Pouvoir dire NON et donc refuser d’être gouvernés !… de ZAD à ZOMIA ?…

Puisque la majorité n’est pas à convaincre !

Et heureusement !

Et que 10 à 15% de la population mondiale convaincue, opiniâtre et motivée suffit pour enclencher un nouveau paradigme en lien avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer la Société des sociétés, celle des associations libres et volontaires ;

▼▼▼

Résistance politique : Pouvoir dire non et ne pas être gouvernés !… de ZAD à Zomia ?…

“Chaque État qui a eu l’ambition de contrôler des parties de la Zomie, que ce soit l’administration et ses fonctionnaires Han du Yunnan et du Guizhou, la cour royale thaïe d’Ayutthaya, la cour birmane d’Ava, les chefs Shan (Sawbwa), l’État colonial britannique et les gouvernements nationaux indépendants, ont toujours cherché et ont aussi toujours échoué à créer des chefferies avec lesquelles ils pourraient traiter pour gérer…”

“L’inaccessibilité et la dispersion sont les ennemies de l’appropriation ; et pour une armée en marche comme pour un état, l’appropriation est la clef de la survie… Le premier principe de l’évasion est la géo-location.”

“Choisir de pratiquer l’agriculture de collines et de plateaux, c’est choisir une vie socio-politique hors du cadre de l’État.”

~ James C. Scott, “L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est”, 2009 ~

“Un point important à souligner est qu’une paysannerie, en assumant qu’elle ait largement de quoi subvenir à ses besoins essentiels, ne va pas automatiquement produire un surplus que des élites pourraient s’approprier, mais elle devra être forcée de le faire…”

“La mobilité physique et la dispersion sont les cauchemars du collecteur d’impôts…”

~ James C. Scott, “Against the Grain, a Deep History of the Earliest States”, 2017 ~

 Point de vue et analyse très intéressants que nous partageons

~ Résistance 71 ~

[NdJBL ► À propos de Zomiahttps://www.contretemps.eu/a-propos-de-zomia-ou-lart-de-ne-pas-etre-gouverne-de-james-c-scott/]

N’être pas gouvernés

 Roméo Bondon | 29 mai 2018

Source : https://www.revue-ballast.fr/netre-pas-gouvernes/

Des communautés d’une vaste région du sud-est asiatique rejettent obstinément leur intégration aux État-nations. Cette zone, c’est la « Zomia » — « Zo » signifie « retiré » et « Mi » le « peuple ». 100 millions de personnes y vivent, loin des gouvernements des plaines, sur une superficie correspondant à environ 55 % de l’Union européenne. L’auteur, fort d’une lecture du libertaire James C. Scott, nous invite à considérer la ZAD nantaise comme une formulation possible, à bien moindre échelle, de cette expérimentation non-étatique.

L’attention des anthropologues s’est bien souvent restreinte au « sauvage », à l’ailleurs, cette altérité en apparence si franche qu’elle semble parfaitement objectivable. La géographie, elle, bien qu’elle ait des racines libertaires certaines1, s’est aussi largement constituée comme science coloniale et étatique2. Peu nombreuses sont les recherches portant sur les « autres » d’ici, souvent présentés, du reste, comme d’archaïques ruraux déjà dépassés par l’avancée de l’Histoire3. Peu nombreuses aussi sont les études géographiques s’arrachant du cadre des États-nations4. Et si l’étrange, dont la différence fait aussi l’intérêt, n’était pas nécessairement lointain dans le temps et l’espace, ni aussi marginal qu’on pourrait le penser ? Et si l’Histoire s’était faite en majeure partie à l’écart de l’État, ou en tout cas contre ses premières formes (États rizicoles en Asie, proto-États dans l’Europe médiévale, jusqu’à leur consolidation progressive à l’époque moderne5) ? L’expérience en cours dans le bocage nantais, à « la ZAD », peut s’inscrire dans ce que le politologue James C. Scott a défini comme des « Zomia Studies », domaine de recherche ouvert avec son ouvrage Zomia, au sous-titre éloquent en ce contexte de lutte(s) : « ou l’art de ne pas être gouverné ».

La ZAD une Zomia à l’échelle locale ?

« La Zomia est la dernière région du monde dont les peuples n’ont pas été intégrés à des États-nations6 ». Zone de deux millions et demi de kilomètres carrés en Asie du Sud-Est, la Zomia est avant tout une construction géographique dont les caractéristiques politiques et culturelles s’opposent fondamentalement à tout type d’État — en l’occurrence celui fondé sur la riziculture sédentaire autour des collines et montagnes de cette partie de l’Asie. « Zone refuge » formée de multiples « zones de morcellement7 », la Zomia n’obéit pas à des frontières fixes ; plus précisément, elle s’inscrit contre ces dernières, les fuyant à mesure qu’elles se sont étendues. Bien que la ZAD (Zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes se soit inscrite dans la délimitation stricte d’une ZAD (Zone d’aménagement différé) créée dans les années 1970, c’est sa pluralité d’identités, fédérées contre un projet et le monde qui le porte, qui la caractérise. Si l’on remplace dans le texte de James C. Scott le terme de « colline », propre à son terrain d’étude, par celui de « bocage », la ZAD apparaît comme un lieu exemplaire illustrant ce qu’est une Zomia. « Les collines ne sont pas seulement un espace de résistance politique : elles sont une zone de refus culturel8 ». C’est justement cet ajout que ne veulent pas voir les pourfendeurs de la ZAD, et qui les empêche d’en comprendre la portée.

Certes, le combat politique le plus visible a été gagné avec l’abandon du projet d’aéroport. Mais la lutte s’est toujours inscrite aussi contre une normalisation des comportements, dans la revendication d’une altérité qui se décline politiquement — des naturalistes en lutte aux autonomes, en passant par des paysans reconvertis — aussi bien que dans les pratiques — une agriculture à la marge des impératifs productivistes imposés par les subventions, des projets s’ancrant sur un territoire réduit mais en interdépendance avec celui-ci (là où la mondialisation implique une déterritorialisation des produits). Dans la région d’Asie qui occupe l’auteur, « “Habitants des forêts” ou “personnes des collines” est synonyme de non-civilisé9 » : n’est-ce pas comme tel que sont traités les opposants, traqués par une troupe de CRS détruisant toute habitation considérée comme précaire sur son passage ? Pour James C. Scott, « plus vous laissez de traces, plus grande est votre place dans l’histoire10 » : les archives sont matérielles ; l’Histoire qui en résulte est nécessairement partielle. De même qu’il ne reste plus rien du centre universitaire de Vincennes aujourd’hui, si ce n’est une clairière11, les autorités souhaitent que la lutte, victorieuse une fois, ne le soit pas de manière pérenne à travers une installation permanente. Les constructions collectives sont détruites pour cette même raison : elles symbolisent ce dont l’État ne veut pas, à savoir la mutualisation, la mise en commun, à rebours d’une jeune tradition propriétaire qui se veut originelle12. Le refus par l’État de tout projet collectif va dans ce sens ; la destruction d’un lieu au nom aussi symbolique que « La Ferme des Cent Noms » également. Car « même les structures sociales et les types d’habitats dans les collines pourraient être utilement envisagées comme des choix politiques13 ». L’utilisation de matériaux de récupération et légers sur la ZAD, comme dans les arbres à Bure ou à l’Amassada à deux pas des Causses, est une décision dictée par la nécessité de construire vite, mais est surtout la traduction d’une volonté de montrer qu’autre chose est possible : des chantiers collectifs pour des cabanes, des hangars, un phare, des habitations aussi diverses qu’il y a d’habitants, comme autant de pieds de nez à l’imposition de chantier décrétés « d’utilité publique ».

