L’Abécédaire d’Élisée Reclus (1830-1905) – par la Revue Ballast

En lien avec mon billet d’hier ► Tout est à tous !

Qui propose la version PDF de l’analyse de Pierre Kropotkine de « L’anarchie dans l’Évolution Socialiste » qui fait la synthèse entre le ‘communisme’ organique, ou ‘bien-commun’ et l’Anarchie originelle ;
Page 21 de ce PDF ; La révolution ne se fera pas au nom d’un simple changement de gouvernement. Elle aura un caractère social. Il y aura des commencements d’expropriation, des exploiteurs seront chassés. Que vous le vouliez ou non, — cela se fera, indépendamment de la volonté des individus, et, si l’on touche à la propriété privée on sera forcé d’en arriver au Communisme ; il s’imposera. Mais le Communisme ne peut être ni autoritaire, ni parlementaire. Il sera anarchiste, ou il ne sera pas. La masse populaire ne veut plus se fier à aucun sauveur : elle cherchera à s’organiser elle-même.

Élisée Reclus préfaça une des œuvres phares de Pierre Kropotkine « La Conquête du Pain » dont j’ai réalisé une nouvelle version PDF N° 65 de 165 pages

La Conquête du Pain de Pierre Kropotkine, 1892 Nouvelle Version – Préfacé par Élisée Reclus, nouvelle version de 165 pages

Sur ce blog, Élisée Reclus est très souvent mis en avant avec son analyse « À mon frère, le paysan » ; Texte publié dans “Les Temps Nouveaux”, 1899 par extraits choisis pour une Société des sociétés ; celle des associations libres et volontaires n’œuvrant que pour le bien commun au sein de communes autonomes qui se fédèrent ;

Pour lire ce texte en entier ► https://resistance71.wordpress.com/2016/07/28/resistance-politique-ville-campagne-se-connecter/

Car c’est totalement dans l’esprit du Manifeste Politique proposé par Résistance 71 en octobre 2017 et que j’ai annoté en mai 2018 à leur demande ► Manifeste pour la Société des sociétés !

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L’Abécédaire d’Élisée Reclus

URL source ► https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-delisee-reclus/

Texte inédit pour la Revue Ballast ; La pensée d’Élisée Reclus n’a pas fini de nous mobiliser : géographe prolifique, à la fois communiste et anarchiste, féministe et végétarien, cet adversaire de la « funeste institution » que fut l’esclavage aux États-Unis a fait siennes, souvent contre son temps, la plupart des luttes pour l’émancipation1. Cela, il le paya de deux exils : un premier au lendemain du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte, un second après son engagement dans les rangs de la Commune*. Proche de Bakounine, ce dernier disait de lui et de son frère aîné, Élie, qu’ils étaient « les hommes les plus modestes, les plus désintéressés, les plus purs, les plus religieusement dévoués à leurs principes » qu’il ait rencontrés au cours de sa vie bien remplie. Entrons, le temps de quelques lettres, chez cet homme pour qui la victoire du capital impliquerait que l’humanité « a[it] cessé de vivre ».
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Animaux : « Si nous devions réaliser le bonheur de tous ceux qui portent figure humaine et destiner à la mort tous nos semblables qui portent museau et ne diffèrent de nous que par un angle facial moins ouvert, nous n’aurions certainement pas réalisé notre idéal. Pour ma part, j’embrasse aussi les animaux dans mon affection de solidarité socialiste. [.…] Je ne comprends pas le meurtre d’un animal ou d’un homme […]. » (Lettre à Richard Health [1884], Les Grands Textes, Flammarion, 2014)

Beauté : « Nous vivons dans un siècle d’ingénieurs et de soldats, pour lesquels tout doit être tracé à la ligne et au cordeau. L’alignement ! tel est le mot d’ordre de ces pauvres esprits qui ne voient la beauté que dans la symétrie, la vie que dans la rigidité de la mort. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Commune : « Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d’argent ; oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs. À cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. Bien plus, faites appel à ceux qui n’ont rien, à ces gens déshérités des villes qu’on vous a peut-être appris à haïr, mais qu’il faut aimer parce qu’ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu’on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d’enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l’on travaillera de concert à vivifier le sol, à l’embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain. » (« À mon frère le paysan », Genève, imprimerie des Eaux Vives, 1893)

Décadence : « Il existe une cause majeure, la cause des causes, résumant l’histoire de la décadence. C’est la constitution d’une partie de la société en maîtresse de l’autre partie, c’est l’accaparement de la terre, des capitaux, du pouvoir, de l’instruction, des honneurs par un seul ou par une aristocratie. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Égout : « Dans nos pays de l’Europe civilisée où l’homme intervient partout pour modifier la nature à son gré, le petit cours d’eau cesse d’être libre et devient la chose des riverains. Ils l’utilisent à leur guise, soit pour en arroser leurs terres, soit pour moudre leur blé ; mais souvent aussi ils ne savent point l’employer utilement ; ils l’emprisonnent entre des murailles mal construites que le courant démolit ; ils en dérivent les eaux vers les bas-fonds où elles séjournent en flaques pestilentielles ; ils l’emplissent d’ordures qui devraient servir d’engrais à leurs champs ; ils transforment le gai ruisseau en un immonde égout. » (Histoire d’un ruisseau [1869], Arthaud, 2017)

