La bavure s’appelait ; Tarek…

Quel mépris !

Mais quel mépris.

Celui qui a pris 3 balles et qu’on appelle toujours l’assaillant du commissariat.

Celui qui n’avait ni arme à feu, ni couteau, ni ceinture d’explosif et qui n’aura jamais crié « Allah Akbar » sera à jamais, l’assaillant du commissariat du 18ème.

Ayant traité cette affaire depuis le début, je ne peux m’empêcher de reproduire ci-dessous l’article du Nouvel Obs du 12/01/2016 de Céline Lussato.

Attaque du commissariat : « Notre fils n’a rien à voir avec Daech »

Dans la famille tunisienne de l’assaillant du commissariat parisien, tout le monde rejette l’idée de sa radicalisation et réclame « des preuves ». http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160112.OBS2691/attaque-du-commissariat-notre-fils-n-a-rien-a-voir-avec-daech.html

Dans la maison confortable des Belgacem, derrière les rideaux d’oliviers et d’amandiers du domaine agricole familial, près du village de Ouled Chamekh dans la région de Kairouan, Habiba porte le chagrin d’une mère privée de son fils aîné, le dégoût de voir sa famille traînée dans la boue, la colère de l’injustice qui, elle en est certaine, a touché son fils Tarek, abattu devant un commissariat du 18ème arrondissement parisien le 7 janvier dernier.

Ici, on ne croit pas à la version policière selon laquelle le jeune homme se serait présenté une feuille de boucher à la main, une fausse ceinture d’explosif à la taille en criant « Allah Akbar ». On rejette l’idée d’une quelconque allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, Daech ou n’importe quel mouvement radical.

C’est ridicule. Où sont les preuves ? Tarek est un jeune homme qui aimait la vie », insiste sa sœur Yossera.

Un discours entendu dans toutes les familles des jeunes Tunisiens embrigadés à l’insu de leur famille. Et ils sont nombreux : plus de 3.000 selon les chiffres officiels et si on ne compte que les départs en Syrie. Mais la famille a d’autres arguments.

Il préparait son retour au pays, venait de réclamer des documents pour refaire son passeport tunisien et d’envoyer des affaires qu’il voulait retrouver ici cet été », affirme sa sœur.

Dans la valise : jeans déchirés, t-shirt de marque… « La panoplie de Daech vous trouvez ? », insiste un cousin.

Deux tentatives de vie en Europe

Chacun y va de la description du parcours de leur jeune frère, fils ou cousin. La famille entière est réunie dans la cour de la ferme autour de laquelle tout le monde vit. Les jeunes enfants s’amusent au pied des citronniers chargés de fruits encore verts. Les femmes discutent, assises près des bâtiments après le repas, les hommes, de leur côté près des hangars.

Les plus à même de parler de Tarek, sa mère, ses sœurs, son jeune frère et quelques cousins se réunissent pour décrire le jeune homme et sa vie ou du moins ce qu’ils en savaient.

« Tarek a fait deux tentatives de vie en Europe », raconte sa sœur Yossera. « La première en 2009 je pense. Il avait abandonné l’école après la 9ème, vers 14 ou 15 ans et il avait envie de tenter sa chance comme tous les jeunes, de pouvoir se payer une voiture, construire sa maison… C’était un jeune homme ambitieux », raconte la cadette qui l’avait souvent au téléphone ou par messages.

Tarek part alors par la Turquie et rejoint l’Europe, passant de pays en pays pour tenter d’obtenir des papiers. « La vie était très dure. Il est resté un peu en Roumanie où on lui a conseillé de rester cinq ans pour obtenir des papiers mais il n’a pas supporté la vie là-bas : le froid, la neige en hiver… Il est tombé malade », se souvient sa mère. Tarek est resté hospitalisé 15 jours dans le pays, affirme ses proches.

Après une année et trois mois de galère, il prend donc le chemin du retour. « Il a passé le mois de Ramadan avec nous et puis il s’est préparé pour un nouveau départ. Il ne tenait pas en place ici… », raconte Yossera. Avec six amis, ils achètent donc une petite embarcation, ces coquilles de noix dans lesquels tant de jeunes tentent la traversée périlleuse de la Méditerranée chaque année. Ils se jettent ensemble à la mer en direction de Lampedusa avant de traverser l’Italie vers la France où il séjourne un court moment à Nice avant de s’installer chez son cousin Khaled à Sainte-Maxime.

« Je suis resté 11 ans en France, sans papiers mais sans histoires », affirme doucement Khaled qui a exercé toutes ces années le métier de carreleur à son compte dans le sud-est de la France. « Je gagnais bien ma vie, j’ai accueilli mon cousin à la maison comme mon petit frère. Et je crois que j’étais pour lui comme un grand frère. Je l’ai fait travaillé avec moi durant, en tout, un an et demi je dirais ».

« Il était très loin de Daech »

Mais Tarek a la bougeotte. Il part un peu en Suisse, au Luxembourg… Mais revient chez Khaled, son point de chute principal d’alors. Les deux cousins ne désespèrent pas d’obtenir des papiers. Une démarche compliquée en France, mais qui l’est moins en Italie où ils vont déposer un dossier en 2013. « Sur le chemin du retour, on a été arrêtés par la police italienne. Un contrôle de routine mais comme on n’avait pas de papiers et qu’on leur a dit habiter en France, ils ont décidé de nous remettre à la police française ».

