Pourquoi le mot de « CONQUÊTE » est-il considéré comme acceptable et pas celui de « DOMINATION » ? Steven Newcomb par R71 + mon grain de sel…

Steven Newcomb poursuit son ferraillage sémantique ;

Après avoir cracké les codes de la domination et de la doctrine chrétienne de la découverte, Steven Newcomb monte encore d’un cran dans l’analyse sémantique, le but, et notre objectif commun étant de faire tomber l’empire anglo-américano-christo-sioniste -sans armes, ni haine ni violence car elles sont à l’œuvre depuis des millénaires, et depuis au moins 1492 avec les invasions et l’oppression coloniales du « nouveau monde », de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie période de l’Âge de la Découverte- pour enclencher un nouveau paradigme, sans dieu ni maitre, nous les peuples occidentaux, émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur Terre.

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Steven Newcomb –  Universitaire, juriste, chercheur et écrivain Shawnee-Lenape – Auteur du livre : « Pagans in the Promised Lands : Decoding the Doctrine of Christian Discovery » et grâce aux larges extraits de traduction de l’anglais au français par Résistance71 en version PDF {N°4} de 45 pages ici ► « Païens en Terre Promise décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte » nous emmène toujours plus loin dans la sémantique, car les mots sont une arme et bien utilisés ils nous permettront CONJOINTEMENT (Natifs ou non) de faire tomber TOUS les empires en retirant notre consentement, d’un coup sec sous les pieds de l’Oligarchie régnante et un chouïa aux abois quand même pour finaliser le Plan qui a toujours été de « Tuer l’Indigène pour sauver l’Homme » Blanc et de surcroit Chrétien et cela fut rendu possible avec la mise en place des Pensionnats pour Indiens dès 1820 et jusqu’en 1980 aux USA, et dès 1840 et jusqu’en 1996 au Canada… [NdJBL : en complément d’info, lire le billet du 07/09/17 Source TICEE ► MÉMORANDUM sur la continuité du génocide au Canada]

Par ailleurs, Steven Newcomb est cofondateur et codirecteur de l’Indigenous Law Institutehttp://ili.nativeweb.org/   Et producteur du film documentaire, The Doctrine of Discovery : Unmasking the Domination Code, dirigé et produit par Sheldon Wolfchild (Dakota) avec une narration de Buffy Sainte-Marie (Cree)

Résistance au colonialisme : Ferraillage sémantique… De la « conquête » à la « domination » (Steven Newcomb)

Pourquoi le mot de “conquête” est-il considéré comme acceptable et pas celui de “domination” ?

Steven Newcomb |31 août 2017 | URL de l’article original en anglais ► https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/conquest-considered-acceptable-domination-not/

Traduit de l’anglais par Résistance71 ► URL de l’article ► https://resistance71.wordpress.com/2017/09/09/resistance-au-colonialisme-ferraillage-semantique-de-la-conquete-a-la-domination-steven-newcomb/

La vaste majorité des leaders natifs et des avocats spécialistes de la loi fédérale indienne sont enclins à considérer le mot “domination” comme étant trop vocal et “imposant” pour être utilisé dans leurs analyses des problèmes actuels de nos nations et de nos peuples et aussi trop impoli pour être utilisé dans leurs interactions avec les fonctionnaires du gouvernement des États-Unis ou des états les composant. Et pourtant pour une raison inconnue, le mot “conquête” ou l’expression “la conquête” sont traités comme étant typiques et tout à fait normaux.

Je trouve “curieux” que le mot de “conquête” soit jugé acceptable dans les discussions au sujet de la loi fédérale indienne et de sa politique inhérente et que le mot de “domination” ne le soit pas. J’ai une théorie qui implique le fait que le mot “conquête” est subrepticement interprété comme voulant dire que les États-Unis sont collectivement parvenus à une victoire sur les nations autochtones à cet endroit et que les États-Unis sont donc, un conquérant “victorieux”. Ce sentiment est illustré dans bon nombre d’affaires judiciaires. Le mot “conquête” est un mot qui est traité comme courant, acceptable et sain. Aussi parce que le gouvernement des États-Unis ne voient pas le mot “conquête” comme étant une menace, et n’a aucun problème pour l’utiliser. Utiliser ce mot évite de manière utile de cadrer la loi fédérale indienne et sa politique en termes de “domination” des nations natives. (“ce n’est pas une domination, c’est la loi”…)

La présomption ici est que par le moyen d’une “conquête légitime”, les États-Unis ont atteint une position valide se positionnant au-dessus et par delà les nations autochtones. Le mot “conquête” est un mot qui assume de manière silencieuse le fait que les États-Unis et leur gouvernement existent dans une position supérieure en rapport avec la position “inférieure” des nations et peuples autochtones. Bien malencontreusement, la plupart d’entre nous ne fait rien pour contredire et défier cette vision des choses.