Femme : « C’est dans la famille surtout, c’est dans ses relations journalières avec les siens que l’on peut le mieux juger l’homme : s’il respecte absolument la liberté de sa femme, si les droits, la dignité de ses fils et de ses filles lui sont aussi précieux que les siens, alors la preuve est faite ; il est digne d’entrer dans une assemblée de citoyens libres ; sinon, il est encore esclave, puisqu’il est tyran. » (L’Homme et la Terre [1905], FM/La Découverte, 1982)

Grève : « Un fait capital domine toute la civilisation moderne, le fait que la propriété d’un seul peut s’accroître indéfiniment, et même, en vertu du consentement presque universel, embrasser le monde entier. Le pouvoir des rois et des empereurs est limité, celui de la richesse ne l’est point. Le dollar est le maître des maîtres : c’est par sa vertu, avant toute autre raison, que les hommes sont répartis diversement sur la face de la Terre, distribués ça et là dans les villes et les campagnes, dans les champs, les ateliers et les usines, qu’ils sont menés et malmenés de travail en travail, comme le galet de grève en grève. » (L’Homme et la Terre [1905], FM/La Découverte, 1982)

Hache : « Comme le chasseur poursuivant une proie, comme le soldat cherchant à tuer son semblable, l’abatteur d’arbres s’exaspère dans son œuvre de destruction parce qu’il sent avoir devant lui un être vivant. Le tronc gémit sous la morsure du fer, et sa plainte est répétée de proche en proche par tous les arbres de la forêt comme s’ils compatissaient à la douleur et comprenaient que la hache se retournera contre eux. » (Histoire d’un ruisseau [1869], Arthaud, 2017)

Ingénieurs : « Au reste, n’est-ce pas ainsi que nous agissons envers la nature entière ? Lâchez une meute d’ingénieurs dans une vallée charmante, au milieu des prairies et des arbres, sur les rives de quelque beau fleuve, et vous verrez bientôt ce qu’ils en auront fait ! Ils auront mis tout leur soin à rendre leur œuvre personnelle aussi évidente que possible et à masquer la nature sous leurs amas, de pierrailles et de charbon ; de même ils seront tout fiers de voir la fumée de leurs locomotives s’entrecroiser dans le ciel en un réseau malpropre de bandes jaunâtres ou noires. » (« À propos du végétarisme », La Réforme alimentaire, volume V, n°3, 1901)

Justice : « De deux choses l’une : ou bien la justice est l’idéal humain et, dans ce cas, nous la revendiquons pour tous ; ou bien la force seule gouverne les sociétés et, dans ce cas, nous userons de la force contre nos ennemis. Ou la liberté des égaux, ou la loi du talion. » (« Pourquoi sommes-nous anarchistes » [1889], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Képis : « […] l’esprit de corps entre gens qui sortent d’une même école à diplôme transforme tous les camarades, si braves gens qu’ils soient, en autant de conspirateurs inconscients, ligués pour leur bien-être particulier et contre le bien public, autant d’hommes de proies qui détrousseront les passants et partagerons le butin. Voyez-les déjà, les futurs fonctionnaires, au collège avec leurs képis numérotés ou dans quelque université avec leurs casquettes blanches ou vertes : peut-être n’ont-ils prêté aucun serment en endossant l’uniforme, mais s’ils n’ont pas juré, ils n’en agissent pas moins suivant l’esprit de caste, résolus à prendre toujours les meilleures parts. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Labeur : « Le labeur est indispensable à qui veut jouir du repos, de même que le loisir journalier est nécessaire à chaque travailleur pour renouveler ses forces. La société ne cessera de souffrir, elle sera toujours dans un état d’équilibre instable, aussi longtemps que les hommes, voués en si grand nombre à la misère, n’auront pas tous, après la tâche quotidienne, une période de répit pour régénérer leur vigueur et se maintenir ainsi dans la dignité d’êtres libres et pensants. » (Histoire d’un ruisseau [1869], Arthaud, 2017)