Se fédérer contre, se diviser pour

Sur la ZAD peut-être plus que sur les autres sites en lutte, la diversité dans les profils d’habitants est la règle. Cette multiplicité s’est unie contre un projet, alors même que les installations sont diverses et les raisons de continuer la lutte aussi. Là où le cauteleux Nicolas Hulot a appelé à « ne pas confondre écologie et anarchie », les habitants de la ZAD prouvent que les deux sont indissociables dans leur combat. Une fois de plus, l’anarchie souffre de son image défigurée par ceux qui ont le pouvoir de le faire depuis plus d’un siècle. Qui mieux que le géographe libertaire Élisée Reclus pour rappeler que l’attention au milieu comme à la terre et l’anarchie s’associent bien plus qu’ils ne s’opposent ? Lui qui déplore les conséquences de l’industrialisation de son époque sur les cours d’eau dans son Histoire d’un ruisseau (1869) a également œuvré toute sa vie pour la réalisation de ses principes : « Notre destinée, c’est d’arriver à cet état de perfection idéale où les nations n’auront plus besoin d’être sous la tutelle ou d’un gouvernement ou d’une autre nation ; c’est l’absence de gouvernement, c’est l’anarchie, la plus haute expression de l’ordre14. » Les occupants de la ZAD l’avaient depuis le début annoncé : ils luttaient « contre l’aéroport et son monde » — Hulot n’a retenu que le premier de ces combats. L’aéroport étant abandonné, place au monde qui l’a porté : « Nous savons tous que ce que nous aurons à arracher demain sera le maintien de l’usage commun d’un territoire insoumis et ouvert, qui en inspire d’autres. Et que pour ce faire, nous devons construire des formes inédites15. »

Même si ce sont les barricades qui sont les plus visibles, la lutte est avant tout idéologique ; elle dessine un nouveau front entre les tenants de la propriété, l’État, et ceux qui souhaitent bâtir une vie hors d’un cadre uniformisé, dans un ensemble de projets collectifs. James C. Scott oppose une « agriculture d’évasion », qu’il perçoit comme faisant partie de « formes de culture destinées à se soustraire à l’appropriation étatique16 », à une agriculture sédentaire, pratiquée dans les plaines asiatiques et promue par les États pour fixer les populations. Les propositions d’installation sur la ZAD se veulent à la marge des cadres réglementaires habituellement mobilisés mais n’excluent pas d’être intégrées à un territoire dépassant la zone. Le grand écart avec l’État se situe dans la manière dont ces installations souhaitent durer. La « Ferme des Cent Noms » en est l’exemple le plus frappant : ce sont des projets collectifs qui étaient jusqu’à peu proposés, sans titre de propriété individuel. Le collectif des Cent Noms regroupait une vingtaine de personnes travaillant aux alentours de la ferme éponyme ; les chantiers collectifs, comme ceux menés au Très Petit Jardin en dépit des nuages de lacrymo, participent à la réalisation par tous d’un projet qui ne s’arrête pas à une personne. Étendre cette communalisation serait rendre les occupants invisibles pour les instances de régularisation agricoles (MSA et chambres d’agriculture) ; c’est cela même qui gêne tant l’État. « Les dirigeants étatiques considèrent comme presque impossible d’instaurer une souveraineté effective sur une population constamment en mouvement, qui n’a pas de forme permanente d’organisation, qui ne se sédentarise pas, dont le gouvernement est éphémère, dont les formes de subsistance sont flexibles et peuvent changer17 ».

L’impossible souveraineté, et dès lors l’improbable autorité étatique sur ces projets, implique un emploi de la force pour les détruire. La seule alternative proposée passe par la propriété individuelle. À cela, les habitants de la ZAD pourraient opposer l’histoire coloniale de l’État français et ceux qui lui ont résisté. C’est cette même altérité qui a été combattue dans une Algérie colonisée par la loi Warnier (1873), interdisant toute indivision des terres et permettant l’accaparement de plus de terres encore par les colons. S’appuyant sur d’autres exemples historiques, situés pour leur part en forêt, Jean-Baptiste Vidalou a rappelé la connivence entre la colonisation et l’aménagement du territoire, la colonisation et l’action violente de l’État, là où ce dernier peine à se faire « respecter »18. La propriété en indivision décrétée par les opposants au transformateur électrique de Saint-Victor-et-Melvieu, village où s’est bâti l’Amassada, est une manière de lutter contre une confrontation par trop déséquilibrée entre un propriétaire et l’État. Celui-ci trouve face à lui une pluralité d’habitants, qu’il ne sait dès lors comment traiter autrement que par la force.

Se diviser contre, se fédérer pour

On pourrait appliquer à chaque territoire en lutte ce que l’anthropologue Pierre Clastres relevait de ses observations chez les Guarani et dans ses lectures ethnographiques : une Zomia, la ZAD ou le Chiapas, ces espaces se définissent comme un « tout fini » parce qu’ils sont « un Nous indivisé ». Pour Clastres, « la communauté primitive peut se poser comme totalité parce qu’elle s’institue comme unité19 ». En dépit d’un essentialisme problématique chez l’auteur, on peut néanmoins souligner que ce même processus est visible à Notre-Dame-des-Landes et sur nombre de territoires en lutte : un combat fédère et englobe dès lors, sous un seul nom, une multitude de choix. Ce « Nous indivisé » que forment les « zadistes » peut également s’atomiser pour contraindre au mieux l’avancée des forces de l’ordre, en utilisant leur terrain. Cette connaissance de l’espace, les habitants de la ZAD la partagent avec les Ariégeois lors de la guerre des Demoiselles au XIXe siècle ou les Cévenols au XVIIe lors de la guerre des Camisards, chacun des deux territoires s’étant opposé à l’avancée de la puissance étatique. Comme le rappelle Jean-Baptiste Vidalou, la pratique quotidienne de la forêt était un atout dans la dispersion des habitants ou le regroupement opportun. Au sein de la ZAD, s’il y a division, c’est avec bienveillance — du moins, tant que faire se peut —, entre les différents choix de vie expérimentés : « Il y avait dans l’air comme un esprit joyeux de jacquerie et de partage : “On se côtoyait aussi bien autour d’un repas que derrière une barricade”. Gilles s’anime : “Au cours de ces moments intenses, les étiquettes disparaissent”, les identités deviennent poreuses, “de l’anarcho-communisme au paysan, du punk au naturaliste, on ne sait plus qui est qui”20. »

