Nul ne sera « Chef » de ce Changement qui vient…

Parce que nous le serons TOUS ;

Parce que c’est notre affaire à toutes et à tous !

Personne n’a le droit de diriger le changement !

~~~~

Pour appuyer cette idée que le changement de paradigme est une action révolutionnaire commune qui ne nécessite aucun leader, aucun chef, car NOUS sommes le CHANGEMENT et que c’est l’affaire de toutes et de tous, je vous propose de relire ce texte de Gustavo Esteva via Résistance 71 du jeudi 4 avril 2013 source de l’article original « La Voix du Jaguar » ;

Temps de révolution

Le changement révolutionnaire n’arrive pas comme un moment cataclysmique, mais comme une succession interminable de surprises, qui se meuvent en zigzag vers une société plus décente, disait Howard Zinn peu avant de mourir.

Cela a toujours été ainsi. Des révolutionnaires triomphants transforment souvent des épisodes du moment où ils ont joué un rôle crucial en symboles du processus, parfois avec de mauvaises intentions. Mais la révolution française n’a pas été la prise de la Bastille, ni la soviétique la prise du palais d’Hiver. Les faits que l’on commémore tous les 20 novembre [1] signifient bien peu par rapport à la révolution mexicaine. Ils ne l’ont pas définie. Ce n’est même pas là qu’elle a commencé.

Les révolutions du XXe siècle ont bien montré que les dirigeants d’une geste révolutionnaire ou ceux qui s’installent au régime de pouvoir créé par une révolution peuvent avoir des effets néfastes, souvent contre-révolutionnaires. Il y a peu de cas où ils peuvent contribuer à réaliser ou approfondir la révolution à laquelle ils prennent part.

Les révolutions, toutes les révolutions, sont l’affaire des gens, des hommes et des femmes ordinaires.

Il y a une quinzaine d’années, le 3 août 1999, le sous-commandant Marcos a signalé : « Nous sommes des femmes et des hommes, des enfants et des vieillards assez ordinaires, c’est-à-dire rebelles, pas d’accord, mal à l’aise, rêveurs. » Comme l’a observé Holloway, il y a là une bombe théorique. Non seulement cela laisse derrière le canon léniniste. Cela exige que nous voyions d’une autre manière les gens ordinaires, tous les gens ordinaires, qui peuvent être sur le point d’éclater, d’exprimer passionnément leur rébellion. Cela exige que nous apprenions à apprendre d’eux. Par exemple des gens ordinaires qui ont inventé et réalisent le zapatisme.

Il semble que soit en marche une insurrection. Il faut insister : une insurrection des gens ordinaires. Ce n’est pas un coup de main, un épisode belliqueux circonstanciel. Parfois les gens ordinaires se voient obligés à faire un coup de main, et ils le font. Mais ce n’est pas cela qui définit un changement révolutionnaire ni ce qui est en train de se passer à présent.

L’insurrection en cours ne cherche pas de soudains déplacements du pouvoir ou des politiques, entre autres choses parce que les gens ordinaires ont appris à se méfier profondément de ce qui se passe là-haut. Ils savent que les changements de personnes dans les structures du pouvoir ont un caractère illusoire et temporaire. Le changement des dirigeants ou des politiques n’altère pas le caractère du régime oppresseur. En général, il cherche seulement à faire face à des besoins circonstanciels ou à des recompositions de forces… pour assurer la continuité du régime.

Au lieu de soudains déplacements de pouvoir ou de politiques, l’insurrection en cours suppose un changement d’attitude qui revendique le sens de la proportion. Il faut, comme l’a dit James Scott [2], cesser de penser en tant qu’État, comme si nous étions là-haut et que depuis les hauteurs du pouvoir nous nous proposions d’arranger le monde. Ainsi qu’il le dit, tous ces efforts pour améliorer la condition humaine d’en haut ont échoué. Il est temps de les abandonner.

L’insurrection revendique aussi le bon sens. Il n’a pas son siège dans la glande pinéale, ainsi que le pensait Descartes, et celui qu’imaginaient les Grecs est trop abstrait. Le bon sens, c’est celui qu’on a dans la communauté. Et c’est la première chose qu’on peut apprendre des gens ordinaires, qu’en général il ne peut survivre sans communauté et qu’il tend à penser à partir de là où il se trouve, avec les pieds par terre, en reconnaissant ce qu’ils sont : de simples mortels.

De là, d’en bas, à ras de terre, on ne conçoit pas seulement les changements révolutionnaires. On les réalise. Des changements qui sont, comme l’enseignait Illich [3], des actes qui transgressent les frontières culturelles et ouvrent un nouveau chemin, des actes qui établissent irrévocablement une possibilité nouvelle et significative. Ce sont des actes qui offrent la preuve inattendue d’un nouveau fait social. Ce fait aurait pu être imaginé ou planifié. Quelqu’un aurait pu l’anticiper. Mais il n’y a que quand il se réalise qu’il est démontré qu’il était possible.

Et c’est cela, assurément que nous pouvons aller apprendre au Chiapas, de ces hommes et femmes, enfants et vieillards, gens ordinaires, gens rebelles, pas d’accord, mal à l’aise, rêveurs. Des gens qui se sont mis à rêver, qui ont vaillamment exprimé leur rébellion, leur désaccord, et qui ne cessent de mettre tout le monde mal à l’aise. Ceux d’en haut, cela va de soi. Mais aussi ceux d’à côté, comme ceux dont les rêves sont devenus cauchemars dans la boue des urnes, ou ceux qui sont convaincus de posséder la vérité révolutionnaire et se sentent le droit de diriger le changement.

C’est vrai qu’ils sont gênantes et gênants, extrêmement gênants. Ils chamboulent tout, pas une marionnette n’en sort indemne. Pouvons-nous les écouter avec l’esprit et le cœur ouverts ? Pouvons-nous, plus encore, faire ce que nous avons à faire, chacun, dans son petit coin, dans sa géographie, dans son temps et sa condition, sans prétention au grandiose ?

Gustavo Esteva

Source du texte original : 
La Jornada, Mexico, 
1er avril 2013.

Traduit par El Viejo.

Notes

[1] Le 20 novembre 1910 est célébré officiellement comme le début de la révolution mexicaine (note de “la voie du jaguar”).

[2] James C. Scott est l’auteur de La Domination et les arts de la résistance, Amsterdam, 2009, et de Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, Le Seuil, 2013 (note de “la voie du jaguar”).

[3] Ivan Illich (1926-2002), auteur, entre autres, de Libérer l’avenir, Une société sans école, Le Chômage créateur (note de “la voie du jaguar”).