Moral : « Ainsi l’homme qui veut se développer en être moral doit prendre exactement le contre-pied de ce que lui recommandent et l’Église et l’État : il lui faut penser, parler, agir librement. Ce sont là les conditions indispensables de tout progrès. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Négation : « Entrez dans une école supérieure : le professeur y parle de Descartes et nous raconte comment le grand philosophe a commencé par faire table rase de tous les préjugés, de toutes les idées reçues, de tous les systèmes antérieurs. Il le loue fort d’avoir eu cette vigueur intellectuelle ; il nous dit qu’à dater de l’heure où fut prononcé l’audacieuse parole d’absolue négation, la pensée humaine était émancipée ; mais ce même professeur n’a plus que des exclamations d’horreur pour tous ceux qui seraient tentés d’imiter son héros ! » (« L’évolution légale et l’anarchie » [1878], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Œuvre : « Le tigre peut se détourner de sa victime, mais les livres de banque prononcent des arrêts sans appels ; les hommes, les peuples sont écrasés sous ces pesantes archives, dont les pages silencieuses racontent en chiffre l’œuvre impitoyable. Si le capital devait l’emporter, il serait temps de pleurer notre âge d’or, nous pourrions alors regarder derrière nous et voir, comme une lumière qui s’éteint, tout ce que la terre eut de doux et de bon, l’amour, la gaieté, l’espérance. L’Humanité aurait cessé de vivre. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Poison : « Voyez ce que les bouddhistes ont fait du Bouddha, ce que les chrétiens ont fait du Christ, à supposer que l’un et l’autre aient vécu, ce qui importe peu d’ailleurs, car l’un et l’autre ne sont pour nous que des voix. De leurs paroles, si essentiellement humaines, auxquelles se mêlaient par conséquent des erreurs et des faiblesses, les prêtres ont fait des paroles divines, indiscutables, et les interprétant à leur gré, ils les ont utilisées pour imposer au troupeau des hommes leurs propres erreurs et leurs folies. Toutefois, la trahison du Bouddha par les bouddhistes, du Christ par les chrétiens, ne nous empêche pas de reprendre les documents primitifs de leur histoire et je me garderai bien de négliger par exemple tout ce que je trouve d’humain et de vrai dans les Évangiles. Mais, dès qu’on me les apporte comme étant un ouvrage divin ou comme ayant je ne sais quelle divinité, quelle sainteté particulière, je n’en veux plus. Attribuer quoi que ce soit d’infaillible à une œuvre quelconque, Évangiles ou Paroles d’un Croyant, ou Chants de la Commune, je n’en veux plus, je proteste. C’est de là que nous viendra le poison. » (Lettre à Richard Heath, 28 juillet 1884)

Quatre : « Telle que nous la pratiquons aujourd’hui, la domestication témoigne aussi à maints égards d’une véritable régression morale, car, loin d’améliorer les animaux, nous les avons enlaidis, avilis, corrompus. Nous avons pu, il est vrai, par le choix des sujets, augmenter dans l’animal telle ou telle qualité de force, d’adresse, de flair, de vitesse à la course, mais en notre rôle de carnassiers, nous avons eu pour préoccupation capitale d’augmenter les masses de viande et de graisse qui marchent à quatre pieds, de nous donner des magasins de chair ambulante qui se meuvent avec peine du fumier à l’abattoir. Pouvons-nous dire que le cochon vaille mieux que le sanglier ou la peureuse brebis mieux que l’intrépide mouflon ? » (« La grande famille », Le Magazine International, 1897)

Révolution : « […] l’évolution et la révolution sont les deux actes successifs d’un même phénomène, l’évolution précédant la révolution, et celle-ci précédant une évolution nouvelle, mère des révolutions futures. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Solidarité : « Que l’on voie d’un côté la tourbe des pauvres affamés, de l’autre quelques privilégiés mangeant à leur appétit et s’habillant à leur fantaisie, on doit croire en toute naïveté qu’il ne saurait en être autrement ! Il est vrai qu’en temps d’abondance on n’aurait qu’à prendre au tas et qu’en temps de disette tout le monde pourrait se mettre de concert à la ration, mais pareille façon d’agir supposerait l’existence d’une société étroitement unie par un lien de solidarité fraternel. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Terre : « Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations successives, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la terre nourricière. Ils abattaient les forêts, laissaient tarir les sources et déborder les fleuves, détérioraient les climats, entouraient les cités de zones marécageuses et pestilentielles ; puis, quand la nature, profanée par eux, leur était devenue hostile, ils la prenaient en haine, et, ne pouvant se retremper comme le sauvage dans la vie des forêts, ils se laissaient de plus en plus abrutir par le despotisme des prêtres et des rois. » (« Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes », La Revue des deux Mondes,63, 15 mai 1866)

Utilité : « Le savant a son immense utilité comme carrier : il extrait les matériaux, mais ce n’est pas lui qui les emploie, c’est au peuple, à l’ensemble des hommes associés qu’il appartient d’élever l’édifice. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Voter : « Voter, c’est abdiquer; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir. » (Lettre à Jean Grave, Le Révolté, 1885)

Wagon : « […] c’est en dehors de l’école que l’on s’instruit le plus, dans la rue, dans l’atelier, devant les baraques de foire, au théâtre, dans les wagons de chemins de fer, sur les bateaux à vapeur, devant les paysages nouveaux, dans les villes étrangères. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

XIV : « Chaque souverain a sa camarilla, sans compter ses ministres, ses délégués, ses conseillers d’État, tout autant de vices-rois ;  puis il est tenu, lié par des précédents, des considérants, des protocoles, des conventions, des situations acquises, une étiquette, qui est toute une science aux problèmes infinis : le Louis XIV le plus insolent se trouve pris dans les mille filets d’un réseau dont il ne se débarrassera jamais. Toutes ces conventions dans lesquelles le maître s’est fastueusement enserré lui donne un avant-goût de la tombe et diminuent d’autant sa force pour la réaction. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Yeux : « […] c’est par coups d’État, petits ou grands, qu’il faut vaincre la difficulté : les souverains, les puissants se plaignent dans ce cas là que la légalité les tue et en sortent bravement pour rentrer dans le droit. Le succès légitime leurs actes aux yeux de l’historien ; l’insuccès les met au rang des scélérats. » (L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique [1902], Écrits sociaux, éditions Héros-Limite, 2012)

