C’est à nous, maintenant !

Un jour je suis née et depuis ; J’improvise !

Se taire pour ne pas dire de bêtises ?

Ne rien faire pour ne pas faire de conneries ?

J’ai toujours pensé qu’il valait mieux faire une boulette qu’une Arlésienne…

Résistance71 publie la 4ème et dernière partie de l’Appel au socialisme de Gustav Landauer intitulé « Appel au Socialisme » pour la société des sociétés (Gustav Landauer) 4ème et dernière partie qui date de 1919.

Je reproduis ci-dessous des extraits qui me semblent essentiels pour initier un changement de paradigme le plus construit, le plus abouti possible et qui viserait à être enclencher de suite, c’est à dire demain et puisque, je l’ai déjà dit ici-même ; Demain se plante aujourd’hui…

Du fond de la nuit des temps nous parviennent des solutions concrètes et réfléchies pour nous émanciper à jamais de ce paradigme mortifère induit par une mini-élite (le fameux 0.01%) dont l’hégémonie culturelle n’a que trop duré.

La mondialisation néolibérale est une guerre de conquête du monde entier, une guerre mondiale, une guerre déclenchée par le capitalisme pour dominer la Terre entière. Cette conquête est parfois faites par des armées qui envahissent des nations, mais souvent elle est faite avec l’économie, par le système de la dette et en amenant leur culture capitaliste, qui est la culture de la marchandise, du profit et du marché.

Les oppressés natifs du sud du Mexique ont le dernier mot de la lucidité. Tendons-leur la main, à eux et à tous les colonisés, qui en retour nous aiderons à surmonter notre culpabilité d’avoir réduit le monde à ce triste paradigme mercantile et obscène ;

Pour une décolonisation concertée, aux colons de la Terre et parce que c’est le moment !

Extraits choisis ;

Vous, Français, êtes des petits et moyens paysans, des petits et moyens artisans ; vous êtes actifs dans l’agriculture, l’industrie, le transport et les communications. Jusque maintenant, vous avez eu besoin de rois et de leurs fonctionnaires afin de vous rassembler et de vous protéger l’un contre l’autre. En 1793 vous avez aboli le roi et l’État, mais vous avez maintenu le roi de l’économie: l’or. Parce que vous avez ainsi laissé la mauvaise fortune, le désordre et l’insécurité dans le pays, vous avez dû laisser les rois, leurs fonctionnaires et leurs armées revenir. Débarrassez-vous des intermédiaires autoritaires ; abolissez les parasites ; voyez et veillez à l’unité directe de vos intérêts. Alors vous aurez la société comme héritière du féodalisme et de l’État.

Mettez en place une institution où vous viendriez les uns vers les autres avec la production de votre travail sans parasitage, sans intermédiaires vampires. Alors vous n’aurez plus besoin d’autorité de tutelle, ni du transfert du pouvoir absolu du gouvernement politique vers la vie économique. Le but est d’assumer et de créer la liberté dans la vie économique et publique et de veiller à ce qu’il y ait une égalisation afin d’abolir l’austérité, l’insécurité et la propriété, qui n’est pas la propriété des choses, mais la domination des hommes, l’esclavage, l’intérêt, qui est usure. Créer une banque d’échange !

Les autres prolétaires, vous prolétaires, ne préférez-vous pas acheter vos produits les uns des autres ? sans intermédiaires, sans l’exploitation de médiateurs ? Alors faites vos propres achats et ventes entre vous ! La clientèle est valide. La clientèle c’est de l’argent, comme ils disent aujourd’hui. La séquence doit-elle toujours être: pauvreté – esclavage – travail – produit ? La mutualité change le cours des choses. La mutualité restaure l’ordre de la nature. La mutualité abolit le règle de l’argent. La mutualité est primordiale: l’esprit entre les humains qui permettent à tous les humains qui veulent travailler de le faire et ainsi de satisfaire leurs besoins.

Le renouveau de la société ne viendra pas de l’esprit de vengeance, de la colère ou de la destruction. La destruction doit s’opérer dans un esprit constructif ; la révolution et la conservation ne s’excluent pas mutuellement.

L’individu est le peuple, l’esprit est la communauté, l’idée est le lien de l’unité.

