CHARLIE VA AU BATACLAN

Du 11/09/2001 au 13/11/2015

La naissance d’un monstre ; « Syrak »

Je reproduis ici, l’excellente analyse de Massimo Mazzucco publiée par le site ilfattoquotidiano ;

L’analyse est léchée, ciselée au scalpel.

Et ça fait mal… Car le diagnostic est sans appel ;

Désormais la finance globale est la véritable patronne du monde, et nous pouvons seulement nous en vouloir d’avoir donné carte blanche, par notre vote, à tous ces politiques qui au cours des 20 dernières années nous ont amenés, silencieusement, mais consciemment, à ce piège mortel.

Bien entendu, nous pouvons corriger le tir et en premier lieu en retirant notre consentement en ne votant plus déjà.

Et puisque nous sommes conscients du piège mortel dans lequel les Banksters veulent nous enfermer à tout jamais.

Bah, ne les laissons pas faire ; Nous pouvons agir là où nous sommes, nous devons travailler le corps social autour de nous, nous devons nous éveiller, éveiller nos enfants et acquérir des compétences hors du Système et travailler à notre résilience.

Massimo Mazzucco : Bilan 2015, de Charlie Hebdo au Bataclan en passant par la Syrie

http://ilfattoquotidiano.fr/massimo-mazzucco-bilan-2015-de-charlie-hebdo-au-bataclan-en-passant-par-la-syrie/#more-4041

L’année 2015 a débuté par les attentats de Charlie Hebdo au mois de janvier, et s’est conclue avec les attentats de Paris au Bataclan, au mois de novembre. En réalité, ces deux épisodes, extrêmement graves en eux-mêmes, forment simplement les contours de ce qui s’est passé cette année, à savoir, l’aggravation de la guerre en Syrie qui s’est transformée en quelques mois en un conflit de niveau international.

Il est naturellement impossible de séparer les deux choses – les attentats de Paris et la guerre en Syrie -, puisque toutes deux ont un important dénominateur commun, l’État islamique (EI). Pour démêler ce sac de noeuds, et donner un sens à l’année qui vient de s’achever, il faut comprendre les origines de l’EI, qui remontent officiellement à l’été 2014. L’État islamique, comme chacun le sait maintenant, est une création indirecte de l’Occident (USA et Grande-Bretagme en premier lieu, avec la contribution d’Israël au second plan), qui a été mise sur pied grâce… à l’allier numéro un des USA au Moyen-Orient, à savoir, l’Arabie Saoudite, et également l’aide de la Turquie et d’autres pays mineurs comme le Qatar.

Le véritable objectif de cette alliance sunnite n’est pas la Syrie, mais bien l’Iran, l’autre grande puissance moyen-orientale qui s’oppose aux Saoudiens. La Syrie (alliée historique de l’Iran) ne devait être qu’une étape, une marche de plus vers l’objectif majeur. Le plan initial des Américains prévoyait en réalité un renversement rapide de Bashar el-Assad, mené à bien grâce à l’habituelle horde de « rebelles », financés et formés par la CIA elle-même. Et pour pouvoir les organiser  et les supporter officiellement, la propagande occidentale s’est même inventé un oxymore digne d’entrer dans l’Encyclopédie : les « rebelles modérés ». Ils assassinent, oui, mais avec douceur. Il haïssent, mais avec compassion. Ils détruisent, mais seulement par nécessité. (En fait, ils sont tellement modérés que leurs chefs se délectent littéralement du coeur de leurs ennemis à peine tués).

Mais quelque chose n’a pas fonctionné dans le projet de renversement orchestré depuis 2012 par Washington. Assad s’est révélé être bien plus difficile à renverser que prévu, au point qu’il a été nécessaire de créer une troisième force – l’État islamique justement – pour bouverser les règles du jeu et mener à bien le sale boulot que les « rebelles modérés » n’avaient pas réussi à accomplir. Mais au moment précis où l’État islamique était sur le point de faire tomber Assad, voilà qu’entre en scène un nouvel acteur, Vladimir Poutine, qui a littéralement renversé la situation. Désormais l’EI représente les méchants, et automatiquement, sont qualifiés également de méchants tous ceux qui jusqu’ici faisaient semblant de les combattre : autrement dit, par une manœuvre aussi simple que géniale, le grand joueur d’échecs qu’est Poutine a mis à nu sous les yeux du monde entier la tromperie perpétrée par les puissances occidentales à travers le «califat» artificiel d’al-Baghdadi.

Non seulement Poutine a fait cela, mais il est allé bien au-delà. Après l’affaire de l’avion russe abattu par les Turcs, il a aussi révélé au monde entier, images irréfutables à l’appui, le sale double jeu que mène Erdogan le long des frontières de son propre pays : pendant que d’un côté il fait semblant d’aider les Kurdes à combattre l’EI, de l’autre il finance ce même État islamique en leur achetant leur pétrole par milliers de tonnes chaque jour.

Mais quel rapport avec les attentats de Paris ? Il existe bel et bien, pour toute une série de motifs. Le premier est que les attentats de Paris (c’est-à-dire, au coeur de l’Europe) ont renforcé chez nous l’idée que l’EI était une organisation de féroces criminels, et qu’il fallait la combattre par tous les moyens possibles. Y compris en envoyant nos avions bombarder le territoire syrien, «là où se trouve l’EI». (Naturellement, une fois que les avions ont franchi la frontière, personne ne sait vraiment ce qu’ils vont bombarder).

D’ailleurs, comme chacun sait, le «terrorisme islamique» est devenu depuis quelque temps déjà l’argument principal qui permet d’éroder petit à petit nos libertés et nos droits civils. Et rien ne pouvait mieux servir cet objectif que les attentats de Paris, «perpétrés par des terroristes de l’EI.»

