Pour une Société des sociétés : celle des associations libres et volontaires ;

N’œuvrant que pour le bien commun au sein de communes autonomes qui se fédèrent.

Il nous faut créer une société parallèle, celle des associations libres fédérées, boycotter le système et institutions de manière exponentielle au nombre de gens rejoignant les associations libres… À un moment donné, la désobéissance civile, donc la confrontation avec l’État sera inévitable, mais si les gens, nous, la minorité, faisons tourner la société déjà localement en ignorant l’État et le système politico-économique qui nous sont imposés, l’obsolescence de ces entités ne fera que croitre et elles tomberont quasiment d’elles-mêmes ou avec un petit coup d’épaule « non-violent ».

C’est avant tout une question d’état d’esprit individuel d’abord, puis collectif ensuite, se confédérant par la solidarité car il faut cesser de nous laisser dicter nos « différences » par l’oligarchie qui perd totalement les pédales et surtout il faut cesser de la laisser organiser notre division.

La première des priorité est de comprendre que collectivement, il y a bien plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. La division est induite, fabriquée et donc certainement pas inéluctable, et comme nous avons pu le lire car il y a de grandes leçons à tirer du passé et des enseignements à tirer de nos sociétés ancestrales européennes et d’ailleurs.

Et il sera question de supprimer le pouvoir, car c’est notre affaire à tous, comme d’abolir la propriété privée sachant qu’il y a une différence entre « possession » et « propriété privée » et que l’Humanité a vécu des millénaire sans propriété privée, toutes les sociétés traditionnelles au travers des continents ont toujours fonctionné sur le mode de propriété collective communale.

Il n’y a pas de solutions au sein de ce système, il n’y en a jamais eu et il n’y en aura jamais aussi plutôt que d’attendre pour voir, n’attendons rien !

La majorité n’étant pas à convaincre, la solution à 10 voire 15% de la population mondiale existe aussi organisons la résistance dans le réel et surtout pas sur FB !

UNION + RÉFLEXION + ORGANISATION = ACTIONS COLLECTIVES HORS INSTITUTIONS

Ignorons le Système ► Ignorons l’État et ses institutions ► Créons les bases solidaires de la Société des sociétés organique ► Réfléchissons et agissons en une praxis commune ► Adaptons le sublime de l’ANCIEN au NEUF, càd à la réalité du monde d’aujourd’hui ► Changeons de paradigme

Faisons de 2018 l’Année Zéro d’une prise de conscience politique collective…

C’est pourquoi, Résistance 71, m’a demandée d’annoter la page 11 de la version PDF de leur Manifeste PolitiqueManifeste pour la Société des sociétés, publié en octobre 2017 à « propriété privée » qu’il convient donc de « prendre » dans ce manifeste dans son sens lucratif et d’exploiteur et à ne pas confondre avec la possession ; Et j’en ai profité pour compléter l’importante bibliographie (page 63 à 65) avec les derniers PDFs que j’ai réalisés depuis octobre 2017.

Et pour appuyer cette annotation, et bien comprendre que nous devrons nous changer nous-mêmes pour créer cette société des sociétés des associations libres et volontaires et donc avancer en dépossession volontaire, comme je m’en explique aux possédants de la Terre ; C’est à nous de décider que nous voulons être et ne plus avoir, et que nous voulons appartenir à la Terre et non la posséder pour le seul profit d’un tout petit nombre, et toujours dans l’idée du « bien commun » et c’est le texte d’Élisée Reclus « À toi mon frère le paysan » qui nous permet de comprendre qu’il y aura des expropriations mais de ceux qui « profitent de manière très lucrative » et « exploitent » les travailleurs de la Terre ; Elle est là toute la différence entre « propriété privée » et simple « possession »

Résistance politique : Ville-campagne se connecter (Élisée Reclus)

À mon frère le paysan

Élisée Reclus | Texte publié dans “Les Temps Nouveaux”, 1899 | Extraits choisis par JBL et pour lire ce texte en entier ► https://resistance71.wordpress.com/2016/07/28/resistance-politique-ville-campagne-se-connecter/

«Est-il vrai», m’as-tu demandé, «est-il vrai que tes camarades, les ouvriers des villes, pensent à me prendre la terre, cette douce terre que j’aime et qui me donne des épis, bien avarement, il est vrai, mais qui me les donne pourtant ? elle a nourri mon père et le père de mon père ; et mes enfants y trouveront peut-être un peu de pain. Est-il vrai que tu veux me prendre la terre, me chasser de ma cabane et de mon jardinet ? Mon arpent ne sera-t-il plus à moi ?»

