Jair Bolsonaro CONTRE Paulo Freire ; Prêt à servir ses maitres pour les 4 ans qui viennent…

Aussi l’heure est venue aux peuples du Brésil & du Monde de se réveiller !

Et je relie ce billet de l’An neuf avec le tout dernier de l’année dernière ► Lectures en miroir pour une réflexion croisée & SOLIDAIRE !

Jair Bolsonaro au pouvoir, le grand jour des évangéliques* au Brésil

Avec la prise de fonction du nouveau président Jair Bolsonaro, ce mardi 1er janvier, ce sont les représentants de la communauté évangélique qui accèdent au sommet de l’État au Brésil.

« Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous. » Le slogan choisi par Jair Bolsonaro lors de sa campagne présidentielle, jusqu’à son élection le 28 octobre dernier, laisse présager l’importance de la tribune que le nouveau président, lors de son mandat, entend donner aux représentants religieux. Certains d’entre eux seront au plus près du pouvoir. Ce sera tout particulièrement vrai, bien sûr, de ceux des Églises évangéliques pentecôtistes.

80 députés membres de groupes évangéliques

Membres du gouvernement, élus (plus de 80 députés se revendiquent de groupes évangéliques), conseillers, lobbyistes susceptibles d’appuyer une nomination ou un projet de loi… Ceux-là apparaissent désormais ouvertement auprès du nouveau président ainsi que de sa jeune épouse, Michelle, 36 ans, elle-même évangélique et extrêmement croyante, qui a rapidement confié son intention de profiter de son nouveau statut de Première dame pour s’impliquer dans « le plus de projets sociaux possibles ».

En compagnie des défenseurs du port d’arme et des grands propriétaires agricoles, ce qu’on appelle le groupe « BBB » (« Balle, Bœuf, Bible »), ils prônent, pour contrer les excès de violence dans l’immense pays sud-américain, un conservatisme hégémonique : autorité forte, ordre moral, défiance vis-à-vis des minorités émergentes, défense des valeurs familiales traditionnelles.

Jair Bolsonaro doit beaucoup aux évangéliques. Alors que les évêques catholiques, dans ce pays au plus grand nombre de catholiques dans le monde, avaient exprimé leurs inquiétudes dans l’entre-deux-tours, invitant les électeurs au « discernement » et refusant de prendre clairement position, les évangéliques, eux, avaient pris fait et cause au sein de leurs églises et sur leurs médias – très puissants – pour le candidat d’extrême droite.

20 millions d’électeurs évangéliques revendiqués

Edir Macedo, fondateur de la puissante Église universelle du Royaume de Dieu, lui avait ouvert l’antenne de sa chaîne de télévision privée, Record TV, la deuxième du pays en audience. Le message a porté. Selon deux instituts de sondage brésiliens, IBOPE et Datafohla, environ 20 millions d’électeurs se disant « évangéliques » ont finalement porté leur vote sur le nom de Bolsonaro, lui offrant une victoire nette fin octobre, plus de 55 % des suffrages.

Né lui-même catholique, puis baptisé* en 2016 dans le fleuve Jourdain par le pasteur Everaldo Dias Preira, une figure influente au sein de l’Assemblée de Dieu brésilienne, Jair Bolsonaro a parfaitement su aller chercher leur ralliement qui s’est aussi révélé essentiel pour trouver des fonds pour sa campagne. « Il a bénéficié du soutien financier de ces Églises, rappelait à La Croix, lors de son élection, Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Iris et directeur de l’observatoire Amérique latine à la fondation Jean-Jaurès. Elles sont riches car chacun des fidèles doit donner 10 % de son revenu à son pasteur. »

Autant de soutiens qui, passée cette journée du 1er janvier, seront en droit d’attendre rapidement un renvoi d’ascenseur.

Source La Croix du 31/12/2018

En complément sur La Croix6 Figures clés du gouvernement Bolsonaro

*Rejoignez le Mouvement pour abolir les bulles papales coloniales par la débaptisation, en masse, et ainsi FAIRE TOMBER L’EMPIRE sans arme, ni haine, ni violence et par APOSTASIE COLLECTIVE en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte.

Investi aujourd’hui ; 1er janvier 2019, Jair Bolsonaro forme plusieurs projets mortifères, soufflés par les voix de ses maitres en coulisse, et celui qui nous intéresse tout particulièrement, et qu’il a annoncé tout juste élu/placé dans le fauteuil présidentiel ; d’extirper la philosophie de Paulo Freire des écoles !