C’est là que s’ouvre la vision plus globale de la situation, qui nous ramène au 11 septembre 2001. Aujourd’hui, quelque 15 années après cette date fatidique, l’Europe paie finalement l’addition pour tous les mensonges qu’elle a accepté d’écouter sur les attentats contre les Tours Jumelles. Nous qui combattons pour la vérité sur le 11-Septembre, répétons depuis longtemps déjà qu’il est essentiel que la vérité émerge sur cette tragédie, afin que des événements de ce genre ne puissent pas se répéter à l’avenir. Et au contraire, grâce à la connivence et au silence complice des journalistes dans toute l’Europe, nous nous retrouvons aujourd’hui à devoir affronter les conséquences d’un « terrorisme islamique » qui est maintenant arrivé sur le pas de notre porte.

Je le dis encore une fois, afin d’être bien clair : si les mensonges du 11-Septembre avaient été dévoilés à temps, par un simple travail journalistique parfaitement élémentaire, aujourd’hui le « terrorisme islamique » n’existerait plus, car personne n’y croirait plus. Au lieu de cela, voilà que nous devons nous faire fouiller de la tête au pied même pour aller écouter le Pape place Saint-Pierre. À  la plus grande satisfaction, évidemment, de tous les ministres de l’Intérieur, de tous les ministres de la Justice et de tous les préfets de police d’une bonne partie de l’Europe.

L’État policier qui existe depuis plusieurs années déjà aux USA – déguisé en démocratie « For the people and by the people » – est en train d’arriver aussi chez nous. Et cela, grâce à la lâcheté collective de tous les journalistes européens, qui n’est rien d’autre que la somme des lâchetés de chacun d’eux. Aucun de ces journalistes, aujourd’hui, ne peut faire semblant d’ignorer comment les choses se sont réellement passées le 11 septembre 2001, et par conséquent, chacun d’eux a sa part de responsabilité dans la situation où nous nous trouvons aujourd’hui.

L’autre grand événement qui a marqué de son empreinte l’année 2015 est l’échec de Tsipras et de sa tentative de libérer la Grèce de la tenaille de la finance internationale. Nous avons déjà discuté en détail de ce qui s’est passé en Grève au printemps et à l’été de cette année : que l’on considère Tsipras comme un «traitre» vendu à l’ennemi, ou simplement comme quelqu’un qui a été contraint de faire les choix qu’il a faits, le résultat est le même : la petite nation hellénique a dû s’agenouiller sur l’autel des banquiers internationaux, et cela a servi d’avertissement à toutes les autres nations européennes qui pourraient à l’avenir être effleurées par l’idée de sortir de la monnaie unique.

Désormais la finance globale est la véritable patronne du monde, et nous pouvons seulement nous en vouloir d’avoir donné carte blanche, par notre vote, à tous ces politiques qui au cours des 20 dernières années nous ont amenés, silencieusement, mais consciemment, à ce piège mortel.

Un autre aspect intéressant de l’année qui vient tout juste de s’écouler est l’émergence des « scandales » FIFA-Blatter et Volkswagen. Dans les deux cas, la main des USA n’est que trop évidente : d’un coté ils ont cherché par là à frapper la Russie, en demandant l’annulation de l’assignation à la Russie du mondial de foot, et de l’autre côté, ils ont tenté ainsi d’atteindre l’Allemagne, qui s’est évidemment montrée bien trop réticente à appliquer les sanctions économiques contre cette même Russie

En somme, si nous devons tirer une conclusion, l’année 2015 a vu les États-Unis tenter désespérément de rester aux commandes du monde, en bougeant tous les pions à leur disposition, même les plus sales – sur l’échiquier international. Mais par chance (pour nous), ils ont trouvé en face d’eux un joueur d’échecs à la hauteur de la situation et bien préparé, qui les a empêchés, du moins jusqu’à ce jour, d’atteindre leurs objectifs.

Nous aussi, au niveau international, vivons une belle odyssée : avec ce leader fantoche au service des banques et des grands industriels, qui continue de nous vendre son optimisme parfaitement feint, nous risquons de payer une addition qui pourrait être sacrément salée. Et il est très probable que l’addition arrivera dans les 12 prochains mois (aussi parce que la Banque de l’Étrurie(*) n’est certainement pas la seule à risquer la faillite. Et au prochain épisode de ce genre, personne ne peut jurer que les rapports entre les citoyens et les banques resteront inchangés).

Nous pouvons donc à tout point de vue prévoir que l’année 2016 sera celle des grandes réponses, que ce soit au niveau national ou international. Cela dit, souhaitons que le monde devienne meilleur (comme le disent les optimistes de salon), ou du moins un peu plus équilibré, sensé, et aussi, peut-être, un peu plus à dimension humaine.

Massimo Mazzucco(**) luogocomune.net, mercredi 30 décembre 2015 21h20 Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

Pour ma part, je pense que le rôle de Poutine a été écrit en cours de route par les Banksters (les fameux psychopathes aux manettes depuis des lustres…) pour finalement l’intégrer dans leur Plan et que selon les résultats il pourrait prendre la tête de la Gouvernance Mondiale…

Attention, je ne dis pas que tout est gravé dans le marbre.

Et que les néo-cons vont accepter cela comme paroles d’évangile.

On voit bien qu’ils s’adaptent en milieu hostile les bougres.

Mais, tout ce tient bien quand même et pour moi, le scenario est crédible.

Souvent, je dis ici où ailleurs, que le moindre grain de sable (nous, les peuples) peut enrayer une machine pourtant bien huilée.

Et je nous souhaite de trouver la force de nous coaliser afin de faire bouger les lignes de cet avenir sombre qui nous est tracé.