Ceci est également vrai concernant la manière dont certains écrivains ont décrit la colonisation des Amériques à ses débuts. Prenez par exemple le livre  d’Anthony Angie The Fall of the Natural Man (1977). Padgen dit que “tout le débat sur la légalité des conquêtes” se situent sur le jugement chrétien au sujet de “la nature des Indiens”. Si Padgen avait écrit au sujet de “la légalité de la domination sur les peuples natifs”, son phrasé aurait incontestablement levé des questions comme “Est-ce que la domination d’une personne par une autre ou d’une nation par une autre peut-être “juste” en quelque circonstance ?” Comment parvient-on à la réponse “correcte” à une telle question ?

Recadrer notre discussion au sujet de notre histoire et des circonstances actuelles en termes de “domination” plutôt que de “conquête”, nous permet de questionner : Est-ce “juste” pour une nation ou un peuple d’en envahir un autre ? et ensuite de forcer la nation envahie de vivre sur des générations selon un système imposé de domination ? Bien qu’il soit correct d’utiliser les mots d’”invasion” et de “domination” pour classifier la manière dont les États-Unis ont traité nos peuples et nos nations (pensez aux massacres de Washita, de Sand Creek et de Wounded Knee etc…), ceci n’est pas le type de vocabulaire que nous avons l’habitude d’entendre utilisé par les leaders autochtones et les praticiens de la loi fédérale indienne en pays indien, ni du reste dans leurs discussions avec les représentants du gouvernement des États-Unis.

Pourquoi donc nos leaders natifs et nos avocats spécialistes ne discutent pas de ce qui a été fait à nos peuples et nations en termes d’invasion et de domination malgré le fait que la loi fédérale indienne US et sa politique sont fondées sur l’affirmation initiale de la chrétienté d’un droit d’invasion et de domination sur nos nations ? Dans un langage quelque peu masqué ou codé (par exemple avec les mot “d’ascendance” et de “dominion [domination] ultime”) le droit affirmé des États-Unis de dominer nos peuples et nations est le plus clairement exprimé dans la décision de la cour suprême dans l’affaire Johnson contre M’Intosh de 1823. [NdJBL : dernier article du même auteur sur ce sujet Johnson vs McIntosh]

En assumant qu’il est injuste pour une nation ou un peuple d’en envahir un autre et de le dominer, est-ce qu’une invasion injuste et une domination continuelle deviennent éventuellement “justes” après que le temps se soit écoulé ? Qui doit décider de la réponse correcte à cette question ? Est-ce qu’un rendu de justice de la cour suprême fondé sur le droit proclamé pour une nation ou un empire de dominer beaucoup d’autres nations et de les tenir sous la prétention de la “conquête” et donc de la domination est une décision valide ? Qui peut le dire ? Dans “The Fall of Natural Man”, Padgen dit que les intellectuels européens des XVème et XVIème siècles avaient leur propre vision de la “structure du monde”. Ces intellectuels concevaient parfaitement que s’ils devaient introduire un “nouvel élément” pauvrement conçu dans cette structure, ceci pourrait bien compromettre la structure du monde entier. En 2017, alors que nous arrivons gentiment au bicentenaire de cette décision dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, identifier la loi fédérale indienne et sa politique comme un système de domination est le “nouvel élément” qui crée la renverse potentielle de la structure légale et politique de notre monde et peut l’éloigner des schémas mentaux et comportementaux de domination imposés par les colonisateurs.

Il y a une raison sur le pourquoi les monarchies de la chrétienté occidentale ont assumé un “droit de conquête” sur nos nations autochtones. C’est parce que le mot de “conquête” masque avec succès une affirmation de droit de domination. Les monarchies de la chrétienté avaient pour but de priver nos nations et nos peuples de notre existence libre pré-colombienne, pré-américaine. Affirmer un droit “d’acquérir” (de dominer) les terres et les ressources de nos nations, tout en appelant le résultat final une “conquête”, a fonctionné pour faire paraître la domination résultante comme légale, acceptable et légitime.

