« La liste de Pinker » – 10ème Conférence de Charles Macdonald, Anthropologue « anarchisant »

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Je vous propose la lecture de la 10ème et dernière conférence de Charles Macdonald, qui nous permet de comprendre, par nous-même, que NON l’homme n’a pas toujours fait la guerre, et que cela n’est nullement inscrit dans ses gènes, comme on veut à tout prix nous l’enfoncer dans nos cortex pour pouvoir nous contrôler et nous manipuler totalement.

Dans la rubrique Déconstruction d’un mythe : Non les Hommes n’ont pas toujours fait la guerre ! Entamée ici avec Marylène Patou-Mathis (Professeure & Chercheuse) qui reconfirme ce que Pierre Kropotkine, considéré par beaucoup aujourd’hui comme le « père » de la socio-biologie, avait démontré dès la fin du XIXe siècle, notamment dans son œuvre phare  L’Entraide, un facteur de l’évolution. Et qui n’arrange pas du tout les affaires de l’Oligarchie régnante pour qui l’invention de la Théorie de « l’homme est un loup pour l’homme » justifiait et justifie toujours les pratiques prédatrices et criminelles du plus petit nombre au pouvoir, que nous avons pu déterminer ne représenter que 0.0001% seulement…

À NOUS AUTRES = LES 99.9999% RESTANTS ;

Charles MacdonaldAnthropologue CNRS

ANARCHOGRÉGAIRE

10e Conférence

GUERRES PRÉHISTORIQUES ET GUERRES TRIBALES

Introduction

Nous connaissons quelques-uns des éléments d’explication de l’agressivité conduisant à la violence individuelle et collective : présence de groupes ou communautés territorialisées, ayant une conscience de leur identité et s’opposant à d’autres avec les rapports de force qui en découlent, soif de dominance (particulièrement chez les mâles mais pas uniquement) et compétition au sein de hiérarchies, organisation collective en vue de tuer (coalitionary killing), groupes d’intérêt fraternels. Ces éléments semblent communs aux grands singes et aux humains. Mais entre les populations contemporaines qui ont été observées durant les deux derniers siècles et les premiers hominiens la violence était-elle présente, voire même généralisée ? Est-ce que la préhistoire nous livre des indices suffisants pour répondre à cette question ? Il faut interroger les archéologues, préhistoriens et paléoanthropologues avant de poser la question aux ethnologues.

Traces de violence organisée dans la préhistoire

Dans leurs ouvrages respectifs les « faucons » J. Diamond et S. Pinker considèrent que notre préhistoire est remplie de massacres. Diamond cite le charnier de Talheim (5 000 ans avant notre ère) où 34 squelettes ont été retrouvés, dont 7 femme et 16 enfants. Des fractures à l’arrière du crâne racontent les exécutions à la hache de ces familles (Diamond 2012 chap. 4). Pinker appelle comme premier témoin Ötzi, l’Homme des Glaces retrouvé dans les Alpes tyroliennes, vieux de 5000 ans lui aussi, et portant dans l’os de l’épaule une pointe de flèche. Des traces de sang et l’examen de DNA prouvent qu’ils s’est battu, qu’il a blessé et tué plusieurs hommes avant de tomber lui-même sous les coups de ses adversaires. L’Homme de Kennewick, trouvé dans l’État de Washington, est encore plus ancien (9 400 ans). Il garde enfoncé dans l’os du pelvis un projectile en pierre qui l’a blessé sans le tuer. D’autres restes, dont celui de Lindow en Angleterre, (druide sacrifié ?) ou ceux, datant de 4600 ans avant le présent, de toute une famille, (père, mère et deux garçons tous tués et enterrés au même moment), attestent des violences perpétrées par nos ancêtres et, à en croire ces auteurs, de la guerre chronique qui régnait alors.
À ces autopsies il faut aussi ajouter les éléments archéologiques qui indiquent clairement des actions meurtrières ou guerrières, comme les fortification des Maori ou les habitations encastrées dans les falaises des Indiens Anastazi, preuves indiscutables d’un état de guerre précédant largement l’arrivée des Européens. D’autres éléments encore permettent d’inférer des pratiques violentes : armes (à distinguer d’outils), peintures rupestres d’homme armés ou de combats (voir diapo), etc. Pour nos auteurs l’affaire est claire : les hommes de la préhistoire se massacraient régulièrement.

Dans son ouvrage War before Civilization (Oxford University Press, Oxford & New York, 1996 – traduction française sous le titre Les Guerres Préhistoriques), l’archéologue Lawrence Keeley s’est efforcé de démontrer que la guerre constituait un état de choses ancien et présent dans toutes les sociétés à toutes les époques de l’histoire. Les sociétés primitives se livraient elles aussi à des guerres « totales », concept qui a été retrouvé mais pas inventé par les généraux américains Sherman et Grant.

