérêts des oppresseurs, qui ne se soucient ni de voir le monde révélé ni de le voir transformé. Les oppresseurs utilisent leur “humanisme” pour maintenir une situation des plus profitables. Ainsi, ils réagissent presque instinctivement contre toute expérience éducative qui stimule ou vise à stimuler les facultés critiques et ne se contente pas d’une vision partielle de la réalité mais recherche toujours les liens qui relient un point à un autre et un problème à un autre.

En fait, les intérêts des oppresseurs résident dans le “changement de conscience des opprimés et non pas de la situation qui les opprime”, nous dit Simone de Beauvoir dans “La pensée de droite aujourd’hui” ; car plus les opprimés peuvent être menés à s’adapter à la situation et plus facilement ils peuvent être dominés. Pour parvenir à cette fin, les oppresseurs utilisent le système de l’éducation bancaire en conjonction avec un appareil d’action sociale paternaliste, dans lequel les opprimés reçoivent le titre en forme de doux euphémisme de “récipients de la sécurité sociale”. Ils sont traités à titre individuel, comme des personnes marginales qui dévient de la configuration générale de la société “juste, bonne et organisée”. Les opprimés sont vus comme une pathologie dans une société saine, qui doit donc ajuster ces gens “incompétents et paresseux” à ses propres vues et changer leur mentalité. Ces marginaux doivent être “intégrés”, “incorporés” dans cette saine société qu’ils ont “oubliée”.

La vérité est, quoi qu’il en soit, que les opprimés ne sont en rien des “marginaux”, ils ne sont pas des gens “vivant en dehors de la société”. Ils ont toujours été dedans, dans cette structure qui les a rendus “êtres pour autrui”. La solution n’est pas de les “intégrer” dans la structure oppressive, mais de transformer cette structure de façon à ce qu’ils deviennent des “êtres par eux-mêmes”. Une telle transformation bien entendu, diminuerait le but des oppresseurs, d’où leur utilisation du concept d’éducation bancaire pour éviter la menace de la conscientização des élèves.

L’approche bancaire de l’éducation pour adulte par exemple, ne proposera jamais aux élèves ce qu’il considère comme la réalité de manière critique. Elle s’occupera de questions vitales comme de savoir si Roger a donné de l’herbe fraiche à la chèvre et insistera sur l’importance d’apprendre qu’au contraire, Roger a donné de l’herbe fraiche au lapin. “L’humanisme” de l’approche bancaire de l’éducation masque l’effort de transformer les femmes et les hommes en automates, la véritable négation de leur vocation ontologique d’être plus pleinement humain.

Ceux qui utilisent cette approche bancaire d’enseignement, en le sachant ou sans le savoir (car il y a un nombre considérable d’enseignants “banquiers” qui sont bien intentionnés qui ne comprennent pas qu’ils ne font que servir pour déshumaniser..), ne perçoivent pas que les dépôts de connaissance en eux-mêmes sont contradictoires au sujet de la réalité. Mais tôt ou tard, ces contradictions pourraient mener d’anciens élèves passifs à se retourner contre leur domestication et la tentative de domestiquer la réalité. Ils peuvent bien découvrir au travers de leur expérience existentielle que leur présent mode de vie est irréconciliable avec leur vocation de devenir pleinement humain. Ils pourront découvrir au travers de leur relation avec la réalité que celle-ci est un processus soumis à de constantes transformations. Si les femmes et les hommes recherchent et que leur vocation ontologique est l’humanisation, tôt ou tard ils percevront la contradiction dans laquelle l’éducation bancaire cherche à les maintenir et s’engageront dans la lutte pour leur libération.

Mais l’éducateur humaniste, révolutionnaire ne peut pas attendre que cette possibilité se matérialise. Dès le départ, ses efforts doivent coïncider avec ceux des élèves à s’engager dans la pensée critique et la quête pour l’humanisation mutuelle. Ses efforts doivent être imprégnés d’une profonde confiance en les gens et leur pouvoir créatif. Pour y parvenir, il doit être un partenaire des élèves dans ses relations avec ceux-ci.

Le concept d’éducation bancaire n’admet en rien un tel partenariat, par nécessité. Pour résoudre la contradiction enseignant-élève, pour échanger le rôle de dépositaire, de prescripteur, de dompteur, pour le rôle d’élève parmi les élèves, serait minimiser le pouvoir de l’oppression et servirait la cause de la libération.