JBL1960

 

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L’âme des poètes…

Longtemps, longtemps, longtemps,

Après que les poètes ont disparu…

Leurs chansons,

Courent encore dans les rues…

Voilà, à tous les poètes qui nous quittent en ce moment et qui nous ont touché ;

 

Le principe de la vie inclue la mort, à un moment donné…

Autant l’intégrer de suite.

Malheur de Malheur…

Cette info lu sur fr.sputniknews.com rapportée par la chaîne de Télé RT, vaut son pesant de cacahuètes…

Aux États-Unis, des fermiers en colère prennent les armes

Trois fermiers, épaulés par 150 partisans armés, ont pris le contrôle de bâtiments administratifs de la réserve nationale de Malheur, située dans l’État de l’Oregon, en signe de protestation contre l’arrestation de deux fermiers accusés d’incendie criminel.

Orchestrés par trois fils du fermier Cliven Bundy, — connu notamment pour ses bras de fer avec les autorités fédérales — les protestataires exhortent le gouvernement américain à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures de l’État de l’Oregon, rapporte la chaîne RT.

« Nous nous engageons à libérer ce territoire pour que les fermiers puissent cultiver leur lopin de terre, que les bûcherons puissent abattre des arbres et que les mineurs puissent exploiter les mines sans avoir peur de la tyrannie dont ils subissaient les conséquences de plein fouet jusqu’alors », a déclaré l’un des chefs des insurgés, Ammon Bundy.

Prospère auparavant, le comté de Harney, poursuit-il, s’est vu relégué au rang d’État sous perfusion. Pour y remédier, Ammon Bundy propose de placer l’État de l’Oregon hors de la juridiction du gouvernement fédéral et de le peupler par des « patriotes » armés, qui constitueront par la suite un gouvernement autonome.

Quant au Bureau de Gestion du Territoire des États-Unis, un autre chef insurgé, Blane Cooper, l’a comparé à un cancre qui continuera de harceler ses camarades de classe tant qu’il ne sera pas remis à sa place.

« Tant que la ligne rouge ne sera pas franchie et que les gens ne diront pas +Nous en avons marre+, rien ne changera », a martelé Blane Cooper.

Les protestations, déclenchées par les Bundy, ajoute-t-il, galvaniseront les patriotes américains partout dans le pays, des patriotes qui n’hésiteront pas à s’allier à leur cause.

« Tel un rayon d’espoir, elles (les protestations, ndlr) embrasseront le pays entier, tous les États sans exception. Tout le monde a besoin de cet espoir puisque le gouvernement n’a cessé de nous oppresser, de nous opprimer et de nous enlever tout ce qui nous était dû. Et il n’y renoncera pas tant que nous ne lui dirons pas +stop+ », a-t-il fustigé.

C’est beau quand même des gens qui se battent pour la terre de leurs ancêtres qui l’avaient eux-mêmes volés aux natifs

1823 : La cour suprême des États-Unis décide que les Amérindiens ne possèdent pas la terre

L’affaire Johnson contre McIntosh a établi, par la décision, rendue en 1823 par le président de la Cour Suprême des États-Unis, le principe de la souveraineté (« sovereignty ») des États-Unis sur son territoire au nom du « droit de découverte » des nations européennes, supérieur au « droit d’occupation » des autochtones.

En effet, dans cette décision, les preneurs à bail de Thomas Johnson ont été déboutés, au motif que celui-ci avait acheté sa propriété en 1773 et 1775 à des tribus Piankeshaw, alors que le défenseur, William M’Intosh (prononcer « McIntosh »), négociant en fourrures, avait ultérieurement obtenu une concession de ce même terrain (comme l’a en tous cas considéré le tribunal) du gouvernement fédéral des États-Unis.

Bon, on va juste leur rappeler à ces fermiers de Malheur que ; La base territoriale de l’empire, de l’impérialisme anglo-saxon, est usurpée, illégale et criminelle puisque fondée sur le non-droit des nations originelles, dépouillées sans vergogne de leur souveraineté territoriale, politique et culturelle.

Et que ; L’empire n’a pas de base territoriale légale, c’est aussi simple que cela.

Un empire sans terre est un empire à terre !

Aux colons de la Terre pour qu’il n’y ait plus de Colombus Day !

JBL1960

 

 

Ubu vit en Israël…

Son père venait d’Amérique, son grand-père d’Irlande, et son arrière grand-père de France…

Pourquoi pas ?

Donc un gars est nommé avec un titre ronflant et le salaire qui va avec, à n’en pas douter, « rapporteur spécial de l’Onu sur les territoires palestiniens ».

Et le gars, il démissionne, comme son prédécesseur, parce que ; Israël ne l’a jamais autorisé à pénétrer dans ces territoires…

Sans déconner ?

Démission du rapporteur spécial de l’Onu sur les territoires palestiniens  04/01/2016

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, l’Indonésien Makarim Wibisono, a présenté lundi sa démission car Israël ne l’a jamais autorisé à pénétrer dans ces territoires, a annoncé l’ONU.

« Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens, Makarim Wibisono, a remis aujourd’hui sa démission au président du Conseil des droits de l’Homme », a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme dans un communiqué.

Il quittera ses fonctions le 31 mars, à la fin de la prochaine session du Conseil des droits de l’Homme (29 février au 24 mars), devant lequel l’expert présentera son dernier rapport.

M. Wibisono avait pris ses fonctions en juin 2014, succédant à l’américain Richard Falk qui n’avait pas non plus été autorisé par Israël à se rendre dans les territoires palestiniens.

En juin 2015, Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, avait expliqué à l’AFP que son pays n’avait pas permis une visite de M. Wibisono « car Israël coopère avec toutes les commissions internationales et tous les rapporteurs sauf quand le mandat qui leur est confié est d’avance anti-israélien et qu’Israël n’a aucune chance d’être entendu ». Israël avait déjà empêché Makarim Wibisono d’enquêter en Israël et dans les Territoires en 2014, avait-il ajouté.