LIEUX RESTES CHRONOLOGIE

Grimaldi (Italie) 1 squelette d’enfant +projectile Paléolithique ancien -36 000 à -27 000
Tchécoslovaquie Squelettes avec os fracturés Id.
Vallée du Nil (Égypte) Squelette avec projectiles -20 000
Nubie 59 squelettes, dont 40% avec multiples fractures Paléolithique supérieur-14 000 à -12 000
Ofnet (Allemagne) Cache avec 34 crânes adultes et enfants Mésolithique -10 000 à –8 000
Talheim (Allemagne) 18 adultes + 6 enfants coups avec haches Néolithique -5 000
Roaix (France) 100 cadavres avec traces de mort violente Néolithique -2 000
Alpes tyroliennes Ötzi Néolithique -5000

Les restes humains les plus anciens portant des traces de violence datent de 34 000 à 24 000 ans avant le présent. À Grimaldi en Italie, un site aurignacien (-36 000 à -27 000), on a trouvé un squelette d’enfant portant un projectile encastré dans la colonne vertébrale. Un autre crâne porte des traces de scalp possible. En Tchécoslovaquie des sites de la même époque contiennent des squelettes dont les os ont été fracturés par des armes. Dans la vallée du Nil en Égypte une tombe vieille de 20 000 ans contient un squelette avec des projectiles encastrés dans les os du bassin et du bras.

Au Paléolithique supérieur en Nubie (-12 000 à -14 000) on a trouvé des fosses contenant les restes de 59 personnes. 40% des squelettes ont des projectiles en pierre enfoncés dans les os et certains portent les traces de multiples fractures. Les enfants ont tous des traces de coups sur la tête et dans le cou, ce qui suppose qu’ils ont été exécutés.

Au Mésolithique européen (-10 000 à -8 000) on trouve une cache où ont été rangés en bon ordre les crânes de trente-quatre hommes, femmes et enfants qui ont tous des trous correspondant à des pointes ou lames de hache en pierre. Certains datent les premières guerres de cette période.

On a déjà vu le site de Talheim pour le néolithique européen (-5 000) avec une fosse commune contenant les restes de 18 adultes et 16 enfants, tous portant les traces de coups mortels infligés par des haches. À Roaix en France (-2 000) on a découvert une fosse avec 100 personnes inhumées après mort violente.

Avec les premiers villages du néolithique les preuves de combats se font plus nombreuses, notamment des fortifications qui ont été incendiées et au pied desquelles se trouvent de nombreuses pointes de flèches.

L’Amérique du Nord contient également des indices archéologiques attestant de violences et de tueries.

Dans l’ensemble les violences et les coups, blessures et traumatismes qui ne s’expliquent que par de chocs causés par des armes ou des instruments parsèment toute la préhistoire depuis la date la plus ancienne et se font de plus en plus nombreuses à partir de 10 000 ans avant le présent. Il n’est pas vraisemblable, d’après Keeley, que les affrontements violents et les morts causées par des attaques ou des coups n’aient commencé qu’au néolithique ou avec l’apparition de l’agriculture. L’homme préhistorique était, selon lui, incontestablement violent et vivait dans un état de guerre permanente.

Une préhistoire non violente ?

Cette lecture de l’archéologie préhistorique fait l’objet de vives critiques, notamment par l’un des anthropologues qui a le plus travaillé sur cette question, Brian Ferguson.

Dans deux articles récemment publiés (« Pinker’s List. Exagerating Prehistoric War Mortality » , pp. 112- , et « The Prehistory of War and Peace in Europe and the Near East », pp. 191-240, in Fry ed., War, Peace, and Human Nature, Oxford University Press, Oxford & New York, 2013) il veut démontrer que la guerre n’était pas du tout omniprésente au cours de la préhistoire mais, bien au contraire, rare. L’état de guerre, soutient-il, n’a pas été un état normal pour Homo sapiens et n’a donc pas pu forger cette psychologie de la violence qui nous est attribuée par les psychologues évolutionnaires comme Pinker, ou par Tooby et Cosmides. Pour eux l’état de guerre était un phénomène tellement habituel qu’il constituait un mécanisme de sélection naturelle expliquant les traits de notre comportement actuel comme par exemple le goût pour le sport et pour les sports violents en particulier, ou comme les différences comportementales entre les hommes et les femmes. Il en va de même, comme nous l’avons vu, pour les primatologues comme Wrangham ou les archéologues comme Keeley. Même les politologues s’y sont mis, tel Fukuyama.

C’est à la liste de Pinker que s’attaque Ferguson parce qu’elle résume le mieux, dans une compilation concoctée par Pinker à partir de résultats de fouilles, la somme des arguments sur lesquels on fait reposer le chiffre de 15% de morts violents durant les quelques 100 000 ans ou plus précédant l’histoire écrite. Ce chiffre est devenu une sorte d’article de foi. Or il ne repose sur rien de sérieusement documenté.

La liste de Pinker contient 21 cas correspondant à des données réunies dans 21 sites de fouilles. Sept peuvent être mis de côté immédiatement parce qu’ils ont fait l’objet d’une évaluation tendancieuse (si par exemple, sur six squelette trouvés côte à côte, un seul présente des signes de mort violente, Pinker conclut que les six sont morts de la même façon). Sur les quatorze restant et examinés à la loupe par Ferguson, trois (Jebel Sahaba, Dniepr et Indian Knoll) sont les plus anciens et tout à fait exceptionnels, trois autres datent du Mésolithique européen et relèvent d’une culture exceptionnellement violente et distinctes de celles qui l’ont précédée et suivie, et enfin quatre sites de la côte Nord-Ouest (Colombie Britannique) et de Californie appartiennent à des cultures récentes (14ème siècle) et dont on sait qu’il s’agissait de cultures exceptionnellement guerrières. Les cas sélectionnés par Pinker sont tendancieux et sélectifs, ils sont partiels, et les généralisations qui s’appuient sur eux sont spécieuses.