Zèle : « Enfin nous comptons sur un troisième lien, celui que les élèves et les auditeurs noueront entre nous par leur amour de la vérité, par leur haut esprit d’étude sincère et désintéressée. À eux de nous élever et de nous maintenir très haut par l’appel constant qu’ils ont le droit de faire à notre zèle, car nous leur devons un enseignement, sinon toujours nouveau, du moins incessamment renouvelé par l’âpre recherche et la réflexion profonde. » (« Le bonheur auquel la science nous convie » [1895], La joie d’apprendre, Élisée Reclus et Pierre Kropotkine, éditions Héros-Limite, 2018)

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Tous les abécédaires sont confectionnés, par nos soins, sur la base des ouvrages, articles, entretiens et correspondances des auteur·e·s. Revue Ballast
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*Commune ► La Commune de Paris, et la Commune des communes, Pierre Kropotkine dans « Le Révolté » 1880-1881, compilation par Résistance 71 dans une version PDF {N°90} de 27 pages.

 

Jo Busta Lally qui porte son Gilet Jaune ce samedi 6 avril 2019 vu que je me fais doubler par les limaces et les cagouilles du jardin !
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N.B. : Que cela ne m’empêche nullement d’agir, d’où je suis, POUR la formation d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International CONTRE la société marchande soit le système capitaliste en réalisant de très nombreux PDFs politiques, que vous pouvez lire, télécharger et/ou vous imprimer gratos en suivant ce lien ► https://jbl1960blog.wordpress.com/les-pdfs-realises-par-jbl1960/ d’autres sont à venir…
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10 réflexions sur « L’Abécédaire d’Élisée Reclus (1830-1905) – par la Revue Ballast »

  1. À mon frère le paysan – Élisée Reclus – Texte publié dans “Les Temps Nouveaux”, 1899

    https://resistance71.wordpress.com/2016/07/28/resistance-politique-ville-campagne-se-connecter/

    «Est-il vrai», m’as-tu demandé, «est-il vrai que tes camarades, les ouvriers des villes, pensent à me prendre la terre, cette douce terre que j’aime et qui me donne des épis, bien avarement, il est vrai, mais qui me les donne pourtant ? elle a nourri mon père et le père de mon père ; et mes enfants y trouveront peut-être un peu de pain. Est-il vrai que tu veux me prendre la terre, me chasser de ma cabane et de mon jardinet ? Mon arpent ne sera-t-il plus à moi ?»

    Non, mon frère, ce n’est pas vrai. Puisque tu aimes le sol et que tu le cultives, c’est bien à toi qu’appartiennent les moissons. C’est toi qui fais naître le pain, nul n’a le droit d’en manger avant toi, avant ta femme qui s’est associée à ton sort, avant l’enfant qui est né de votre union. Garde tes sillons en toute tranquillité, garde ta bêche et ta charrue pour retourner la terre durcie, garde la semence pour féconder le sol. rien n’est plus sacré que ton labeur, et mille fois maudit celui qui voudrait t’enlever le sol devenu nourricier par tes efforts !

    Mais ce que je dis à toi, je ne le dis pas à d’autres qui se prétendent cultivateurs et qui ne le sont pas. Quels sont-ils ces soi-disant travailleurs, ces engraisseurs du sol ? L’un est né grand seigneur. Quand on l’a placé dans son berceau, tout enveloppé de laines fines et de soies douces à toucher et à voir, le prêtre, le magistrat, le notaire et d’autres personnages sont venus saluer le nouveau-né comme un futur maître de la terre. Des courtisans, hommes et femmes, sont accourus de toutes parts pour lui apporter des présents, des étoffes brochées d’argent et des hochets d’or ; pendant qu’on le comble de cadeaux, des scribes enregistrent en de grands livres que le poupon possède ici des sources et là des rivières, plus loin des bois, des champs et des prairies, puis ailleurs des jardins et encore d’autres champs, d’autres bois, d’autres pâturages. Il en a dans la montagne, il en a dans la plaine ; même sous la terre il est aussi maître de grands domaines où des hommes travaillent, par centaines ou par milliers. Quand il sera devenu grand, peut-être, un jour, ira-t-il visiter ce dont il hérita au sortir du ventre maternel ; peut-être ne se donnera-t-il pas même la peine de voir toutes ces choses ; mais il en fera recueillir et vendre les produits. De tous côtés, par routes et par chemins de fer, par barques de rivières et par navires sur l’océan, on lui apportera de grands sacs d’argent, revenus de toutes ses campagnes. Eh bien, quand nous aurons la force, laisserons-nous tous ces produits du labeur humain, les laisserons-nous dans les coffres-forts de l’héritier , aurons-nous le respect de cette propriété ? non, mes amis, nous prendrons tout cela. Nous déchirerons ces papiers et plans, nous briserons les portes de ces châteaux, nous saisirons ces domaines. «Travaille, si tu veux manger !» dirons-nous à ce prétendu cultivateur ! Rien de toutes ces richesses n’est plus à toi !»