Non, mon frère, ce n’est pas vrai. Puisque tu aimes le sol et que tu le cultives, c’est bien à toi qu’appartiennent les moissons. C’est toi qui fais naître le pain, nul n’a le droit d’en manger avant toi, avant ta femme qui s’est associée à ton sort, avant l’enfant qui est né de votre union. Garde tes sillons en toute tranquillité, garde ta bêche et ta charrue pour retourner la terre durcie, garde la semence pour féconder le sol. rien n’est plus sacré que ton labeur, et mille fois maudit celui qui voudrait t’enlever le sol devenu nourricier par tes efforts ! […]

Ainsi nous prendrons la terre, oui, nous la prendrons, mais à ceux qui la détiennent sans la travailler, pour la rendre à ceux auxquels il était interdit d’y toucher. Toutefois, ce n’est point pour qu’ils puissent à leur tour exploiter d’autres malheureux. La mesure de la terre à laquelle l’individu, le groupe familial ou la communauté d’amis ont naturellement droit, est embrassée par leur travail individuel ou collectif. Dès qu’un morceau de terre dépasse l’étendue de ce qu’ils peuvent cultiver, ils n’ont aucune raison naturelle de revendiquer ce lambeau ; l’usage en appartient à d’autres travailleurs. La limite se trace diversement entre les cultures des individus ou des groupes, suivant la mise en état de la production. Ce que tu cultives, mon frère, est à toi, et nous t’aiderons à le garder par tous les moyens en notre pouvoir ; mais ce que tu ne cultives pas est à un compagnon. Fais-lui de la place. Lui aussi saura féconder la terre. […]

Il est certain que si tous les paysans d’un même district avaient compris combien l’union peut accroître la force contre l’oppression, ils n’auraient jamais lissé périr les communautés des temps primitifs, les «groupes d’amis», comme on les appelle en Serbie et autres pays slaves. La propriété collective de ces associations n’est point divisée en d’innombrables enclos par des haies, des murs et des fossés. Les compagnons n’ont point à se disputer pour savoir si un épi poussé à droite ou à gauche du sillon est bien à eux. Pas d’huissier, pas d’avoué, pas de notaire pour régler les intérêts entre les camarades. Après la récolte, avant l’époque du nouveau labour, ils se réunissent pour discuter les affaires communes. […]

Vous êtes donc faibles, vous tous, petits propriétaires, isolés ou associés en communes, vous êtes bien faibles contre tous ceux qui cherchent à vous asservir, accapareurs de terre qui en veulent à votre petit lopin, gouvernants qui cherchent à en prélever tout le produit. Si vous ne savez pas vous unir, non seulement d’individu à individu et de commune à commune, mais aussi de pays à pays, en une grande internationale de travailleurs, vous partagerez bientôt le sort de millions et de millions d’hommes qui sont déjà dépouillés de tous droits aux semailles et à la récolte et qui vivent dans l’esclavage du salariat, trouvant l’ouvrage quand des patrons ont intérêt à leur en donner, toujours obligés de mendier sous mille formes, tantôt demandant humblement d’être embauchés, tantôt même en avançant la main pour implorer une avare pitance. Ceux-ci ont été privés de la terre, et vous pouvez l’être demain. Y a-t-il une si grande différence entre leur sort et le vôtre ? La menace les atteint déjà ; elle vous épargne encore pour un jour ou deux. Unissez-vous tous dans votre malheur ou votre danger. Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu.

Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l’armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l’on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir. [Note de R71 : écrit en 1899 !!!…]

C’est ainsi que dans les solitudes du Grand-Ouest Américain, des compagnies de spéculateurs, en fort bons termes avec le gouvernement, comme le sont tous les riches ou ceux qui ont l’espoir de le devenir, se sont fait concéder des domaines immenses dans les régions fertiles et en font à coups d’hommes et de capitaux des usines à céréales. Tel champ de culture a la superficie d’une province. Ce vaste espace est confié à une sorte de général, instruit, expérimenté, bon agriculteur et bon commerçant, habile dans l’art d’évaluer à sa juste valeur la force de rendement des terrains et des muscles. Notre homme s’installe dans une maison commode au centre de sa terre. Il a dans ses hangars cent charrues, cent machines à semer, cent moissonneuses, vingt batteuses ; une cinquantaine de wagons traînés par des locomotives vont et viennent incessamment sur des lignes de rails entre les gares du champ et le port le plus voisin dont les embarcadères et les navires lui appartiennent aussi. Un réseau de téléphones va de la maison palatiale à toutes les constructions du domaine ; la voix du maître est entendue de partout ; il a l’oreille à tous les bruits, le regard à tous les actes ; rien ne se fait sans ses ordres et loin de la surveillance. […]