Par ailleurs il existe des données qui prouvent que la guerre était absente d’une grande partie de la préhistoire en tout cas européenne et proche orientale. Les restes les plus anciens en Europe et au Proche Orient ne livrent aucune trace de guerre. Celle-ci fait son apparition tardivement au néolithique, après une période de paix qui dure un demi millénaire. Ce n’est qu’au fur et à mesure que l’on avance dans le temps que la guerre devient la norme. Il faut examiner la totalité des données livrées par l’archéologie préhistorique pour faire la part des choses et ne pas se limiter aux seuls cas attestant de morts violentes pour en faire la norme.

Pour l’Europe la situation est la suivante. Chez un homininé antérieur à sapiens (Homo antecessor) vivant il y a environ 780 000 ans, on trouve des restes présentant des traces de cannibalisme. Il faut attendre le Mésolithique (à partir de -10 000 av. J-C) pour retrouver des signes de guerre et de violence (Dniepr). Des cimetières datant de 8200 à 5500 av. J-C contiennent 418 squelettes mais seuls six (2,5%) présentent des traces de mort violente. Autre exemple : un autre cimetière au nord de la Russie datant de 4000 av. J-C contient les restes de 170 individus et aucun ne présente des signes particuliers indiquant une fin violente. Cette période, le mésolithique, est pourtant celle où l’on peut situer le début des guerres, mais les pourcentages se situent entre 2,4 et 5,5% et non pas 15%. Le paléolithique contient peu de signes de mort violente et aucune preuve d’activité guerrière. Le mésolithique en fournit quelques-unes mais réparties sur plusieurs millénaires. Les preuves se multiplient au néolithique mais après une période sans violences de 500 à 1000 ans.

Pour le Proche Orient la situation est encore plus claire. Il n’existe en effet aucune preuve de guerre ou de violence pour cette région, pour toute la durée du paléolithique, et cela en dépit des recherches fiévreuses des archéologues « faucons » du genre de Keeley pour les trouver. Il faut bien, comme l’écrit Ferguson, faire exception à l’adage selon lequel « absence de preuves n’est pas preuve de l’absence ». Ici l’absence de preuves d’activité violente ou guerrière, malgré un effort systématique pour les trouver, est une forte indication de l’absence des activités en question. Il faut attendre le néolithique et une période relativement récente (3000 ans av. J-C) pour récolter des indications probantes dans ce sens.

La conclusion générale de cet examen des données archéologiques est que la guerre n’a pas toujours existé, qu’elle apparaît tardivement, que le résultat des fouilles n’indique pas une progression constante mais des intermittences de périodes violentes, séparées dans l’espace et le temps. Ce sont d’autre part des signes de violence interpersonnelle (homicides ou coups) et non pas d’activité guerrière (violence collective organisée) qui ont été recueillis.

Plus généralement on peut dire que nous ne sommes pas programmés génétiquement pour nous battre ou tuer d’autres êtres humains, que la violence ne fait pas partie de la nature humaine. Pour citer Ferguson : « La guerre est sortie d’un monde sans guerre. L’humanité a horriblement souffert parce que des systèmes d’organisation guerrière ont conquis notre existence sociale. » (Ferguson 2013 : 229).

Guerres primitives : statistiques

L’ouvrage de Wrangham et Peterson abondent en parallèles entre formes d’agression chez les chimpanzés et formes d’agression humaine, rapportées par des documents ethnographiques fiables. Les plus paradigmatiques de ces exemples de violence tribale sont tirés de l’ethnologie sud-américaine avec les Yanomami (ou Yanomamö) et les Waorani, de l’Amazone, et de l’ethnologie océaniste avec divers groupes de Nouvelle-Guinée, en particulier les Enga (à ne pas confondre avec les Anga) et les Dani. Je reviendrai plus en détail sur certains de ces groupes mais pour l’instant je reprends les points saillants de cette comparaison chimpanzés-populations tribales.

Tout d’abord les statistiques. Wrangham-Peterson ainsi que S. Pinker (The Better Angels of our Nature. Penguin Books, New York , 2011), s’appuyant sur des rapports et des études produites par des ethnographes et des anthropologues, fournissent des statistiques de morts violentes dans un échantillon de populations de chasseurs-cueilleurs et d’horticulteurs (correspond aux catégories « bandes » et « tribus » respectivement dans la vieille classification de E. Service toujours utilisée).

En face des 30% estimés (chiffre approximatif) de morts violentes observées par Goodall sur les chimpanzés de la réserve de Gombe, Wrangham et Peterson mettent les 60% de morts violentes chez les Waorani d’Equateur, les quelques 30% chez les Yanomami, une autre tribu amazonienne. Ils citent d’autres chiffres, notamment les 19,5% de morts violentes dans la population masculine des Huli de Nouvelle-Guinée. Les Dani et les Mae Enga de la même région ont une mortalité d’adultes ayant péri de mort violente située entre 25 et 28,5 %.