Nous devons nous étendre sous toutes les latitudes et nous ne pouvons le faire que si nous creusons profond, car aucune aide ne pourra venir de l’extérieur. Nous ne pouvons le laisser émerger que du lien volontaire des individus et de la communauté des hommes originellement indépendants qui sont naturellement enclins à s’unir les uns aux autres.

L’esprit a besoin de liberté et la renferme. Là où l’esprit crée de telles unions comme la famille, la coopérative, le groupe professionnel, la communauté et la nation, il y a liberté et l’humanité peut s’accomplir.

Aujourd’hui, ce qui est appelé le prolétariat ne sera jamais en lui-même la personnalisation du peuple, tandis que les nations sont de plus en plus dépendantes les unes des autres pour la production et le commerce, faisant qu’un peuple n’est plus un peuple. Mais l’humanité est bien loin d’être unifiée et ne le sera jamais tant que de petites unités, des communautés, des peuples n’existent de nouveau.

Nos conditions ont véritablement trois points vitaux:

  • L’enrichissement injustifié
  • L’exploitation
  • Les hommes ne travaillant pas pour eux-mêmes mais pour d’autres hommes

Ainsi les trois points cardinaux de l’esclavage économique sont:

  • La propriété privée de la terre: elle implique l’attitude dépendante de ceux qui ne sont pas propriétaires. De la propriété privée de la terre et de son corollaire de la non-propriété surgissent ces fléaux que sont: l’esclavage, la servitude, le tribut, le loyer, l’intérêt et le prolétariat.
  • La circulation des biens dans une économie d’échange par le moyen d’un véhicule d’échange qui serve tous les besoins de manière non-expirable et permanente…
    L’idée que l’argent serait rendu inoffensif s’il devait juste un bon de travail et non plus une commodité est complètement fausse et ne pourrait avoir de sens que dans le cadre d’un esclavage d’état où le libre-échange serait remplacé par le dépendance envers une autorité bureaucratique déterminant la quantité que chacun doit travailler et consommer.
  • La valeur ajoutée

Les gens qui ne peuvent et veulent plus supporter les faits sociaux, ceux-là sont appelés ici. Aux masses, aux peuples du monde, aux dirigeants et leurs sujets, héritiers et déshérités, privilégiés et escroqués, il doit être dit : C’est un Titanic, une honte sans fin des temps qui voit l’économie gérée pour le profit au lieu de remplir les besoins des humains unifiés en communautés. Tout votre militarisme, votre système étatique, toute votre répression de la liberté, toute votre haine de classe, viennent de la brutale stupidité qui vous domine.

Unissez-vous, vous pauvres hommes, donnez-vous du crédit les uns aux autres ; le crédit, la mutualité est le capital ; vous n’avez aucunement besoin de capitalistes monnayeurs ni de maîtres entrepreneuriaux. Travaillez dans les villes et les campagnes ! Travaillez et échangez !

Si nous voulons une société, alors nous devons la construire, nous devons la pratiquer.

=> La société est la société des sociétés ; une ligue des ligues des ligues, un monde commun des mondes communs des mondes communs ; une république des républiques des républiques. Seulement là y a t-il liberté et ordre, seulement là y a t-il un esprit, un esprit qui est auto-sufffisance et communauté, unité et indépendance ?

La faim, les bras et la terre sont là ; tous trois le sont par nature.

Quelques humains possèdent la terre, il y en a de moins en moins.

Toute propriété de chose, toute propriété de terre est en réalité une propriété de l’humain, le propriétaire possède l’humain. Quiconque tient la terre et en prive les autres, les masses, force les autres personnes à travailler pour lui. La propriété privée est le vol et la détention d’esclave.

Nous devons avoir la terre de nouveau. Les communautés du socialisme doivent redistribuer la terre. Celle-ci n’est la propriété privée de personne. Que la terre n’ait pas de maître, alors les Hommes seront libres.

L’abolition de la propriété privée sera essentiellement une transformation de notre esprit. De cette renaissance suivra une puissante redistribution de la propriété et liée à cette redistribution, il y aura l’intention permanente de redistribuer la terre dans des temps futurs, à intervalles définis ou indéfinis, encore et encore.

La justice dépendra de l’esprit qui prévaut entre les humains.

La propriété privée n’est pas la même chose que la possession et je vois dans le futur une possession privée, une possession coopérative, une possession de communauté dans toute sa splendeur.