~~~~

Le Mouvement Zapatiste, communiqués après communiqués, ne cesse de nous étonner, de nous émouvoir, tant leur lucidité est grande, leur réflexion profonde et pour beaucoup, dont je fais partie, je mêle mes mots, ma pensée, mes réflexions, mes analyses, mes doutes parfois aussi aux leurs et j’en retire souvent le meilleur qui me permet à chaque fois d’avancer un peu plus loin

Tout comme les Natifs Amérindiens de l’Île de la Grande Tortue qui eux aussi, articles après articles m’obligent à lancer le filet toujours plus loin et me poussent ou me tire vers un idéal « Anarchique » originel que je ne me savais pas capable d’exprimer en ces termes.

Moi, fille d’émigrants Italiens et Espagnols, née à Paname près de Ménilmuche par hasard et le jour de l’anniversaire de sa daronne, soit le 14 novembre 1960…

Je l’avoue, je me suis « éveillée » bien tard mais totalement en août 2013 avec l’attentat chimique de La Ghouta en Syrie qui de suite fut imputée à Bachar El Assad, nous amenant au bord de l’abime nucléaire et me faisant découvrir un Hollandouille, qui n’était pas encore Maréchal, plus roué que jamais.

Dans le même temps, je pris alors la décision de me faire débaptiser en récusation de la Doctrine Chrétienne de la Découverte, même s’il s’est avéré en définitive que l’on ne peut véritablement que renier son acte de baptême car l’église catholique romaine affirme que l’acte de baptême est ;

un évènement public et historique, indéniable. Un fait historique ne s’efface pas.

L’acte ne peut de ce fait être rendu illisible ni être effacé.

Et la justice française, malgré la Loi dite de séparation de l’église et de l’État de 1905 qui est au centre du débat public actuellement, légitime la position de l’Église et une fois de plus.