Depuis sa prise de fonction, M. Wibisono avait en effet demandé à plusieurs reprises – par écrit et oralement – aux autorités israéliennes l’accès aux territoires palestiniens, selon l’Onu.

Le rapporteur spécial avait fait une nouvelle demande en octobre dernier sans jamais recevoir de réponse des autorités israéliennes, a précisé le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies.

« J’ai l’espoir sincère que celui qui me succèdera parviendra à résoudre l’impasse actuelle, et à réassurer au peuple palestinien qu’après presque un demi-siècle d’occupation le monde n’a pas oublié leur situation désespérée et que les droits de l’Homme sont bien universels », a affirmé M. Wibisono.

Il est important qu’Israël coopère « pleinement, y compris en permettant l’accès sans entrave aux territoires palestiniens occupés », a-t-il encore souligné.

Le rapporteur spécial est considéré comme l’expert de l’Onu le plus haut placé sur la question des droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens. Il est nommé par le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu, une institution avec laquelle Israël a des relations conflictuelles.

Israël a boycotté à plusieurs reprises des sessions de ce Conseil, qu’elle considère comme un organe « entièrement politisé ».

http://www.lorientlejour.com/article/963089/demission-du-rapporteur-special-de-lonu-sur-les-territoires-palestiniens-en-raison-du-manque-dacces.html

Lu sur Alterinfo le 04/01/2016
Notez bien ; Israël a boycotté à plusieurs reprises des sessions de ce Conseil qu’elle considère comme un organe « entièrement politisé ».
Boycott est un gros mot en France…
Pire, même, aujourd’hui la justice criminalise les activistes BDS !
JBL1960

Bis repetita…

Jusqu’à quand ?

Au risque de passer, encore, pour une vilaine complotiste, voire une théoricienne de la coïncidence ;

Je voudrais attirer l’attention sur cette info, lue sur sputniknews ce jour et la relier avec 2 autres affaires dans lesquelles Vlad a tenu, exactement, la même position pour leurs résolutions.

Massacre de la Ghouta près de Damas en Syrie le 21/08/2013

Attentat chimique ayant fait de 355 à 1729 morts et 3600 blessés.

355 selon MSF et 1729 selon l’ASL.

Auteurs présumés : Ou bien l’ASL, d’après l’opposition et les gouvernements occidentaux ou bien les rebelles armés (ceux qui d’après Fabius « font du bon boulot ») d’après le gouvernement Syrien, l’Iran et la Russie.

Ce massacre ayant amené la planète au bord de la confrontation nucléaire et nous ayant démontré, à nous Français (de souche, de papier, et binationaux de tous poils) qui nous avions élu comme Président de la République Française. Càd ; Un psychopathe voulant se faire plus gros que les psychopathes aux manettes et ses maîtres donc ; Hollandouille…

Oblabla freina des 4 fers, Cameron fut désarçonné et jeté à terre, tandis qu’il se prit Hollandouille dans le fion vu qu’il fonçait tête baissée en criant ; « Assad doit partir, Assad doit partir, heueuh… ».

Et dès le 8 septembre 2013 ;

La Russie appelle la Syrie à placer sous contrôle international son arsenal chimique pour éviter des frappes occidentales. Ban Ki-moon a proposé lundi la création de zones supervisées par l’ONU et dédiées à la destruction des armes.

Washington et Moscou sont enfin parvenus à un accord jeudi soir sur une résolution visant à encadrer la destruction des armes chimiques du régime syrien. Le texte va être soumis au vote du Conseil de sécurité de l’ONU dès ce vendredi soir.

Bon, notez bien que dès le 21/11/2013 ; Suite à la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer l’accord d’association avec l’UE. Des Manifestations monstres se déclenchent et aboutissent le 22/02/2014 à la fuite puis à la destitution du Président Ianoukovythch.

Je sais qu’à priori comme ça à vu de nez, y’a pas grand rapport…

Vraiment ?

En réaction la Crimée proclame son indépendance et vote son rattachement à la Russie.

Boum, badaboum, Big badaboum ;

Le 17/07/2014 le vol MH17 est abattu en plein ciel ukrainien tuant les 298 personnes à son bord. Rappelez-vous à l’époque que dès l’annonce de cette ignominie (les morts sont réelles, toujours) la Russie était accusée d’être responsable… La destruction de ce vol civil amène encore la planète au bord d’une explosion à neutrons…

Les satellites zuniens étant à géométrie variable, y zont rien vus, rien entendus et donc le mystère demeure !

Bon, il est bon de rappeler à ce moment précis, que le responsable en chef de toute cette merde en Ukraine est un certain Soros, Georges. Sur ordre de qui vous savez… https://www.les-crises.fr/fuites-comment-le-milliardaire-georges-soros-tire-les-ficelles-us-en-ukraine/

Et donc, après que l’Arabie Saoudite a fait exécuter 47 « terroristes » dont Al-Nimr ;

En exécutant le cheikh Al-Nimr, le pouvoir saoudien a fait taire l’un de ses critiques les plus véhéments. Âgé de 56 ans, il avait été le chef de file des manifestations qui avaient ébranlé la province orientale du royaume, fief de la communauté chiite saoudienne, entre 2011 et 2012. Dans ce pays qui se veut le gardien de l’orthodoxie sunnite, les chiites, qui sont deux millions sur une population de dix-huit millions, s’estiment souvent marginalisés.       source le Monde du 03/01/2016

La planète étant encore au bord d’un gouffre à neutrons. Du fait que l’Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran (tu m’étonnes) parce que l’Iran… Bon on s’y perd. Mais tout ce qu’on voit et comprend immédiatement, c’est que beaucoup ont une bonne raison d’appuyer sur un bouton qui n’est pas un bouton d’ascenseur ! Quoique…

Et donc, Vlad arrive et propose ceci ;

Moscou propose sa médiation entre Riyad et Téhéran

Exprimant ses regrets quant à l’aggravation des relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran, la Russie se dit prête à jouer un rôle d’intermédiaire.

