René la Taupe au Bilderberg2016

Pour espionner les « Maîtres de l’Humanité »

Le Saker Francophone traduit et publie l’analyse de Pepe Escobar du 21 juin 2016 source : strategic-culture

J’apporte mon grain de sel en toute fin ;

Bilderberg : escapade de l’autre côté du miroir

Donc, la réunion annuelle de Bilderberg s’est placidement installée derrière des portes – et clôtures – fortement sécurisées de l’Hôtel Taschenbergpalais Kempinski à Dresde – commodément éclipsée par la sombre histoire d’Orlando, dans laquelle un musulman né aux États-Unis et enregistré au Parti démocrate, ayant un emploi stable dans une entreprise de sécurité mondialement connue (4GS) et sans casier judiciaire, se convertit soudain en djihadiste urbain estampillé Daesh déchaînant l’enfer sur des cibles LGBT.

Certains des Maîtres habituels de l’Univers – mais surtout leurs porteurs de valises sélectionnés – ont rejoint Bilderberg dans un joyeux mélange style Goldman Sachs-rencontre-Google. Sentez-vous libres d’en profiter pour dessiner les connexions possibles entre les participants officiels, tous généreusement accueillis par l’organisateur Airbus.

Ce qui importe vraiment au Bilderberg est ce qui est discuté uniquement par certains maîtres et messagers derrière des portes closes – et non ceux qui pilotent les sessions avec des invités, incluant les représentants des médias de The Economist, Bloomberg, le FT ou le Wall Street Journal. Bilderberg est comme une version réduite ultra-sélectionnée de Davos, plus proche des réunions de la Commission trilatérale.

Bilderberg obéit à une très stricte «règle de Chatham House» ; si vous êtes un participant, vous pouvez utiliser toute information que vous recevez de vos collègues invités, aussi longtemps que vous ne révélez pas votre source. Voilà à peu près comment l’axe Washington/Wall Street fonctionne.

Alors, de quoi ces représentants – jusqu’à 150 – de ce que Zygmunt Bauman définirait comme la crème de l’écume transatlantique des élites de la modernité nomade liquéfiée – les deux tiers d’Europe occidentale, le reste d’Amérique du Nord – peuvent-ils bien parler ?

On pouvait s’en douter, ils parlent de ce dont les ministres et les directeurs généraux des méga-entreprises financières parlent : la préservation de ce que Immanuel Wallerstein décrit comme le système monde, c’est à dire le capitalisme version turbo-financière, et la nécessité de changer quelques petites choses, afin que rien de substantiel ne change. Pensez-ça comme un cercle de réflexion sept étoiles.

Comme ma taupe – un diplomate européen – me l’a dit, cette année, certains éléments clés de l’agenda du Nouvel Ordre Mondial (NWO) ont été impérieusement discutés, comme la façon de bloquer Donald Trump aux États-Unis et le Brexit au Royaume-Uni, par tous les moyens nécessaires, ainsi que la façon de pousser le traité pour le partenariat commercial et l’investissement transatlantique (TTIP) dans la gorge de l’opinion publique européenne, là aussi par tous les moyens nécessaires.

Mais d’autres impératifs globalistes étaient aussi pertinents, tels que la création d’un passeport virtuel en ligne – un Identifiant Internet – sans lequel personne ne sera en mesure de dire, ou d’acheter, quoi que ce soit. L’excuse pour cela est – devinez quoi ? – la promotion de la cybersécurité. L’idée, sans surprise, est sortie de la Commission européenne orwellienne.

Ploutocratie et précarité

Ce fut un long et sinueux chemin, depuis la réunion inaugurale de 1954 à l’Hôtel De Bilderberg à Oosterbeek, Pays-Bas. Oui, le NWO (Nouvel Ordre Mondial) conduit les affaires au Bilderberg, comme il l’a fait avec la Trilatérale. Le même baratin officiel s’applique : nous discutons des tendances majeures et des grandes questions mondiales.

Donc il est oiseux de théoriser sur la conspiration.