Au moment du transfert, entre Vintimille et Menton, Tarek s’enfuit. « Il avait peur d’être expulsé », estime Khaled. « Il s’est mis à courir très vite et à vrai dire personne n’a essayé de le rattraper ». Lui est d’ailleurs libéré quelques heures plus tard sans être inquiété. On lui rend son passeport et l’autorise à partir sans plus de formalités. Mais le passeport de Tarek reste au poste de police.

Il n’a plus du tout de papiers depuis cette période ce qui l’empêchait de toute façon de rentrer au pays », souligne Abdel, un cousin de Tarek.

Dans les mois qui suivent, Tarek décide d’aller vivre en Allemagne où, dit-on, il est possible d’obtenir des papiers. Khaled, le grand frère, le point de chute, lui, rentre au pays.

Ce que devient le jeune homme devient alors un peu moins certain, même si ses proches le contestent. « Il a toujours beaucoup appelé. Sa mère, moi, ses cousins… », veut convaincre Yossera. « Il était très loin de Daech, il voyageait, il avait un petit travail depuis quelques mois il vendait des ordinateurs et des tablettes ». Pour la jeune femme, qui ne peut se résoudre à remettre en cause la parole de son aîné, le fait d’avoir visité plus de 20 pays européens est un signe d’ouverture d’esprit, une démonstration de sa volonté de tout faire pour s’en sortir, un gage de sa détermination à vivre, en totale opposition avec l’acte dont on l’accuse à Paris.

Mais lorsqu’on interroge sa famille sur son dossier de police en Allemagne ou au Luxembourg, sur les accusations de vols ou d’agression, personne n’a de réponse à apporter. « Un mois en prison? », interroge sa maman. « On n’est pas au courant. Non, ils doivent se tromper… », veut-elle se persuader. « De toute façon, cela n’a rien avoir avec ce qu’on lui reproche à Paris », renchérit Abdel. « Tarek préparait son retour à la maison. Pourquoi voulez-vous qu’il commette un tel acte, une sorte de suicide si on écoute bien la version officielle? »

« Nous voulons une enquête »

Tarek avait demandé à sa famille de lui faire parvenir des extraits de naissance afin qu’il puisse refaire un passeport tunisien auprès du consulat. Des documents en date du 28 décembre que sa mère tient précieusement dans la main. Et puis « il est parti en France pour s’occuper de tout ça. C’est plus simple qu’en Allemagne parce que nous pouvons avoir les documents en français ici, pas en allemand », explique Abdel, cherchant à donner un peu d’ordre au déroulé des dernières semaines de Tarek. « Ensuite, il nous a appelés de Marseille. C’était le 28 décembre, j’ai vérifié », renchérit Yossera sans parvenir à expliquer exactement ce qu’il était allé faire dans la Cité phocéenne…

« Je pense que, ce matin-là à Paris, il a voulu demander un renseignement aux policiers, peut-être faire une déclaration de perte pour son passeport laissé à la police en 2013″, suggère Abdel.

Ce qu’on lui reproche est impensable pour nous. Nous voulons une enquête. Nous voulons savoir ce qui s’est réellement passé durant ces quelques minutes devant le commissariat. Pas pour faire des histoires, mais pour connaître la vérité sur les circonstances de la mort de Tarek ».

Au même moment, dans la presse allemande, un tout autre portrait du jeune homme est dressé. Celui d’un voyou, parfois violent, qui aurait eu des affinités pour le mouvement islamiste implanté en Syrie et en Irak… Un portrait insoutenable aux yeux d’Habiba. La vieille femme replie avec attention chacun des vêtements envoyés par son fils avec la plus grande attention, comme s’il allait bientôt revenir au pays et les porter à nouveau. Perdue dans ses pensées, perdue dans son chagrin.

Céline Lussato

Bon je vous mets pas la vidéo du Préfet Mollins et que vous trouverez dans le lien source, qui est à l’opposé de celle de Panamza dans l’article que j’ai traité,

ici ; C’est du bidon…

ici ; C’est du bidon, la suite…

ici ; De Sallah à Belgacem, ou pas !

et enfin ici ; C’est surtout une bavure…

D’autant qu’un témoin devant être interrogé par Skype News pour cette affaire, a été empêché de le faire. Rajoutant de la suspicion sur ce drame…

Pour finir, je vous remets l’article que j’ai écrit le 27 décembre dernier qui s’intitule : Française de papier ;

Tarek ne se relèvera plus et pour l’éternité il restera l’assaillant du commissariat du 18ème…

S’il y a des informations complémentaires permettant de comprendre ce drame ; Soyez sûrs que cela sera traité, ici.

Ne laissons pas la terre se refermer sur cet incompréhensible drame.

Comme une cicatrice ouverte sur le visage de la France.

Une de plus, une de trop…

JBL1960

 

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2 réflexions sur « La bavure s’appelait ; Tarek… »

  1. Ce Pouvoir aux abois ne cherche qu’à nous faire peur et nous dominer définitivement. Clair, net… et avec bavures!

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