Dans le monde d’aujourd’hui, au lieu d’avoir la vie parmi nous, nous n’avons que la mort.

Tout a été réduit à un objet et à une idole. La confiance et la mutualité ont dégénéré en capital. L’intérêt commun a été remplacé par l’État. Notre attitude, nos relations, sont devenues des conditions rigides… Faisons le boulot complètement maintenant en établissant dans notre économie le seul principe qui puisse être établi, le principe qui correspond à la vision socilaliste de base: qu’aucune plus grande valeur consommatrice n’entre dans les foyers que celle du travail produit par ce foyer, parce qu’aucune valeur n’a son origine dans le monde humain à part au travers du travail.

Il n’y a qu’une seule réalité objective : la terre.

Quand nous appelons le temps présent l’âge capitaliste, cette expression veut dire que l’esprit unificateur n’est plus présent et ne prévaut plus dans l’économie, mais que l’objet-idole règne en maître, c’est à dire quelque chose qui n’est pas quelque chose mais plutôt rien, qui est pris pour quelque chose.

Ceci a également à voir avec le fait que le faux capital, qui a remplacé le véritable intérêt mutuel et la confiance, ne pouvait pas exercer son pouvoir parasite vampiriste, que la propriété foncière ne pouvait pas imposer l’impôt-tribut, s’il n’était pas soutenu par la force, par le pouvoir de l’État, ses lois, son administration, sa bureaucratie et son pouvoir exécutif. Mais nous ne devons jamais oublier que tout ceci, l’État, la loi, l’administration, les exécutants ne sont que des noms pour des hommes, qui parce qu’ils n’ont pas les possibilités de la vie, tourmentent et se violentent les uns les autres, ce ne sont que des noms de force entre les Hommes.

La terre et l’esprit sont donc la solution du socialisme.

Les socialistes ne peuvent en aucune manière éviter le combat contre la propriété foncière. La lutte pour le socialisme est une lutte pour la terre ; la question sociale est une question agraire !

Fritz Mauthner (“Le dictionnaire de la philosophie”) a montré que le mot “dieu” était originellement identique à celui d’”idole” et que tous deux veulent dire : “métal fondu”. Dieu est un produit créé par l’Homme qui prend vie, attire la vie des humains en lui et finalement devient plus puissantg que l’humanité. Le seul “métal fondu”, la seule idole, le seul dieu que les Hommes aient jamais créé physiquement est l’argent. L’argent est artificiel et “vivant”, l’argent appelle l’argent et l’argent et l’argent et l’argent a tout pouvoir en ce monde.

Le socialisme est un retour à la Nature, une réappropriation de l’esprit, un regain de relations.

Tout commence avec l’individu et tout dépend de l’individu.

Le sang paysan coule toujours dans les veines de bien des citadins prolétaires : ils devraient réapprendre à écouter leurs origines.

L’agriculture, l’industrie et l’artisanat, le travail physique et intellectuel, le système d’enseignement et d’apprentissage, doivent être réunifiés.

Le peuple pourra réexister de nouveau seulement lorsque les individus, progressistes et spirituels, seront de nouveau emplis de l’esprit du peuple, quand une forme préliminaire du peuple vit avec des humains créatifs et demande la réalisation d’une réalité par leurs cœurs, leurs têtes et leurs mains.

Nous avons encore tout à apprendre : la joie de travailler, celui de l’intérêt commun, de l’entr’aide mutuelle. Nous avons tout oublié, et pourtant nous sentons bien que cela est encore en nous.

Rappelons-nous de Proudhon et des ses visions bien définies jamais nébuleuses de la terre de liberté et de contrat. Rappelons-nous de ces bonne choses entrevues et décrites par Henry George, Michael Fürscheim, Silvio Gesell, Ernst Busch, Pierre Kropotkine, Élisée Reclus et tant d’autres.

Nous sommes les héritiers du passé, que cela nous plaise ou non, faisons donc le vœu d’avoir les prochaines générations comme nos héritières ainsi dans toute notre vie et nos actions, nous puissions influencer les générations à venir et les masses de gens autour de nous.

