ANTHROPOLOGIE POLITIQUE : De l’ethnocide – Pierre Clastres, 1974 (PDF)

Produire ou Mourir ► c’est la devise de l’Occident !

Afin de réaffirmer, une nouvelle fois, toute l’importance des apports de Pierre Clastres qui fit un travail de recherche de terrain intense, qui le mena au Paraguay et au Brésil. Son étude phare fut réalisée au Paraguay en immersion totale dans la société des Indiens nomades Guayaki (Aché) en 1963-64. Les Guayaki étaient un des derniers peuples vivant toujours de la manière ancestrale qui leur avait été léguée. Ce peuple a disparu aujourd’hui. Clastres a aussi étudié les Indiens Chulupi-Ashluslay toujours au Paraguay en 1965-66 et des Indiens au Venezuela en 1970-71 ;

Et après avoir réalisé la version PDF du long texte de Pierre Clastres, écrit en 1962 : Échange et PouvoirPhilosophie de la Chefferie indienne et publié initialement par Résistance 71.

Je vous propose dans son prolongement et pour affuter notre réflexion, ce nouvel écrit de 1974 de Pierre Clastres : De l’ethnocide que Résistance 71 a publié le 26 juin dernier dans ► Anthropologie politique : État, capitalisme, occident, colonialisme, ethnocide et génocide (Pierre Clastres) en version PDF {N°102} de 18 pages ;

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Pierre Clastres, 1974 – Anthropologie Politique : De l’ethnocide, version PDF

R71 considérant même Pierre Clastres comme : un phare, un pilier de l’anthropologie qui parvient à faire une différence par son approche spécifique, puisqu’il vient de la philo. C’est sa rencontre avec Claude Lévi-Strauss en fac, comme élève, qui le fera basculer dans l’anthropologie. La France est le véritable berceau de l’anthropologie et de l’ethnologie avec une très grande richesse de sa branche politique qui a emprunté la « voie du milieu », celle se tenant entre la classique et orthodoxe voie « structuraliste évolutionniste » dont faisait partie Lévi-Strauss et la voie marxiste sectaire et tronquée qui commença avec Engels et en France fut à son « apogée » avec Meillassoux et Godelier, que Clastres combattît pied à pied.

J’estime, pour ma part, que ce tout dernier texte de Clastres entre en résonance avec le dernier article de Mohawk Nation NewsLe monde des Affaires Indiennes est plus important que General Motors ! Par Mohawk Nation News du 24 juin 2019

Mais également avec l’actualité française, notamment avec la ratification par Macron du traité de libre échange MERCOSUR, car Pierre Clastres dans ce texte écrit en 1974, nous décrit l’inévitable projection de notre réalité : celle d’une société étatico-capitaliste et d’un empire colonial, la France, dont la devise est PRODUIRE ou MOURIR !

Page 15 du PDF : Voilà pourquoi aucun répit ne pouvait être laissé aux sociétés qui abandonnaient le monde à sa tranquille improductivité originaire ; voilà pourquoi était intolérable, aux yeux de l’Occident, le gaspillage représenté par l’inexploitation d’immenses ressources. Le choix laissé à ces sociétés était un dilemme : ou bien céder à la production, ou bien disparaître ; ou bien l’ethnocide, ou bien le génocide. À la fin du siècle dernier, les Indiens de la pampa argentine furent totalement exterminés afin de permettre l’élevage extensif des moutons et des vaches, qui fonda la richesse du capitalisme argentin. Au début de ce siècle, des centaines de milliers d’Indiens amazoniens périrent sous les coups des chercheurs de caoutchouc. Actuellement, dans toute l’Amérique du Sud, les derniers Indiens libres succombent sous l’énorme poussée de la croissance économique, brésilienne en particulier. Les routes transcontinentales dont la construction s’accélère constituent des axes de colonisation des territoires traversés : malheur aux Indiens que la route rencontre ! De quel poids peuvent peser quelques milliers de Sauvages improductifs au regard de la richesse en or, minerais rares, pétrole, en élevage de bovins, en plantations de café, etc. ? Produire ou mourir, c’est la devise de l’Occident.

Pierre Clastres, en 1974, préfigurait ainsi le conseil d’une femme de la Nation Mohawk en 1990 aux Canadiens & Québecois de papier lors de la crise d’Oka ;

Regardez bien ce qu’il se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous, (les Natifs) ce sera votre tour…

Et très clairement, si nous les laissons faire, si nous ne bronchons pas et ne rejoignons pas la résistance, aux côtés des Natifs ; Et bien ce sera notre tour…

JBL1960

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