S’il y a division, c’est aussi sous la contrainte, comme outil stratégique pour éviter de s’enfoncer dans un conflit sans fin — c’est la « stratégie d’autodéfense administrative », soit l’acceptation, par une délégation, de proposer des projets d’installation individuels va dans ce sens. Mais il ne fait aucun doute que ces derniers n’auront d’individuel que le nom : le nom de celui ou celle qui subira les obligations imposées par l’UE et l’État à toute exploitation agricole. La multifonctionnalité des paysans, réclamée par l’OCDE dès les années 1990 et décrétée dans les années 2000 avec la réforme de la PAC, est pourtant au principe de ce qu’est la paysannerie. L’impératif « post-productif » lancé aux campagnes aujourd’hui croit être novateur en mêlant travail sur la terre et préservation du paysage : c’était pourtant un processus à l’œuvre bien avant que l’agriculture industrielle ne s’immisce au cœur des pratiques paysannes. Seulement, alors que l’accroissement normatif est avant tout dirigé vers les monocultures céréalières, chacun y est sujet comme s’il était aussi néfaste sur le plan environnemental — et les projets portés à Notre-Dame-des-Landes n’y feront peut-être pas exception. Bien que l’étude soit datée, les affirmations du sociologue rural Henri Mendras prophétisant La Fin des paysans (1967) peuvent encore être lues avec profit : « c’est le passage de la logique paysanne à la rationalité économique dans la gestion des exploitations qui résume et symbolise le conflit de civilisation et la transformation du paysan en producteur agricole21 ». C’est aujourd’hui le mouvement inverse qui effraie l’État et déclenche sa logique répressive.

L’indivision est un principe fondamental de ces luttes, laissant à la diversité des projets la possibilité de s’étendre sans entrave. Mais la fédération de chacun autour d’un combat ne s’opère pas seulement contre un monde ou une agression ; elle se construit également pour un avenir commun. Des expérimentations similaires se retrouvent sur chacun des territoires en lutte ou en passe de l’être : des projets agricoles ayant à cœur de revenir à l’autonomie paysanne, des lieux de vie communs où échanger et partager comme à l’Amassada de Saint-Victor-et-Melvieu, des bibliothèques comme celle du Taslu à la ZAD, communes elles-aussi… L’importance des moyens mis en œuvre pour déloger les habitants de la ZAD indique la crainte de l’État de voir son autorité remise en cause. Mais, peut-être plus encore, c’est de voir émerger un contre-pouvoir qui, au lieu de combattre frontalement, ne souhaite que rester à l’écart et prouver que ce qu’il fait est possible, qui effraie. Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes prouve que se poser à la marge n’est pas une attitude si absurde que ça ; que c’est plutôt encourager l’inacceptable — de l’agriculture industrielle à la financiarisation de la culture, de la précarisation des travailleurs au délaissement des plus démunis — qui est inimaginable.

1.↑Elisée Reclus et Pierre Kropotkine ont tous deux appliqué leur raisonnement géographique à leur anarchisme, et inversement. Le premier a écrit une Nouvelle Géographie Universelle (1876-1894) aussi bien que L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique (1902) ; le second appuie sa théorisation de l’entraide sur les observations qu’il a pu mener en Sibérie.
2.L’Institut Géographique National (IGN) est issu du Service Géographique de l’Armée (SGA) ; les colonies françaises ont servi de terrain à de nombreux géographes, constituant un courant à part entière — la géographie coloniale — dont la géographie tropicale puis du développement sont issues.
3.↑Voir Yvonne Verdier, Façons de dire, façons de faire, Gallimard, 1979.
4.↑Le géographe libertaire canadien Simon Springer revient sur cette connivence dans son ouvrage Pour une géographie anarchiste (2018) : les géographes ont d’abord été mobilisés dans des contextes belliqueux — Emmanuel De Martone a par exemple été convoqué pour la modification des frontières européennes suite à la Première Guerre mondiale — puis pour l’aménagement du territoire. Par ailleurs, si le marxisme, à la suite de David Harvey, est bien représenté dans la discipline, l’anarchisme était jusqu’à peu quasiment inexistant.
5.↑Voir Philippe Contamine (dir.), Guerre et concurrence entre les États européens du XIVe au XVIIIe siècle, PUF, 1998.
6.↑James C. Scott, Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, Seuil, 2013, p. 9.
7.Ibid., p. 29.
8.Ibid., p. 44.
9.Ibid., p. 54.
10.Ibid., p. 61.
11.↑Voir Virginie Linhart, Vincenne, l’université perdue, coproduction Arte France, Agat films & Cie, 2016.
12.↑Le droit de propriété est défini comme droit naturel et imprescriptible dans l’article deux de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen ; la Loi du partage du 5 juin 1793 réduit la possibilité d’user de biens communaux. Tout comme le mouvement des enclosures en Angleterre, l’avènement de la propriété privée comme droit est historique, datable donc, et non naturel.
13.↑James C. Scott, op. cit., p. 59.
14.↑Elisée Reclus, L’Anarchie (1894), dans Écrits sociaux, Héros-Limite, 2012.
15.↑Collectif Mauvaise Troupe, Saisons – nouvelles de la zad, éditions de l’Éclat, 2017.
16.↑James C. Scott, op.cit., p. 47.
17.Ibid., p. 67.
18.↑Voir Jean-Baptiste Vidalou, Être forêts, habiter des territoires en lutte, La Découverte, 2017.
19.↑Pierre Clastres, Archéologie de la violence, la guerre dans les sociétés primitives, éditions de l’Aube, 2013, p. 43.
20.↑Gaspard d’Allens et Lucile Leclair, Les Néo-paysans, Seuil / Reporterre, 2016, p. 62.
21.↑Henri Mendras, La Fin des paysans, Acte Sud, 1992, p. 24.

Ce texte en format PDF à imprimer proposé par La Revue Ballasthttps://www.revue-ballast.fr/netre-pas-gouvernes/?pdf=35301

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La preuve par ZOMIA que nous pouvons refuser d’être gouvernés et donc ;

IGNORER l’État et ses Institutions obsolètes et coercitives ► Créer les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchir et agir en une praxis commune ► Adapter le sublime de l’ANCIEN au NEUF, càd à la réalité du monde d’aujourd’hui ► Changer de paradigme…

Pour qu’en partant, nous ne laissions pas l’ÉTAT du Monde comme nous l’avons trouvés en arrivant !

Et pour nous y aider, des lectures complémentaires en format PDF, il y en a 60 à ce jour dans cette page spéciale de mon blog ► LES PDF DE JBL1960 et en lecture, téléchargement et/ou impression totalement gratuit ! Et si vous le voulez à partager et à diffuser tant qu’on peut et comme on veut !