Pinker, dans un tableau comparatif (fig. 2-2), a collationné les statistiques de décès pour causes de guerre dans 21 sociétés tribales et dans les sociétés à Etat. Pour ce qui est des bandes de chasseurs-cuilleurs, on arrive à 30% chez les Ache d’Amérique du Sud et 20% chez les Murngin d’Australie, avec une moyenne de 15% sur l’ensemble de l’échantillon des chasseurs-cueilleurs. En ce qui concerne les populations d’horticulteur à organisation acéphale (tribus), ce sont les Waorani (60%) qui ont le premier prix, suivi des Jivaros voisins (35%) et des incontournables Yanomami(30%). La moyenne de ces populations tribales d’horticulteurs-chasseurs se situe autour de 25%. Ces chiffres relatifs (nombre de morts rapporté au chiffre total de la population) comparés à ceux obtenus pour les sociétés à État centralisé, anciens et modernes, démontrent à leurs yeux l’importance considérable de la mortalité due à la violence et à la guerre dans tous les groupes humains avant l’apparition d’un appareil étatique qui met fin à cet état de choses. En effet on estime que la société étatique la plus meurtrières était celle du Mexique précolombien avec 5% de tués, tandis que dans les sociétés à État moderne les guerres font comparativement peu de morts, aussi paradoxal que cela paraisse. Ainsi le nombre relatif de tués au cours des deux guerres mondiales du 20ème siècle s’élève à 2% seulement de la population mondiale ! Au cours du 20ème siècle tout entier le pourcentage de morts au combat ne dépasse pas 0,7% de la population mondiale. Il ya eu des millions de morts mais par rapport à la population mondiale ces millions comptent moins que les quelques dizaines de tués dans les combats de minuscules groupes tribaux. Ce genre de statistiques est également invoqué dans un livre récent et largement commenté dans la presse de Jared Diamond (The World until Yesterday, Viking Press, 2012) qui lui aussi se pose en défenseur de la thèse du primitif violent et du civilisé pacifique, ou pacifié.

Dans un article du 19 juillet 2013 de la revue Science, Douglas Fry—un anthropologue qui défend la thèse des « colombes » ou « peacenik »—analyse un échantillon de 21 sociétés de chasseurs-cueilleurs nomades « simples », non équestres, vivant en petites bandes. Il obtient un total de 148 agressions mortelles, dont 69 sont dues aux seuls Tiwi, une ethnie aborigène d’Australie.

Tableau 1

Si on extrait de la liste ce groupe particulier (voir tableau ci-dessus) la moyenne d’agressions mortelles est de 4 (3,95). Sur un total de 135 cas pour lesquels on possède une information suffisante, un peu plus de la moitié (55%) impliquent un seul agresseur et une seule victime ; 23% impliquent plusieurs agresseurs, 22% plusieurs agresseurs et plusieurs victimes. Chez les Tiwi, qui présentent un cas d’espèce tout à fait singulier, 56% des cas impliquent plusieurs agresseurs et plusieurs victimes. Dans 85% de tous les cas d’agression mortelle (décès de la ou des victimes) les agresseurs et leurs victimes font partie du même groupe. Environ 96% des agresseurs sont des hommes, les femmes n’étant impliquées directement que dans 4% des cas.
Les raisons de ces agressions sont détaillées dans le tableau suivant :

Tableau 2

Comme la majorité des cas impliquent un seul agresseur et une seule victime il n’est pas surprenant que ce sont des confits personnels qui soient à l’origine de ces évènements.

À partir de ces données, le résultat final est que les chasseurs-cueilleurs de ce type (simples, nomades, non équestres) ne sont pas du tout des gens qui font la guerre. Leurs conflits mortels sont de nature essentiellement individuelle et interpersonnelle. La violence n’est pas organisée à l’échelle du groupe. Il faut noter en particulier (voir Tableau 1) que la moitié des groupes considérés (9 sur 10) n’ont pas d’agression mortelle comportant plus d’un agresseur. Ces évènements sont dus à des individus isolés. Ces observations donnent tort à Pinker et Wrangham et d’autres pour qui la violence en groupe (« coalitionary killing ») est un phénomène primitif caractéristique des sociétés les plus simples. La violence est le plus souvent dirigée pour des motifs personnels contre un individu en particulier et ne résulte pas d’une hostilité générale d’un ensemble de personnes contre un autre. Les humains primitifs auxquels peuvent ressembler les chasseurs-cueilleurs actuels ne baignent donc pas dans un état de nature imprégné de violence et d’hostilité perpétuelle. La majorité des agressions mortelles sont des meurtres, une partie moindre représentant des vengeances, la dernière et plus petite partie seulement pouvant être assimilés à des guerres.

Dans son dernier ouvrage (The Anthropology of War, Waveland Press, Long Grove, 2009) Otterbein revient sur la question des guerres préhistoriques et des guerres chez les CC. Pour ce qui est des guerres du paléolithique, les trois facteurs qui militent pour l’existence de la guerre ou de la violence organisée et systématique sont :

1. La présence de FIG (Groupes d’Intérêt Fraternels)
2. L’existence d’armes de jet
3. La chasse au gros gibier

On connaît les FIG. La présence d’armes et surtout d’armes qui tuent à distance est un facteur décisif. L’homme préhistorique tenait le même raisonnement que les stratèges modernes : tuer avec le maximum de chances de ne pas l’être soi-même. Des armes de jet facilitent considérablement ce projet. Enfin la chasse au gros gibier (bisons, aurochs, éléphants, mammouths, grands prédateurs) est dangereuse, elle suppose une stratégie collective, de préférence masculine et favorisée par l’existence de FIG. La chasse au petit gibier est en soi moins violente et moins dangereuse, elle est plus individuelle. Ce fait n’est pas toujours vérifié par l’ethnographie. Les !Kung du Kalahari sont des chasseurs de très gros gibier (girafes par exemple) qui n’hésitent pas à s’affronter à des lions, mais ce sont des gens tout à fait pacifiques qui ne font pas la guerre.