Une seule chose manquera pour vivre harmonieusement, socialement et en toute prospérité : la terre. Alors les gens libèreront la terre et ne travaillerons plus pour le faux dieu mais pour l’humain. Alors sera le commencement : commençons sur la plus petite échelle et avec le plus petit nombre de personnes. [jbl1960 ; sous l’angle Saillans par exemple]

L’État, c’est à dire à ce stade, la masse toujours ignorante de la nouvelle réalité, la classe des privilégiés (du capitalisme) et les représentants de ces deux catégories, la caste exécutive et administrative, mettront de petits et grands obstacles sur le chemin des débutants. Nous en avons parfaitement conscience.

Tous ces obstacles, s’ils sont réels, seront détruits si nous sommes resserrés et unis et que nous ne laissons pas le plus petit espace entre eux et nous.

Notre esprit doit s’enflammer, illuminer, inciter, exciter, attirer.

Maintenant est venu le temps de faire d’autres sacrifices, pas des sacrifices héroïques, mais des sacrifices discrets, pas impressionnants afin de donner un exemple de la bonne façon de vivre.

Alors le peu deviendra beaucoup et le beaucoup deviendra aussi le peu.

L’objectif est le peuple, la société, la communauté, la liberté, la beauté, la joie de vivre.

Nous avons besoin de gens pour entonner le cri de guerre, nous avons besoin de tous ceux emplis de ce désir créatif, nous avons besoins d’hommes et de femmes d’action. L’appel au socialisme est adressé aux Hommes d’action qui veulent faire les premiers pas, le commencement.

Au nom de l’éternité, au nom de l’esprit, au nom de l’image qui cherche à devenir ce véritable chemin, l’humanité ne périra pas. L’épaisse boue vert-de-gris qui est aujourd’hui parfois appelée prolétariat, parfois bourgeois, parfois la caste dirigeante et partout, au-dessus et en-dessous, n’est rien d’autre qu’une masse écœurante, cette horrible déformation humaine faite de veulerie, de satiété, de dégradation, elle ne gigotera plus, ne sera plus autorisé à nous salir et à nous suffoquer: Ils sont tous appelés au socialisme !

Ceci n’est qu’une première parole. Bien d’autres choses ont encore à être dites. Elles le seront. Par moi et par ceux qui sont appelés ici.

=*=

J’espère sincèrement que ces mots qui résonnent encore en moi, trouveront un écho en chacun de ceux qui voudront bien les lire…

Et les passer à d’autres,

Et d’autres à d’autres…

JBL1960

 

 

 

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Le Monstre est tentaculaire…

Aussi, arrêtons de nous faire tentaculer !

Sur le site fr.sott.net on peut lire une excellente analyse de DDT21 Douter de tout… intitulée  Ennemi Intérieur : Le Monstre sur le seuil que je reproduis ci-dessous, apportant mon grain de sel en toute fin d’article ;

État et état de guerre

La France n’est pas partie en guerre contre l’État islamique (EI) pour défendre les Droits de l’Homme ou ceux des femmes, mais pour préserver des intérêts (pas seulement pétroliers), et sa place de grande puissance. Que les attaques de l’EI en soient la riposte ou bien qu’elles visent « notre mode de vie » importe peu pour les victimes.Quand les États font la guerre, leurs armées se combattent, mais prennent aussi pour cible la population de l’État adverse. Les habitants du territoire contrôlé par le Califat sont malgré eux victimes « collatérales » des bombes françaises. Les habitants du territoire contrôlé par l’État français sont malgré eux victimes des assassins au service du Califat.

La différence, c’est que les avions de la coalition anti-E.I. ne visent pas systématiquement et délibérément les civils, alors que le 13 novembre 2015 les djihadistes voulaient tuer des Parisiens qui n’étaient ni militants ni soldats. Chaque État massacre comme il peut. Gageons que si l’EI disposait d’une aviation capable de réduire en gravats le palais de l’Élysée ou l’hôtel de Brienne, il l’utiliserait. En vérité, la guerre fait de chacun de nous l’otage de son État, cible potentielle des bombes, des balles ou des attentats-suicide du camp d’en face. Et, quelle que soit la radicalité de nos opinions ou notre dégoût, elle nous renvoie aussi à un état de « citoyen », voire de « Français ».

Chacun à sa façon et selon ses besoins, tout Etat est oppresseur. L’EI l’est plus visiblement que d’autres.
Dans la course à l’horreur, les candidats ne manquent pas, mais l’opinion publique ne retient que les horreurs commises par ceux que l’Etat lui désigne comme ennemi. Quand en 1965 la prise du pouvoir par les militaires a fait basculer l’Indonésie dans le camp occidental, 500.000 personnes ont été tuées en quelques mois ; elles restent pourtant sans existence pour les consciences françaises ou américaines.