Le point important est de deviner comment et pour quel but ce Walhalla politico-économique mettra en œuvre les éléments à l’ordre du jour – depuis les progrès dans l’intelligence artificielle (IA) jusqu’à la nouvelle frontière de la cybersécurité.

Mais il ne s’agit pas  seulement de business. Un thème clé cette année a été la précarité – selon la définition de l’économiste britannique Guy Standing : les masse «aliénées, anomiques, anxieuses et en colère» qui sont terrifiées de perdre leur emploi et de se trouver plongées dans une vie encore plus misérable.

Si nous examinons leur description générale – «… les temps partiel perpétuels, les salaires minimum, les travailleurs étrangers temporaires, les domestiques du marché noir payés en espèces […] les techno-appauvris dont le travail à la pièce n’a pas de bureau ni de fin, les personnes âgées qui survivent avec des pensions rabougries, les populations autochtones maintenues dans des ghettos, les mères célibataires sans soutien, les journaliers sans épargne, la génération pour laquelle une pension et une retraite ne sont ni disponibles ni souhaitées» – ils représentent l’écrasante majorité du prolétariat urbain et des classes moyennes inférieures mondiales.

Dans l’Ouest industriel, cela se relie à la masse électorale grandissante de soutien à Trump aux États-Unis et aux populistes assortis en Europe. Pas étonnant que les 0,00001% s’alarment. Non pas que la routine en mode turbo de leur modernité nomade liquéfiée leur permette de savoir quelque chose de substantiel sur les épreuves de la précarité – même si la bataille de notre temps est de savoir comment la ploutocratie contiendra ces masses prolétariennes en croissance.

Quoi qu’il en soit, certains participants du Bilderberg ont au moins offert un délicieux aperçu du recyclage des déchets de réputation – par la grâce des portes tournantes. L’icône déshonorée David Petraeus, ancien directeur de la CIA et superstar de la dernière flambée en Irak, brille maintenant comme employé du milliardaire Henry Kravis de KKR, lui-même lié à une attachée supérieure de l’Institut Hudson, Marie-Josée Kravis, qui est aussi membre du conseil de surveillance de la grande société de publicité et de relations publiques française Publicis et administratrice de LVMH. L’enfilade CIA-KKR-LVMH, comment ne pas aimer ? Connaissez-vous subversion plus chic ?

Regardez ce portrait à deux balles de l’académicien britannique Niall Ferguson, supporter fanatique de l’Empire de la même eau, un personnage suranné «professeur d’histoire à l’Université de Harvard», mais la plupart du temps membre du conseil d’administration de la boutique d’investissement AMG – gérant $642 milliards d’actifs – sa mâchoire a chuté à des profondeurs abyssales, à la perspective de passer quatre jours enfermé au Bilderberg avec son idole nonagénaire, le criminel de guerre Henry Kissinger. Ferguson est, bien évidemment, le biographe auto-désigné de Kissinger.

Imaginez une jolie et confortable petit réunion regroupant la crème des fabricants d’armes purs et durs : le géant italien Finmeccanica, l’autre géant de la défense Honeywell – constructeur de moteurs pour les drones Reaper et Saab – via son actionnaire majoritaire Jacob Wallenberg, sans oublier le géant du Cloud Palantir, en la personne d’Alex Karp – connectant tout ce beau monde, soutenu par la CIA et servant les martinis.

Acceptez-vous Paypal ?

Bilderberg a bien sûr toujours été un hall d’accueil principal pour le Big Oil et les banksters Too Big To Fail (TBTF). Donc, il va sans dire que la candidate officielle de Bilderberg à l’élection présidentielle américaine est Hillary Clinton.