Les chasseurs-cueilleurs modernes se divisent en plusieurs classes : les chasseurs équestres (Cheyennes, Sioux), les pêcheurs sédentaires (Kwakiutl), les pré-horticulteurs, les chasseurs-cueilleurs nomades simples. Les deux premiers types sont guerriers, les deux autres non, avec toutefois des exceptions comme pour les Waorani (horticulteurs). Les aborigènes d’Australie forment encore une catégorie à part car ils semblent contredire toutes les typologies : ils sont guerriers, ont des systèmes de filiation unilinéaires et des systèmes d’alliance matrimoniale généralisés et/ou restreints, mais ce sont des chasseurs-cueilleurs purs. Otterbein distingue encore les CC « symbiotiques » (qui dépendent de sociétés agraires commeles Mbuti), les CC de gros gibier divisés en micro- et macro-bandes (ex : Cree et Yukaghir). Cela donnerait le tableau suivant :

Types de chasseurs-cueilleurs (CC) et guerre (Otterbein, 2009, p. 72)

Type A – guerre Type B – pas de guerre
Paléolithique supérieur Chasseurs de gros gibier en macrobandes
Australiens
Pêcheurs sédentaires CC simples
Epoque récente Chasseurs équestres Chasseurs de gros gibier en microbandes
CC symbiotiques
Pré-horticulteurs

Otterbein en fin de compte, se rallie dans l’ouvrage cité (Otterbein, 2009) au point de vue des « colombes ». En excluant les Australiens, les pêcheurs sédentaires et les chasseurs équestres, les CC pacifiques représentent 80% du total (p. 73). Tout dépend de la sélection que l’on fait. En gardant les catégories précédentes, le pourcentage de groupes pacifiques diminue. Fry de son côté mettait lui aussi en évidence le caractère guerrier des chasseurs équestres et des CC à organisation complexe (come les pêcheurs sédentaires) et le caractère majoritairement pacifique de tous les CC simples. Un autre anthropologue, Elman Service, avait également atteint la même conclusion à savoir que les CC, ou groupes au niveau sociétal de la bande, ne connaissaient qu’exceptionnellement un état de guerre (Service 1979).

On sait que les chasseurs du paléolithique ancien étaient des chasseurs de gros gibiers, on peut supposer qu’ils étaient violents et se livraient à des attaques entre eux. La disparition progressive du gros gibier a pu s’accompagner d’une réduction de la violence interpersonnelle.

Guerres primitives : modalités

Mais tout n’est pas seulement une question de chiffres. Les modalités et styles d’agression et de confrontation violentes sont invoqués par les « faucons » pour démontrer la parenté étroite existant entre le comportement des chimpanzés et celui des humains. En prenant l’exemple des Yanomami dans la description qu’en fait N. Chagnon –leur plus célèbre ethnologue—Wrangham et Peterson n’ont pas de mal à démontrer que les deux suivent des procédures semblables ou même identiques et vont jusqu’à dire que les Yanomami fournissent un « pont conceptuel » (p. 64) entre les chimpanzés et l’homme. Cette tribu amazonienne connue pour sa « férocité » (angl. fierce « féroce », waiteri dans la vernaculaire) réelle ou supposée forme une population d’essarteurs et de chasseurs, d’environ 20 000 personnes réparties en villages de 90 habitants en moyenne. Ces villages sont des communautés autosuffisantes et indépendantes, qui se livrent une guerre perpétuelle. Il n’existe pas d’autorité supra-villageoise et chaque communauté locale (village) est formée sur une base patrilinéaire et patrilocale. Cela fait penser bien sûr aux communautés de chimpanzés. Les rivalités inter-villageoises se traduisent par des attaques sournoises ou des pièges du type de l’enlèvement des Sabines –mais sans l’élément chevaleresque et courtois rapporté par Tite-Live– . La forme la plus fréquente et la plus typique d’attaque armée est le raid mené par une clique ou commando d’une douzaine de guerriers déterminés à tuer un individu en particulier. Ce détachement s’approche la nuit du village ennemi et attend en embuscade qu’un homme sorte seul, auquel cas il est tué d’une volée de flèches. Si plusieurs hommes capables d’offrir une résistance sérieuse se présentent l’attaque n’a pas lieu et dans les deux cas le groupe armé prend la fuite et rentre dans son villageois où il attend de pied ferme le raid ennemi qui doit, à terme, venger cette agression. Si une femme, dans l’opération, peut être enlevée, elles est prise puis violée par tous les hommes du groupe et ramenée au village où elle est encore violée puis mariée de force. La culture yanomami honore les guerriers qui ont tué des ennemis et se sont illustrés au combat. Ils ont plus de femmes que les autres et leur progéniture, à en croire Chagnon, est plus nombreuse. La violence est donc, pensent ces auteurs, au service du succès reproductif (« inclusive fitness ») des mâles violents. Cet argument ne tient pas comme nous allons le voir plus loin, mais il reste que le parallèle entre le raid d’une clique de chimpanzés et l’incursion d’un groupe de guerriers yanomami est assez frappant. En toile de fond la taille relative des groupes concernés (communautés territoriales et villages, cliques et commandos) et surtout leur composition (philopatrie masculine et patrilocalité) laissent penser que la structure sociale est du même genre. Enfin, et peut-être surtout, le style de l’attaque, l’approche silencieuse et sournoise, la ruse, l’effet de surprise, l’agression finale de plusieurs contre un, la fuite en cas de rencontre d’une force égale, la mise à mort impitoyable de la victime, sont des traits qui s’appliquent identiquement au comportement des primates africains et des Indiens de l’Amazonie. Ces éléments caractéristiques alliés à une ambiance d’excitation, d’effervescence et d’exaltation guerrière trouvent un écho dans d’autres populations, par exemple chez les Ilonggot des Philippines . Ces derniers se livrent également à des raids destinés à surprendre un membre d’une communauté ennemie et à le tuer, par ruse, lors d’une attaque de plusieurs contre un. Le gang de guerriers s’est préparé longuement, est entré en se dissimulant dans le territoire ennemi, attend en embuscade et se rue sur la victime isolée qui est alors littéralement coupée en morceaux, le but de l’opération étant d’abord de la décapiter. Le guerrier capable de le faire se saisit de la tête et la jette au loin. Il rentrera au village couvert de gloire (voir R. Rosaldo et M. Rosaldo). Après, des chants de victoires seront entonnés avec une ferveur exaltée.