JBL1960

 

 

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La 66ème réunion du Groupe Bilderberg ouvre demain 7 juin 2018 à Turin en Italie

Le 07/06/2018 en numérologie donne le chiffre 6… 666 donc !

Mais vous le savez, les chiffres on leur fait dire ce qu’on veut !

Voici les faits plutôt !

Source ► http://www.fawkes-news.com/ VIA http://www.bilderbergmeetings.org/ publié par Voltigeur sur Les Moutons Enragés ;

Liste des participants français :

COMITÉ DE DIRECTION DU PRÉSIDENT
Castries, Henri de (FRA), Président de l’Institut Montaigne ; Ancien président et chef de la direction, AXA [NdJBL ► AXA financeur de la colonisation, entre autres !]

PARTICIPANTS : Pour la France :

  • Castries, Henri de (FRA), Président de l’Institut Montaigne; Ancien président et chef de la direction, AXA
  • Azoulay, Audrey, proche du Parti Socialiste, ancienne ministre de la Culture de François Hollande*
  • Barbizet, Patricia (FRA), Présidente, Temaris & Associés
  • Blanquer, Jean-Michel (FRA), ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie communautaire
  • Bouverot, Anne (FRA), membre du conseil d’administration; Ancien PDG, Morpho
  • Cazeneuve, Bernard (FRA), associé, August Debouzy; Ancien Premier ministre
  • Émié, Bernard (FRA), directeur de la DGSE
  • Patino, Bruno (FRA), Directeur des contenus, Arte France TV
  • Pouyanné, Patrick (FRA), Président et CEO de Total SA

*Merci à BA pour avoir rectifié cet oubli !

Dernière Mise À Jour à 13 H30 MN

Les principaux sujets de discussion de cette année comprennent :

1. Populisme en Europe
2. Le défi de l’inégalité
3. L’avenir du travail
4. L’intelligence artificielle
5. Les États-Unis avant mi-parcours
6. Libre échange
7. Leadership mondial américain
8. Russie
9. L’informatique quantique
10. Arabie saoudite et Iran
11. Le monde « post-vérité »
12. Événements actuels

◄|►

Et merci à MoTruckin qui donne, sous l’article, le pedigree des gonzes et des gonzesses qui participent à cette réunion qui est une invention pure des Théoricien-ne-s du Complot, cette réunion n’existe pas, d’ailleurs Jean-François Kahn ne la connait même pas… Y sait même pas ce que c’est ; BilderQuoi ?

  • Henri de Castries : l’Institut Montaigne est un Think tank (groupe de réflexion).
    Bien lire la phrase d’introduction pour comprendre à quels niveaux la France est en destruction programmée. http://www.institutmontaigne.org/qui-sommes-nous
  • Azoulay Audrey, proche du Parti Socialiste, ancienne ministre de la Culture de François Hollande : Mais surtout depuis le Vendredi 13 octobre 2017 : Directrice Générale de l’Unesco : Partie avec du retard, Audrey Azoulay a donc gagné la course à l’Unesco. La voilà propulsée à la direction générale de l’agence onusienne pour les quatre prochaines années, après avoir distancé d’un rien (30 voix contre 28) le candidat qatari, Hamad ben Abdulaziz al-Kawari. Source Libération du 13/10/2017
  • Patricia Barbizet : quid de ce personnage ?
    Ce qu’il faut retenir, c’est qu’elle est considérée comme l’une « des femmes d’affaires les plus influentes du monde » et que depuis le 1er janvier 2017, elle est la présidente du club Le Siècle et Young Leader (1994). https://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Barbizet
    Quant à sa société Temaris Et Associés : https://www.horaire24.com/societe/835283508
    (o salarié et 10000 euros de capital ?)
  • Jean-Michel Blanquer : Il est clair que là, la jeunesse est dans leur ligne mire.
    Avec comme modus operandi, l’Éducation nationale (ou la ré-éducation de la pensée de la maternelle au bac, voire après pour ceux qui font des études supérieures). [NdJBL ► Oui, tout à fait, d’ailleurs pour le comprendre, revoir la liste des participants de l’an dernier ► Bilderberger 2017]
  • Anne Bouverot : Sa société Morpho (Safran) est leader mondial dans les solutions de sécurité et d’identité dans le domaine du numérique. On ne peut pas être plus clair, Internet est dans le viseur ! https://www.morpho.com/fr/media/anne-bouverot-morpho-compte-monter-en-puissance-dans-le-domaine-de-lidentite-numerique-20151203
  • Bernard Cazeneuve : tout le monde le connait et l’a vu à l’œuvre …
  • August Debouzy : cabinet d’avocats.
    Leurs domaines de compétences est vaste. Ici, c’est de législation dont il est question (et donc de Justice). https://www.august-debouzy.com/fr/savoir-faire/choix
  • Bernard Émié : Fiche Wikia ► Directeur de la DGSE (tout un programme !)
  • Bruno Patino : Là, on aborde les me(r)dias !
    À mettre en relation avec les propos récents de Nyssen sur les chaines publiques.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Patino
  • Patrick Pouyanné :
    Ici, il est question de l’or noir et des conséquences géo-politiques qui en découlent.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Pouyann%C3%A9Bien vu ► Les 4 cavaliers de l’Apocalypse arrivent au triple galop…

Et une nouveauté qui n’est nullement une surprise ;

Côté nouveauté, le Bilderberg a invité le secrétaire d’État du Vatican Pietro Parolin (une première à ma connaisance).  Source Fawkes News ► http://www.fawkes-news.com/2018/06/en-pleine-percee-deuroscepticisme-la.html

Car sur ce blog, on sait que le PLAN c’est ;

1 seule Église Mondiale + 1 seul Gouvernement Mondial !

Et que la Mise en Échec du N.O.M. ne peut se faire que par l’union des  peuples de tous les continents qui, dans le processus même de la révolution sociale planétaire, éradiqueront la malfaisance régnante ► Le Vatican, la City de Londres et Washington D.C. !…

Car nous ne pouvons plus douter de l’objectif des zélites mondiales puisque notre Zident Zupiter, pucé directement par Rothschild et véritable cheval de Troie américain a été placé à l’Élysée pour réactiver et achever le Plan ► Les preuves que Trump est bien l’une des marionnettes de la City de Londres…

Il n’y a pas de hasard…

Raison de plus, s’il en était encore besoin, pour nous mutualiser et organiser la société des sociétés, celle des associations libres et volontaires ;

UNION + RÉFLEXION + ORGANISATION = ACTIONS COLLECTIVES HORS INSTITUTIONS

Ignorons le Système ► Ignorons l’État et ses institutions ► Créons les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchissons et agissons en une praxis commune ► Adaptons le sublime de l’ANCIEN au NEUF, càd à la réalité du monde d’aujourd’hui ► Changeons de paradigme

Faisons de 2018 l’Année Zéro d’une prise de conscience politique collective pour une société des sociétés, celle des associations libres et volontaires, n’œuvrant que pour le bien commun au sein de communes autonomes qui se fédèrent.