L’assomption d’une dichotomie entre les êtres humains et le monde est implicite dans le concept éducatif bancaire : une personne est juste dans le monde et non pas avec le monde ou avec les autres. L’individu est un spectateur, pas un recréateur. Ainsi, la personne  n’est  pas  un  être conscient ; il  ou elle n’est que le possesseur d’une conscience : un “esprit” vide ouvert à la réception de dépôts de la réalité en provenance du monde extérieur. Par exemple, mon bureau, mes livres, ma tasse de café, tous les objets qui m’entourent, en tant que parties du monde qui m’entoure, seraient “en” moi, exactement comme je suis dans mon étude maintenant. Cette vision ne fait pas la différence entre être accessible à la conscience  et entrer en conscience. Néanmoins, cette  distinction  est  essentielle : les objets qui m’entourent sont simplement accessibles à ma conscience, ils ne sont pas en elle. Je suis conscient de leur présence, mais ils ne sont pas en moi.

Il s’ensuit logiquement de la notion de conscience bancaire que le rôle de l’éducateur est de réguler la façon dont le monde “entre” dans les élèves. La tâche de l’enseignant est d’organiser un processus qui se produit déjà spontanément, de “remplir” les élèves en y faisant des dépôts d’information qu’il ou elle considère comme constitutif de la véritable connaissance. Et comme les gens “reçoivent” le monde en tant qu’entités passives, l’éducation devrait donc les rendre encore plus passifs et les adapter au monde. L’individu éduqué est la personne adaptée, parce qu’elle ou il est mieux “préparé” pour le monde.

[NdJBL : de la page 29 à la page 40 sur le concept éducatif bancaire spécifiquement]

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Il semble plus qu’évident qu’il n’y a absolument rien à attendre d’un Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation nationale,  (ou de la ré-éducation de la pensée de la maternelle au bac, voire après pour ceux qui font des études supérieures) de la Jeunesse et de la Vie communautaire, qui a été chercher sa feuille de route à la réunion du Bilderberg le 7 juin 2018 à Turin, qui vous promet aujourd’hui une augmentation de salaire, et qui assure que la prochaine réforme des retraites ne s’appliquera pas à ceux qui sont nés avant 1963, voire 1973, et vous invite à circuler, paskia plus rien à voir !

N’avons-nous pas là, une occasion unique de faire exploser et/ou imploser ce concept et cette notion de conscience bancaires et de rendre l’Éducation comme véritable pratique de la Liberté ?

Car ce soir, ils sont très nombreux ceux qui appellent à cesser cette grève pour permettre aux gens de consommer, le temps des fêtes, ICI ou ! Et donc de ne surtout rien changer à leurs vies formatées pour continuer à obéir, à consommer, à se soumettre…

Sauf que ;

On veut pas crever mieux, on veut vivre vraiment !

Cette grève « pompes funèbres misérables » destinée à faire converger toutes nos colères dans le cul-de-sac réformiste des complicités magouillantes de l’État et de ses larbins syndicaux n’a pour objet que de dissoudre notre radicalité dans les circuits de la vacuité négociatrice où les technocrates subventionnés iront nous vendre pour un salariat de merde amélioré et une retraite de mort mieux décorée.

L’émancipation du prolétariat sera l’œuvre des prolétaires eux-mêmes contre tous les services d’ordre politiques et syndicaux de l’ordre républicain de la pourriture marchande…

La lutte ne fait que commencer…

Le père Noël de la défense du progrès social capitaliste est toujours une ordure…

En avant …vers la grève sauvage généralisée contre tous les bonzes politiques, syndicaux et médiatiques de la merde capitaliste et pour l’abolition du salariat et de l’État !