Les guerres intercommunautaires et intertribales prennent donc souvent la forme de raids et d’embuscades qui font peu de morts mais qui sont très sanguinaires. Dans d’autres cas, de véritables armées s’affrontent mais selon des modalités qui ne sont pas celles de la guerre moderne. Quelles que soient les formes prises par ces affrontements, les deux principes vus plus haut semblent être à l’œuvre : la présence de groupes d’intérêt fraternels (FIG) et le rapport des forces entre communautés.

Groupes d’Intérêt Fraternels (FIG) et développement des organisations militaires

Les travaux de Keith et Charlotte Swanson Otterbein ont porté sur les origines et les causes de la guerre dans les sociétés humaines. Ces auteurs et d’autres (van Velzen et van Wetering entre autres) ont démontré que des groupes d’hommes étroitement apparentés et vivant ensemble étaient le plus souvent à l’origine des conflits violents, des vendettas et des homicides internes à un groupe politique ou à une communauté (à distinguer de la guerre inter-communautaire). Ces groupes se constituent sur la base de la patrilocalité et de la filiation patrilinéaire, donc des frères ou des cousins patrilatéraux qui résident et vivent au même endroit. Otterbein et Otterbein ont par exemple montré que dans des sociétés acéphales et simples, la présence de tels groupes induit automatiquement des cycles de vendettas, alors que dans le même type de société la résidence matrilocale disperse ces groupes de frères et freine la prolifération des cycles de vengeances. Le pouvoir centralisé de chefs ou de rois s’oppose difficilement à l’existence de vendettas là où se trouvent des FIG (Ottterbein et Otterbein 1965 et 1968). Pour mettre fin à ces vengeances répétitives il faut un Etat centralisé fort et encore… La continuité entre la philopatrie masculine des chimpanzés et les FIG chez les humains comme soubassement de la violence semble donc vérifiée.

Toujours d’après K. Otterbein (The Anthropology of War, Waveland Press, Long Grove, 2009), les FIG auraient joué un rôle déterminant dans ce qu’il appelle les sociétés de type A, soit des formations tribales caractérisées par un désir d’expansion externe et par une compétition interne intense (voir diapo). Leur habitat est dispersé, la résidence est patrilocale, elles tendent à être égalitaires (par exemple Yanomami, Waorani, Iban, Dani, Zoulous anciens). Dans ce type de société comme dans d’autres, la présence de FIG est le meilleur indicateur de la présence de vendettas chroniques, de violences internes à répétition. L’existence simultanée de ces groupes et de la compétition masculine pour acquérir du statut constitue une formule tout à fait explosive.
Ces sociétés (de type A) se différencient d’un autre type (B) caractérisé par un faible degré de compétition, peu ou pas de violence, la résidence matri- ou uxorilocale, une filitation souvent matrilinéaire et des réseaux indépendants de relations sociales et interpersonnelles. Les Iroquois, les Cheyenne, les Semai, les Palawan en sont des exemples. Ces groupes, selon Otterbein, pratiquent une guerre défensive organisée à partir de milices villageoises. On vérifie bien que la filiation matrilinéaire et surtout la résidence uxorilocale (qui disperse les mâles) on un effet pacificateur. Les hommes apparentés ne vivent pas ensemble et ne s’engagent pas toujours dans les mêmes activités, participant ainsi à de multiples réseaux qui se recoupent partiellement mais ne se superposent pas exactement.
Dans le schéma évolutionnaire que présente Otterbein (diapo) il y a donc deux types de phénomènes distincts, les premiers cantonnés dans les groupes tribaux préétatiques et même précédant le stade des chefferies (selon le schéma de Service), les seconds dans les sociétés agraires primitives (horticulteurs) puis dans les systèmes plus centralisés (dont il distingue deux espèces correspondant à deux formes d’organisation militaire : les Etats primitifs avec une troupe de guerriers d’élite, et les Etats développés avec une armée de soldats conscrits).