Le Président Jair Bolsonaro contre le pédagogue Paulo Freire

Irène Pereira, 9 novembre 2018 URL de l’article ► http://journal.alternatives.ca/spip.php?article8485

Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro vient d’être élu au Brésil. Il a annoncé son objectif éducatif : extirper la philosophie de Paulo Freire des écoles.

Paulo Freire : un symbole insupportable aux régimes autoritaires

En 1964, un régime militaire, suite à un coup d’État, prend le pouvoir au Brésil. Il arrête les opposants. Dans les premières cibles figurent le pédagogue brésilien Paulo Freire.

Il est arrêté trois mois et torturé. Il est ensuite expulsé de force et ne pourra revenir dans son pays qu’à l’issue d’un exil de 15 ans. Son œuvre est interdite au Brésil. Il est accusé d’endoctrinement marxiste.

Jair Bolsonaro n’a pas hésité à magnifier cette époque où le régime au pouvoir s’en prenait aux opposants. Il a ainsi déclaré par exemple : « L’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer. » (Radio Jovem Pan, juin 2016).

L’école sans parti : un mouvement réactionnaire contre les études de genre et Paulo Freire

La critique contre l’œuvre de Paulo Freire ces dernières années a été portée au Brésil par un mouvement conservateur : l’École sans parti. Son objectif : faire interdire aux enseignants des références aux études de genre et à l’œuvre de Paulo Freire, le pédagogue décédé en 1997.

Lors d’un déplacement au Brésil en novembre 2017, la philosophe Judith Butler, figure très connue des études de genre, a été prise à partie par une foule déchaînée et brûlée en effigie comme une sorcière.

Ceux qui défendent l’œuvre de Paulo Freire rappellent qu’il a été prix de la Paix de l’Unesco en 1986 et docteur honoris causa de 28 universités dans le monde.

Son livre Pédagogie des opprimés est traduit dans plus de 20 langues. Il fait partie des 100 auteurs les plus cités dans les université américaines.

Il est le troisième auteur le plus cité dans le monde dans le domaine des sciences humaines et sociales pour son ouvrage : Pédagogie des opprimés (selon une étude de 2016).

Ce qui est fait de Paulo Freire, sans aucun doute, l’universitaire brésilien le plus reconnu dans le monde.

Jair Bolsonaro : Contre l’éducation démocratique et les droits humains

Si l’œuvre de Paulo Freire est si insupportable à des hommes politiques comme Bolsonaro, c’est qu’elle revendique le développement de l’esprit critique et qu’elle se donne pour finalité de développer un type d’éducation conforme à un ethos démocratique.

Bolsonaro s’est illustré avant et durant sa campagne présidentielle par des propos attentatoires à la démocratie et aux droits humains :

– Sur la laïcité et les droits des minorités : – « Dieu est au-dessus de tous. Cette histoire d’État laïc n’existe pas, non. L’État est chrétien et que celui qui n’est pas d’accord s’en aille. Les minorités doivent se plier aux majorités. » (Meeting à Paraíba, dans le Nord-Est, février 2017)

– Sur les personnes noires : « – À propos des descendants d’esclaves fugitifs : « L’afro-descendant le plus léger pesait environ 80 kilos. Ils ne font rien ! Ils ne servent même pas à la reproduction. »
(Conférence après une visite dans une communauté quilombola, avril 2017)

– Sur les femmes : « – « C’est une disgrâce d’être patron dans notre pays, avec toutes ces lois du travail. Entre un homme et une femme, que va se dire un patron ? ‘Purée, cette femme a une alliance au doigt, dans peu de temps elle sera enceinte, six mois de congés de maternité’ […] Qui paiera l’addition ? L’employeur […] et au final la Sécurité sociale. » (Quotidien Zero Hora, décembre 2014)

– Sur les personnes homosexuelles : – « Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel. Je préfèrerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu. » (Playboy, juin 2011)

Toutes ces déclarations ont abouti entre autres à un manifeste de protestation : Manifeste des Femmes Unies contre Bolsonaro (São Paulo). [Traduction en français disponible en ligne].

Paulo Freire : un symbole dans le monde d’une éducation en faveur des droits humains.