Mais Bilderberg concerne aussi maintenant  les majors de la Silicon Valley. Voici Peter Thiel, co-fondateur de PayPal – également membre du conseil d’administration de Facebook et président du Cloud Palantir – s’engageant dans une définition post-moderne de la transparence : «Je pense que nous avons beaucoup de problèmes dans notre société […] Nous devons trouver des moyens de parler aux gens, sans que tout soit complètement transparent. Libertarianisme n’est pas synonyme de transparence radicale. C’est souvent un argument qui pourrait provenir de la Stasi, en Allemagne de l’Est, où tout devait être contrôlé par la société. Et je pense que souvent, vous avez de meilleures conversations en petits groupes, où tout n’est pas surveillé ; voilà comment vous avez des conversations très honnêtes et comment vous pouvez mieux penser à l’avenir.»

Alors voilà : la transparence n’est qu’une affaire de nuances de gris, et de leur contrôle. Ce qui nous amène à certaines choses qui ne sont pas discutées en toute transparence au Bilderberg et pourtant nous affectent tous.

Peu d’atlantistes – et certainement pas des acteurs sérieux – ont remarqué ce qui est arrivé au PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, qui présentait un plan pour mettre en place un code de bonne conduite dans les conseils d’administration des États-Unis, et implanter une réelle gouvernance d’entreprise.

Rien. Nada. Peau de balle. L’idée a été essentiellement sabordée par les $2200 milliards du gestionnaire d’actifs Fidelity. Il est toujours essentiel de se rappeler que Fidelity (PDG : Abigail Johnson), BlackRock (PDG : Larry Fink), Capital Group (PDG : Tim Armour) et Vanguard (PDG : Bill McNabb) ont des sommes énormes dans toutes les grandes banques qui composent la Fed, sans parler des sociétés multinationales du Whos’ Who des États-Unis.

En un mot, ces quatre grands contrôlent in fine la Fed, car ils contrôlent aussi les grandes banques américaines et des pans entiers importants des multinationales occidentales. Ceux-ci sont en effet parmi les premiers maîtres de l’univers – ou ce que Adam Smith, petit retour en 1776, appelait «les maîtres de l’humanité». Transparence ? Ils sont encore moins transparents que les Bilderberg. Ils n’ont même pas besoin d’aller à Bilderberg [pour changer quoi que ce soit]. Ils veulent que tout reste en place.

Et ils n’acceptent pas PayPal.

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[…] Comme ma taupe – un diplomate européen – me l’a dit, cette année, certains éléments clés de l’agenda du Nouvel Ordre Mondial (NWO) ont été impérieusement discutés, comme la façon de bloquer Donald Trump aux États-Unis et le Brexit au Royaume-Uni, par tous les moyens nécessaires, ainsi que la façon de pousser le traité pour le partenariat commercial et l’investissement transatlantique (TTIP) dans la gorge de l’opinion publique européenne, là aussi par tous les moyens nécessaires. […]

Alors pour le Brexit, comment dire, c’est un peu loupé

Objectif Trump !

Ah bah ; C’est mal barré aussi…

Faut leur dire au Bilderberg2016 que leur Agenda 21 prend l’eau !

Que les pauvres n’ont peut-être plus beaucoup de dents, voire plus aucune pour certains, mais qu’ils ont un cerveau et qu’ils s’en servent…

Comme souvent Pepe Escobar analyse bien, très bien même, voire très très bien

Et c’est à mettre en regard de la liste des licenciements tenue à jour par Pierre Jovanovic et dans le billet de ce lundi 27/06, j’ai intégré la vidéo d’Étienne Chouard qui nous explique que les usuriers qui ont pris le pouvoir, ils ont pris la mesure de l’importance, pour eux, de la théorie de la théorie du complot

Ouvrez l’œil ;

Aujourd’hui 29/06, encore un attentat meurtrier attribué à l’EIIL

Nous devons comprendre que collectivement, il y a bien plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent…

De l’indivisible JBL1960

 

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Sous les cèdres d’Ahousaht

Les révoltés de la Première Nation Ahousaht

Ce billet est à relier à celui-ci, sur ce blog ;

MEURTRE PAR DÉCRET

Ici encore, une preuve de plus du vol des terres du territoire Ahousaht mais surtout de la collusion totale entre l’État et l’Église, et n’importe quelle église pourvu qu’elle le soit…

Allons, allons Kevin, vous ne croyez quand même pas qu’il y ait vraiment une séparation de l’église et de l’état dans ce pays, si  ?