Du Collectif Guerre de Classe ► http://guerredeclasse.fr/2019/12/06/a-bas-les-greves-debiles-du-pere-noel-des-impostures-marchandes/

Au format PDF ► http://guerredeclasse.fr/wp-content/uploads/2019/12/tract-GDC-2.pdf

Texte fondateur du Collectif Guerre de Classe, publié le 24 octobre 2019 sur ce blog ; Contre les guerres de l’Avoir, la guerre de l’Être, du Collectif Guerre de Classe, Octobre 2019, dans une nouvelle version PDF (N° 137 de 41 pages)

Toutes les autres versions PDF (146) ► https://jbl1960blog.wordpress.com/les-pdfs-realises-par-jbl1960/

Tous ensemble, tentons de mettre en synergie ces lectures, textes, manifestes, exemples de chartes confédérales, ce afin de dissoudre la hiérarchie, la loi et la coercition des classes, pour permettre à chaque individu de prendre le contrôle de sa vie quotidienne et ainsi transcender marxisme et lutte de classe pour harmoniser la lutte sociale émancipatrice !

JBL1960

Lectures (prioritaires) pour y parvenir ;

Manifeste pour la société des sociétés par Résistance 71 & Société, Pouvoir, État & Violence ; Résoudre l’aporie anthropologique politique de Pierre Clastres – Ou comment lâcher prise des antagonismes induits pour une société des sociétés par R71

Autonomie Individuelle & Force Collective : Les anarchistes et l’organisation de Proudhon à nos jours d’Alexandre Skirda, 1987 ;

Nouvelle version de l’exemple de Charte Confédérale inspirée par Michel Bakounine ;

Voline, la synthèse anarchiste ;

Nouvelle Version PDF de La Société du Spectacle de Guy Debord, 1967 ;

Murray Bookchin : Écoute camarade ! Mai 1969 ;

Nouvelle Version PDF du Municipalisme Libertaire de Murray Bookchin, 1995

10 réflexions sur « AU MONDE ÉDUCATIF DE FRANCE & DE NAVARRE… »

  1. Voilà pourquoi c’était de toutes façons FOUPOUDAV ;

    Source Anonyme à l’Unef : Le 25 mai 2018, ( 3 mois après la mise en place de Parcours Sup), un président d’université avoue qu’il va faire exprès de réduire sa capacité d’accueil dans son université pour que l’insertion à l’emploi soit de 100%. Donc ce président veut réduire la capacité d’accueil en fonction des débouchés.

    https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/08/25/non-au-parcoursup-parcours-du-con-battant-pour-rien/

    Et en même temps : Le militantisme stade suprême de l’aliénation ► https://infokiosques.net/IMG/pdf/militantisme.pdf

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  2. Retraites : épinglé pour son «oubli», Jean-Paul Delevoye démissionne de l’Ifpass

    Le haut-commissaire aux Retraites n’avait pas mentionné ses liens avec le monde de l’assurance dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

    Suite à nos révélations, le « Monsieur Retraites » du gouvernement met visiblement ses affaires en ordre. Épinglé la veille pour avoir « oublié » dans sa déclaration d’intérêts de haut-commissaire de mentionner ses liens avec le monde de l’assurance, Jean-Paul Delevoye a fait savoir lundi matin qu’il démissionnait de Ifpass, l’Institut de formation de la profession de l’assurance.

    « Je reconnais que ce n’est pas responsable », concédait-il dans les éditions de ce lundi du Parisien Aujourd’hui en France, avant d’envoyer sa lettre de démission.

    Depuis 2016, l’auteur du rapport sur la réforme controversée d’Emmanuel Macron y occupait des fonctions d’administrateur, bénévolement. Mais, même à titre gracieux, cette activité peut être considérée comme source d’un éventuel conflit d’intérêts. En effet, Jean-Paul Delevoye ayant un rôle de conseil au sein de l’Ifpass, certains observateurs relèvent l’incompatibilité avec le fait de réformer les retraites.
    Tollé à gauche et à droite

    « Pur hasard ! » a notamment ironisé le porte-parole du PCF, Ian Brossat, sur Twitter. Et de détailler : « Rien à voir avec le fait qu’il saccage les retraites par répartition. Et hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super-avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier. »

    « On voit le vrai visage de cette réforme des retraites », où « tout est fait pour pousser les futurs retraités vers des fonds d’assurance », a complété sur Public Sénat le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

    « M. Delevoye peut mettre à la taxe tout le pays sur les retraites et oublier une partie de ses déclarations d’intérêt, ça c’est pas un problème ! », a fustigé le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. « Le monde de l’assurance, lui, n’a pas oublié de déclarer ses liens avec la réforme des retraites que prépare (Jean-Paul Delevoye) », a aussi ironisé le numéro 2 de LFI, Adrien Quatennens.

