Non l’Homme ne descend pas d’un singe tueur par le Pr. Marylène Patou-Mathis

NON, ce n’est pas inscrit dans nos gènes…

NON l’Homme n’a pas toujours fait la guerre !

C’est en lisant cet article sur Réseau International, ce jour ; Les hommes ne veulent pas la guerre … … ou comment l’on crée les guerres par Dieter Sprock Source ► https://www.zeit-fragen.ch/fr/numbers/2017/no-2930-1-december-2017/about-work-economics-power-and-economic-ethics.html mais surtout le premier commentaire (#comment-522293) sous l’article : les guerres sont inscrites dans le patrimoine génétique de l’humanité, qu’est-ce qu’un humain si ce n’est qu’un grand singe différent des autres de la jungle, mais dont il a gardé l’instinct de pillage des autres ‘tribus’ comme ses cousins de la jungle.  Comme ses cousins, il lui faut un chef, un chef avec ses privilèges, et qui donne le coup de sifflet pour la ‘récré’.

Qu’il me parait utile comme nécessaire de rappeler les travaux de recherche de la Paléontologue Marylène Patou-Mathis qui apportent de manière argumentée la contradiction à cette affirmation que l’Homme a toujours fait la guerre ainsi qu’à l’expression « l’homme est un loup pour l’homme » parce qu’il descendrait d’un singe ‘tueur’.

“ […] Ainsi, la « sauvagerie » des préhistoriques ne serait qu’un mythe forgé au cours de la seconde moitié du XIXe siècle pour renforcer le concept de « civilisation » et le discours sur les progrès accomplis depuis les origines. A la vision misérabiliste des « aubes cruelles » succède aujourd’hui — en particulier avec le développement du relativisme culturel — celle, tout aussi mythique, d’un « âge d’or ». La réalité de la vie de nos ancêtres se situe probablement quelque part entre les deux. Comme le montrent les données archéologiques, la compassion et l’entraide, ainsi que la coopération et la solidarité, plus que la compétition et l’agressivité, ont probablement été des facteurs-clés dans la réussite évolutive de notre espèce.” ► Marylène Patou-Mathis CNRS

Comme le précisait Résistance71 en préambule de l’article Déconstruction d’un mythe : Non les Hommes n’ont pas toujours fait la guerre ! [Source Sott.net du 06/07/2015] ; La Professeure/chercheuse Patou-Mathis reconfirme ce que Pierre Kropotkine, considéré par beaucoup aujourd’hui comme le « père » de la socio-biologie, avait démontré dès la fin du XIXe siècle, mais voilà… Cela n’arrange pas du tout les affaires de l’oligarchie pour qui l’invention de la théorie de « l’homme est un loup pour l’homme » justifiait et justifie toujours les pratiques prédatrices et criminelles du petit nombre au pouvoir…

Dans Le Monde diplomatique de juillet 2015 (N°62), un article de Marylène Patou-Mathis intitulé « Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre » a pour but de « déconstruire le mythe d’une préhistoire sauvage et belliqueuse ». C’est un article qui s’inscrit donc, selon moi, directement dans la nébuleuse d’Olivier Maurel, pour qui « la nature humaine est bonne ».

On apprend dans cet article que l’image de l’homme préhistorique violent et assoiffé de guerre n’est qu’une invention tardive… qui remonte au XIXe siècle. Anthropologues et préhistoriens partent du postulat que l’humanité évolue progressivement et unilinéairement pour arriver à cette construction. Au fur et à mesure du temps des fictions ont figé dans nos société une espèce d’archétype de l’homme préhistorique de base : un homme viril vêtu de peau de bête, armé, qui combat des animaux bien plus grands que lui, pour qui les conflits sont omniprésents…etc… Cela me rappelle personnellement mes livres d’histoire (préhistoire…) de l’école primaire. Comme quoi il faut du temps pour construire un mythe et aussi pour le déconstruire.