Moscou regrette sincèrement l’aggravation des relations entre Riyad et Téhéran et se dit prêt à assurer la médiation dans le règlement du conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran, a indiqué lundi une source de haut rang au ministère russe des Affaires étrangères.

« Dans un contexte de recherche d’un règlement politique de la crise syrienne, nous avons réussi à créer un « groupe de Vienne » avec la participation de l’Arabie saoudite et de l’Iran. Nous espérons que ce mécanisme continuera son travail actif afin d’aboutir à un règlement politique en Syrie », a confié le diplomate.

« Moscou a toujours préconisé des approches communes de tous les musulmans, chiites comme sunnites, tant dans le cadre de l’Organisation de la coopération islamique et sur les autres plateformes internationales que dans le règlement des problèmes régionaux, dont la crise syrienne, et surtout de la situation dans le Golfe ».

Moscou est lié par des relations d’amitié avec l’Iran et l’Arabie saoudite, et en tant qu’ami, est prêt à intervenir dans le règlement des litiges entre ces deux parties.

La Russie prône la conservation du format des négociations de Vienne sur la Syrie, avec la participation de Téhéran et de Riyad, selon la source.

http://fr.sputniknews.com/international/20160104/1020738901/iran-arabie-russie-mediation.html

Toute ressemblance avec la réalité est absolument voulue…

Avec cela, à la lecture du préambule de Résistance 71 à son article ; « Moyen-Orient : Les cartes tombent au gré de la guerre du gaz… » que voici ;

Cet article de la presse iranienne ne fait que confirmer ce que nous disons depuis un bon moment: Le centre d’intérêt géopolitique au Moyen-Orient et son « remodelage » à la sauce des nouveaux cons(ervateurs) yankees… C’est le gaz naturel, dont il est dit ici qu’il sera la source combustible primordiale dans 20 ou 30 ans. Nous assistons à une redistribution des cartes. L’Iran en possède les plus grosses réserves connues au monde et va devenir le centre gazier du monde avec la Russie. Ce qui est dit ici dans cet article peut être vu à notre sens de deux façons:

  • C’est une déclaration de guerre de la NIOC à Exxon-Mobil qui possède le Qatar comme nous l’avons vu précédemment ou
  • Tout ce joli petit monde s’est arrangé dans les bureaux feutrés des corporations et se redistribuent les cartes entre eux à savoir les 3 géants du gaz: Gazprom, la NIOC et sa NIGC et Exxon-Mobil.

Nous penchons pour la seconde solution, ce qui signifie à terme… La fin de la maison des Saoud et le démantèlement de l’Arabie Saoudite. Il devient évident sous cet angle que l’exécution récente d’un mollah chi’ite saoudien en Arabie est une tentative désespéré des saoudiens (toujours soutenus par l’empire et Israël, du moins en apparence) pour reprendre la main en causant plus de chaos dans la région.  D’un autre côté si la première option est juste, alors  l’Iran tombera t’il dans le piège tendu par l’exécution du mollah chi’ite ? Affaire à suivre… — Résistance 71 —

Et dont voici le lien vers l’article complet ; https://resistance71.wordpress.com/2016/01/04/moyen-orient-les-cartes-tombent-au-gre-de-la-guerre-du-gaz/

C’est pas que les choses deviennent plus claires, non !

Mais, personnellement, elle me conforte dans l’idée que le Poutine, loin d’être contre une gouvernance mondiale et ces dernières déclarations le prouvent, finalement, se verrait bien en Président de cette gouvernance mondiale…

Les psychopathes aux manettes pour établir le N.O.M. choisiront le meilleur pour gouverner !

Et le meilleur pour le moment, c’est Poutine. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes tentatives pour l’éjecter ce sont soldées par des échecs pour l’administration « Évitons les conneries » d’Oblabla…

Et si ça peut leur permettre d’établir un N.O.M. incluant l’U.E., la Russie et la Chine ; Ben y vont pas se gêner et y vireront Oblabla, ou le suivant et consacreront Vlad…

Ceux qui commencent à me connaître savent que quand c’est NON, c’est NON…

Mais, il faut bien comprendre que le meilleur moyen d’empêcher la réussite de ce Plan ;

C’est de dire, NON collectivement.

Car sinon j’aurais eu raison, et croyez bien que seule dans mon coin,

ça me fera une belle jambe d’avoir eu raison, non ?

Nous devons retirer notre consentement, tous en même temps à ce 0.01% de psychopathes.

Sinon, ça va prendre mille ans…

À propos de Vlad

Meurtre Mort Détruire

Tous des supermenteurs…

JBL1960

L’état d’urgence pour faire oublier les tas d’urgences…

Je reproduis ci-dessous, l’excellent article de Said Bouamama

lu sur Alterinfo.

Parce qu’il y a urgence à nous museler. Voyez comme dès à présent, on nous martèle que c’est la nécessité absolue que cet état d’urgence est nécessaire, que la portée symbolique (dixit notre Sinistre Valls) est plus que jamais nécessaire, bla bla bla…

La mère des urgences c’est de nous museler le claquet. Et pis c’est tout.

Je vous le dis, ici, article après article.

Retirer votre consentement, dîtes NON !

Sinon bientôt, et plus tôt que vous ne le pensez, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer.

Je n’étais déjà pas CHARLIE en 2015.