Avec toute la finesse qui le caractérise Jair Bolsonaro a déclaré que s’il était élu, il allait « entrer dans le Ministère de l’Éducation avec un lance-flamme et sortir Paulo Freire de là-dedans » (Déclaration aux chefs d’entreprise à l’Espirito Santo, août 2018).

Si Paulo Freire est une référence de l’éducation dans le monde entier, c’est justement parce que ses idées ont inspiré de nombreux courants de l’éducation en faveur des droits humains : pédagogie critique de la race (éducation anti-raciste aux États-Unis), pédagogie critique des normes (Éducation à la sexualité en Suède), pédagogie féministe (aux États-Unis et dans de nombreux autres pays….)

Résistance et solidarité du monde éducatif contre la montée des fascismes dans les Amériques et en Europe

Nous assistons actuellement en Europe et dans les Amériques à la montée de partis politiques qui s’en prennent dans leurs discours aux femmes, aux minorités ethno-raciales, aux migrants et aux minorités sexuelles. Des personnalités politiques prétendant aux plus hautes fonctions ou les occupant n’hésitent pas à attiser des discours de haine.

L’œuvre du pédagogue brésilien Paulo Freire est un symbole contre tous ces discours qui sont à l’encontre des droits humains.

La situation actuelle au Brésil et dans d’autres pays en relation avec la montée des extrêmes-droites ne peut laisser indifférent le monde éducatif.

En France, comme ailleurs dans le monde, il existe des chercheurs/ses et des praticiens/ciennes qui se réfèrent à l’œuvre de Paulo Freire.

L’institut bell hooks/Paulo Freire à Paris organise tous les mois un séminaire qui vise à mieux faire connaître les travaux de Paulo Freire. En 2020 doit avoir lieu en France le XIIe Forum mondial Paulo Freire.

Plus que jamais travailler à partir de l’œuvre de Paulo Freire, la diffuser et la réinventer est un acte de résistance et un acte de solidarité face à la monté des fascismes et des discours de haine.

Pour lire l’article d’Irène Pereira en entier ► http://journal.alternatives.ca/spip.php?article8485

Son ouvrage majeur qu’est La pédagogie des opprimés”, bien que traduit dans 18 langues, est interdit dans certaines États, comme en Arizona par exemple, car jugé bien trop subversif pour le système. La méthodologie pédagogique mise en place par Freire fut considérée si dangereuse et subversive, que l’auteur a dû s’exiler du Brésil pendant plus de 15 ans. C’est aussi peut-être pour cette raison qu’il n’a pas été réédité en français.

C’est pourquoi, Résistance 71 a traduit ce livre en français et m’a demandé d’en réaliser une version PDF que nous proposons en lecture, téléchargement et/ou impression gratos et comme d’hab, car Freire est le grand applicateur du concept appelé en portugais “conscientização” qu’on peut traduire par “conscience critique” et le processus d’éveil aux contradictions socio-politiques nous entourant et l’action entreprise contre les éléments oppresseurs de notre condition sociale. La pédagogie des opprimés explique le cheminement et la praxis de la “conscientização” dans la pratique éducative de Freire. Sa subversion eut pour résultat de voir Freire et sa famille exilés du Brésil entre le coup d’État fasciste de 1964 et 1980.

Avec cette lecture, emparons-nous de ce concept, au Brésil mais aussi en France avec le mouvement des Gilets Jaunes et tous ceux qui les soutiennent activement physiquement ou autrement, car au lendemain du Stand-up de Macron de Rothschild à l’Élysée on comprend bien que (et comme défini par Freire dans ce livre, écrit en 1970) : pour les oppresseurs, ce sont toujours les opprimés (qu’ils n’appellent jamais du reste “les opprimés” bien entendu, mais  selon qu’ils soient leurs propres concitoyens ou pas : “ces gens-là” ou “les masses aveugles et envieuses” ou “sauvages”, “natifs”, “indigènes”, ou “subversifs”), qui sont “violents”, “barbares”, “vicieux” ou “féroces”, lorsqu’ils osent réagir à la violence des oppresseurs.

 

Et là, ça deviendra très très dur à Bolsonaro, Macron, Trudeau ou Trump de continuer à servir leurs maitres soit Le VaticanLa City de Londres & Washington D.C. comme si de rien n’était…

NON ! STOP !YA BASTA! RETIRONS LEUR NOTRE CONSENTEMENT…

JBL1960

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