L’État, c’est l’état d’urgence

L’État, ce sont des lois qui régissent la société, et un monopole de la violence légitime pour les faire respecter. Etat d’urgence, état de siège, état de guerre… l’existence « normale » de l’État contient la possibilité d’un état d’exception. Toutes les constitutions démocratiques ont prévu les mesures légales qui limitent ou suspendent les libertés publiques au nom de l’ordre et de la sécurité. C’est l’État qui décide ce qui sera considéré comme normal ou traité comme exceptionnel. Mais l’exception peut aussi devenir la nouvelle norme : Vigipirate est en place depuis 1991 et depuis longtemps à son niveau maximal.

Quand la guerre menée par l’État à l’extérieur entraîne des représailles à l’intérieur, l’État offre à la population une protection qui se confond avec un contrôle. La protection a un coût (il va falloir « choisir entre la sécurité ou la sécurité sociale ») et un prix : la liberté (celle du citoyen).

Car traquer la très petite minorité dangereuse implique de repérer et neutraliser ceux qui sont susceptibles de la rejoindre. Depuis le 13 novembre 2015, « radical » est un gros mot. Il serait urgent de dé-radicaliser celui ou celle que policiers, journalistes ou psy désigneront comme tel, c’est-à-dire urgent de l’enfermer et de le soigner. Demain, sera « terroriste » tout partisan d’une rupture sociale. Après-demain, écrire sur Internet qu’il faut détruire l’État et le capitalisme vaudra au site une fermeture administrative pour « apologie de terrorisme ».

Guerre au Monstre ?

« Les mots, du reste, ont fini de jouer. Les mots font l’amour », écrivait Breton en 1922. Ils font aussi la guerre.

Quand la démocratie déchaîne sa violence, en attendant d’éradiquer l’EI, elle monte dans des extrêmes verbaux inaccoutumés : confusion, déclamation, péjoration («  fanatisme », « barbarie »), euphémisation (« frappe » au lieu de « bombardement »), et multiplication des superlatifs (« guerre totale », « hyper-terrorisme », « sans merci », « extermination »). L’État démocratique et le Monstre étant les deux pôles opposés, le vocabulaire doit montrer l’infini qui les sépare ; d’où le fait de refuser à l’EI le qualificatif d’État (car il est bien connu qu’un véritable État ne peut commettre de telles horreurs).

Le citoyen est alors sommé de confirmer son allégeance. Le choix est aisé car les ennemis de l’État ne sauraient être que ceux du Genre humain et de la Civilisation. Le 20 novembre 2015, le Conseil de Sécurité de l’ONU unanime a qualifié l’EI de « menace sans précédent à la paix et à la sécurité internationale ». Sans précédent ? C’est pourtant que l’on nous a dit déjà en 1914 (il fallait partir au front pour éviter « l’extinction de la civilisation »), en 1939, pendant la Guerre froide, contre les « terroristes » du FLN, etc. Nasser fut un « nouvel Hitler », plus tard Saddam Hussein aussi. « La guerre, c’est la paix », proclame le régime totalitaire de 1984. La démocratie moderne dit presque la même chose : « Je pars en guerre pour la paix. »

Démocratie dictatoriale

La démocratie, expliquait Debord en 1988, veut être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. Mais elle les comprend et les traite différemment de la dictature.

La dictature est une. Elle bloque la circulation des idées et des personnes, et exclut le déviant. L’information qu’elle accumule sur la société est tenue secrète. Elle entend tout savoir pour ne laisser exister qu’une vérité officielle. Elle idolâtre l’autorité, ossifie principes et traditions, brise toute contestation et chez elle le bon citoyen est celui qui obéit aveuglément.

La démocratie est plurielle. Elle fait circuler marchandises, idées et personnes, et n’interdit que là où elle voit une menace directe. Elle laisse s’exprimer pour filtrer le danger réel et le neutraliser. Confrontée aux contestations, elle favorise l’émergence de l’inoffensif qu’elle pourra intégrer. Elle dévitalise la critique, canalise et réprime seulement ce qui passe les bornes. Son bon citoyen est celui qui a appris à se modérer. Et s’il ne se modère pas ? Alors la tolérance montre ses limites.