    Et cet autre seigneur né pauvre, sans parchemin, que nul flatteur ne vint admirer dans la cabane ou la mansarde maternelle, mais qui eut la chance de s’enrichir par son travail probe ou improbe ? Il n’avait pas une motte de terre où reposer sa tête, mais il a su, par des spéculations ou des économies, par les faveurs des maîtres ou du sort, acquérir d’immenses étendues qu’il enclôt maintenant de murs et de barrières : il récolte où il n’a point semé, il mange et grappille le pain qu’un autre a gagné par son travail. Respecterons-nous cette deuxième propriété, celle de l’enrichi qui ne travaille point sa terre, mais qui la fait labourer par des mains esclaves et qui la dit sienne ? Non, cette deuxième propriété, nous ne la respecterons pas plus que la première. Ici encore, quand nous en aurons la force, nous viendrons mettre la main sur ces domaines et dire à celui qui s’en croit maître : «En arrière, parvenu ! Puisque tu as su travailler, continue ! Tu auras le pain que te donnera ton labeur, mais la terre que d’autres cultivent n’est plus à toi. Tu n’es plus le maître du pain.»

    Ainsi nous prendrons la terre, oui, nous la prendrons, mais à ceux qui la détiennent sans la travailler, pour la rendre à ceux auxquels il était interdit d’y toucher. Toutefois, ce n’est point pour qu’ils puissent à leur tour exploiter d’autres malheureux. La mesure de la terre à laquelle l’individu, le groupe familial ou la communauté d’amis ont naturellement droit, est embrassée par leur travail individuel ou collectif. dès qu’un morceau de terre dépasse l’étendue de ce qu’ils peuvent cultiver, ils n’ont aucune raison naturelle de revendiquer ce lambeau ; l’usage en appartient à d’autres travailleurs. La limite se trace diversement entre les cultures des individus ou des groupes, suivant la mise en état de la production. Ce que tu cultives, mon frère, est à toi, et nous t’aiderons à le garder par tous les moyens en notre pouvoir ; mais ce que tu ne cultives pas est à un compagnon. Fais-lui de la place. Lui aussi saura féconder la terre.

    Mais si l’un et l’autre vous avez droit à votre part de terre, aurez-vous l’imprudence de rester isolés ? Seul, trop seul, le petit paysan cultivateur est trop faible pour lutter à la fois contre la nature avare et contre l’oppresseur méchant. S’il réussit à vivre, c’est par un prodige de volonté. Il faut qu’il s’accommode à tous les caprices du temps et se soumette en mille occasions à la torture volontaire. que la gelée fende la pierre, que le soleil brûle, que la pluie tombe ou que le vent hurle, il est toujours à l’œuvre ; que l’inondation noie ses récoltes, que la chaleur les calcine, il moissonne tristement ce qui reste et qui ne suffira guère à le nourrir. Qu’arrive le jour des semailles, il se retirera le grain de la bouche pour le jeter dans le sillon. Dans son désespoir, l’âpre foi lui reste : il sacrifie une partie de la pauvre moisson, si nécessaire, dans la confiance qu’après le rude hiver, après le brûlant été, le blé mûrira pourtant et doublera, triplera la semence, la décuplera peut-être. Quel amour intense il ressent pour cette terre, qui le fait tant peiner par le travail, tant souffrir par la crainte et les déceptions, tant exulter de joie quand les lignes ondulent à pleins épis. aucun amour n’est plus fort que celui du paysan pour le sol qu’il défonce et qu’il ensemence, duquel il est né et dans lequel il retournera ! Et pourtant que d’ennemis l’entourent et lui envient la possession de cette terre qu’il adore ! Le percepteur d’impôts taxe sa charrue et lui prend une part de son blé ; le marchand en saisit une autre part ; le chemin de fer le frustre aussi dans le transport de la denrée. De toutes parts, il est trompé. Et nous avons beau lui crier : «Ne paie pas l’impôt, ne paie pas la rente», il paie quand même parce qu’il est seul, parce qu’il n’a pas confiance dans ses voisins, les autres petits paysans, propriétaires ou métayers, et n’ose se concerter avec eux. On les tient asservis, lui et tous les autres, par la peur et la désunion.

    Il est certain que si tous les paysans d’un même district avaient compris combien l’union peut accroître la force contre l’oppression, ils n’auraient jamais lissé périr les communautés des temps primitifs, les «groupes d’amis», comme on les appelle en Serbie et autres pays slaves. Le propriété collective de ces associations n’est point divisée en d’innombrables enclos par des haies, des murs et des fossés. Les compagnons n’ont point à se disputer pour savoir si un épi poussé à droite ou à gauche du sillon est bien à eux. Pas d’huissier, pas d’avoué, pas de notaire pour régler les intérêts entre les camarades. Après la récolte, avant l’époque du nouveau labour, ils se réunissent pour discuter les affaires communes. Le jeune homme qui s’est marié, la famille qui s’est accrue d’un enfant ou chez laquelle est entré un hôte, exposent leur situation nouvelle et prennent une plus large part de l’avoir commun pour satisfaire leurs besoins plus grands. On resserre ou l’on éloigne les distances suivant l’étendue du sol et le nombre de membres, et chacun besogne dans son champ, heureux d’être en paix avec les frères qui travaillent à leur côté sur la terre mesurée aux besoins de tous. Dans les circonstances urgentes, les camarades s’entr’aident : un incendie a dévoré telle cabane, tous s’occupent à la reconstruire ; une ravine d’eau a détruit un bout de champ, on en prépare un autre pour le détenteur lésé. Un seul paît les troupeaux de le communauté, et le soir, les brebis, les vaches savent reprendre le chemin de leur étable sans qu’on les y pousse. La commune est à la fois la propriété de tous et de chacun.