C’est pas pour être  CHARLOT en 2016…

De « l’esprit du 11 janvier » à la «déchéance de la nationalité» : chronique d’une année de régression culturaliste

Said Bouamama – 1er janvier 2016

Trois séries de faits ont marqués l’année 2015. La première borne l’année par les attentats ignobles de janvier et de novembre. La seconde est constituée des instrumentalisations de l’émotion publique, qu’ils ont suscités dans une logique froide de réal-politique gouvernementale : elle va de « l’esprit du 11 janvier » à la déchéance de la nationalité en passant par le double consensus pour la poursuite de la guerre et pour l’Etat d’urgence renouvelable. La troisième est une conséquence logique de la précédente et se traduit par la banalisation des « abus » de l’Etat d’urgence, par la montée des actes islamophobes, par les résultats électoraux du Front National et par la manifestation raciste et islamophobe d’Ajaccio. Le discours médiatique et politique dominant, en présentant les deux premières séries de faits comme reliées par un ordre de causalité, légitime l’Etat d’urgence et la guerre comme nécessités de la sécurité publique. Par le procédé exactement inverse c’est-à-dire en refusant d’interroger les interactions entre les deux dernières séries de faits, les mêmes discours masquent les responsabilités gouvernementales dans le développement rapide de rapports sociaux racistes dans notre société.

Une question de méthode

Comprendre une dynamique sociale et politique suppose la recherche des liens de causalités entre des faits sociaux et politiques. Séparer ce qui est relié, nier les relations de causalités entre les faits, est une première erreur méthodologique diffusée lorsqu’un dominant, individu ou groupe social, a intérêt à masquer les causes réelles de ses décisions et de ses pratiques.

Des causes générales et abstraites sont alors mises en avant pour masquer les causes matérielles réelles. Des mots lourds envahissent alors le champ lexical. C’est ainsi que nous serions en guerre pour lutter contre la « barbarie » en Syrie aujourd’hui ou pour défendre le « droit des femmes » en Afghanistan hier et non pour des raisons de contrôle des sources pétro-gazières de la région.

C’est de même pour défendre la « laïcité » que la loi interdisant le port du foulard à l’école a été votées en 2004 et non pour détourner l’attention des effets d’un libéralisme économique destructeur. La montée de l’islamophobie, les résultats électoraux du Front National et la manifestation islamophobe d’Ajaccio sont incompréhensibles en partant de causalités générales et abstraites.

Ces faits sont le résultat de causalités matérielles précises : les décisions économiques, militaires et policières internationales et nationales de l’Etat français. La politique de guerre là-bas, de dérégulation économique et de détournement des colères sociales ici, sont, selon nous, les causalités matérielles que masquent les causalités abstraites et générales mises en avant par le discours politique et médiatique.

La recherche des causalités ne peut en outre se réduire à une approche chronologique. Ce qui précède n’est pas automatiquement la cause de ce qui succède. De même que le jour n’a pas pour cause la nuit, le vote de l’Etat d’urgence n’a pas pour cause les attentats ignobles de novembre et la guerre en Syrie n’est pas la conséquence de l’existence de DAESH.

Deux procédés idéologiques des mécanismes de domination peuvent à ce niveau être repérés. Le premier consiste à confondre prétexte et cause. L’invasion du Koweït par l’Irak est ainsi un prétexte qui a médiatiquement et politiquement été construit comme cause pour justifier la guerre du golfe. Le second mécanisme classique des processus de domination est l’inversion de l’ordre des causes et des conséquences.

« L’esprit du 11 janvier », « l’unité nationale » et « l’état d’urgence » ne sont pas des conséquences logiques et inéluctables des attentats de janvier et décembre mais sont le résultat d’une instrumentalisation de l’émotion publique à des fins politiques et économiques libérales et guerrières.
Théorie du complot ou temporalités différenciées ?
Il est de bon ton aujourd’hui d’amalgamer l’effort de compréhension des stratégies des classes dominantes pour imposer une vision du monde conforme à leurs intérêts matériels d’une part et la « théorie du complot » d’autre part. L’accusation de « conspirationnisme », de « complotisme » ou de « confusionnisme » est même devenue une étiquette infamante brandie face à chaque effort critique. De cette façon s’opère un désarmement idéologique des contestations sociales de l’ordre dominant. Il s’agit bien d’un amalgame au sens de la confusion réductrice entre deux phénomènes hétérogènes.

La théorie du complot présente les événements politiquement signifiants comme le résultat d’une conspiration globale orchestrée en secret par un groupe social plus ou moins important. L’approche stratégique c’est-à-dire matérialiste analyse l’histoire comme le résultat de la lutte entre les groupes dominés (classes, minorités nationale et/ou ethniques, nations, femmes, etc.) et les groupes dominants basée sur une divergence d’intérêt matériel.

La première approche explique la révolution française par un complot maçonnique et la seconde par la lutte entre les féodaux, les serfs et la bourgeoisie. La première explique les luttes de libération nationale de la seconde moitié du vingtième siècle comme le résultat d’un complot communiste alors que la seconde recherche la causalité de ces luttes dans les changements du rapport des forces mondiales ouvrant de nouvelles possibilités de luttes aux colonisés. La première explique l’histoire et ses événements par l’existence d’un complot juif mondial pour dominer le monde alors que la seconde recherche les déterminants historiques dans Les évolutions des rapports de forces entre dominants et dominés. La première explique les guerres contemporaines par un complot de la société des illuminati de Bavière alors que la seconde analyse ces guerres comme conséquences de la lutte pour contrôler les sources des matières premières stratégiques.