Au XXe siècle les préhistoriens annoncent que l’homme préhistorique est agressif par nature. Pourtant, dans cet article, solide d’une bibliographie francophone et anglophone abondante, l’auteure tient à démontrer que « Plusieurs études en neurosciences affirment que le comportement violent n’est pas génétiquement déterminé. Même s’il est conditionné par certaines structures cognitives, le milieu familial et le contexte socio-culturel jouent un rôle important dans sa genèse. En outre, de nombreux travaux, tant en sociologie ou en neurosciences qu’en préhistoire, mettent en évidence le fait que l’être humain serait naturellement empathique. C’est l’empathie voire l’altruisme, qui aurait été le catalyseur de l’humanité. »

Lire l’intégralité de l’article ► https://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/PATOU_MATHIS/53204 de Marylène Patou-Mathis

Directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), département préhistoire du Muséum national d’histoire naturelle (Paris).
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Par ailleurs Résistance71 dans : Présentation, extraits et analyse du livre “Préhistoire de la violence et de la guerre” de la paléontologue Marylène Patou-Mathis en 2 parties nous permettait d’affirmer que : Non l’homme n’est pas un loup pour l’homme comme on veut nous le faire croire et cela n’est pas étonnant puisque ça correspond bien à la mise en place du dogme absolu : « l’homme qui n’est pas blanc est inférieur » et pire avec la doctrine chrétienne de la découverte qui prédispose qu’Il fut implicitement compris qu’aucune personne indigène  traditionnelle ou nation ne devaient être autorisées à survivre en dehors de la chrétienté et de sa nation « blanche » permettant d’éliminer en toute quiétude les races dites inférieures ;

  1. Parce que cela serait inscrit dans nos gênes,
  2. Parce que l’Homme aurait toujours fait la guerre.

  La question devient alors celle que se sont posés bien des scientifiques, anthropologues, ethnologues, sociologues, historiens, celle qui fut posée en ces termes par le philosophe anglais Hobbes s’inspirant de Plaute l’ancien “Homo homini lupus” ou “l’Homme est un loup pour l’Homme”.

Patou-Mathis poursuit en la matière :

“Les Hommes doivent, selon Hobbes, fonder un État artificiel sur les bases de la raison : le contrat social qui mène à ‘l’État civil’. Pour certains chercheurs, la violence serait une sorte de cruauté naturelle, bestiale, due à des pulsions agressives et à un manque d’empathie. Inscrite dans les gènes, elle serait présente chez tous les êtres humains, mais aussi chez les animaux en particulier les prédateurs et les chimpanzés.

[…] Dans son livre ‘L’entraide, un facteur de l’évolution” publié en 1902, le prince russe anarchiste Pierre Kropotkine (1842-1921) suggère que parmi les facteurs de l’évolution, la socialisation et l’entraide sont plus importants que la compétition : si chaque individu reçoit une aide du groupe, tout le monde en tire un bénéfice et les chances individuelles de survie s’accroissent. [NdJBLLe Prince de l’Évolution – Petit ouvrage du professeur de biochimie Lee Alan Dugatkin de l’université de Louisville dans le Kentucky publié en 2011, sur la vie et l’œuvre du scientifique et grand penseur anarchiste Pierre Kropotkine. Version PDF N° 12 de 24 pages traduction Résistance71]

[…] Cependant il existe un autre modèle comportemental que celui des chimpanzés [dominance des mâles et agressivité parfois exacerbée], celui des bonobos ; une espèce de primate tout aussi génétiquement proche de la nôtre, voire plus d’après l’étude de leur cerveau. Chez les bonobos, les femelles sont dominantes et l’agressivité est moindre que chez les chimpanzés, car la violence est souvent canalisée, détournée vers l’activité sexuelle. Selon Frans De Waal, l’Homme, mi-bonobo, mi-chimpanzé serait un “animal bipolaire” à la fois pacifique et agressif. Alors comme certains anthropologues l’ont suggéré, l’Homme descendrait-il d’un “singe tueur” ?