    Oui, mais la commune, de même que l’individu, est bien faible si elle reste dans l’isolement. Peut-être n’a-t-elle pas assez de terres pour l’ensemble des participants, et tous doivent souffrir de la faim ! Presque toujours elle se trouve en lutte avec un seigneur plus riche qu’elle, qui prétend à la possession de tel ou tel champ, de telle forêt ou de tel terrain de pâture. Elle résiste bien, et si le seigneur était seul, elle aurait bien vite triomphé de l’insolent personnage ; mais le seigneur n’est pas seul, il a pour lui le gouverneur de la province et le chef de la police, pour lui les prêtres et les magistrats, pour lui le gouvernement tout entier avec ses lois et son armée. Au besoin, il dispose du canon pour foudroyer ceux qui lui disputent le sol débattu. ainsi, la commune pourrait avoir cent fois raison, elle a toutes les chances que les puissants lui donnent tort. Et nous avons beau lui crier, comme à l’imposable isolé : «Ne cède pas !», elle doit céder, victime de son isolement et de sa faiblesse.

    Vous êtes donc faibles, vous tous, petits propriétaires, isolés ou associés en communes, vous êtes bien faibles contre tous ceux qui cherchent à vous asservir, accapareurs de terre qui en veulent à votre petit lopin, gouvernants qui cherchent à en prélever tout le produit. Si vous ne savez pas vous unir, non seulement d’individu à individu et de commune à commune, mais aussi de pays à pays, en une grande internationale de travailleurs, vous partagerez bientôt le sort de millions et de millions d’hommes qui sont déjà dépouillés de tous droits aux semailles et à la récolte et qui vivent dans l’esclavage du salariat, trouvant l’ouvrage quand des patrons ont intérêt à leur en donner, toujours obligés de mendier sous mille formes, tantôt demandant humblement d’être embauchés, tantôt même en avançant la main pour implorer une avare pitance. Ceux-ci ont été privés de la terre, et vous pouvez l’être demain. Y a-t-il une si grande différence entre leur sort et le vôtre ? La menace les atteint déjà ; elle vous épargne encore pour un jour ou deux. Unissez-vous tous dans votre malheur ou votre danger. Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu.

    Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l’armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l’on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir.

    [Note de R71: écrit en 1899 !!!…] [NdJBL = il y a tout pile poil 120 ans…]

    C’est ainsi que dans les solitudes du Grand-Ouest Américain, des compagnies de spéculateurs, en fort bons termes avec le gouvernement, comme le sont tous les riches ou ceux qui ont l’espoir de le devenir, se sont fait concéder des domaines immenses dans les régions fertiles et en font à coups d’hommes et de capitaux des usines à céréales. Tel champ de culture a la superficie d’une province. Ce vaste espace est confié à une sorte de général, instruit, expérimenté, bon agriculteur et bon commerçant, habile dans l’art d’évaluer à sa juste valeur la force de rendement des terrains et des muscles. Notre homme s’installe dans une maison commode au centre de sa terre. Il a dans ses hangars cent charrues, cent machines à semer, cent moissonneuses, vingt batteuses ; une cinquantaine de wagons traînés par des locomotives vont et viennent incessamment sur des lignes de rails entre les gares du champ et le port le plus voisin dont les embarcadères et les navires lui appartiennent aussi. Un réseau de téléphones va de la maison palatiale à toutes les constructions du domaine ; la voix du maître est entendue de partout ; il a l’oreille à tous les bruits, le regard à tous les actes ; rien ne se fait sans ses ordres et loin de la surveillance.

    Et que devient l’ouvrier, le paysan dans ce monde si bien organisé ? Machines, chevaux et hommes sont utilisés de la même manière : on voit en eux autant de forces, évaluées en chiffres, qu’il faut employer au mieux du bénéfice patronal, avec le plus de produit et le moins de dépenses possible. Les écuries sont disposées de telle sorte qu’au sortir même de l’édifice, les animaux commencent à creuser le sillon de plusieurs kilomètres de long qu’ils ont à tracer jusqu’au bout du champ : chacun de leurs pas est calculé, chacun rapporte au maître. De même les mouvements des ouvriers sont réglés à l’issue du dortoir commun. Là, point de femmes ni d’enfants qui viennent troubler la besogne par une caresse ou par un baiser. Les travailleurs sont groupés par escouades ayant leurs sergents, leurs capitaines et l’inévitable mouchard. Le devoir est de faire méthodiquement le travail commandé, d’observer le silence dans les rangs. Qu’une machine se détraque, on la jette au rebut, s’il n’est pas possible de la réparer. Qu’un cheval tombe et se casse un membre, on lui tire un coup de revolver dans l’oreille et on le traîne au charnier. Qu’un homme succombe à la peine, qu’il se brise un membre ou se laisse envahir par la fièvre, on daigne bien ne pas l’achever, mais on s’en débarrasse tout de même : qu’il meure à l’écart sans fatiguer personne de ses plaintes. A la fin des grands travaux, quand la nature se repose, le directeur se repose aussi et licencie son armée. L’année suivante, il trouvera toujours une quantité suffisante d’os et de muscles à embaucher, mais il se gardera bien d’employer les mêmes travailleurs que l’année précédente. Ils pourraient parler de leur expérience, s’imaginer qu’il en savent autant que le maître, obéir de mauvaise grâce, qui sait ? S’attacher peut-être à la terre cultivée par eux et se figurer qu’elle leur appartient !