JBL1960

L’illustration est empruntée à Nouvel Ordre Mondial

En partant, merci de ne surtout pas laisser l’État du Monde, comme vous l’avez trouvé, en arrivant !

Surtout pas !

Message (posthume) aux pessimistes

Propos d’Howard Zinn en 2007 | Source ► http://www.howardzinn.org/a-marvelous-victory/ Traduit de l’anglais par Résistance71

Une merveilleuse victoire

Dans ce monde de guerre et d’injustice, comment une personne peut-elle demeurer socialement engagée, motivée à la lutte et demeurer saine sans s’épuiser mentalement ni devenir résignée ou cynique ? j’ai totale confiance non pas dans ce que le monde va s’améliorer, mais dans ce que nous ne devons pas abandonner la partie avant que toutes les cartes n’aient été jouées. La métaphore est délibérée: la vie est un pari. Ne pas jouer est se condamner à ne jamais gagner. Jouer, agir, est de créer au moins une possibilité de changer le monde.

Il y a une tendance à penser que ce que nous voyons en ce moment va persister. Nous oublions à quel point nous avons souvent été étonnés par l’effondrement soudain des institutions. Par le changement extraordinaire de la pensée des gens, par l’éruption inattendue de la rébellion contre les tyrannies, par l’effondrement rapide des systèmes de pouvoir qui semblent pourtant invincibles.

Ce qui ressort de l’histoire des quelques derniers siècles, c’est son imprévisibilité flagrante. Une révolution pour renverser le tsar de Russie dans le plus limaçon des empires semi-féodaux non seulement a déclenché des puissances impérialistes avancées, mais prît Lénine lui-même par surprise et il dût se hâter vers Petrograd en train. Qui aurait prédit le changement bizarre lors de la seconde guerre mondiale, le pacte germano-soviétique et ces photos embarrassantes de Von Ribbentrop serrant la main de Molotov, puis l’armée allemande envahissant la Russie, apparemment invincible, causant des dégâts colossaux et étant repoussée aux portes de Stalingrad sur la frontière Ouest de Moscou, suivie de la défaite de l’armée allemande, du siège de Berlin et du bunker d’Hitler attendant la mort ? Puis le monde post-seconde guerre mondiale, prenant une forme que personne n’avait prédit par avance: la révolution chinoise, la tumultueuse et violente révolution culturelle, puis un autre renversement, la Chine de l’après Mao renonçant à ses idées ferventes et ses institutions, s’ouvrant à l’occident, câlinant les entreprises capitalistes, troublant tout le monde.

Personne n’a vu la désintégration si rapide du vieil empire occidental après la guerre ou la grande variété de sociétés qui seraient créées dans les nations nouvellement indépendantes, du socialisme villageois de Nyerere en Tanzanie à la folie de l’Ouganda voisin d’Idi Amin. L’Espagne devint aussi un autre étonnement. Je me souviens d’un vétéran de la brigade Abraham Lincoln qui me disait qu’il ne pouvait pas imaginer le fascisme espagnol tomber sans une guerre des plus sanglantes. Mais après le départ de Franco, une monarchie parlementaire s’en vint, ouverte aux socialistes, aux communistes, aux anarchistes, à tout le monde.

La fin de la seconde guerre mondiale laissa deux super puissances dans le monde ayant leur sphère d’influence respective, rivalisant pour le pouvoir militaire et politique. Et pourtant elles furent incapables de contrôler tous les évènements, même dans ces parties du monde considérées comme faisant partie de leur sphère. L’échec de l’URSS en Afghanistan, sa décision de se retirer après près d’une décennie d’une sale intervention militaire, fut la plus forte preuve que détenir des armes thermonucléaires ne garantit nullement la domination sur une population bien déterminée à ne pas céder.

Les États-Unis ont dû faire face à la même réalité dans leur guerre ouverte en Indochine, perpétrant les pires bombardements que cette péninsule n’ait subi de son histoire, que dis-je de l’histoire du monde, et pourtant la puissance américaine fut forcée de se retirer. Nous voyons tous les jours dans les manchettes des journaux des instances d’échec des présumés puissants sur les présumés faibles et sans défense, comme en Bolivie et au Brésil, où des mouvements populaires ouvriers et les pauvres ont élu de nouveaux présidents ayant juré de lutter contre le pouvoir entrepreneurial destructeur…

En contemplant ce catalogue d’énormes surprises, il devient clair que la lutte pour la justice ne doit jamais être abandonnée à cause de l’apparente puissance de ceux qui ont les armes et l’argent et qui semblent invincibles dans leur détermination à s’accrocher au pouvoir. Ce pouvoir apparent a , encore et encore, été prouvé vulnérable aux qualités humaines bien plus chétives que leurs bombes et leurs dollars : la ferveur morale, la détermination, l’unité, l’organisation, le sacrifice, l’intelligence, l’ingénuité, le courage, la patience, que ce soit par les noirs de l’Alabama et d’Afrique du Sud, aux paysans du Salvador, du Nicaragua et du Vietnam ou des ouvriers et des intellectuels de Pologne, de Hongrie et d’URSS. Aucun froid calcul de l’équilibre du pouvoir ne doit empêcher les gens d’agir sachant que leur cause est juste.

J’ai pourtant bien essayé de faire comme mes amis et d’entrer en pessimisme au sujet des affaires du monde (sont-ce juste mes amis ?), mais je passe mon temps à rencontrer des gens, qui en plus de toutes ces choses terribles se produisant partout, me donnent de l’espoir. Où que j’aille, je trouve des gens, spécifiquement des jeunes gens, sur lesquels le futur repose. Et au-delà d’une poignée d’activistes, il semble y avoir des centaines, des milliers et plus qui sont ouverts à des idées non-orthodoxes ; mais ils tendent à ne pas connaître l’existence des uns des autres et donc, bien qu’ils persistent, ils le font avec cette patience désespérée de Sisyphe poussant sans relâche sa pierre au sommet de la montagne. J’essaie de dire à chaque groupe qu’ils ne sont pas seuls et que les mêmes gens qui sont désemparés par l’absence d’un mouvement national sont eux-mêmes la preuve du potentielle d’un tel mouvement.

Le changement révolutionnaire ne vient pas d’un évènement cataclysmique (faites attention à de tels moments !!!), mais par une succession sans fin de surprises, bougeant en zig-zag vers une société plus décente. Nous n’avons pas à nous engager dans de grandes actions héroïques pour participer au processus du changement. De petites actions, lorsqu’elles sont multipliées par des millions de gens, peuvent tranquillement devenir le pouvoir qu’aucun gouvernement ne peut supprimer, un pouvoir qui peut transformer le monde.

Même lorsque nous ne “gagnons” pas, il y a du plaisir et de la satisfaction dans le fait que nous avons été impliqués, avec d’autres gens, dans quelque chose qui vaut la peine. Nous avons besoin d’espoir. Un optimiste n’est pas nécessairement un siffleur insouciant dans les ténèbres de notre époque. Avoir de l’espoir dans les mauvaises périodes n’est pas être stupidement romantique. Cela est basé sur le fait que l’histoire humaine est une histoire non seulement de concurrence et de cruauté mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de bonté.