Équilibres et déséquilibres de force entre communautés

Wrangham et ses collaborateurs (Wrangham et Peterson 1996, Wrangham et Manson 1991) ont posé l’hypothèse que les agressions entre mâles de communautés différentes résultaient de la différence démographique entre groupes de taille inégale. Le but des opérations est de réduire au maximum les effectifs du groupe adverse. C’est une guerre totale (Keeley 1996). Elle a pour but essentiel, in fine, d’ouvrir un accès à des ressources alimentaires. C’est une lutte pour le territoire. Chagnon, pour les Yanomami (1988) pensait plutôt que l’enjeu était les femmes et Meggit, pour les Enga de Nouvelle-Guinée pensait que c’était le territoire (1977). Dans tous les cas il s’agit d’affaiblir l’adversaire jusqu’à l’anéantir pour lui prendre des ressources convoitées. Ce n’est pas l’avis d’une anthropologue qui a étudié l’histoire des guerres chez les Enga (P. Wiessner, 2006 « Testing the Imbalance of Power Hypothesis among the Enga », Journ. of Anthr. Research, 62, 2 : 165-191)

Cette population de Papouasie Nouvelle Guinée compte 350 000 habitants et se subdivise en sections tribales de 1000 à 6000 membres qui se subdivisent à leur tout en clans et lignages agnatiques. Ce sont des horticulteurs qui cultivent des patates douces et des ignames dans leurs jardins et qui élèvent des cochons. Les relations sociales sont à la fois égalitaires et compétitives et connaissent l’institution du « big man » qui est un personnage éminent jouant un rôle déterminant dans les grands échanges cérémoniels. Ceux-ci occupent une place considérable dans la vie de cette population et concernent de vastes réseaux intertribaux qui s’étendent sur tout le territoire.

Aussi loin que remonte la mémoire des Enga, il y a eu des guerres et des vengeances. Elles se sont succédées en périodes d’intensité variable. Il faut noter que ces guerres traditionnelles, avant 1950, faisaient relativement peu de victimes (environ quatre tués pour chaque guerre). Les batailles et les échanges de coups obéissaient à des règles strictes, duraient quelques heures et étaient interrompues par des pauses. L’étude historique des guerres chez les Enga sur une période qui remonte à 1885 montre que les guerres avaient pour fonction de rétablir un équilibre de pouvoir et de réputation entre alliés et entre ennemis. A quelques exceptions près ces conflits avaient pour but de restaurer l’honneur et le prestige des groupes en présence afin de perpétuer le cycle des échanges. Il ne s’agissait donc pas d’une guerre totale destinée à éliminer un ennemi pour occuper son territoire, mais d’un effort pour rétablir un équilibre social sans lequel les grands cycles d’échange ne pouvaient pas se perpétuer. Pour Clausewitz la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens, pour les Enga la guerre est le moyen de continuer les échanges. Pour Peterson l’équilibre des forces devait faire place à un déséquilibre, pour Wiessner le déséquilibre doit faire place à un équilibre. Les deux thèses se rejoignent dans le principe mais diffèrent sur un point crucial, celui de savoir s’il faut éliminer l’adversaire ou pas.

Conclusion provisoire

En tout état de cause, que l’on ait affaire à un équilibre ou à un déséquilibre entre deux populations en termes de prestige ou en termes d’effectifs, que ce soit en vue d’acquérir du territoire ou d’asseoir son statut social, la guerre s’explique comme une confrontation entre deux communautés territoriales ou deux groupes sociaux qui ont conscience d’eux-mêmes et développent une xénophobie mutuelle. La dimension fondamentale est celle de la conscience du groupe et de son identité en opposition à d’autres. L’enjeu collectif est prioritaire et les motivations individuelles lui sont subordonnées, ce qui peut s’accorder avec la théorie d’une sélection naturelle au niveau du groupe. Mais cette idée est tout à fait discutable. Les sociétés militairement fortes ont conquis plus d’espace sur la planète, mais des groupes pacifiques ont vécu aussi longtemps que les sociétés belliqueuses.

Si les guerres s’étaient multipliées à l’infini le résultat final appartiendrait à l’un de ces trois cas d’école :
• ou bien les groupes humains se seraient livrés à une lutte sans merci et l’humanité aurait péri,
• ou bien l’un ce ses groupes serait parvenu à éliminer tous les autres et il n’y aurait plus qu’une seule société vivante,
• ou bien un équilibre de forces stable se serait installé et on aurait affaire à une sorte de « guerre froide » permanente.

Aucune de ces éventualités ne s’est réellement présentée, en tout cas de façon durable. La situation de guerre froide n’a duré que pendant une brève période historique (de la fin de la 2e guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin). Malgré la conquête victorieuse de l’Occident depuis le 16ème siècle sur le reste de la planète, elle n’a pas abouti à l’élimination de toutes les autres sociétés, et il s’en faut. Même si nous entrons dans une ère de mondialisation les groupes humains gardent leur spécificité. Il faut bien faire une place à une autre logique, à une logique opposée à celle de la guerre et de la compétition violente, pour rendre compte de l’histoire des sociétés.
La coopération pacifique a donc constitué une force évolutionnaire de première importance. L’apparition des Etats forts et très centralisés a pu correspondre à un accroissement de l’activité guerrière mais l’évolution des Etats à une époque récente a effectivement contribué à une baisse de la violence sociale inter- et intracommunautaire.