Tirée de l’observation des chimpanzés, une hypothèse, plus idéologique que scientifique, soutient que nous descendons de “singes tueurs” et que L’Homo sapiens était un animal brutal qui se serait répandu hors d’Afrique, à travers l’Eurasie en éliminant les autres grands singes bipèdes. Cette hypothèse est proposée par l’anthropologue australien Raymond Dart (1893-1988) et popularisée par l’Américain Robert Ardrey (1908-1980) dans son livre “Les enfants de Caïn”. Chasseur donc prédateur, l’Homme préhistorique aurait été agressif par nature.

[…] Cependant, les études ethnographiques menées chez des peuples chasseurs-cueilleurs, dont celles de Pierre Clastres, montrent que dans la majorité des cas, la mise à mort de l’animal exclut toute agressivité de la part du chasseur. Au contraire, elle socialiserait cette nécessaire violence sur le mode de l’échange cosmologique entre l’Homme et la Nature en particulier dans les sociétés chamaniques et animistes où il y a consubstantialité entre l’Homme et l’animal.

[…] Défendue initialement par quelques anthropologues, très tôt critiqué, l’hypothèse de l’Homme descendu de “singes tueurs” est aujourd’hui abandonnée. Cependant qu’il soit par nature mauvais demeure vrai pour certains chercheurs. […] Pour plusieurs anthropologues, la violence serait intrinsèque à l’humain : phylogénique et ontologique.

La violence est-elle inscrite dans nos gènes ?

Pour fonder la légitimité de la violence, les idéologues du XIXe siècle vont s’appuyer sur la théorie de la “sélection naturelle” de Charles Darwin, publiée en 1859. Dans son “Survie du plus fort et principes de biologie” en 1864 du sociologue anglais Herbert Spencer (1820-1903), la sélection naturelle des espèces devient chez les êtres humains la ‘survie du plus apte’. S’appuyant sur ses écrits, les partisans de ce qui va devenir le “darwinisme social”, soutiennent que la lutte pour la vie est l’état naturel des relations sociales de l’Homme.

Pour lire l’article dans son intégralité sur mon blog ► Faire appel à nos plus bas instincts primaires ?

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Marylène Patou-Mathis, dans son livre « Néanderthal, une autre humanité », indique que les premières traces de feu humain en France par exemple ont été trouvées en Bretagne et date d’il y a plus de 450 000 ans, foyers allumés par des pré-néanderthaliens. Les grottes de Lascaux datent de -25 000 à -29 000 ans.

Les preuves archéologiques des pré-néanderthaliens datant d’entre – 500 000 et – 350 000 ans sont communes et abondantes. Notamment avec la découverte de « l’homme de Tautavel » dans les Pyrénées Orientales.

Les plus anciennes traces archéologiques pré-néanderthaliennes retrouvées en Europe ont été trouvées en Espagne à Gran Dolina dans la Sierra d’Arapuerca sur un site daté d’environ 800 000 ans… Aussi les plus anciens fossiles humains européens ont été découverts à Dmanissi en Géorgie et sont datés de 1,8 millions d’années.

Et si nous sommes encore trop peu, nous n’en sommes pas moins déterminés à démontrer que L’ENTRAIDE est bien un facteur d’évolution, et que l’Homme ne descend pas d’un singe tueur ; qu’il n’a pas toujours fait la guerre et que cela n’est pas inscrit dans ses gênes…

Même, surtout, parce qu’on comprend bien aujourd’hui que La guerre est un business et ce business est très, très lucratif… car sur ce blog, nous avons pu définir par différentes lectures combinées que la guerre est la vraie et la seule nature de l’Empire.

Mais pas des Peuples ! Aussi démontrons que nous sommes capables de remplacer l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand Tout socio-politique organique : La société des sociétés.

JBL1960

Conseils de lectures connexes ;

 

 

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4 réflexions sur « Non l’Homme ne descend pas d’un singe tueur par le Pr. Marylène Patou-Mathis »

  1. Qui a tué Neandertal ?
    Ce soir à la téloche sur France 5, ce documentaire de Thomas Cirotteau. Ce film s’appuie sur une enquête scientifique internationale et sur des images cinématographiques extraites du film AO, le dernier Néandertal de Jacques Malterre, mais surtout avec la collaboration de Marylène Patou-Mathis !

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