Ce sur quoi nous choisissons d’insister dans cette histoire complexe déterminera nos vies. Si nous ne voyons que le pire, cela détruit notre capacité à entreprendre. Si nous nous rappelons ces époques et ces endroits, et il y en a tant, où les gens se sont comportés de manière si magnifique, cela énergétise, nous pousse à agir et lève au moins la possibilité de renvoyer ce monde toupie tourner dans une différente direction ; Et si nous agissons, même petitement, nous n’avons pas à attendre pour un quelconque grand futur utopique. Le futur est une infinie succession de présents et vivre maintenant de la manière dont nous pensons que les êtres humains devraient vivre, en défi [au mépris] de tout ce qui est malsain et mauvais autour de nous, est déjà en soi une merveilleuse victoire.

Pour prolonger la réflexion optimiste de l’historien engagé Howard Zinn, en version PDF N° 34 de 63 pages ► Vous ne pouvez pas être neutre dans un train en marche !

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La conclusion démontre si besoin en était encore que la majorité n’est pas à convaincre car la masse des moutons est prête à sacrifier sa liberté pour plus de « protection » – que nous savons totalement illusoire, à l’heure des attentats terroristes complètement manipulés – de l’État. C’est un fait et c’est partout pareil. Alors c’est pathétique, mais c’est la réalité.

La majorité n’est pas à convaincre, car elle suit ! Ce qu’il nous faut faire, c’est organiser la minorité en associations libres œuvrant solidairement et lorsqu’une société organique parallèle fonctionnera, la masse suivra, comme elle suit le système institutionnalisé  aujourd’hui puisque cette masse va toujours dans le sens du meilleur courant comme un banc de poissons…

À charge ensuite, à nous tous, de leur démontrer qu’ils auront eu raison de nous rejoindre et de les convaincre de rester à nos côtés et pour changer, ensemble, l’Histoire de l’Humanité

UNION + RÉFLEXION + ORGANISATION = ACTIONS COLLECTIVES HORS INSTITUTIONS

Ignorons le Système ► Ignorons l’État et ses institutions ► Créons les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchissons et agissons en une praxis commune ► Adaptons le sublime de l’ANCIEN au NEUF, càd à la réalité du monde d’aujourd’hui ► Changeons de paradigme

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Analyse politique : que sont État, Nation et Peuple (Rudolph Rocker)

État, Nation, Peuple

Rudolph Rocker

1937

La vieille opinion qui attribue la création de l’État nationaliste à l’éveil de la conscience nationale du peuple n’est qu’un conte de fées, très utile aux protagonistes de l’idée de l’État national, mais néanmoins faux.

La nation n’est pas la cause, mais le résultat, de l’État. c’est l’État qui crée la Nation, non la Nation qui crée l’État. En vérité, de ce point de vue il existe entre peuple et nation la même distinction qu’entre société et État.

Chaque unité sociale est une formation naturelle qui, sur la base de besoins communs et d’accord mutuel, est construite organiquement de bas en haut pour garantir et protéger l’intérêt général. Même quand les institutions sociales graduellement s’ossifient ou deviennent rudimentaires leur but d’origine peut en la plupart des cas être clairement reconnu. Chaque organisation d’État, cependant, est un mécanisme artificiel imposé d’en haut sur les hommes par quelques gouvernants, et il ne poursuit pas d’autre fin que de défendre et sauvegarder les intérêts des minorités privilégiées dans la société.

Un peuple est le résultat naturel de l’union sociale, une association mutuelle d’hommes poussés par une certaine similitude de conditions extérieures de vie, une langue commune, et des caractères particuliers dus au climat et au milieu géographique. De cette façon apparaissent vivants certains traits communs chez chaque membre de l’union et formant la partie la plus importante de son existence sociale. Ces rapports intimes peuvent aussi être engendrés artificiellement que détruits artificiellement.

La nation, d’autre part, est le résultat artificiel de la lutte pour le pouvoir politique exactement comme le nationalisme n’a jamais été autre chose que la religion de l’État moderne. L’appartenance à une nation n’est jamais déterminée, comme l’est l’appartenance à un peuple, par des causes naturelles, profondes ; elle est toujours sujette à des considérations politiques et fondée sur ces raisons d’État derrière lesquelles les intérêts de minorités privilégiées se cachent toujours. Un petit groupe de diplomates, qui sont simplement les chargés d’affaires de classe ou caste privilégiée, décide tout à fait arbitrairement la qualité nationale de certains groupes d’hommes dont le consentement n’est même pas demandé mais qui doivent se soumettre à cet exercice du pouvoir parce qu’ils ne peuvent agir d’eux-mêmes.

Des peuples et groupes de peuples existaient bien avant que l’État n’apparaisse. Aujourd’hui aussi ils existent et se développent sans l’assistance de l’État. Ils sont seulement gênés dans leur développement naturel lorsque quelque pouvoir extérieur intervient par la violence dans leur vie et lui impose une forme qu’elle ne connaissait pas avant. La nation est soudée à lui pour le meilleur et pour le pire et doit son existence seulement à la présence de celui-ci. En conséquence la nature essentielle de la Nation nous échappera si nous tentons de la séparer de l’État et de la doter d’une vie propre qu’elle n’a jamais possédée.

Un peuple est toujours une communauté avec des limites assez étroites. Mais une nation, en règle générale, enferme toute une série de différents peuples et groupes de peuples qui ont été, par des moyens plus ou moins violents, pressés dans le cadre d’un État commun. En fait, dans toute l’Europe il n’y a pas d’État qui ne consiste pas en un groupe de peuples différents qui étaient à l’origine de différentes descendances et de langue et furent forgés ensemble en nation unique seulement par des intérêts dynastiques, économiques et politiques.

… … … … … … …

Les États nationaux sont des organisations d’églises politiques ; la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif.

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Mon conseil de lecture, sur le blog de R71 : Recette de la grève vraiment efficace du 7 octobre 2010

« Pour les travailleurs, la grève générale est la conséquence logique du système industriel moderne, dont ils sont les victimes et elle leur offre en même temps l’arme la plus forte dans la lutte pour leur libération sociale, pourvu qu’ils reconnaissent leur propre force et apprennent a utiliser cette arme a bon escient. »

— Rudolph Rocker —

Et dans l’esprit de ce texte de Rudolph Rocker, sur mon blog, ce billet ► Le Confédéralisme Démocratique Kurde ; société sans/contre l’État-nation ou Kurdistan

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Soyons créatifs, optimistes et faisons-nous confiance, tout simplement et dans cet ICI et MAINTENANT et d’OÙ NOUS SOMMES ;

Car si nous ne faisons pas cela, tout est perdu !

Construire et non détruire !