En temps supposé normal, les démocrates pratiquent seulement le pire hors du pays, aux colonies autrefois, dans l’ex-tiers-monde aujourd’hui. Mais la république française en « état d’urgence » se donne le droit de décider qui est suspect non plus sur ses actes, ni même l’expression publique de ses idées, mais sur son « comportement ». Comme dans Minority Report, l’utopie policière est de repérer le suspect avant qu’il agisse. Déjà des logiciels couplés à des caméras de vidéosurveillance détectent le mouvement inhabituel ou le geste hors norme. Si la révolte s’exprime beaucoup moins que dans les années 70, c’est aussi qu’elle est plus contenue, refoulée, il faut donc aller la traquer à l’intérieur des têtes, et la traiter comme une pathologie sociale. Répression et prévention vont de pair : déradicaliser, c’est interrompre le processus de radicalisation avant un éventuel passage à la violence (dont la définition se doit être souple et variable). De la notion de danger, on glisse à celle de « dangerosité ». Si la démocratie a parfois des allures de dystopie totalitaire c’est qu’on passe aisément d’un système à l’autre en fonction des nécessités.

Réprimer. Par tous les moyens nécessaires. Contre Le Monstre, le vrai, l’indicible et l’innommable, c’est-à-dire le prolétaire, tout est permis. C’est lui le vrai danger, que l’on contient de diverses façons, y compris en le mobilisant contre des ennemis extérieurs et intérieurs. En dernier recours, le rempart de l’ordre social, ce seront toujours la police et l’armée : justice et médias suivent. Le jour où elle en a besoin, la démocratie déploie la panoplie complète des méthodes dictatoriales, y compris le massacre de masse habituellement réservé aux « non-civilisés ». La contre-insurrection de juin 1848, avec des milliers de morts dans les combats, plus 1.500 fusillés sans jugement a montré qu’« on peut en plein Paris faire la guerre comme en Algérie » (Marx)

* * *

Nous ne sommes pas au bout de nos peines. En situation « historiquement défavorable », quand l’État crée un « nous » pour faire oublier que tous les États nous font la guerre, le minimum est de rompre le consensus, ce qu’ont fait les rassemblements, défiant l’interdit, le 29 novembre 2015.

Et ne pas faire à l’État le plaisir de céder à la résignation ni au confusionnisme politique qu’imposerait l’urgence. Ne cédons pas à l’état d’urgence, prenons notre temps. L’histoire réserve des surprises, et pas toutes désagréables.

DDT 21, janvier 2016

 J’ai créé ce blog précisément dès le 11 décembre dernier afin de m’exprimer sur l’état dans lequel nous plongeait en continu depuis janvier 2015 et en accéléré depuis le 14 novembre 2015 le Maréchal Hollandouille et ses troupes Vallsiennes… Et ils ne nous ont pas déçu depuis lors.

De l’état d’urgence pour les nuls en passant par l’état d’urgence : mode d’emploi j’ai très vite appelé à un Réveillez-vous les gens annonçant que le changement de paradigme : C’est maintenant !

Pour ma part, cette dictature 2.0 a véritablement été actée par la bush d’hollandouille… Et j’ai même expliqué qu’avec hollandouille sarkommence et tout cela non pas pour notre « sécurité » non mais juste : Au N.O.M. du gaz !

Il était évident que les grandes manoeuvres avaient commencé et que leurs rêves sont nos cauchemars et ; Cherchons la faille !

Juste parce que ; Hepssss ! Ça urge ! Et comme nous constatons qu’ils sont tous copains comme cochons nous devons sortir de ce grand nimportenawak à tous les étages.

Pour moi, je l’ai déjà dit c’est le moment et comme on nous cache tout et que vraisemblablement Valls nous démontre qu’il attend que ça  et avec cette police partout l’objectif est plus que jamais ;

Tous pour La Commune !

On peut tergiverser autant qu’on veut avec sa conscience, ce dire que non ce n’est pas si grave, qu’ils n’oseront pas. Si ; Ils oseront et pour ceux qui sont totalement éveillés, tout se met en place, partout, pas seulement en France. Essayons, car il est temps !

Retirons notre consentement, en masse et redisons que : Non c’est N.O.M. !

JBL1960