Si l’histoire n’est donc pas faite de complots, il existe en revanche une histoire des théories du complot, des moments de leur émergence et de leur développement. Celles-ci fleurissent dans les séquences historiques de crises marquées par une crainte sur l’avenir lointain, une incertitude sur l’avenir proche, la peur du déclassement social, l’affaiblissement des facteurs de sécurités sociales et le relâchement des liens sociaux de solidarité. Cette première série de facteurs ne suffit pas. Pour que se développe les théories du complot de manière conséquente, il faut de surcroît qu’aucune explication crédible ne soit suffisamment disponible pour expliquer cette première série de faits.
C’est à ce niveau qu’apparaît la responsabilité de Hollande et Valls pour ne parler que de la société française. La nécessité vitale pour eux de masquer les véritables raisons de leurs choix politiques et économiques les orientent vers une temporalité de court terme. Les grilles explicatives proposées sont en permanence conjoncturelles, de réaction à une situation, de mensonge sur les résultats logiques de leurs choix (qui eux sont bien structurels et inscrits dans la longue durée).

Expliquer les guerres par leur véritable cause c’est-à-dire les matières premières ou le contrôle d’espaces géostratégiques les rendraient impopulaires. Expliquer la régression sociale généralisée par sa véritable cause c’est-à-dire l’enrichissement d’une minorité la rendrait impossible. La décrédibilisation de ces explications de court terme conduit à l’émergence du terreau des théories du complot comme elle conduit d’ailleurs à la construction de populations bouc-émissaires servant de base au développement des idées et groupes fascisants.

L’instrumentalisation de la réalité immédiate pour lui faire servir les choix économiques et politiques structurels de dérégulation globale devient dès lors un impératif de légitimation. Si « l’esprit du 11 janvier », « l’unité nationale » ou le consensus sur la guerre et l’Etat d’urgence ne sont pas le résultat d’un complot où l’ensemble des actes du scénario était prévu, ils sont en revanche le résultat de l’instrumentalisation des attentats et de l’émotion qu’ils ont suscités.

La lepénisation des esprits
La temporalité de court terme à des fins de légitimation de décisions illégitimes porte un autre effet important : l’emprunt au Front National de son vocabulaire, de ses logiques de raisonnement, de ses manières de problématiser la société. Il s’agit en effet de tenter de rassurer une angoisse sociale en ne s’attaquant pas à ses bases matérielles en attendant la prochaine échéance électorale. A ce jeu les explications univoques et simplistes du Front National restent les plus efficaces quitte à les nuancer à des fins de distinction. Ce processus décrit il y a bien longtemps par Pierre Tevanian et Sylvie Tissoti est en œuvre depuis plusieurs décennies c’est-à-dire depuis la contre-révolution libérale. D’emprunt en emprunt c’est progressivement l’ensemble du paysage idéologique français qui se trouve modifié.

Problématiser les faits et crises sociales à partir de logiques culturalistes, accepter même en les nuançant les théories faisant de l’Islam et des musulmans un problème (pour la démocratie, pour le droit des femmes, pour la laïcité, etc.), reprendre la thématique d’une « identité nationale » en danger par le défaut d’intégration d’une composante de notre société, expliquer les guerres au Sud de la planète par des facteurs uniquement religieux et/ou tribaux, présenter des groupes meurtriers comme DAESH comme surgissement inexplicable de la barbarie ou pire comme conséquence logique d’une religion meurtrière en essence, etc., voilà des décennies que l’hégémonie de cette vision du monde se renforce par emprunts successifs.

Le résultat est au rendez-vous : le développement des rapports sociaux racistes dans notre société. Loin d’être une situation isolée, la manifestation islamophobe d’Ajaccio reflète le développement bien réel de ces rapports sociaux sur l’ensemble du territoire. De telles manifestations existent en potentialité ailleurs. Bien sûr ni Sarkozy, ni Hollande ne souhaitent un tel résultat mais celui-ci reste la conséquence logique de décisions de court-terme prisent pour répondre aux besoins de légitimation immédiats de leurs projets de régression sociale.

La lepénisation des esprits est un processus c’est-à-dire qu’elle ne peut être stoppée que par la rupture franche et nette avec la logique qui la porte. Or une telle rupture n’est pas possible pour un parti socialiste qui a définitivement fait le choix de la mondialisation capitaliste et de ses nécessités que sont les guerres et la régression sociale généralisée. Elle débouche inévitablement sur une lepénisation des actes. Elle ouvre enfin pour le Front National à une logique de surenchère qui n’a aucune raison de s’arrêter.

La proposition du gouvernement d’instaurer une « déchéance de la nationalité » pour les « binationaux » condamnés pour terrorisme est, non seulement, approuvée par le Front National mais celui-ci propose de l’élargir à d’autres situations. « Une fois que le principe a été réhabilité par François Hollande, précise Florian Philippot, nous allons passer à l’étape numéro 2, c’est-à-dire faire pression pour que cette déchéance soit appliquée concrètement beaucoup plus largement (2). »

La même logique de surenchère est repérable sur de nombreuses autres questions : L’islamophobie qui se déploie de l’interdiction initiales de porter le foulard au sein de l’école publique à une demande d’extension dans les hôpitaux, les entreprises, la rue, etc. ; La sécurité qui se traduit par une demande d’armements plus conséquents des policiers puis s’étend à l’armement de la police municipale et pourquoi pas demain à la vente libre des armes comme aux Etats-Unis ; Les conditions exigées pour le regroupement familial qui ne cesse de croître depuis trente ans, etc. Sur toutes ces questions ce que le Front National propose devient ultérieurement une réalité mise en œuvre par la droite et/ou le parti socialiste.

L’acceptation d’un champ idéologique entraîne inévitablement les conséquences pratiques de ce champ. L’acceptation pour des raisons de légitimation de court-terme et/ou pour des raisons de détournement des colères sociales et/ou pour des raisons électorales du culturalisme comme grille de lecture du monde conduit inévitablement à un développement des rapports sociaux racistes concrets.