Car tout n’est pas à réinventer, ni à réécrire ;

« L’anarcho-communisme est l’organisation de la société sans État et sans relations capitalistes à la propriété. Il ne sera pas nécessaire d’inventer des formes artificielles d’organisation sociale pour établir le communisme anarchiste. La nouvelle société émergera « de la coquille de l’ancienne ». Les éléments de la société future sont déjà plantés dans leur ordre existentiel. Ce sont les syndicats et les communes libres, qui sont des institutions anciennes, profondément ancrées de manière populaire et non-étatiste ; spontanément organisées, incluant les villes et les villages à la fois en zone urbaine et en zone rurale. La commune libre est aussi le parfait outil pour gérer les problèmes socio-économiques dans les communautés anarchistes rurales. Au sein des communes libres, se trouve un espace pour les associations libres d’artisans, de cultivateurs, d’éleveurs et autres groupes voulant demeurer indépendants ou former leur propre association… »

~ Isaac Puente ~

De chacun selon ses forces,

à chacun selon ses besoins !

JBL1960

Lectures complémentaires en versions PDFs (60) ► LESPDFDEJBL1960

Avec une mention spéciale pour les numéros suivants ;

52 ► L’entraide, un facteur de l’évolution, Pierre Kropotine

53 ► Dieu et l’État, Michel Bakounine – 1ère édition française de 1882

56 ► L’Anarchisme africain, histoire d’un mouvement – Par Sam Mbah et I.E. Igariwey

58 ► Écrits Choisis Anarchistes de Sébastien Faure

59 ► Nouvelle version du Discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie, préambule R71 & François Rabelais

Et le Manifeste Politique du Collectif R71, dernière version ► MANIFESTE POUR LA SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS, Mai 2018

Le Bernie veut aller à pied jusqu’en Chine…

Bernard l’Hermite, Bernie donc, De Grande-Bretagne ;

Le Prince des voleurs (de coquille) a toujours eu l’intention de changer de coquille pour une plus grande et comme nous l’avions analysés, avec Résistance 71, dès juillet 2016 ;

Elle est bien en forme de pagode…

Depuis, nous avons pu démontrer, que la City de Londres était bien au cœur de l’Empire (y compris du Milieu) notamment à la page 22 du PDF N° 54 de 34 pages ► Nouvel Ordre Mondial : La Chine adoubée par la City de Londres, par Ariel Noyola Rodríguez – Le 30 octobre 2015 – Source Russia Today en français par Le Saker Francophone et en analyse dans mon blog avec cette question que je posais ; Brexit or not Brexit ?

Dont, voici la réponse ;

Le Bernard l’Hermite, au cours des siècles derniers, a régulièrement changé de coquille pour une plus grande et il est devenu au fil du temps cette Bête fourbe, hideuse que l’on nomme l’Empire anglo-américano-christo-sioniste. Il est évident, qu’il se prépare à changer de coquille pour une plus grande, et c’est à ce moment là qu’il est le plus vulnérable, car il est à poil le Bernie !… Et ce sera le moment (l’ouverture d’une fenêtre d’opportunité) pour nous, les peuples, de le choper, de lui mordre/pincer le cul, afin de l’empêcher d’intégrer une nouvelle coquille en forme de pagode. Puisqu’il est plus que vraisemblable que le transfert de fonds et la spéculation monétaire entre la “couronne” et la Banque Centrale de Chine assistée de ses partenaires nationaux et internationaux, vont déjà bon train, et depuis des lustres !

Cette fenêtre d’opportunité/changement de coquille devra conjuguer deux éléments simultanés ;

  1. Une conjoncture politico-économique propice : le capitalisme et son système arrivant au bout du bout du banc, sans mutation possible et…
  2. Une conscience politique des peuples ne menant pas à l’insurrection, mais au tsunami de la révolution sociale qui emportera tout sur son passage…

Ce qui complique les choses, c’est que dans le même temps, les marionnettistes de l’Empire, glissent d’une réalité à une autre… C’est la métaphore du Bernard l’Hermite, ICI et , car le cœur de l’empire s’apprête à se transférer dans une plus grande « coquille » ; celle offerte par l’embryon de l’empire chinois latent.

Le plus redoutable est à venir car si on les laisse faire, ce sera la fusion, actuellement en cours, de la haute finance impérialiste totalitaire et eugéniste occidentale avec son homologue chinoise, qui elle possède une infrastructure coercitive bien plus dévouée que celle de l’occident à l’heure qu’il est.

Il faut cesser de le nourrir, par la votation déjà , et comprendre que cette fameuse « Route de la soie » ne peut être la solution, notamment en regard de cette note de Résistance71 d’août 2016  :  David Rockefeller envoya son protégé et homme de terrain géopolitique Henry Kissinger dès 1971 en Chine pour préparer la reconnaissance officielle de la RPC par l’administration Nixon. Cet évènement (la visite officielle de Nixon en Chine) vint à point pour entériner ce que l’Empire avait aidé à créer, puisque les États-Unis larguèrent les nationalistes de Chang Kaï Chek (Kuomintang) en rase campagne vers 1946, lui laissèrent Formose (Taïwan) pour refuge et le fric du trafic de drogue dont le Kuomintang était responsable pour l’OSS (prédécesseur de la CIA), les États-Unis soutinrent Mao et la révolution d’État, voyant un plus grand potentiel pour le futur impérialiste. Ceci ne devrait surprendre personne, car étant dans la continuité du financement de la révolution bolchévique en Russie (Lénine et Trotski) par la City de Londres et sa succursale de Wall Street (cf. les recherches de l’historien Antony Sutton).

La réalité, que bon nombre refuse toujours aujourd’hui par dissonance cognitive, est la suivante : les banquiers, les grandes familles de la finance ont toujours financé les régimes dictatoriaux et les dictateurs, des monarques européens au XVIIIe siècle aux pires dictateurs du XXe siècle (Lénine, Trotski, Staline, Mussolini, Hitler, Mao, Pinochet, Videla, Pol Pot, monarchies rétrogrades du Golfe, en passant par l’entité sioniste, nos pseudo-démocraties libérales, dictatures douces, se durcissant à volonté pour faire place au totalitarisme monopoliste étatico-industrio-financier, le véritable fascisme répondant à la définition même émise par Mussolini. (*)

La Chine ne fait que suivre le cursus que lui a imposé la City de Londres depuis les deux guerres de l’opium du XIXe siècle, qui l’ont dévastée. Elle a été érigée en modèle pour l’infrastructure de contrôle des populations à étendre à l’humanité. L’ingénierie sociale élitiste et eugéniste est une fois encore à l’œuvre derrière le “modèle” chinois.

Cela ne veut bien évidemment pas dire que l’ensemble du peuple chinois est derrière ce projet comme l’ensemble du peuple américain n’est pas derrière le projet du Nouvel Ordre Mondial hégémonique ; mais l’ensemble de ces populations est suffisamment distrait, suffisamment endoctriné, pour ne pas vraiment se rendre compte de ce qui se passe et de ne réagir que par “patriotisme” pavlovien..