    Certes, si le bonheur de l’humanité consistait à créer quelques milliardaires thésaurisant au profit de leurs passions et de leurs caprices les produits entassés par tous les travailleurs asservis, cette exploitation scientifique de la terre par une chiourme de galériens serait l’idéal rêvé. Prodigieux sont les résultats financiers de ces entreprises, quand la spéculation ne ruine pas ce que la spéculation crée. Telle quantité de blé obtenue par le travail de cinq cents hommes pourrait en nourrir cinquante mille ; à la dépense faite par un salaire avare correspond un rendement énorme de denrées qu’on expédie par chargement de navires et qui se vendent dix fois la valeur de production.

    Il est vrai que si la masse des consommateurs manquant d’ouvrage et de salaire devient trop pauvre, elle ne pourra plus acheter tous ces produits et, condamnée à mourir de faim, elle n’enrichira plus les spéculateurs. Mais ceux-ci ne s’occupent point du lointain avenir : gagner d’abord, marcher sur un chemin pavé d’argent, et l’on verra plus tard ; les enfants se débrouilleront ! «Après nous le déluge !»

    Voilà, camarades travailleurs qui aimez le sillon où vous avez vu pour la première fois le mystère de la tigelle de froment perçant la dure motte de terre, voilà quelle destinée l’on vous prépare ! On vous prendra le champ et la récolte, on vous prendra vous-mêmes, on vous attachera à quelque machine de fer, fumante et stridente, et tout enveloppés de la fumée de charbon, vous aurez à balancer vos bras sur un levier dix ou douze mille fois par jour. C’est là ce qu’on appelle l’agriculture. Et ne vous attardez pas alors à faire l’amour quand le cœur vous dira de prendre femme ; ne tournez pas la tête vers la jeune fille qui passe : le contremaître n’entend pas qu’on fraude le travail du patron;

    S’il convient à celui-ci de vous permettre le mariage pour créer progéniture, c’est qu’il vous trouvera bien à son gré ; vous aurez cette âme d’esclave qu’il aura voulu façonner ; vous serez assez vil pour qu’il autorise la race d’abjection à se perpétuer. L’avenir qui vous attend est celui de l’ouvrier, de l’ouvrière, de l’enfant d’usine ! Jamais esclavage antique n’a plus méthodiquement pétri et façonné la matière humaine pour la réduire à l’état d’outil. Que reste-t-il d’humain dans l’être hâve, déjeté, scrofuleux qui ne respire jamais d’autre atmosphère que celle des suints, des graisses et des poussières ?

    Évitez cette mort à tout prix, camarades. Gardez jalousement votre terre, vous qui en avez un lopin ; elle est votre vie et celle de la femme, des enfants que vous aimez. Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d’argent ; oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs. A cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. bien plus, faites appel à ceux qui n’ont rien, à ces gens déshérités des villes qu’on vous a peut-être appris à haïr, mais qu’il faut aimer parce qu’ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu’on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d’enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l’on travaillera de concert à vivifier le sol, à l’embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain.

    Mais si vous ne faites pas cela, tout est perdu. Vous périrez esclaves et mendiants : Vous avez faim», disait récemment un maire d’Alger à une députation d’humbles sans-travail, «vous avez faim ?… eh bien, mangez-vous les uns les autres !»

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  2. Merci à Volti pour m’avoir tirée l’œil vers la Revue Ballast via sa RdP ;

    Pensées : L’abécédaire d’Élisée Reclus. La pensée d’Élisée Reclus n’a pas fini de nous mobiliser : géographe prolifique, à la fois communiste et anarchiste, féministe et végétarien, cet adversaire de la « funeste institution » que fut l’esclavage aux États-Unis a fait siennes, souvent contre son temps, la plupart des luttes pour l’émancipation

    https://lesmoutonsenrages.fr/2019/04/06/vos-infos-liens-news-et-autres-du-6-avril-2019/

    Comme quoi, c’est utile de se donner à lire !
    Jo

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  3. Ainsi que vers cet article sur la Revue Ballast ► https://www.revue-ballast.fr/zola-contre-la-commune/