Le film “La Mission” (1986) de Roland Joffé* (NdT : avec Robert de Niro et Jeremy Irons), illustre parfaitement comment les Indiens furent traités comme la propriété des colons chrétiens. Parce que les penseurs européens qui débattirent du traitement à allouer aux nations autochtones pendant le XVIème siècle cadrèrent leur discussion sur le mot de “conquête”, il y a une question que le film n’adresse pas parce que ceux engagés dans le débat ne l’adressèrent pas non plus. Est-il OK pour une nation d’envahir et de dominer une autre nation puis de déclarer que la domination qui s’en suit est une “conquête” légale ?…

Focaliser sur les prérogatives et les privilèges de la domination que les monarques d’Espagne donnèrent à Colomb, puis ajoutant le mandat (l’ordre) de domination que le pape Alexandre VI accordait aux monarques d’Espagne dans certains décrets pontificaux (NdT : les deux versions de la bulle Inter Caetera de 1493), crée une possibilité unique. Cela crée la possibilité de discuter le désir de la chrétienté et son intention de localiser et de dominer chaque région non-chrétienne de la planète, incluant la notre alors que nos ancêtres vivaient libres de toute domination de la part de la chrétienté.

Les soutiens de l’empire chrétien utilisèrent la religion chrétienne comme justification de leur effort de triompher sur les “païens” (non chrétiens) afin de subjuguer, profiter et engraisser leurs économies des milliards d’acres des terres et ressources “païennes”. La décision légale dans l’affaire Johnson contre M’Intosh a émergé de cette idéologie chrétienne et de ce comportement de domination.

Le juge de la CS John Marshall a exprimé cette idée lorsqu’il écrivit au sujet de “L’extravagante prétention de convertir la découverte d’un pays habité [par des païens] en conquête.” (c’est à dire en domination). Voici un point bizarre à cause de la manière dont fonctionne les précédents légaux, à ce jour nos peuples et nations sont toujours définis dans la loi états-unienne comme des “païens”, des “infidèles” et des “sauvages barbares” légalement et justement dominés.

Le chef de la nation Yakama Joe de Goudy [Vidéo du discours de Joe de Goudy à Sioux Standing Rock, sept 2016 contre le DAPL ICI.] est le seul leader élu (NdT : par le truchement de la loi fédérale indienne instituant les “conseils de tribus” élus, système asservi à l’État colonial n’ayant aucune valeur ni reconnaissance légales aux yeux des conseils traditionnels natifs… Il en va de même au Canada) que je connaisse qui a soulevé le problème de la domination des nations autochtones avec des hauts-fonctionnaires du gouvernement fédéral, ainsi que de son inévitable corollaire : la déshumanisation. Jusqu’ici, aucun autre responsable élu des nations natives n’identifie explicitement le système de la loi fédérale indienne comme un système de domination malgré que nous soyons capables de retracer ses origines jusqu’au Vatican, ses bulles pontificales et les chartes royales d’Angleterre.

Par le moyen de Johnson contre M’Intosh et de ses progénitures, les États-Unis ont utilisé de tels documents contre nos peuples et nations pendant des générations. D’autres leaders des conseils élus se doivent de rejoindre le chef Goudy pour pointer du doigt l’illégitimité des États-Unis dans son affirmation de très longue durée d’un droit de domination sur nos peuples et nos nations autochtones.

*La Mission ► J’ai fait une référence appuyée à ce film, en complément du billet de Steven Newcomb du 3 août dernier ► Vers un programme d’études autochtones en Californie.

Et comme je préfère cette utopie au cauchemar du rêve américain ;

Newcomb, relève que TOUS nous avons la possibilité, ICI & MAINTENANT & D’OÙ NOUS SOMMES, UNIQUE de rompre avec le cycle mortifère, raciste, eugéniste sur lequel s’est construite l’Amérique messianique moderne contre laquelle il ferraille aujourd’hui. Ainsi que nous, Françaises & Français, et tout pays qui s’est construit sur l’affirmation que l’homme qui n’est pas blanc est inférieur, ou pire, comme l’affirmait Jules Ferry en 1885 sur le fait que « Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieurs« .

C’est contre cela que nous nous levons pour dire NON, STOP et ÇA SUFFIT !