Quel est donc le tableau général qui se dégage des observations des archéologues d’une part et des ethnologues d’autre part ? C’est un fait que des violences sont attestées depuis le paléolithique ancien, mais il n’est pas sûr du tout que ces violences aient été commises systématiquement ou sur une grande échelle, ni qu’elles aient été la règle. Il est vraisemblable que l’homme a vécu de façon essentiellement pacifique pendant la plus grande partie de sa présence sur terre en tant qu’homo sapiens. Pour ce qui est des peuples dits « primitifs » étudiés par les ethnologues, le tableau est varié. Ceux qui se rapprochent le plus, par le mode de vie, des chasseurs-cueilleurs du paléolithique sont incontestablement peu ou non violents. Les Pinker, Wrangham, Keeley, Diamond et autres nous ont trompé sur ce point. Cela dit, la violence, les agressions physiques et même les guerres « totales » sont présentes dans un nombre important de populations pré-modernes, en Afrique, en Nouvelle-Guinée, en Amérique du Sud notamment. Il y a là un problème que les classifications proposées et les concepts utilisés ne parviennent pas à résoudre complètement.

En m’appuyant sur des cas précis je proposerai une approche de la question fondée sur la théorie des systèmes anarcho-grégaires et sur une autre conceptualisation de la violence. Je montrerai que la violence collective et organisée est liée organiquement à la hiérarchie. Je montrerai d’autre part qu’il y a deux phénomènes distincts qui se ressemblent dans leurs effets mais appartiennent à des ordres de réalité distincts. L’un est d’origine émotionnel et personnel et l’autre d’origine sociale. Le premier constitue une sorte de violence « flottante » qui ne relève d’aucune détermination sociologique particulière, l’autre est un phénomène culturel et social qui dépend d’un processus de socialisation. Les deux ont des effets sociaux mais ils ne sont pas également déterminés par le milieu social.

10ème Conférence de Charles Macdonald

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Voilà bien qui démontre que rien n’est inéluctable, sauf peut-être la mort.

Aussi, avons-nous absolument le choix et la possibilité dans cet ICI & MAINTENANT, et d’OÙ NOUS SOMMES, de changer le cours de l’Histoire de l’Humanité, TOUS ENSEMBLE, NOUS les 99.9999% qui restent car ils sont bien peu (0.0001%) alors que d’évidence, nous sommes beaucoup plus nombreux…

Les lectures complémentaires pour y parvenir ;

Ma page ANTHROPOLOGIE POLITIQUE ;

Fragments anthropologiques pour changer l’histoire de l’Humanité avec David Graeber, version PDF N° 57 de 59 pages

Contre le grain une histoire profonde des premiers États par James C. Scott, 2017 PDF N° 76 de 76 pages

MANIFESTE POUR LA SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS de Résistance 71

Les Chroniques de Zénon

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8 réflexions sur « « La liste de Pinker » – 10ème Conférence de Charles Macdonald, Anthropologue « anarchisant » »

  1. En complément de cette conférence, et sur le sujet, je vous recommande la lecture du Pr. Jean-Paul Demoule ;

    Et pour tordre définitivement le cou à un mythe, un de plus, sur le « Nos ancêtres les gaulois » si cher aux Biens-Zélés de tous poils !
    Même si pour Macrominus ils sont réfractaires, et ils ont bien raison !

    La France pays au passé amnésique et réglementé – Présentation, extraits et analyse du livre de Jean-Paul Demoule*: Version PDF N° 7 de 24 pages

    “On a retrouvé l’histoire de France”, Robert Laffont, 2012 et Folio “Histoire”, 2013

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  2. https://www.nouvelobs.com/histoire/20190828.OBS17684/decouverte-d-un-crane-vieux-de-3-8-millions-d-annees.html

    Un nouveau candidat pour le panthéon préhistorique ? Un crâne d’Australopithèque vieux de 3,8 millions d’années et « remarquablement complet » a été mis au jour en Ethiopie, une découverte qui bouscule une nouvelle fois notre vision de l’évolution.

    « Ce crâne est l’un des plus complets des fossiles d’hominidés de plus de 3 millions d’années », explique à l’AFP Yohannes Haile-Selassie du Museum of Natural History de Cleveland (Etats-Unis), coauteur de deux études publiées mercredi dans la revue Nature.

    Un atout qui pourrait lui valoir de « devenir une nouvelle icône de l’évolution humaine », juge Fred Spoor du Natural History Museum de Londres dans un commentaire. Et de rejoindre ainsi les célèbres « Toumaï », « Ardi » et « Lucy ».

    A titre de comparaison, « Toumaï » (un Sahelanthropus tchadensis), considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine, est vieux d’environ 7 millions d’années. Il a été mis au jour en 2001 au Tchad.

    Ardi (pour Ardipithecus ramidus, une autre espèce d’hominidé) découvert en Ethiopie aurait 4,5 millions d’années et « Lucy », la très célèbre Australopithèque, découverte en Ethiopie en 1974, est âgée de 3,2 millions d’années.

    D’autres fossiles d’Australopithèque, moins connus, datent d’au moins 3,9 millions d’années mais seules des mâchoires et des dents avaient été retrouvées. Sans « vieux » crâne, notre compréhension de l’évolution de ces hominidés éteints restaient très partielle.

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