– Le commissaire aux conflits d’intérêt de la Colombie Britannique ;

H.D. Oliver le 4 juin 1997 –

Ceci est l’histoire de l’origine de l’enquête de départ qui mena finalement à la publication du contre-rapport à la VCR du Canada, plus de 20 ans plus tard, le 1er mars 2016: « Meurtre par décret » par le Tribunal International pour les Disparus du Canada (TIDC). Contre-rapport que nous avons traduit et publié ce mois-ci… — Résistance 71 —

Via Résistance71 qui traduit et publie cet article de Kevin Annett du 6 juin 2016 ;

https://resistance71.wordpress.com/2016/06/29/genocide-et-vol-des-nations-autochtones-au-canada-leglise-unifiee-du-canada-et-les-terres-ahousaht-de-lile-de-vancouver/

url de l’article original en anglais = http://itccs.org/2016/06/06/great-moments-in-the-history-of-white-people-in-canada-part-two-2/

C’est au sujet de l’immobilier mon pote : ce qu’ils ne m’ont pas appris à l’école du dimanche…

« J’ai sécurisé la terre et arrêté les païens »

~ Missionnaire et spéculateur foncier John Ross  Ahousaht,

Colombie Britannique, le 1er octobre 1903 ~

On ne peut pas laisser Kevin Annett nous mettre les bâtons dans les roues sur l’affaire des terres d’Ahousaht.

~ John Cashore, ministre de l’environnement NDP de la province de la Colombie Britannique et membre du clergé de l’église unifiée du Canada le 5 novembre 1994, juste avant le licenciement sans raison de Kevin Annett de la paroisse de l’église unifiée à St Andrew’s

“J’ai le regret de vous informer que les procédures internes disciplinaires de l’église unifiée ne relèvent pas de ma juridiction ni de celle de mon département… Je ne peux donc pas intervenir dans les actions de l’église unifiée du Canada contre le révérend Annett.”

~ Ujtal Dosanjh, ministre de la justice de la Colombie Britannique et collègue de cabinet de Cashore le 14 mai 1997 ~

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Une décennie avant qu’il n’apprenne à me détester et me craindre, John Cashore fut la première personne à me féliciter pour ma première homélie à la première église unifiée de Vancouver où il était le prêtre en 1986.

Si tous vos sermons sont aussi bons Kevin, vous aurez une superbe carrière à l’église unifiée!” s’émerveilla t’il en me serrant chaleureusement la main en ce dimanche ironique et mémorable d’octobre.

John passa un bon moment à regretter sa remarque.

Hélas, ma carrière tant anticipée de beau-parleur professionnel de dieu ne s’est jamais vraiment concrétisée, mais j’ai appris comment donner des cauchemars et des insomnies aux politiciens véreux comme John Cashore.

L’insomnie particulière de Cashore survint à l’été de 1994 lorsque j’ai mis au grand jour une affaire interne particulièrement lucrative qu’il avait mise en place en tant que ministre du gouvernement provincial, membre du parti politique du NDP afin d’en faire profiter son souteneur entrepreneurial, la firme Weyerhauser et de protéger sa propre église unifiée du Canada d’un gros scandale potentiellement désastreux.

C’était au sujet de vieux cèdres et des restes de petits humains bronzés qu’ils cachaient.

En 1903, un homme du même acabi que John Cashore était arrivé sur la côte tumultueuse de ce qui est aujourd’hui appelé l’Île de Vancouver et qui était la terre ancestrale du peuple indigène des Ahousaht. Le nom de cet homme était John Ross, missionnaire presbytérien, qui était investi par la “couronne” des pouvoirs de “flic”, de juge et d’agent pour Indiens. En cela, John établit alors de qui allait devenir le pensionnat pour Indiens de l’église unifiée d’Ahousaht, là où plus de la moitié des enfants Ahoushat locaux périrent. Le très zélé John Ross arrêtait systématiquement tout Ahoushat qui ne voulait pas faire incarcérer ses enfants dans ce piège mortel appelé “école” et dans ce processus, il vola également près de la moitié de la terre des Ahoushat.