    Côté syndicats, ce télescopage était qualifié de « gênant » par Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. « On voit que, dans la période, les assureurs privés montrent plus le bout de leur nez car ils sentent bien qu’il y a un coup à jouer avec cette réforme », a expliqué le leader cégétiste sur France Info. « Pour de plus en plus sortir les salariés du régime général et de ce qui se fait de bien en France pour capter une autre forme de retraite, la retraite par capitalisation ».

    À droite, la députée Les Républicains Valérie Boyer a notamment jugé que « la Macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles ».

    Pour Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, cet épisode est « une nouvelle illustration » de la politique d’Emmanuel Macron, qui « déconstruit tout notre modèle au profit d’intérêts particuliers et de puissances d’argent ».

    « Macron a carrément choisi un lobbyiste pour élaborer sa réforme des retraites qui profitera aux assurances sur le dos des Français ! » avait commenté le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, l’appelant à démissionner du gouvernement.

    http://www.leparisien.fr/economie/retraites-epingle-pour-son-oubli-jean-paul-delevoye-demissionne-de-l-ifpass-09-12-2019-8212704.php

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    1. C’est pas le premier, ni le dernier, mais ça suffit !

      Tenez, dans ce billet, spécifiquement ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/12/les-zeros-hics/

      La déclaration de patrimoine du sénateur De Raincourt aux mains de la justice

      Roorrrr ! Déjà c’est d’un autre niveau non ?

      Source Marianne – Marie Lombard | 11 juillet 2016 | 18 H 08

      La Haute autorité pour la transparence de la vie publique a saisi, ce lundi 11 juillet, la justice concernant la déclaration de patrimoine de 2014 du sénateur « Les Républicains » de l’Yonne Henri de Raincourt.

      « Il existe en l’état un doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité de ses déclarations, du fait de l’omission d’une partie substantielle des revenus perçus par M. de Raincourt à l’époque notamment de ses fonctions ministérielles ». Tel était le message du communiqué publié ce lundi 11 juillet par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), justifiant la transmission du dossier « de Raincourt » au procureur de la République de Paris.

      En février 2015, à la suite de révélations du site Mediapart, le sénateur de l’Yonne avait en effet reconnu avoir perçu 4.000 euros par mois de 2008 à 2011, versés depuis un compte au nom de l’UMP (aujourd’hui Les Républicains).

      Or, selon une source proche du dossier, la déclaration faite en fin de mandat en 2014 par M. de Raincourt a montré qu’il n’avait pas mentionné ces 4.000 euros reçus mensuels, soit quelque 150.000 euros. L’ancien ministre de la Coopération et des Relations avec le Parlement avait admis avoir perçu ces sommes versées depuis un compte au nom de son groupe politique. Il avait évoqué « des aides et des soutiens pour une activité parlementaire », expliquant que les sommes reçues lorsqu’il était ministre, de 2010 à 2012, correspondaient à une activité antérieure. Le sénateur a notamment fait valoir que ces revenus constituaient des compléments d’IRFM (indemnité de frais de mandat), sans apporter de justificatifs pour ces sommes qui auraient dû être déclarées. Or l’IRFM est versée directement par le Sénat, et pas par les groupes politiques, selon la source proche du dossier.

      Le 23 mai, une perquisition avait été menée au Sénat dans une enquête sur des soupçons de détournements de fonds publics au profit de sénateurs du parti présidé par Nicolas Sarkozy, selon des sources proches de l’enquête. L’enquête portait également sur les fonds perçus par M. de Raincourt, y compris lorsqu’il était ministre pendant le quinquennat de M. Sarkozy (2007-2012). En mai 2014, le groupe UMP avait démenti « formellement tout détournement de fonds publics ».

      Les justifications du sénateur n’ont visiblement pas convaincu la HATVP qui laisse, par la transmission du dossier, le choix au parquet d’ouvrir ou non une enquête. Si l’omission concernant ses revenus est avérée, Henri de Raincourt risquera une amende de 15.000 euros.
      =*=
      Preuve supplémentaire que ce gouvernement qui ment, nous prend pour des oncs…

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