Les processus culturalistes que nous décrivons s’inscrivent désormais dans la longue durée c’est-à-dire qu’ils se déploient depuis plusieurs décennies. Toutes les mesures culturalistes ne se valent cependant pas. Certaines d’entre-elles signifient des basculements qualitatifs au sens où elles marquent l’éclatement d’un verrou idéologique issu des luttes sociales passées et en particulier de la lutte contre le fascisme au mitan du vingtième siècle et des luttes anticolonialistes des décennies suivantes. Rendre possible la déchéance de la nationalité est une mesure signifiant une telle rupture qualitative.

La colonisation instaure un clivage légal entre d’une part des citoyens français et d’autre par des « sujets français ». Elle crée pour les indigènes selon le juriste Jacques Aumont-Thiéville une position « intermédiaire entre celle du citoyen français et celle de l’étranger puisqu’ils sont sujets français (3) ».

Ce faisant, elle fonde un droit d’exception s’appliquant à certains français et non à d’autres. Une fois la logique d’exception posée, elle s’étend inéluctablement comme en témoigne la distinction entre « français de papier » et « français de souche » qui date de l’époque coloniale. La hiérarchisation des « français » en fonction de leurs origines touche ainsi les « naturalisés » même européens :

« Compagnons de France ! A l’appel ! Martinez ! – Présent. Navarro ! – Présent. Esclapez ! – Présent. Napolitano ! Canelli ! Présent ! Présent ! ». Sur les places des villages et des villes d’Oranie, les dimanches matins du salut aux couleurs, le défilé des noms des « compagnons »’ lancés avec l’accent râpeux d’Oran donnait une bonne idée des origines de ceux que les Français « authentiques » appelèrent longtemps avec mépris les « néo-français », ou mieux encore « les Français à 2,75 F » (du prix du papier timbré sur lequel s’établissait la demande de naturalisation) 

Le décret-loi du 22 juillet 1940 du maréchal Pétain prévoit pour sa part dans son article 1 « la révision de toutes les acquisitions de nationalité française ». Bien sûr nous n’en sommes pas là mais il s’agit bien d’autoriser une déchéance pour des personnes nées françaises sur le seul critère de l’origine. François Hollande le précise nettement le 16 novembre devant le congrès :

Nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né Français, je dis bien même s’il est né Français, dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité (4).

Quant à la veine idéologique d’une telle mesure, le ministre de la justice de Pétain Raphaël Alibert la précise en argumentant le décret-loi avec un vocabulaire que l’on pourrait croire contemporain : « les étrangers ne doivent pas oublier que la qualité de Français se mérite (5). »

Les réponses de Manuel Valls ont, bien entendu été une dénonciation offusquée de l’amalgame entre des situations incomparables. Son argumentaire ne peut cependant pas nous rassurer. Selon lui cette mesure n’est pas nécessaire pour des raisons d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme. Elle est de nature symbolique :

« Oui, c’est une mesure symbolique ». Mais « quand des Français prennent les armes contre d’autres Français, prônant la haine de la France, brûlant d’ailleurs le passeport, reniant tout ce que nous sommes, l’Etat, la République peuvent être amenés à prendre un certain nombre de mesures, qui sont à la fois symboliques et concrètes (6). » 

Si la mesure n’a aucune efficacité, si elle est entièrement de nature symbolique, c’est qu’il s’agit bien de faire éclater un verrou idéologique. Il ne faut jamais sous-estimer les effets d’un tel éclatement quand bien même celui-ci se limiterait à la sphère symbolique. La disparition d’un verrou idéologique libère et autorise, invite et incite, légitime et rend utilisable, des termes et des concepts, des logiques de pensées et des modes de raisonnement, jusque-là prohibés par l’état du rapport de forces. Ce qui est autorisé par l’éclatement de la nationalité homogène qu’instaure la déchéance de la nationalité se sont des pratiques d’exception jusque-là prohibées, ce sont des traitements inégalitaires légaux sur la seule base de l’origine.
Nous sommes bien en présence d’une politique de la race construite par en haut pour des raisons de légitimation de court-terme mais imprégnant désormais largement la société française comme en témoigne les derniers sondages comme la manifestation d’Ajaccio.

Le peuple de France (comme tous les autres peuples) n’est pas et n’a jamais été raciste par essence. En revanche, il le devient dans certaines périodes historiques, quand se conjuguent des discours culturalistes durables et des incertitudes sociales. Ce fut le cas à l’époque coloniale, telle est aussi notre situation actuelle. La seule réponse est le développement d’une autre explication du présent et d’une autre vision de l’avenir. Mais pour cela une première étape est nécessaire qui consiste à briser les consensus idéologiques que l’on tente de nous imposer. La lutte contre les guerres, l’État d’urgence et l’islamophobie revêt désormais le caractère d’une urgence sociale et politique.

Notes :

1) – Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, Mots à Maux, Dictionnaire de la lepenisation des esprits, Dogorno, Paris, 1998.
2) – OBS2111/quand-le-fn-proposait-la-decheance-de-nationalite-pour-de-simples-faits-delictuels.html,
3) – Jacques Aumont-Thiéville, Du régime de l’indigénat en Algérie, cité in Olivier Le Cour Grandmaison, La découverte, Paris, 2010, p. 57.
4) – http://libertes.blog.lemonde.fr/201…
5)- Journal de débats du 24 juillet 1940.
6) – http://www.bfmtv.com/politique/pour…

https://bouamamas.wordpress.com/

Par ailleurs, je me permets de vous rappeler ce billet qui plus que jamais, colle à cette immonde réalité.
Et puis, cette histoire d’anticipation que j’aie écrite en 2011 et qui n’a pas pris une ride…
Le temps presse, n’oubliez-pas, les psychopathes aux manettes ne veulent pas votre bien, non, définitivement, non !
A nous d’insuffler un souffle nouveau
JBL1960