Le rôle multiple de John en tant que prêtre, trafiquant d’enfants, voleur de terres et magistrat n’était pas du tout inhabituel lorsqu’on considère que son église originelle, l’église presbytérienne et sa descendante de l’église unifiée du Canada, reçurent le pouvoir légal d’une banque et d’agent foncier de la bonne vieille couronne d’Angleterre (NdT: La City de Londres et sa banque d’Angleterre/Vatican).

Après tout, par quel autre moyen ces bons chrétiens si civilisés pouvaient-ils s’assurer que tous ces beaux grands arbres, ces vastes lieux de pêche, terrains de chasse et territoires terminent dans les bonnes mains ?

John Ross était particulièrement efficace à ce rôle multi-fonctions. En quelques mois, les anciennement indépendants Ahousaht furent cornaqués vers l’église et son pensionnat pour Indiens et ses chefs traditionnels furent enfermés par Ross et sa bande de policiers “spéciaux” indiens. Ainsi, de manière « non-coïncidentelle », la riche terre des Ahoushat ainsi que ses bons vieux cèdres si lucratifs, furent mis sous la coupe (si on peut dire…) de l’église unifiée du Canada.

Mauvaise fortune pour Ross, il dût se dépêcher de quitter les lieux un jour de printemps 1909 lorsqu’il fut impliqué dans la mort d’un enfant dans le pensionnat: une petite fille du nom de Carrie George, 8 ans, fille unique de son chef adversaire, le traditionnel Siem Maquinna George.

En 1952, l’église unifiée commença à vendre la terre Ahoushat qu’elle avait volée à ses variés soutiens financiers incluant l’entreprise bûcheronne MacMillan-Bloedel. En 1994, cette dernière signa l’acte de vente des terres Ahoushat à la plus grosse multinationale du bois au monde, l’américaine Weyerhauser Ltd., et ce après que mon vieux fan John Cashore mît en place cette affaire secrète au travers de sa nouvelle position au cabinet ministériel en tant que ministre de l’environnement de la province de la Colombie Britannique.

Naturellement, les Ahousaht n’eurent jamais un centime de cette transaction. John Cashore lui en profita grassement, grâce à Weyerhauser, tout comme son église unifiée du Canada, dont l’historique d’être le tout premier voleur de ces terres Ahoushat fut soigneusement caché à la scrutinité publique par Cashore au travers de son bureau gouvernemental.

Fin de l’histoire ? Hu, hu, entre en scène votre serviteur, qui a mis son nez dans cette sordide affaire en Octobre 1994 après l’avoir appris des descendants du chef Maquinna dont un Earl George, membre des anciens des Ahousaht qui fréquentait mon église unifiée de Port Alberni.

Attendez une minute!” M’exclamais-je dans une lettre imprudente aux patrons de ma propre église à Toronto après avoir reçu les infos d’Earl George, incluant le comment l’église avait engrangé un gros paquet de pognon de cette affaire foncière sur le dos des Ahousaht. “Nous n’avons pas le droit de faire des profits sur les terres natives volées ! Cela est même inscrit dans le manuel de politique de l’église !

Ah ! la naïveté de la jeunesse…

Le rôle personnel entrepris par John Cashore pour me faire virer de ma chaire et éventuellement de mon mode de vie et de ma vie familiale fit surface l’année suivant mon éviction de l’église unifiée du Canada.

Comme tous les co-conspirateurs tendent à le faire lorsqu’ils sont sous pression, un des officiants de l’église presbytérienne qui mit en place mon éviction, un certain Win Stokes, cracha le morceau devant un tribunal bidon de l’église unifiée, une des ces “auditions de destitution” qui m’a volé de ma profession.