Nous pouvons provoquer cette césure et à partir de ce temps nouveau définir que plus aucun empire, nation, peuple ne pourra détenir ou revendiquer un droit de domination sur un/des peuples, une ou des Nations…

Commencer par ne plus fêter le Jour de la découverte ou le Colombus Day ou le Día de la Raza en octobre prochain, refuser de célébrer Thanksgiving, puis en janvier 2018 l’Australia Day ou Jour de l’Invasion, ou Jour de la Survie, qui célèbrent partout d’avoir tuer l’indigène/Aborigène pour sauver l’homme blanc et de surcroit chrétien et lui permettre de dominer le monde pour les siècles et les siècles…

Retirons-leur notre consentement, ne soyons plus complices de cette domination par une MINORITÉ BLANCHE sur les peuples autochtones et les Nations premières, car comme l’avait dit une femme Mohawk, Membre du Conseil des Femmes, lors de la crise d’Oka en 1990 aux Canadiens et Québecois de papier qui venaient voir ce qu’il se passait : Regardez-bien ce qu’il se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous, ce sera votre tour…

Et rien n’est plus vrai aujourd’hui…

Parce que nous sommes LA cible ;

Cependant que nous sommes aussi LA solution…

JBL1960

L’illustration du billet représente sur la carte les 4 voyages de Christophe Colomb

 

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10 réflexions sur « Pourquoi le mot de « CONQUÊTE » est-il considéré comme acceptable et pas celui de « DOMINATION » ? Steven Newcomb par R71 + mon grain de sel… »

  1. Du même auteur, Steven Newcomb, en janvier dernier, qui nous expliquait, déjà, que les Natifs et Peuples originels ne se considéraient ni conquis, ni subjugués ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/01/28/ni-conquis-ni-subjugues/

    « Quand nous disons aux colons : ‘rendez-le’, voulons-nous dire que nous voulons qu’ils nous rendent le pays et qu’ils s’en aillent ? Non. Ceci n’est pas la vision de nos peuples. Lorsque nous disons ‘rendez-le’, nous parlons de ce que les colons établis montrent du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et corrigent les torts en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dues et nous rendent notre pouvoir et suffisamment de terre pour que nous soyons totalement auto-suffisant en tant que nations… […] La restitution est purification. […] Il est impossible de soit transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions ou de parvenir à la justice et à une coexistence pacifique sans transformer fondamentalement les institutions de la société coloniale elles-mêmes. Simplement, les entreprises impérialistes opérant sous le déguisement d’états démocratiques libéraux (NdT : USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Mexique, tous les pays d’Amériques centrale et du sud…) sont par construction et culture, incapables de relations justes et pacifiques avec les peuples autochtones. Le changement ne se produira que lorsque les colons seront forcés à reconnaître ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont hérité ; alors seulement ils ne pourront plus fonctionner comme des coloniaux et commenceront à respecter les autres personnes et à les considérer comme des êtres humains… »

    ~ Taiaiake Alfred, professeur de science politique, université de Victoria, CB, Canada, nation Mohawk, 2009
    Le Pr. T. ALFRED explique dans LA GRANDE LOI DU CHANGEMENT, ce que nous pouvons faire, à leurs côtés, pour initier ce changement ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/03/15/le-grand-desapprentissage-par-taiaiake-alfred-ph-d/

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  2. En plus de retirer notre consentement, en ne fêtant plus le Jour de la Découverte, etc…
    Un moyen simple, efficace, la débaptisation en masse et en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte ► https://resistance71.wordpress.com/abolir-lempire-mouvement-pour-la-repudiation-de-la-doctrine-chretienne-de-la-decouverte/
    « Pour que « Ni Dieux, ni maîtres » ne soient plus de vains mots.
    Agir ici et maintenant, c’est possible.
    Pour que ce pape soit vraiment le dernier.
    Grâce à nous tous, païens et athéés de la Terre.
    « Rayer la Doctrine chrétienne de la découverte d’un trait de plume… »
    En demandant la radiation, en masse, de nos noms du Registre des Baptèmes.
    Il est possible d’agir, simplement, partout dans le monde, pour faire tomber les dogmes.
    Ainsi, nous démontrerons à tous les peuples originels notre volonté de lutter à leur côté pour rétablir la vérité. » (JBL1960)

    Comme je l’explique en détail dans cette page de mon blog ► https://jbl1960blog.wordpress.com/faire-tomber-lempire/

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