Espérons pour l’humanité que la Chine, finisse par s’éveiller… Dans le bon sens…

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(*) Voir le PDF N° 44 – et en exclusivité sur ce blog – Analyse de Jimmy Dalledoo à partir du livre du docteur Alberto Rivera, qui avait été prêtre jésuite et évêque de l’Église catholique romaine. Il avait des responsabilités à l’intérieur de l’Église et il avait effectué des recherches intensives sur l’Église catholique romaine. Dans le cadre de ses responsabilités,  il avait été exposé à des situations et informations graves concernant l’Église et qu’il a voulu ensuite dénoncer : atrocités de l’église catholique romaine dénoncés dans son livre « les crimes du Vatican ». Le Dr Alberto Rivera est mort le 20 juin 1997.Les confessions d’Alberto Rivera, version PDF de 23 pages.

Nouvel Ordre Mondial et changement de coquille de l’empire « Bernard » (suite…)

Bien entendu cette info passe à la trappe des merdias de base, mais on touche là le cœur de l’affaire du « changement ce coquille » du Bernard l’Ermite impérialiste : la mort programmé du pétrodollar et le glissement de l’empire vers sa coquille sino-sympathique et compatible… ► Résistance 71

L’usage du yuan dans les relations irano-chinoises renforcera les relations bilatérales

Press TV  | 29 mai 2018 | Source ► http://www.presstv.com/DetailFr/2018/05/29/563295/Iran-Chine-Angela-Merkel-reseau-bancaire-independant-Etats-Unis-Trump

Selon un quotidien taïwanais, « les transactions pétrolières qui se font par la monnaie nationale chinoise aboutiront à l’essor des relations irano-chinoises ».

Le journal taïwanais Taipei Times a indiqué, dans un article publié le mardi 29 mai, que la multiplication des transactions pétrolières irano-chinoises par le yuan renforcerait le marché chinois et donnerait un coup de pouce aux relations entre Pékin et Téhéran.

« On parle récemment de l’internationalisation du yuan et c’est très probablement grâce à la multiplication des transactions pétrolières avec l’Iran que la Chine a actuellement plus de chances de faire de sa devise une monnaie d’échange internationale. Cependant, le gouvernement chinois a précisé que l’internationalisation du yuan constituait un processus qui dépendait de la croissance économique de la Chine », indique le Taipei Times.

Dans la foulée, le quotidien hongkongais The Morning Post a proposé l’inauguration d’un réseau commercial et bancaire indépendant via lequel des pays tels que la Chine pourraient entretenir des relations commerciales avec l’Iran, en réaction à la décision des États-Unis de se retirer de l’accord nucléaire.

Selon The Morning Post, « ce réseau indépendant permet aux pays européens de faire des transactions avec l’Iran en utilisant leurs monnaies nationales et cela sera profitable à toutes les parties ».

The Morning Post a écrit que le Premier ministre chinois avait parlé, lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Pékin, du processus de l’internationalisation du yuan et de son lien avec l’Iran.

Au cours de cette même rencontre, Angela Merkel a déclaré que les sociétés européennes ne pouvaient pas et ne devraient pas quitter le marché iranien.

« La Chine et l’Allemagne partagent la même position face aux États-Unis, qui ont violé l’accord nucléaire, et elles condamnent la décision de Donald Trump », a-t-il indiqué.

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Les Zélites chinoises en mode « prédation » sur ce blog ;

Les peuples autochtones Shuars vs Sté minière chinoise en Équateur ;

Personnes disparues, Fausses enquêtes, et la China Connection ;

Ailleurs ;

Réseau International ; Un gazoduc entre l’Alaska et la Chine est-il réaliste ? [NdJBL : La réponse est dans la question, voir sur ce blog : Résistance au DAPL & Protecteurs de l’eau]

Réseau International : La dé-dollarisation s’accélère : « L’économie africaine veut plus de yuan chinois » ► Aussi, je recommande la lecture du PDF N° 56 de 43 pages L’ANARCHISME AFRICAIN, l’histoire d’un mouvement .

La Croix : Angela Merkel en Chine pour entretenir une relation commerciale privilégiée

Europe 1 : Xi Jinping félicite Poutine et salue une relation sino-russe à son zénith

Car, 10 à 15 % des peuples de la Terre, convaincus, opiniâtres et motivés peuvent changer le cours de l’Histoire de l’Humanité…

Parce qu’avec le Bernie ;

Pile = Y gagnent & Face = On perd !

Aussi la SOLUTION c’est toujours et encore NOUS !

JBL1960

 

L’illustration est de Romain Lardanchet ► Cité Bernard L’Hermite

Andreï Tarkovski, cinéaste, poète de l’image et révélateur de la vie, 60ème…

…Version PDF gratuite !

Et découverte pour moi, bien que connaissant le nom, pour l’avoir lu notamment à l’affiche des « Ciné-Clubs » de mon Collège, puis de mon Lycée et grâce à Résistance 71 qui nous en a proposé une compilation avec À la recherche du Temps scellé et m’a proposée d’en faire un PDF le plus « artistique possible » ; Car pour eux, Tarkovski étant hyper visuel et l’un des plus grands poètes de l’image, le défi était de restituer cela dans un format PDF afin de donner envie aux lecteurs de visionner ses films ;

Andreï Tarkovski, Cinéaste, Poète de l’image et Révélateur de la vie

Version PDF N° 60 de 19 pages

C’est donc le 60ème PDF et comme depuis le tout premier, c’est en lecture, téléchargement et/ou impression gratuits et vous pouvez tous les retrouver dans cette page de mon blog spécialement dédiée ► LES VERSIONS PDF DE JBL1960 pour diffusion et partage, tant qu’on peut encore et comme on veut…

JBL1960

Résistance 71 a crée une page spéciale dans son blog ► Andreï Tarkovski – Cinéma, Poésie et Recherche du Temps scellé

« Tous mes films, d’une façon ou d’une autre, répètent que les Hommes ne sont pas seuls et abandonnés dans un univers vide, mais qu’ils sont reliés par d’innombrables liens au passé et à l’avenir, et que chaque individu noue par son destin un lien avec le destin humain en général. Cet espoir que chaque vie et que chaque acte ait un sens, augmente de façon incalculable la responsabilité de l’individu à l’égard du cours général de la vie. Dans un monde où la menace d’une guerre capable d’anéantir l’humanité est réelle, où les fléaux sociaux nous frappent par leur ampleur, où les souffrances humaines sont si hurlantes, la voie doit nécessairement être trouvée qui mènera les Hommes les uns vers les autres. Tel est en sorte le devoir sacré de l’humanité devant son propre avenir, tel est aussi le devoir de chaque individu. » (Andreï Tarkovski)

Et rappelle la lecture connexe à cette dernière citation de leur Manifeste Politique ;

Manifeste pour la Société des sociétés, dans sa dernière version que j’ai annotée à leur demande.

Jo Busta Lally