Certes, si le bonheur de l’humanité consistait à créer quelques milliardaires thésaurisant au profit de leurs passions et de leurs caprices les produits entassés par tous les travailleurs asservis, cette exploitation scientifique de la terre par une chiourme de galériens serait l’idéal rêvé. Prodigieux sont les résultats financiers de ces entreprises, quand la spéculation ne ruine pas ce que la spéculation crée. Telle quantité de blé obtenue par le travail de cinq cents hommes pourrait en nourrir cinquante mille ; à la dépense faite par un salaire avare correspond un rendement énorme de denrées qu’on expédie par chargement de navires et qui se vendent dix fois la valeur de production.

Il est vrai que si la masse des consommateurs manquant d’ouvrage et de salaire devient trop pauvre, elle ne pourra plus acheter tous ces produits et, condamnée à mourir de faim, elle n’enrichira plus les spéculateurs. Mais ceux-ci ne s’occupent point du lointain avenir : gagner d’abord, marcher sur un chemin pavé d’argent, et l’on verra plus tard ; les enfants se débrouilleront ! «Après nous le déluge !»

Voilà, camarades travailleurs qui aimez le sillon où vous avez vu pour la première fois le mystère de la tigelle de froment perçant la dure motte de terre, voilà quelle destinée l’on vous prépare ! On vous prendra le champ et la récolte, on vous prendra vous-mêmes, on vous attachera à quelque machine de fer, fumante et stridente, et tout enveloppés de la fumée de charbon, vous aurez à balancer vos bras sur un levier dix ou douze mille fois par jour. […]

Évitez cette mort à tout prix, camarades. Gardez jalousement votre terre, vous qui en avez un lopin ; elle est votre vie et celle de la femme, des enfants que vous aimez. Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d’argent ; Oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs.

À cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. Bien plus, faites appel à ceux qui n’ont rien, à ces gens déshérités des villes qu’on vous a peut-être appris à haïr, mais qu’il faut aimer parce qu’ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu’on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d’enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l’on travaillera de concert à vivifier le sol, à l’embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain.

Mais si vous ne faites pas cela, tout est perdu. Vous périrez esclaves et mendiants : Vous avez faim», disait récemment un maire d’Alger à une députation d’humbles sans-travail, «vous avez faim ?… eh bien, mangez-vous les uns les autres !»

Soyons créatifs et faisons-nous confiance, tout simplement et dans cet ICI et MAINTENANT et d’OÙ NOUS SOMMES ;

Car si nous ne faisons pas cela, tout est perdu !

Construire et non détruire !

Car tout n’est pas à réinventer, ni à réécrire ;

« L’anarcho-communisme est l’organisation de la société sans État et sans relations capitalistes à la propriété. Il ne sera pas nécessaire d’inventer des formes artificielles d’organisation sociale pour établir le communisme anarchiste. La nouvelle société émergera « de la coquille de l’ancienne ». Les éléments de la société future sont déjà plantés dans leur ordre existentiel. Ce sont les syndicats et les communes libres, qui sont des institutions anciennes, profondément ancrées de manière populaire et non-étatiste ; spontanément organisées, incluant les villes et les villages à la fois en zone urbaine et en zone rurale. La commune libre est aussi le parfait outil pour gérer les problèmes socio-économiques dans les communautés anarchistes rurales. Au sein des communes libres, se trouve un espace pour les associations libres d’artisans, de cultivateurs, d’éleveurs et autres groupes voulant demeurer indépendants ou former leur propre association… »

~ Isaac Puente ~

De chacun selon ses forces,

à chacun selon ses besoins !

JBL1960

Lectures complémentaires en versions PDFs (57) ► LESPDFDEJBL1960

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8 réflexions sur « Pour une Société des sociétés : celle des associations libres et volontaires ; »

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