Lors d’un examen contradictoire et manifestement dans un effort de couvrir ses propres fesses et de faire passer le blâme, Stokes admît alors que Cashore avait insisté sur mon expulsion après lui avoir dit: “On ne peut pas laisser Kevin Annett nous mettre des bâtons dans les roues dans cette affaire des terres des Ahousaht…” Stokes a aussi admis que Cashore s’était aussi assuré que l’ancien des Ahousaht Earl George ne puisse jamais finir son entrainement pour devenir prêtre de l’église unifiée.

Les affaires sont les affaires comme d’habitude dans le grand nord. Mais rien de cela ne sonnait bien pour moi, n’étant pas encore habitué à la façon dont les choses se déroulent.

Ainsi donc, très tôt après mon expulsion de l’église, je me suis mis à rechercher un certain H.D. Oliver, juge en retraite de la province qui avait été nommé commissaire d’enquête dans des cas de “conflits d’intérêt” avec les politiciens de la Colombie Britannique.

Je lui amenais donc l’affaire John Cashore et son abus d’autorité publique au profit de ses potes de l’église.

J’aurais très bien pu deviner ce que l’obèse Mr Oliver allait dire dès le moment où on m’introduisit en son auguste présence dans un bureau capitonné du centre ville de Vancouver.

Il écouta ce que j’avais à dire, les faits et mes arguments avec une moue amusée. Il ne m’interrompit qu’une seule fois, juste pour commenter que lui aussi faisait partie de l’église unifiée du Canada. Mais voyant que je n’avais toujours pas compris, Oliver finalement se vautra dans son fauteuil après que j’eusse fini mon exposé et me dit alors avec cette même moue amusée d’homme au parfum:

“Allons, allons, Kevin, vous ne croyez VRAIMENT pas qu’il y ait une séparation de l’église et de l’état dans ce pays, si ?…”

Quant au peuple des Ahousaht : Non, il n’a jamais récupéré ses terres et la plupart d’entre eux n’a jamais vu un centime des méga-profits qui ont été pressés de cette transaction et de l’abattage de tous ces cèdres, produits de luxe à haute valeur lucrative. Mais leurs chefs corrompus bouffant au râtelier du système eux, en ont vu la couleur : des types comme le chef Cliff Atleo, père de la future Assemblée des Premières Nations (APN), le grand chef Sean “Tonto” Atleo, qui fit fortune avec sa propre entreprise bûcheronne appelée Ilsaak Limited qui détruisit les tous derniers vieux arbres de la terre Ahousaht.

J’ai entendu dire que John Cashore tourne toujours d’un beau vert à chaque fois que mon nom est mentionné. Mais diable: c’est çà le prix de la civilisation.

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Ici le lien vers la version PDF du texte original en anglais « Murder By Decree » http://murderbydecree.com/

Ici le lien vers la version PDF de la traduction substantielle en français faite par R71 : https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2016/06/mpdtr710616.pdf

En complément de cette lecture et dans ce billet ; Toi d’abord ; Vous pourrez visionner le film complet réalisé par Kevin Annett The Unreapentant en 1997 qui regroupe les poignants témoignages des « survivants » des pensionnats canadiens.

Vous pouvez lire également celui-ci ; Discovery Train en Terres Amères Indiennes ;

Ce billet là également ; La “solution finale” du problème Indien

Et encore ; Que la vérité soit tue !

Enfin ; L’assassinat des Gardiennes de la Terre.

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Aujourd’hui la Première Nation Ahousaht est toujours en lutte ;

La Première Nation Ahousaht met fin à l’exploitation forestière sur ses terres

http://ici.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2015/11/05/001-exploitation-forestiere-bois-environnement-premiere-nation-ahousaht-ile-vancouver.shtml

Source : Ici.RADIO CANADA.CA | ENVIRONNEMENT | PUBLIÉ LE 05/11/2015

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Nous pouvons faire tomber l’Empire qui s’est construit sur le génocide du monde non-chrétien en se débranchant de la Matrix

JBL1960