    Les éditions Nouveau monde ont publié en juillet 2018 les articles d’Émile Zola, alors journaliste et jeune romancier, sur la Commune de Paris. Si la haine que vouèrent Flaubert, George Sand, Anatole France ou Edmond de Goncourt à cette séquence essentielle du socialisme européen est bien connue1, celle de Zola, figure incontournable du panthéon progressiste, l’est assurément moins. En bon républicain libéral de gauche, Zola a pourtant opposé le « majestueux Paris » à « l’ordure révolutionnaire » et passé les 72 jours qu’a duré cette révolution — ennemie, selon les propres mots de son Conseil, « de l’exploitation, de l’agiotage, des monopoles, des privilèges » — à trépigner : que l’armée fasse place nette, vite ! ☰ Par Émile Carme

    Et Émile Carme n’est pas un inconnu, pour les lecteurs de la Revue Ballast, car c’est à lui que l’on doit l’excellent rappel du méconnu et oublié Erich Mühsam qui avait affirmé «Il ne suffit pas d’être libre pour soi, dans le secret d’une mansarde ou d’un ciel sans pareil : la liberté est l’affaire de tous.»

    Ainsi que : La liberté de chacun par la liberté de tous !

    https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/04/la-liberte-de-chacun-par-la-liberte-de-tous-erich-muhsam-par-e-carme.pdf

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  4. Grève : Le site Mediapart a révélé une tentative de la direction générale des finances publiques de faire pression sur les grévistes des impôts, dont le mouvement ne cesse depuis des semaines en Haute-Garonne. Ce geste brutal ne fait que raviver le conflit qui venait de se calmer, selon le média.

    La direction générale des finances publiques (DGFIP), dépendant du ministère français des Finances, a entrepris une tentative de réprimer de manière «brutale» le mouvement des grévistes des impôts qui se poursuit en Haute-Garonne depuis plusieurs semaines, selon Mediapart. Les employés des centres des finances publiques bloquent leurs établissements pour dénoncer notamment les plans du gouvernement de supprimer 22.000 emplois en trois ans et 35.000 en 15 ans.

    Devant le tribunal administratif de Toulouse, la DGFIP a ainsi accusé les grévistes de «blocage» et de faire durer un mouvement entraînant, selon ses avocats, des «entraves à la liberté de travail» et des «perturbations de missions de services publics». Ayant assigné en référé «les secrétaires des quatre organisations de l’intersyndicale (CGT-Solidaires-FO-CFDT) et une quarantaine d’agents des impôts du département», la DGFIP a déposé une requête au tribunal qui, cependant, l’a rejetée.

    Ainsi, comme l’explique le média, le juge ne considère pas la situation comme urgente et note qu’«il n’est pas établi que ces blocages se seraient poursuivis au-delà de la date du 28 mars 2019, dernière journée d’action nationale». Il estime également que «la demande du directeur régional des finances publiques d’Occitanie et du département de la Haute-Garonne tendant à ce que soit ordonnée l’évacuation sous astreinte des sites en cause est devenue sans objet».

    Menacés d’«une astreinte, non rétroactive, de 1.000 euros par personne et par jour de blocage», les représentants de l’intersyndicale ont été convoqués par la direction régionale. Un huissier leur a alors remis leurs assignations.

    Cet épisode s’est déroulé au moment où les blocages étaient levés depuis déjà quelques jours «sur l’ensemble des sites», en attendant notamment la réunion du comité technique prévue lundi prochain, «censée permettre la reprise des négociations locales».

    «Nous irons lundi à la réunion pour déposer sur le bureau une lettre signifiant que l’on veut désormais des représentants nationaux de la direction et des syndicats autour de la table», a déclaré Jean-Marc Servel de la CGT, l’un des quatre secrétaires assignés ès qualités.

    Nicolas Thirion, secrétaire national de la fédération finances publiques de la CGT, présent mercredi au tribunal administratif de Toulouse, a affirmé qu’Hugues Perrin, en poste à la direction régionale Occitanie de la DGFIP depuis avril 2018, avait «été le numéro 3 de Bercy» et «n’aurait jamais fait ça sans l’assentiment de Bruno Parent [le directeur général de la DGFIP], voire de Gérald Darmanin».

    Mediapart affirme avoir essayé de joindre la DGFIP de Toulouse pour avoir une confirmation, mais sans succès. Selon le média, la direction doit être occupée en ce moment, puisque sa «tentative de répression brutale n’a fait que raviver» le conflit: au cours de la semaine, «plusieurs antennes départementales de la DGFIP ont adopté des motions de soutien aux grévistes de Haute-Garonne».

    Source ► https://fr.sputniknews.com/france/201904061040632755-bercy-grevistes-impots-haute-garonne/

    Comme quoi, rien ne leur fait plus peur qu’une Grève Générale totale illimitée expropriatrice et auto-gestionnaire…

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  5. Sur un Fil d’Or…
    Publié le 6 avril 2019 par Le Passeur ► http://www.urantia-gaia.info/2019/04/06/sur-un-fil-dor/

    Nous sommes ceux que nous attendons et nous sommes observés avec amour et respect par ceux de notre futur. Dont nous-même. L’Aube est d’autant plus proche que la nuit s’épaissit. Et elle s’épaissit…

    Fraternellement,

    © Le Passeur – 5 Avril 2019 – http://www.urantia-gaia.info > Cet article est volontiers autorisé à la diffusion à la seule condition de ne pas l’associer à une démarche commerciale, de respecter l’intégralité du texte et de citer la source.

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