J’affirme souvent que nous pouvons faire tomber l’Empire qui n’a aucune légitimé et qui à mon sens s’est construit sur un présupposé plus eugéniste que raciste et par la seule « supposée » volonté de Dieu lui-même ! Et qu’on commémore comme tel, chaque année, dans tout l’Empire en niant, par là-même, et à jamais l’existence des peuples originels.

Et j’affirme cela parce que j’ai pris la peine de lire la traduction en français (même si elle est partielle) qu’à faite R71 du Contre-rapport de le Commission Vérité & Réconciliation ;

Meurtre Par Décret – Le crime du Génocide au Canada

dont voici le lien vers la version PDF réalisée par mes soins = mpdtr710616

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2016/06/mpdtr710616.pdf

C’est ma modeste contribution à permettre que la Vérité soit révélée et non tue ou niée.

Et c’est pourquoi je relaye, sans relâche, les Natifs du fin fond de leurs Réserves à l’exemple de la Nation Mohawk qui nous a donné son avis sur le Brexit, ici ;

Ou comme aujourd’hui sur les Jeux Olympiques via R71 qui traduit en temps réel, et pour tous ceux qui affirment que les Amérindiens vivaient à l’âge de pierre avant l’arrivée des colonisateurs et qu’ils n’existent plus aujourd’hui ;

Rio les derniers Jeux Olympiques…

 Mohawk Nation News | 15 août 2016 | url de l’article original : http://mohawknationnews.com/blog/2016/08/15/rio-last-olympics/

Ces jeux seront les derniers jeux olympiques. Fini la compétition d’athlètes élitistes par des sports chers et élitistes que ne peuvent plus s’offrir que les grandes entreprises multinationales. Les nazis ont inventé le rituel olympique, utilisant l’aigle comme symbole principal. Les sports sont sélectionnés afin de mettre en avant l’image de la voie fasciste alors que la matrix entrepreneuriale ravage et estropie le monde. L’armée brésilienne jette les pauvres à la rue afin de faire de la place pour les infrastructures olympiques, mais la terre et l’eau sont laissées toxiques et putrides dans l’après jeux.

Les JO de Rio sont un désastre ! Les athlètes américains sont détroussés sous la menace d’armes (NdT: comme ce judoka belge agressé et détroussé sur Copacabana après sa breloque de bronze…). Des algues et des super-bactéries infestent les piscines olympiques et autres endroits de compétitions et de repos. Des athlètes souffrent de graves infections intestinales. Certains ne peuvent même pas entrer en compétition. La plupart des athlètes russes ont tiré leur révérence par bonheur, victimes du jeu du pouvoir politique.

Les racketteurs en chef du CIO sont cuits ! Les gens finalement voient la farce et l’escroquerie que sont en fait les Jeux Olympiques. Plus de propagande bien huilée, plus de prétention “d’unir les peuples”. « L’exceptionnalisme américain » est une farce, une vaste fumisterie !

Les Brésiliens ne sont probablement pas triste de cela, eux qui ont la facture à payer. Les JO de Montréal [de 1976] ne sont toujours pas finis de payer et ne le seront jamais ! Toutes les guerres sont les guerres des banquiers et tous les JO sont les JO des banquiers. Le fascisme (NdT: dans la plus pure définition mussolinienne à savoir la “fusion de l’État et de la grosse entreprise”…) est un ferme contrôle des Jeux Olympiques. Les tribunes sont vides à Rio parce que très peu de gens peuvent se permettent les prix d’admission exorbitants, ils ne peuvent même pas voir les athlètes pataugeant dans une eau verte des plus glauques. Ce spectacle est une farce.

De nouveaux véritables JO devraient être créés sur un modèle de durabilité environnementale. Le premier match/jeu de tewaraton [lacrosse] fut joué entre les animaux à quatre pattes et les animaux ailés. Aujourd’hui, un petit nombre se promeut et s’enrichit sur le dos du grand nombre.

Les Jeux Olympiques sont l’opium des masses (NdT: nous dirions la grande messe de la société du spectacle ayant atteint un stade de décrépitude avancé..).

=*=

Mohawk Nation News nous avait déjà averti dans ce « Dernier Pape, dernière Reine » d’une fin d’un Monde et aujourd’hui on comprend que c’est aussi d’une fin d’un Temps dont il est question et que c’est notre affaire à toutes et à tous…

Et vu le futur qu’ils tentent de nous imposer à la schlague ;

C’est vraiment sans remord et sans regret !

JBL1960